‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 12 sur 79 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

A. Refroidissements. — Courbature. — B. Affections de l'appareil respiratoire : laryngite et angine, toux, bronchites et pneumonies aiguës, bronchites chroniques. ■ — C. Affections de l’appareil circulatoire : Palpitations, inflammations du cœur, syncope, œdème des extrémités, hydropisie, hémorragies spontanées. Maladies des reins.

A. Refroidissements . — Les refroidissements par la pluie, les variations brusques de température, les mauvais vents provoquent souvent des maladies qu’il faut traiter dès le début pour éviter qu’elles ne deviennent graves.

Lorsqu’un homme a été mouillé après avoir eu chaud, il a le corps courbaturé; il doit prendre une tisane stimulante appelée sân lit1. S’il ne se produit pas alors une amélioration rapide, c’est que le principe vital passif (yn) est affaibli ; il suffit de le réconforter par des cordiaux pour faire disparaître les douleurs. Les médicaments les plus employés en pareil cas sont : la racine d’ache, les fruits de lyciet, les graines d’achyranthe, la cannelle, l’écorce de fusain du Japon.

Si le malade a de la fièvre, il est prescrit de lui donner de la tisane de graines de dolique, deux grammes de poudre de racine de polygala tenuifolia dans une demi-tasse d’eau chaude ou trois gouttes d’huile de menthe

i. San k'L Décoction avec :

Extrait hydro-alcoolique de Kehmania 40 gr

Lyciet de Chine (fruits) ,

Achyranthe du Japon (graines) I

Pachyma cocos \ aa. 8 gr

Fusain du Japon (écorce) I

Pivoine blanche (racine) /

Azaret de Virginie (racine) ou angélique inégale (racine). . \

Dorstenie de Chine (racine) I ^ .

Réglisse torréfiée

Racine d’aconit préparée

dans du thé. Toutefois, la menthe est contre-indiquée quand le malade est faible.

Si le refroidissement amène des troubles du côté de la poitrine, du foie ou du rein, il faut prescrire une infusion de bois de santal. Si le malade expectore des crachats froids, il faut employer des excitants énergiques tels que le poivre ou le piment (capsicum indicum).

B. Appareil respiratoire. — Les variations de température et surtout le passage rapide du froid à la chaleur peuvent provoquer une fièvre modérée accompagnée de mal de tête et de courbature : le patient crache de l’eau, parle difficilement et a quelquefois même une extinction de voix complète; le principe vital passif fonctionne mal. Il faut prescrire des médicaments qui, en agissant sur le rein et le cœur, ramènent la fraîcheur à la peau, tels sont Tache des marais et le gingembre.

Quand le malade est enroué et éprouve de la difficulté à respirer, on emploie un médicament appelé Lïch (sorte de lepidium de la famille des crucifères). Ce médicament, qui est aussi quelquefois employé pour intoxiquer les poissons, doit agir comme narcotique.

Si le mal de gorge est très accentué, on prescrit des gargarismes faits avec du borax en solution dans l’eau, ou avec le produit de la macération dans du vinaigre d’une racine appelée cha’ kân. Cette racine se trouve dans le commerce, coupée en petits morceaux irréguliers, jaunâtres, compacts, auxquels restent adhérents une écorce ridée et des fragments de nombreuses radicelles. D’après Dumoutier, cette racine proviendrait d’une espèce d’aconit ; d’après Nordmann, ce serait une racine de Morée Quoi qu’il en soit, les médecins chinois considèrent ce médicament comme un poison violent, ils recommandent de ne pas s’en servir pour l’usage interne sans lui avoir fait subir une préparation, qui s’applique également à l’aconit ( ta fou t%èu), et qui consiste à faire macérer la racine dans de l’eau de riz pendant vingt-quatre heures, et à la faire bouillir avec des feuilles de bambou.

Lorsque le malade est affaibli, lorsque le principe vital actif est atteint et que le pouls est « limpide, sans force », il faut donner des médicaments toniques, des racines d’ache, d’atractylis ovata, de buplèvre, de gentiane, d’ephedra, de gingembre et de la cannelle.

Si le malade s’est beaucoup fatigué et a subi de nombreuses privations.

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