‹ Médaillons romantiquesChapitre 92 sur 121 · I. Lettre tni'dife · texte numérisé non relu

I. Lettre tni'dife

282 MÉDAILLONS ROMANTigUES

Le passé me revient souvent et me submerge comme une mer. Il faut pourtant essayera se dépouiller du vieil homme. Théodore vous dira que je travaille beaucoup h mon volume de sonnets et à l'histoire du S(jnnet dont je veux qu'ils soient précédés. J'ai mis son amitié à l'épreuve pour une traduction de sonnets espagnols. Priez-le bien de ne pas m'oublier là-bas. et pressez-le de me faire l'aperçu (pi'il ma j^romis sur les auteurs de sonnets espagnols et portugais. Si vous trouviez aussi, vous, quelque chose qui m"allât. je me recommande à vous, car je désirerais que ce fut tout à fait complet.

Nos deux cœurs se sont bien rencontrés, pleurant et admirant, devant Tœuvre nouvelle de Lamartine. Cela*devait être. Il y a de ces livres qui attirent toutes les âmes semblables. Que c'est beau, mon Dieu! que de battements de cœur sous ces vers! Là. que de choses invisibles et que nous voyons !

Au revoir. Victor, parlez de moi quelquefois entre vous. Mille amitiés tendres à votre bon père, auquel je suis si attaché. Quand je songe à l'immense bonheur qui va tous là vous serrer bien près ensemble, mon isolement m'anéantit.

Je vous embrasse. Tout à vous de cœur.

Évariste Boula y-Pat v.

Paris. 30 juillet 183â'.

Mon cher Victor, je vous annonce avec |)laisir que l'Académie française a décerné à mon Ode le prix de poésie. Vous aviez raison de me conseiller de concourir:

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