‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 14 sur 79 · Lôu vi (Six médicaments · texte numérisé non relu

Lôu vi (Six médicaments

Extrait hydro-alcoolique de rehmania 20 gr

Racine de pivoine Moutan 12 gr

Racine préparée de dioscorée. 8 sr

Fruits de cornouiller 6 gr

Pachyma cocos ;

Racine de plantain d’eau 33 ' ^ ë

Préparer une tisane par ébullition rapide.

Lorsque les vapeurs sont épuisées et que le principe actif est atteint, le malade s’affaiblit rapidement et peut se trouver en danger ; le médecin prescrit alors des médicaments considérés comme toniques et fortifiants : de la gentiane, de l’aconit, du gingembre, des amandes de jujube, des graines de nelombo et de Schizandra.

L’hémorragie de la langue dénoterait une inflammation du cœur, de la rate, du rein et de tous les organes; elle doit être traitée par l’absorption de tisanes froides et par l’application d’une poudre constituée par dix parties de gypse ou de pierre à plâtre et sept parties de borax.

Les hématuries abondantes seraient arrêtées par une tisane préparée avec de la tige écorcée de clématite, de la racine de plantain d’eau, du pachyma cocos grillé, des fruits d’oranger noirâtre (Citrus fuscus), des graines de plantain et de gardénia grandiflora. Quand le malade a chaud, il faut ajouter de l’écorce de ptérocarpe jaune.

Les épistaxis sont combattues par l’application locale de sang d’anguille de rizière, par des tisanes d’ephedra et d’ortie blanche. En cas d’insuccès, de l’ail est appliqué comme révulsif sur les jambes et sous les pieds.

Nous sommes loin d’avoir épuisé les ressources de la pharmacopée orientale contre les hémorragies. Certains cas d’hémoptysie sont traités par des fleurs de nénuphar broyées dans de l’alcool ; d’autres, par du sel gemme ; lorsque le sang expectoré est chaud, c’est la stéatite, ou silicate de magnésie qui doit être employé.

Les feuilles de thuya orientalis séchées et grillées seraient un excellent remède contre les épistaxis et les hématuries. Les métrorragies seraient arrêtées par des infusions d’ortie blanche. Enfin le cachou, la racine de safran, les prétendus os de dragon fossile sont également employés contre les hémorragies.

Quelle que soit la lésion, quel que soit le remède employé, si le malade a perdu beaucoup de sang, il est recommandé de diminuer les doses des médicaments prescrits. Si la voix et le pouls deviennent faibles, il est indiqué de donner du ginseng.

Les douleurs rénales disparaissent sous l’influence du chiendent, des graines de fenouil, de la racine d’ache. Si ces douleurs s’accompagnent d’hydropisie ou d’œdème des extrémités, il faut avoir recours à la racine

APPAREIL CIRCULATOIRE

de plantain d’eau, qu’il est d’usage de prescrire avec d’autres diurétiques ou sudorifiques tels que des graines de gardénia, de la moelle de scirpe capsulaire, de la squine, du smilax à fleurs pourpres, du pigamon jaune, des racines de grande bardane, du sable de mer1, de la stéatite. On y joint souvent des sommités fleuries d’eschscholtzia cristata et presque toujours un médicament appelé tchôu llng, lequel se présente sous forme de petites masses compactes blanc jaunâtres intérieurement, entourées d’une mince pellicule noire. Ce produit se trouverait isolé sous terre près du liquidambar formosana, certains auteurs le considèrent comme une variété de Lycoperdon.

Dans les affections rénales de longue durée, mais surtout dans celles qui s’accompagnent de troubles du côté des organes génitaux, le médecin chinois prescrit des reins de porc et des haricots noirs.

i. Le mot « sable de mer » traduit le nom chinois du médicament : hài ktn châ ; mais, d’après Soubeiran et Dabry, la drogue serait constituée par de fines spores de fougères. Nous ne possédons pas d’échantillon de ce produit et ne pouvons donc nous faire d’opinion sur cette question.

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