‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 36 sur 79 · HÉMORRHOÏDES · texte numérisé non relu

HÉMORRHOÏDES

Pour chasser les moustiques, on brûle une poudre contenant des écailles de pangolin et des débris de moustiques pris dans des excréments de chauve-souris; de plus, en dehors de l’emploi des moustiquaires, les indigènes se servent quelquefois, pour se protéger des piqûres de ces insectes, d’une poudre à base d’arsenic appelée nén fên avec laquelle ils se frictionnent la peau.

Contre les morsures de mille-pattes et contre la vésication produite sur la peau par le simple passage de ce myriapode, les Chinois emploient en applications des araignées broyées ou du sang retiré de la crête d’un coq.

Contre les piqûres de scorpion, on emploie des feuilles de menthe broyées, ou encore une sorte d’onguent composé avec : sulfure d’arsenic, bulbe d’arum trilobatum, haricot nain (phaseolus compressus), à parties égales, broyés et liés avec de l’eau.

Les piqûres des autres insectes (abeilles, frelons, etc.) sont traitées par des lotions d’urine, d’eau salée ou de vinaigre d’arack.

Pour chasser les punaises d’un appartement il suffirait de répandre dans cet appartement de la paille de sarrasin, coupée en petits morceaux.

Les hémorrhoïdes (tchéu tch’oâng ), lorsqu’elles sont petites, sont combattues par l’application de poudres de cachou et d’écailles de pangolin grillées. Lorsqu’elles sont volumineuses et bien apparentes le médecin y applique à la base une ligature qu’il faut resserrer tous les jours. Lorsqu’elles sont internes le malade doit prendre, pour les rendre apparentes, une préparation de chélidoine dans de la tisane de sophora ; en cas d’insuccès on a recours à l’application dans l’anus et la partie inférieure du rectum, d’une poudre irritante qui fait apparaître les hémorrhoïdes, sur lesquels on applique une ligature.

Contre le prolapsus du rectum (t’ô Imng) qui est assez fréquent chez les vieux fumeurs d’opium, il est d’usage de prescrire du cachou et des os de dragon fossile.

Le médecin chinois ouvre les abcès mais seulement lorsqu’ils sont superficiels.

Les abcès, les furoncles et les ulcères (tch’oâng'), se développent lorsque

le principe vital passif est faible... En semblable cas « le plus souvent un mal rouge apparaît; on voit les humeurs enfler; le principe du sang se coagule sous forme d’une gelée grenat. » Il est recommandé d’appliquer sur la tuméfaction des onctions avec une pommade appelée t'âi ët.

Pour préparer ce médicament le pharmacien réduit en poudre très fine, cinq crapauds desséchés et une poignée de cendres de cheveux, il délaie cette poudre avec de l’huile de sésame, ou de l’huile d’elœococca vernicifera, il réduit sur le feu ce mélange à consistance d’extrait, puis y ajoute un peu de litharge.

Le malade ne doit pas négliger de prendre, comme dépuratif, de la tisane des « huit médicaments » ( pâ vï).

Lorsqu’une partie de la chair est détruite et qu’il y a beaucoup de pus, il y a lieu de craindre une grande perte de substance. Le principe actif de l’affection progresse rapidement; la peau rouge sombre ne tarde pas à tomber mortifiée; le patient éprouve des douleurs lancinantes au niveau de la chair; il en frissonne; la fièvre apparaît et s’accompagne de céphalalgie; sous l’influence d’un grattage les humeurs deviennent rouges; la douleur est alors cruelle et intolérable. Il faut appliquer sur la tumeur (abcès, anthrax, furoncle, etc.) un pansement préparé avec divers médicaments très soigneusement pulvérisés :

Racine de trichosanthe 64 §r

Écorce de mandarine préparée .

Racine de dorstenie

Écorce de magnolia hypoleuca

Réglisse

Bulbe d’arum pentaphyllum )

Racine d’atractylis làncea (

Racine de rhubarbe ^

Racine de balisier I

„ . \ aa 2 gr 80

Curcuma jaune (

Écorce de ptérocarpe jaune 1

Pour compléter le pansement il est ordonné d’appliquer sur cette poudre une pâte de feuilles pilées ; les feuilles les plus employées pour cet usage sont celles de jacquier, de pourpier, de guimauve, de pissenlit, de lentille blanche des marais. Quelquefois les fleurs d’hélianthus ont le même usage.

Cette médication est souvent combinée avec l’emploi de la pommade de crapaud (t’di ët).

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