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INSTRUMENTS DE CHIRURGIE

paux médicaments employés contre les maux de dents sont la racine de scrofulaire ailée, le sulfate de chaux hydraté, le sulfate de cuivre, les sels d’arsenic. L’ail est employé, en pareil cas, comme révulsif dans l’oreille.

De même que les gens du peuple en Europe, les Chinois croient que la carie dentaire est provoquée par un petit ver blanc à tête noire.

Les cautères dont se servent les Chinois affectent des formes très variées : pointe, lame, baïonnette, houe, pelle. Les instruments qui tiennent lieu de bistouris sont en forme de lance, d’uréthrotome, de palette, de faucille. Les aiguilles à acupuncture sont de grosseur et surtout de longueur variable, les plus petites sont longues d’un centimètre et demi environ, les plus grandes, de vingt-huit centimètres.

L’arsenal chirurgical est complété par de petits écarteurs terminés en forme d’érigne, par des ciseaux, des pinces courbes et des pinces à cran d’arrêt.

Le médecin possède aussi souvent des abaisse-langues, un tube métallique destiné à faire des insufflations médicamenteuses, une tige annelée dont l’anneau terminal est incomplet. Ce dernier instrument appliqué sur un abcès fait saillir la peau au point où l’anneau est incomplet, et facilite en ce point l’ouverture de la collection purulente. Op trouve aussi un ouvre-bouche ingénieux constitué par un demi-cylindre métallique, qui s’applique sur la langue, et par un arc également métallique qui, en glissant entre le demi-cylindre et l’arcade dentaire supérieure, produit et maintient l’ouverture de la bouche t.

Les Chinois ne pratiquent pas de grandes opérations, ils en sont d’ailleurs empêchés par leur ignorance complète de l’anatomie.

Les tumeurs sont traitées au moyen d’emplâtres, de tisanes, et aussi par l’emploi de l’acupuncture. Cette dernière pratique peut avoir dans certains cas de kystes une action thérapeutique réelle, mais non exempte de dangers : le liquide du kyste s’écoule alors le plus souvent dans une cavité séreuse et -s’il est toxique, il peut amener la mort du sujet.

Lorsqu’un malade est atteint de fracture osseuse (chê leào), le médecin

1 . Une collection de ces instruments existe au musée de la faculté de médecine de Bordeaux (Don du docteur Matignon).

lui applique un emplâtre au niveau de la lésion, puis immobilise le membre au moyen d’un appareil en bambou.

Quelquefois il fait de la zoothérapie en appliquant sur la fracture un coq ouvert vivant; il pratique cette opération de la même façon que les empiristes européens qui appliquent un pigeon ouvert vivant sur la poitrine des enfants gravement malades.

Il prescrit ensuite des tisanes dans lesquelles entrent du carbonate de chaux et quelquefois des os de tigre. Ces os de tigre ont été soumis à une ébullition prolongée pendant une huitaine de jours; l’os hyoïde et les rotules sont les plus appréciés.

Les entorses et les luxations préalablement réduites sont aussi traitées par l’application d’un emplâtre et par l’immobilisation dans un appareil constitué par des attelles de bambou.

Dans le cas de contusion ( châng ) accompagnée d’ecchymose, on prescrit des bulbes d’arum pentaphyllum bouillis avec du fiel de bœuf; ce médicament est broyé puis employé à l’extérieur pour faire disparaître les ecchymoses; il est aussi pris à l’intérieur avec de l’urine de jeune garçon pour calmer la douleur.

Les ecchymoses et les contusions sont encore traitées par des frictions avec de l’eau-de-vie de riz camphrée ou avec du sang de poulet nègre-soie (gallus lanatus).

Lorsque, à la suite d’une violente contusion, surviennent des troubles nerveux généraux (hystéro-traumatisme, railway-spine) le médecin ordonne des lotions sur tout le corps au moyen d’une décoction à base de coréopsis et de ptérocarpe jaune.

Dans les lésions par armes à feu, les livres de médecine chinoise recommandent d’extraire la balle si elle est visible et facilement accessible ; dans le cas contraire, il faut appliquer sur la plaie certain emplâtre qui aurait la curieuse propriété de faire sortir la balle. Dans le cas où ce merveilleux emplâtre ne réussirait pas, le médecin devrait intervenir : il prend de la peau d’une variété de courge ou de la couenne de cochon, il l’applique sur le trou fait par la balle, puis frappe dessus; le projectile doit sortir. L’opération est longue et douloureuse; si le malade n’a pas été endormi par divers narcotiques il peut avoir une syncope; il faut alors lui faire boire de l’urine chaude.

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