‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 35 sur 79 · CASTRATION DES EUNUQUES · texte numérisé non relu

CASTRATION DES EUNUQUES

L’opération la plus importante pratiquée par les Chinois semble être la castration des eunuques destinés aux palais de l’empereur. Le docteur Morache a donné des détails sur la façon peu soigneuse dont est faite cette opération. Le sujet doit être dans un état général satisfaisant; après un bain, on lui masse soigneusement le scrotum sur lequel on applique ensuite une bande fortement serrée. L’opérateur coupe d’un seul coup pénis et testicules; une poudre styptique contenant de l’alun, de l’agaric et des résines est appliquée sur la plaie.

Il n’est pas placé de sonde dans l’uréthre; aussi l’opéré meurt-il quelquefois par suite de rétention d’urine.

Ceux qui survivent présentent assez souvent plus tard une atrésie de l’orifice uréthral qu’il faut combattre au moyen de petites bougies d’étain.

Pour compléter ces notions sur cette opération il nous faut rapporter un détail intéressant que nous apprend le docteur Matignon : les eunuques conservent dans un bocal leurs parties sexuelles pour les faire déposer plus tard dans leur cercueil et être ainsi complets au moment de l’enterrement.

Contre les brûlures ( t’âng tchô leao ) les Chinois prescrivént en applications locales des feuilles fraîches de thuya orientalis écrasées, de la myrrhe, diverses préparations à base d’huile de sésame.

Contre les engelures non ulcérées ils emploient, en frictions avec une toile d’araignée une pommade contenant :

Cervelle de poulet ' une

Cire jaune 12 sr.

Huile de sésame 36 gr.

Le premier pansement des petites plaies se fait le plus souvent avec une espèce de tabac très fin. Chez les Annamites le tabac est très souvent employé en médecine; c’est le médicament par excellence à tel point qu’on emploie” le même mot ( thuoc ) pour dire tabac et médicament.

Les traités de médecine conseillent des pansements avec de la bouillie de noyaux de nephelium longan, avec de la poudre d’écailles de pangolin grillées, avec de la poudre de papier brûlé. Comme le papier doit

être brûlé au moment même où l’on a besoin du médicament, les Chinois emploient ainsi un excellent pansement à la poudre de charbon aseptique

Dans quelques cas ils appliquent aussi sur la plaie une tranche de porc crue. Mais les médicaments les plus réputés dans le peuple pour panser les plaies sont ceux que vendent les comédiens ambulants, ce sont tantôt des pommades dont la composition reste secrète, tantôt de petites masses ovales, grises, que le malade doit râper sur sa plaie, ces dernières préparations contiennent souvent du borax, du sulfate de chaux, de l’alun, de la myrrhe, de la chaux desséchée.

Lorsqu’un premier pansement au tabac n’arrête pas l’hémorragie, la plaie est lavée avec une décoction de bois de sappan, puis traitée par l’application de divers hémostatiques parmi lesquels nous trouvons le sang-dragon, le cachou, la litharge, l’oliban, le liquidambar.

Sur les morsures et piqûres des serpents et autres animaux venimeux il taut appliquer des bulbes d’arum pentaphyllum bouillis avec du fiel ; ce remède est contre-indiqué chez les femmes enceintes, il est alors remplacé par un simple pansement de feuilles pilées. L’arum peut être remplacé par de la nicotine extraite des tuyaux de pipes chinoises.

Le malade mordu par un serpent venimeux doit prendre à l’intérieur vingt centigrammes de sulfure d’arsenic avec de l’eau de riz. Il prend aussi quelquefois une très petite dose de nicotine, ou bien une préparation contenant des fleurs de chèvrefeuille du Japon et des cornes de bouquetin; le premier de ces médicaments serait un antidote puissant du venin de serpent; le second est prescrit pour « éteindre le chaud ».

Contre les morsures du serpent doré on emploie quelquefois de l’eaude-vie de riz dans laquelle on a versé du plomb fondu.

Beaucoup d’indigènes savent qu’il est nécessaire de lier fortement au-dessus de la morsure le membre blessé pour empêcher le venin de se répandre dans l’organisme : un Annamite qui avait été mordu à Pointe- Pagode par le serpent vert-Nil appelé serpent-bananier, s’était fait à la jambe sept ligatures très serrées; il put supporter ainsi sans accidents graves un voyage de deux heures en sampan pour venir se faire traiter à Tien-Yen où nous nous trouvions alors.

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