‹ Médecine et moeurs de l'ancienne RomeChapitre 11 sur 29 · Buchner, Force et Matière · texte numérisé non relu

Buchner, Force et Matière

douée d'un instinct analogue à celui des poissons et des oiseaux. Cette erreur a fait sa réapparition avec les élèves d'Auguste Comte et la philosophie positive. Quoi qu'il en soit, la lecture de l'œuvre de Lucrèce ne manque pas d'un grand intérêt pour le public médical, et il y a lieu d'en faire l'analyse.

Nous trouvons1 cette ingénieuse comparaison de la vie : un feu immortel qui se transmet d'être à être, de génération à génération. Ainsi, dit-il, jamais les éléments ne se fixent; l'univers se renouvelle tous les jours, les mortels se prêtent mutuellement la vie pour un moment. On voit des espèces se multiplier, d'autres s'épuiser; un courtintervalle change les générations, et, comme aux courses des jeux sacrés, nous nous passons de main en main le flambeau de la vie.

Nec remorantur ibi : sic rerum summa novatur Semper, et inter se mortales mutua vivunt. Augescunt alla; gentes, allas minuuntur, Inque brevi spatio mutantur sœcla animantum, Et quasi cuisores, vitaï lampada tradunt.

Il continue :

La vie n'est entretenue par les efforts de la nature que pendant un temps déterminé ; elle reste un moment en équilibre et elle disparaît quand la nature met un frein à ses accroissements. En effet, les corps qui s'élèvent lentement et progressivement à l'état de maturité acquièrent plus qu'ils ne dissipent, parce qu'alors

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