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AFFECTIONS DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE

s’il transpire beaucoup et a les humeurs en mouvement, il doit prendre de la dioscorée, des noyaux de jujubes et de longanier, des fruits de nelombo (graines de nénuphar, graines de lotus).

La toux vient-elle à apparaître, à la suite du refroidissement, la première prescription sera souvent une tisane très connue ( kïn choèi ) *, à laquelle on ajoute quatre grammes de racine de buplèvre.

Si ce premier traitement reste inefficace, le médecin chinois n’est pas embarrassé, car il a encore à sa disposition contre la toux une grande quantité de médicaments ; les uns sont empruntés au règne végétal : le gingembre, l’opium, la cannelle, les feuilles de thuya orientalis, le suc de jeunes bambous, les graines de cardamome du Siam, les violettes, le lis du Japon, le tussilage, les graines de tribulus terrestris, les racines de platy codon ; les autres sont empruntés au règne animal ou au règne minéral, tels sont l’écaille de tortue brûlée, le lézard desséché, la bave de crapaud, la terre d’un vieux torchis exposé pendant longtemps au soleil levant.

Les pilules de bave de crapaud (chân soû ouân ) sont surtout très estimées. Les Européens ne doivent pas trop s’étonner de la bizarrerie de ces remèdes, n’emploient-ils pas contre le rhume la pâte d’escargots ? D’ailleurs, le crapaud entre dans des remèdes de médecine homéopathique.

Quand les crachats sont abondants, il est indiqué, pour arrêter ou diminuer l’expectoration, de manger des os et de la viande de ces poulets laineux dont les plumes sont tellement fines qu’elles ressemblent à du poil et dont la chair et les os sont noirs (Gallus lanatus).

La toux s’accentue-t-elle et s’accompagne-t-elle d’oppression, il faut avoir recours à l’huile de menthe, aux graines de navet, aux graines de salisburia adiantifolia, aux jujubes, à la citronnelle et à l’écorce de racine de

i . Km choèi :

Extrait hydro-alcoolique de Rehmania 20 sr

Racine d’arum trilobatum préparée \

Racine d’ache ( aa 8 sr

Pachyma cocos

Réglisse torréfiée

Écorce de mandarine préparée.

Préparer une tisane par décoction.

La Médecine che % les Chinois et les Annamites.

mûrier dépouillée de son épiderme ; il faut enfin appliquer des moxas sur l’épigastre.

Si les poumons sont fortement enflammés, le médecin prescrit de la tige de clématite privée de son écorce et surtout des fruits d’aristoloche débile, qui sont destinés à produire une sorte de dérivation du côté du

gros intestin.

Dans tes cas où surviennent des crachements de sang, il est recommandé de donner une tisane contenant :

Extrait hydro-alcoolique de rehmania

Gentiane croisette de Kouang-sei

8 gr

Racine de dioscorée

Racine d’ophiopogon spicatus. . .

Pachyma cocos

Racine d’atractylis ovata

Graines d’achyranthe du Japon

Racine d’aconit préparée

Graines de schizandra (kadsura sinensis)

| aa. 4 Sr

Quand le malade « crache chaud », se trouve dans un état inflammatoire général et présente des troubles mentaux, il est d’usage d’employer de la réglisse ammoniacale (jênn tchoung hoâng). Voici comment se prépare ce médicament, qui, dans certaines classifications, a été désigné sous le nom d’extrait d’excréments humains; on bourre un bambou de réglisse finement pulvérisée, on le bouche à la cire, on le dépose pendant tout l’automne dans des fosses d’aisances fréquentées exclusivement par des hommes ; ce bambou est ensuite retiré, nettoyé avec soin, gratté même extérieurement pour enlever toute trace de matière fécale, puis conservé dans un endroit frais jusqu’au moment où le contenu doit être mis en vente.

Dans les cas de bronchite chronique, les remèdes employés sont : le tremble épineux, une variété d’asplenium (rue des murailles) et surtout des poumons de porc.

Les hémoptysies et l’amaigrissement de la phtisie ( [lâo ping') sont combattus par des préparations de poumon et surtout par de la colle de peau d’âne noir. Ce dernier médicament se prend grillé avec de la farine de riz ou bouilli dans de l’arack. La meilleure qualité de cette drogue serait préparée avec l’eau des puits de Pékin, mais, très souvent, le remède est fre-

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laté : la peau d’âne noir est remplacée par de la vulgaire peau de buffle, et l’eau de Pékin par une eau quelconque l.

Dans la plupart des médicaments complexes destinés à combattre les affections de l’appareil respiratoire, se trouve l’écorce de mandarine préparée. Cette écorce a dû être conservée pendant plusieurs années après avoir subi nombre de manipulations : elle a été coupée en petits morceaux, grillée avec du sel, bouillie avec de l’urine, bouillie ensuite avec du vinaigre, bouillie enfin avec de l’eau salée, puis séchée et conservée. Les petits fragments ainsi préparés sont incorporés dans des tisanes ou mangés en nature. Les Chinois ont la plus grande confiance dans ce remède ; ils le vendent quelquefois sous forme de spécialité dans de petits pots en terre vernissée hermétiquement fermés. Un jour que nous étions, avec plusieurs officiers, en dîner officiel, à Tong-Hin, chez le délégué du viceroi de Canton, le général Cheng entendit l’un de nous tousser ; il nous raconta aussitôt qu’il venait de se guérir d’une bronchite grâce à un excellent remède qu’il portait toujours avec lui en voyage, il en offrit à la personne qui toussait et s’empressa de lui faire remettre gracieusement une dizaine de petits pots contenant cette fameuse spécialité.

