‹ Médaillons romantiquesChapitre 88 sur 121 · Voir plus haut, page i'A · texte numérisé non relu

Voir plus haut, page i'A

ÉVARISTE BOULAY-l'ATY 211

dit, jusqu'à reavuyer son rôle ; mais à présent tout est arrangé, elle a cédé. On espèie qu'Angelo sera joué samedi prochain ; mais rien de bien sûr. Le volume de poésies suivrait de près : je l'attends avec impatience.

Antony Deschamps vient de publier un livre de vers, Dernières paroles. Il y a de belles choses.

Kl j'avais dit un joui- : je vivrai sans douleurs, etc. »

De jour en jour, la santé de Boulay-Paty s'altère, et sa mélancolie prend de plus en plus un caractère maladif, qui s'accuse même dans des lettres toutes joyeuses, comme celle qui va suivre :

Paris, juillet 1835'.

.le VOUS serre la main et je vous embrasse tout d'abord, mon cher ami. car il faut commencer par là, quand le cœur est si plein de tendres paroles el de souhaits qu'il ne peut rien en sortir. Il me semble que j'aurais mille et mille choses à vous dire, et je me sens si ému de votre bonheur que je reste muet malgré moi. 0 Victor, bon et cher Victor, soyez heureux, oh! bien heureux! pour vous et pour moi! Que je bénis votre sort, moi malheureux el qui ai tant soutfertl La douleur donne de la pureté à certaines voix, n'est-ce pas? 0 mon ami, pourquoi u'ai-je pas vécu comme vous ? On refleurit alors, bien que desséché! Hélas! je ne reverdirai plus jamais : j'ai jeté feuilles et boutons avant la saison et je suis fané [)Our toujours. Mais pourquoi parler de moi, quand c'est vers vous qu'il faut me relouriier ? \'otre

Page 1