‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 33 sur 79 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Pathologie externe. — Maladies des yeux, des oreilles, des dents. — Instruments de chirurgie. — Tumeurs. — Fractures. — Luxations, entorses, contusions. — Lésions par armes à feu. — Castration des eunuques. — Brûlures, engelures. — Plaies. — Morsures et piqûres de serpents, scorpions, moustiques, etc. — Hémorrhoïdes. ■ — ■ Prolapsus du rectum. — Abcès. — Ulcères. — Maladies de la peau : pustules, gale, lésions produites par le suc des arbres à laque, hyperhydrose ; sudorifiques.' — Fards et cosmétiques. — Onyxis et perionyxis.

Les affections des yeux en général et les conjonctivites granuleuse et phycténulaire en particulier sont très fréquentes en Extrême-Orient. Le médicament le plus réputé contre les inflammations oculaires est la racine de chélidoine éclaire qui s’emploie préparée avec du foie de bouc ou du lait de femme. Les yeux de moustiques pris dans des excréments de chauve-souris sont aussi employés soit à l’extérieur en infusion et sous forme de lotions, soit à l’intérieur avec une préparation de foie de porc. Les médecins chinois emploient encore les graines de tribulus terrestris et de celosia cristata ; la racine de safran, l’écorce de cherimolier, les fleurs de camomille, le vitex, la pervenche, l’acore; ils préparent des collyres avec du sel gemme, des fruits de carambolier, des graines de cassia tora. Ces dernières graines sont employées surtout contre les conjonctivites aiguës. Quant aux fruits de carambolier ils peuvent avoir une action énergique grâce aux oxalates qu’ils contiennent en grande quantité.

Au Tonkin l’un des médicaments les plus réputés dans le peuple est composé avec des fragments de langue de tigre desséchée.

Contre l’opthalmie ( ièn pou hào) les médicaments préconisés sont la racine de plantain d’eau, le bois de camphre, le sulfure d’arsenic.

Lorsque l’inflammation a donné naissance à un leucome on tente de le faire disparaître en pratiquant au moyen d’un pinceau neuf des applica-

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tions de sang d’anguille de rizière, auquel on mélange assez souvent le composé mercuriel appelé h’ïng fénn (calomel impur).

L’amaurose et la plupart des affections qui ont pour symptôme principal des troubles de la vue sont traitées au moyen d’une tisane dont la base est une espèce de haricot noir (mucuna capitata).

Les Annamites croient qu’il suffît souvent pour contracter une conjonctivite de regarder deux chiens coïtant ou d’examiner les parties sexuelles d’une femme. La première croyance peut se rapprocher d’une superstition très répandue dans certains pays européens d’après laquelle toute personne atteinte d’un orgelet a contracté cette affection en urinant près d’un cimetière. Quant à la deuxième croyance, elle n’est pas dénuée de fondement; ne suffit-il pas, après avoir touché une femme atteinte de blennorragie, de porter la main près des yeux pour provoquer une ophtalmie ?

Les Chinois connaissent certaines anomalies de la réfraction et ils ont trouvé le moyen de les corriger en partie, grâce à des verres qu’ils portent sous forme de lunettes à montures en cuivre très grossières. Ils connaissent aussi la cataracte; nous avons même entendu dire qu’au Yunnam des médecins indigènes savaient l’opérer. Les traités de médecine recommandent de faire dans certains cas où les larmes sont trop abondantes, l’acupuncture de la cornée; l’opérateur pratique alors la paracenthèse de la chambre antérieure.

Contre les douleurs des oreilles, le sang d’anguille de rizière est appliqué à l’extérieur; de plus le malade doit prendre une infusion de graines d’euryale ferox. Assez souvent ces affections sont traitées par les barbiers.

Ceux-ci d’ailleurs ont de petits instruments en argent avec lesquels ils ont l’habitude de nettoyer très attentivenent lés oreilles de leurs clients; beaucoup de Chinois consacrent près d’une heure tous les deux ou trois jours, à se faire raser et curer soigneusement l’intérieur du nez et des oreilles. Le médecin chinois a moins souvent que le médecin européen l’occasion de rencontrer des bouchons volumineux de cérumen.

La chirurgie dentaire est peu développée; les Chinois ont d’ailleurs assez rarement les dents cariées. Ils pratiquent l’avulsion de la dent malade ou font des cautérisations au niveau du point carié. Les princi-

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