‹ Médecine électro-homéopathique; ou, Nouvelle thérapeutique expérimentaleChapitre 32 sur 217 · DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

DU SOMMEIL

Si les sens et l'action musculaire de l'homnie s'exerçaient pendant trop longtemps, cette incessante dépense de force ne manquerait pas de nuire à l'individu et hâterait la fin de son existence. 11 ne pouvait pas en être ainsi, et la nature a obvié à cet inconvénient en suspendant, pendant un certain laps de temps, l'action de nos organes et en permettant à la machine humaine de réparer ses forces, grâce à un assoupissement journalier, qui est le sommeil.

Tant que le sommeil dure, les fonctions de relations sont en repos ; la circulation et la respiration elles-mêmes paraissent légèrement assoupies, mais les fonctions de l'assimilation ne suspendent, en aucune façon, leur propre action ; elles travaillent activement à réparer les forces des organes et on dirait que toute l'activité organique est passée chez elles.

Quelle est la première cause du sommeil? La physiologie n'a pas pu nous le dire ; nous savons simple-

ment que la fatigue, le silence, un bruit monotone, l'inaction, la faiblesse, provoquent le sommeil.

Plus long chez l'enfant qui, à cause ,de son activité, fait une grande dépense de forces ; léger ou intermitent chez le veillard, le sommeil dure chez l'adulte en bonne condition de santé de six à sept heures.

11 ne faut cependant pas croire que le sommeil soit toujours accomfjagné du parfait repos des organes, des sens et des mouvements ; cela est tellement vrai qu'un homme qui a le sommeil très tranquille, ne se réveillera jamais dans la position qu'il avait en s'endormant.

L'intelligence elle-même travaille, associe et combine souvent ensemble les idées les plus folles, quelquefois naturelles ; elle nous fait voir des choses bizarres, des périls imaginaires, nous fait éprouver indifféremment la crainte ou l'espoir, la tristessse et la joie et de toutes ces idées, il ne nous reste pluSj'une fois éveillés, qu'un vague souvenir et souvent rien ! Nous disons alors que nous avons rêvé.

Quelquefois nous parlons en dormant; on voit même quelques individus qui se lèvent, s'habillent, sortent de leur maison en ouvrant et fermant soigneusement les portes, et qui, après avoir fait diverses choses pendant leur promenade, retournent se coucher et se réveillent sans garder le moindre souvenir de tout ce qu'ils ont fait. Cet état constitue le somnanbulisme. On raconte à ce sujet des histoires merveilleuses, auxquelles il ne faut accorder qu'un crédit très limité : les somnanbules ne sont guère plus heureux que ceux qui sont éveillés et on en a vu qui se sont jetés par une fenêtre en croyant

sortir par une porte. Si ceux-ci évitent bien souvent des dangers dans lesquels tomberait un homme éveillé, cela dépend de leur état qui, ne leur permettant pas de juger rétendue de ce danger, les préserve de ces étourdissements qui occasionnent si souvent des accidents chez des hommes qui ont beaucoup de sang-froid.

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