C. Appareil circulatoire. — Les médecins chinois distinguent deux sortes de palpitations cardiaques, celles qui surviennent à la suite de pollutions nocturnes répétées, de masturbation ou ; de nombreux excès sexuels et celles qui surviennent à la suite d’un « échauffement interne», c’est-à-dire d’une maladie infectieuse. Ils traitent les premières par des anaphrodisiaques et des reconstituants (graines de nelombo, colle de cornes de cerf), et les secondes par l’emploi du minium à petites doses.

Contre les inflammations du cœur, ils prescrivent de la tige écorcée de clématite en infusion : ce médicament agit comme purgatif léger. La corne dé bouquetin est assez souvent prescrite dans le même cas ; le plus souvent, elle est râpée avec un couteau et absorbée sous forme de poudre ; mais on peut aussi la faire cuire dans de l’eau qui est prise en potion lorsqu’elle s’est imprégnée de l’odeur du médicament. Ce remède serait

i. Les Chinois emploient depuis très longtemps ce produit gélatineux contre les hémorragies. Depuis quelques années seulement les médecins européens combattent les hémorragies par du sérum gélatinisé administré soit par ingestion, soit par injection hypodermique.

employé pour « faire fondre le sang resté en morceaux dans le cœur ou le foie ». L’animal qui fournit cette corne aune réputation merveilleuse : d’après la légende, il ne se coucherait pas sur le sol, mais se suspendrait par ses cornes, la nuit, aux arbres des forêts.

Contre les affections du cœur, on donne aussi de la racine de chélidoine éclaire.

Contre les syncopes, on prescrit une potion à base de cumin et l’application de moxas sur la région épigastrique.

L’angine de poitrine est combattue par un mélange de sepia (encre de seiche) avec du vinaigre.

Lorsqu’un malade présente de l’œdème des pieds, il doit boire une potion préparée avec de la terre d’un torchis ayant été exposée pendant longtemps au soleil levant. Il faut laver cette terre dans de l’eau, laisser reposer, décanter l’eau, s’en servir pour faire cuire du riz et la boire ensuite. Ce n’est là qu’un moyen de se procurer un diurétique puissant, des nitrates contenus dans le vieux torchis, et d’assurer, par une ébullition prolongée, la stérilisation de la solution obtenue.

Lorsque l’œdème des extrémités augmente, lorsqu’il se développe de l’hydropisie, la racine de plantain d’eau doit être employée. Il existe encore d’autres médicaments contre l’hydropisie (choèi kôu), les principaux sont : les graines de convolvulus, le péricarpe de noix d’arec desséché, l’aralia papyrifera, cet arbre utile dont la moelle, habilement déroulée, constitue le prétendu papier de riz.

Lorsque les troubles observés sont rapportés à un défaut d’équilibre entre le cœur et le foie, il est indiqué de prescrire du sulfure de mercure sous forme de cinabre natif, pour rétablir l’équilibre entre les deux organes « de telle façon que l’un n’ait pas plus de chaleur que l’autre. »

En dehors des bubons, qui relèvent de la pathologie externe, les affections des lymphatiques sont rares ; les engorgements des vaisseaux sont traités parle suc de Gaillet.

Les hémorragies spontanées sont rapportées à des ruptures d’équilibre entre les principes actif et passif, car le sang dépend du principe vital passif et est mis en mouvement par les vapeurs qui ne dépendent que du principe actif. •

Lorsqu’un malade perd du sang et que ses vapeurs fonctionnent mal, il

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doit prendre un médicament contenant: de la corne de rhinocéros, des cendres de cheveux, de la racine d’aconit, de la cannelle, des racines de plantain d’eau, des graines d’achyranthe et surtout des racines d’euryale ferox. Ce dernier médicament se prescrit d’ordinaire en mélange avec divers autres, sous forme d’une demi-dose des « Huit médicaments » Çpâ vi) 1 .

Si un malade vomit ou crache du sang, c’est qu’il a les vapeurs épuisées ou le principe passif altéré. Les indications sont alors très nettes : il faut donner pour traiter les vapeurs de la tisane de ginseng ; pour traiter le principe vital passif, de la tisane des « Six médicaments » ( Loü vi)2, dans laquelle on incorpore des graines d’achyranthe.

Ces distinctions dans les causes des hémorragies semblent correspondre à la classification européenne des congestions actives et des congestions passives.

Après une hémorragie abondante, le coma peut apparaître ; il doit être combattu par les racines de gentiane croisette et de buplèvre, l’extrait d’atractylis ovata, le pigamon, l’écorce de mandarine préparée et surtout les racines d’ache.

i- Pâ vï (Huit médicaments). Dose normale :

Extrait hydro-alcoolique de rehmania cuit à dessiccation, 8 gr

Racine de dioscorée )

r. u aa. 4gr

Pachyma cocos \

Racine de plantain d’eau \

Fruits de cornouiller préparés à l’alcool au bain-marie ... I

Racine de pivoine Moutan i

Cannelle prise sur le tronc de l’arbre '

Racine d’aconit préparée o sr 8o

Griller tous ces médicaments (excepté la cannelle) à l’abri de l’air; ajouter la cannelle râpée au couteau , préparer une tisane par décoction. .

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