MALADIES DE LA PEAU
manger que du lard frais. Les éruptions miliaires et l’acné disparaîtraient sous l’influence d’une tisane contenant de la racine de chélidoine éclaire et de la réglisse.
Contre la gale et les affections cutanées qui s’en rapprochent comme aspect les Chinois emploient à l’extérieur des pommades contenant du soufre, de l’alun, du vert-de-gris, du lapis lazuli, de la myrrhe, du sulfure d’arsenic, du minium, du vermillon, du calomel impur (Ming fénrï) ; en même temps ils prescrivent à l’intérieur des tisanes contenant divers médicaments parmi lesquels les plus fréquemment employés sont les racines de gentiane, de safran, d’aubergine; les fleurs d’origan et de lonicera japonica, les graines de sésame et de tribulus terrestris, les fruits d’aristoloche, la squine, l’ellébore, là rue sauvage et la bave de crapaud.
La nature parasitaire de la gale est connue; le nom chinois de cette affection ( tchàng Mai ) signifie éruption produite par un ver.
Contre les éruptions produites par les sucs délétères des arbres à laque (fo’z féi tsèu ), il est prescrit de faire des lotions avec une infusion de fleurs de carambolier dans de l’eau de riz. D’après une croyance populaire cette affection guérit au bout de trois jours, sept jours ou vingt et un jours. Il existe pour ces éruptions une sorte d’idiosyncrasie : nous avons vu des annamites ne présenter aucun accident après avoir porté sur un parcours de plusieurs kilomètres des arbres à laque qu’ils avaient coupés, tandis que d’autres annamites qui avaient eu un contact de quelques instants avec les mêmes arbres présentaient soit des éruptions miliaires ou papulo-vésiculeuses, soit un œdème de la face tellement accentué qu’ils ne pouvaient ouvrir ni la bouche ni les yeux. La première fois qu’un médecin voit un tel malade, il craint de se trouver en présence d’un érysipèle monstrueux de la face.
Il y a dans le haut Tonkin et le sud de la Chine deux espèces d’arbres à laque, l’une à petites feuilles (rhus succedanea. L. Augias sinensis. Loureiro) provoque surtout des éruptions, l’autre, à grandes feuilles, (melanorhea laccifera) provoque surtout de l’œdème de la face avec chemosis et gonflement énorme des lèvres et des paupières.
Un purgatif léger, des lotions amido-alcalines destinées à déterger et adoucir la peau, une application de compresses d’eau blanche pendant quelques minutes, enfin une onction avec de la pommade à l’acide chry-
sophanique font disparaître tous ces symptômes alarmants en quarantehuit heures.
Cette thérapeutique que nous avons inaugurée et appliquée plusieurs fois à Tien-Yen est plus rapidement active que le traitement chinois. Cependant, en l’absence d’acide chrysophanique, le traitement sino-annamite ne serait pas à dédaigner : les fleurs de carambolier agissent et par le tannin et par les oxalates qu’elles contiennent ; quant à l’eau de riz, elle agit comme le ferait de l’eau d’amidon, en apaisant l’irritation.
L’hyperhydrose est combattue par l’ingestion de riz gluant bien cuit. La transpiration est au contraire provoquée en abondance, lorsqu’il y a lieu, par du gingembre, des feuilles d’armoise, des tiges d’acore, des feuilles et des fleurs de basilic crépu, des racines de bardane et d’asaret de Virginie, de la squine, des noyaux de jujubes en poudre.
Les chinoises emploient beaucoup de fards à base de plomb ou de mercure et cela aux dépens de leur santé. Elles emploient encore des composés plombiques pour se noircir les cheveux ; le plus réputé est la cadmie des fourneaux où l’on fond le plomb et l’argent.
Le sel gemme entre aussi dans des drogues destinées à rendre la barbe noire.
Il est recommandé d’accélérer l’action de tous ces cosmétiques par des potions dont les feuilles de thuya forment souvent la base. Comme on le voit, le noir est la seule couleur recherchée; les fabricants d’eau oxygénée et autres produits similaires ne feraient pas fortune en Chine.
Les Extrême-Orientaux, hommes et femmes, sont relativement soigneux de leurs longues chevelures; il y existe bien chez les gens du peuple, quelques parasites mais ce n’est là qu’une occasion de faire de temps à autre une chasse fructueuse dont le produit semble estimé; la chevelure de chaque individu semble même former une chasse réservée : il est curieux de voir une femme annamite qui peigne les cheveux d’une amie cueillir délicatement le gibier qu’elle rencontre et l’offrir à la propriétaire de la chevelure qui s’empresse de le croquer.
Pour empêcher la production de pellicules et pour dégraisser leurs cheveux les indigènes emploient une macération de gousses de gledihschia sinensis et de vetiver.
ONYXIS
Les ongles, dont la beauté se calcule à la longueur, sont quelquefois teints avec du henné; dans les classes riches on les préserve de tout accident en les emboîtant dans des sortes de dés d’or ou d’argent.
L’onyxis, ou ongle incarné, et le perionyxis sont traités par des applications de fiel de porc frais.