‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 32 sur 79 · BLENNORRAGIE · texte numérisé non relu

BLENNORRAGIE

La balanite est traitée par des préparations dans lesquelles entrent de la racine de plantain d’eau, des haricots, de la tige de clématite dépouillée de son écorce.

Contre l’orchite le médecin chinois prescrit à l’intérieur, pendant plusieurs jours, 160 grammes de graines de coyx lacryma (larmes de Job) dépouillées de leur enveloppe, grillées avec de la terre de vieux mûr, puis cuites jusqu’à réduction en bouillie.

Dans certains cas l’urine est émise difficilement, elle est trouble, elle contient quelquefois du pus; le malade éprouve une lourdeur dans le « canal spermatique », ses traits se crispent sous l’influence de la douleur. Quand l’urine est très blanche et très trouble le malade continue à voir sortir du liquide après qu’il a fini d’uriner.

Si le malade présente à la fois de la faiblesse et de la chaleur, il faut lui donner une décoction faite avec vingt-quatre noyaux de nephelium longan (faux litchi). En cas d’insuccès il faut employer de l’écorce de ptérocarpe jaune préparée avec la tisane des « six médicaments » ,(loü vi) ou avec la tisane des « huit médicaments (pâ vi) page 37). Des préparations de ptérocarpe jaune sont aussi employées à l’extérieur en lotions ou applications sur le périnée et sur le scrotum.

Quand le médecin juge qu’il n’y a pas chaleur, mais seulement faiblesse des vapeurs il fait la prescription suivante :

Racine de gentiane croisette 20 gr

Racine de sopliora préparée j

Racine d’atractylis torréfiée à l’abri de l’air j aa 12 g

Racine d’ache 8 gr

Racine de buplèvre 4 gr

Ecorce de mandarine préparée 2 gr

Réglisse 1 gr 60

Racine de pigamon rouge 1 gr 20

Ces médicaments servent à faire une décoction qui doit être prise comme tisane.

Lorsqu’une femme éprouve des douleurs lombaires et des picotements en urinant, lorsqu’elle a des urines troubles ou purulentes, lorsqu’elle accuse des pertes blanches, elle a les vapeurs fatiguées et doit prendre comme reconstituants les médicaments que nous avons déjà rencontrés sous les noms de hiou koêi et loü vi l.

Quand un malade urine du sang en quantité il faut s’empresser de lui donner une tisane faite avec un mélange contenant :

Racine d’atractylis 20 p

Racine de pivoine blanche ) ^

Racine de dioscorée j ^ s'

Racine de cardère du Japon ^ 12 gr

Racine de pimprenelle )

Racine d’ophiopogon spicatus 8 gr

Origan de Syrie (fleurs et feuilles) 4 gr

Réglisse torréfiée 2 sT

Schizandra Dix graines.

On y ajoute toujours un laxatif léger (pruneaux ou tamarinier) et, lorsque l’inflammation est intense de la racine de toque visqueuse.

Lorsqu’un malade urine trop abondamment, ou trop fréquemment, il doit manger du riz gluant bien cuit. Dans certaines régions, dans le nord du Tonkin, en particulier, les indigènes pensent qu’il suffit de manger des araignées pour arrêter la trop grande émission d’urine, quatre grosses araignées suffiraient pour obtenir rapidement un résultat, mais il ne faut pas abuser de ce remède, d’après eux, car pris en trop grande quantité il produirait une rétention complète d’urine.

La rétention d’urine (Siào pién poü t’ông ) est combattue par le pachyma cocos et la racine de plantain d’eau.

La gravelle, appelée maladie du cinabre ( châ lîn) ou maladie de la pierre (cheü lîn ) est traitée par le silicate hydraté de magnésie, les graines de tribulus terrestris et le dendrobium.

. Voir composition de hiqu koëi, page 55 ; composition de loü vi, page 37.

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