‹ Médaillons romantiquesChapitre 99 sur 121 · I.rttl'c ilirilite · texte numérisé non relu

I.rttl'c ilirilite

'2. Lettre inédite.

quelques jours de loisir vous poussaient vers Nantes. j'en serais heureux. J'ai toujours mal à la gorge, et Ion m'a conseillé les bains de mer. J'ai envie d'aller les essayer à Pornic. Mais je trouve que le temps est trop variable. Je voudrais voir venir une chaleur sûre et constante. Je vais attendre un peu. et au moindre appel d'un ciel italien, je pars.

J'espère, mon ami. que vous êtes bien, vous et tous les chers vôtres. Ma pensée vous entoure, et vous presse d'afîection.

Je travaille beaucoup. Je veux publier au commencement de l'hiver un fort volume de sonnets, œuvre d'art s'il en fut, et de sentiment vrai et profond. Je crois qu'il y aura là bien des sympathies pour vous. Vous vous trouverez à l'aise, respirant ces fleurs du vieux temps. Tout le bonheur est dans l'amour de la famille et du beau. Notre siècle est infâme, et je frissonne quand je ne ressens pas un rayon de l'art.

Je pense souvent à vous. Votre chère figure me rassérène au milieu de ce monde que j'ai pris en dégoût.

Dites à votre excellent père, à votre femme, à votre frère, à tous, que je les aime.

A vous de cœur.

Évariste Boula y-Paty.

Pour définir l'impression qui se dégage, me semble-t-il, de ces lettres si chaudes, si brûlantes d'amitié, je ne saurais mieux faire que de recourir à la même plume qui traçait de Boulay-Paly le portrait attrayant et, sans doute, très fidèle,

qu'on a lu plus haut « Sa vraie physionomie' se résumait dans sa personne, dans la vibrante sincérité de son accent, dans la spontanéité de ses allures, dans le caractère chevaleresque et belliqueux de ses dévouements, enfin dans l'incessante ébullition d'une jeunesse qu'on sentait ne devoir finir qu'avec sa vie, ce qui ne l'empêchait point d'être très mou de tempérament, et d'une paresse à toute épreuve. Son haleine était courte en toute chose; il s'émiettait en stériles enthousiasmes, en aspirations sans issue, où l'imagination suppléait soit aux écrits, soit aux actes. » Telle qu'elle est, cette physionomie méritait peut-être de prendre place ici, à côté d'autres figures du même temps, comme caractéristique, à sa manière, de l'époque et du milieu.

Longtemps après nos jeunesses fanées, De nous encore est-ce qu'on pai'lera?

Ainsi la question pos(;e par le poète ne sera point demeurée tout à fait sans réponse, et le souhait timide qu'elle renferme se sera, dans une faible mesure, réalisé.

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