‹ Médecine et pharmacie chez les chinois et chez les AnnamitesChapitre 4 sur 79 · LIVRES DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

LIVRES DE MÉDECINE

recherches anatomiques, aujourd’hui interdites sur le corps humain, ont même dû être autorisées à un certain moment, car les vieux livres donnent les dimensions et le poids des principaux organes ; il faut cependant noter que le poids est souvent exagéré.

Les Chinois distinguent aujourd’hui trois espèces de médecins, ceux qui s’occupent surtout de pathologie interne ( ta'i l loûi Ko), ceux qui s’occupent de pathologie externe (ta'i i ouài Ko), ceux qui traitent les enfants (ta'i ï siào eûl Ko).

Les Chinois exercent la médecine, en dehors de la Chine, dans toute l’Indo-Chine; là ils se trouvent en concurrence avec les médecins annamites auxquels ils sont préférés. On voit beaucoup d’Annamites et quelquefois aussi des Européens s’adresser au médecin chinois, on ne voit presque jamais un Chinois prendre l’avis d’un médecin annamite.

Dans la plupart des villages, on trouve de vieilles femmes qui ont la réputation de posséder des recettes excellentes contre nombre de maladies, et qui, au besoin, sont appelées pour soigner les femmes en couches.

A côté des médecins et des sages-femmes, il existe des sorciers et des sorcières qui emploient à la fois des médicaments et des pratiques magiques.

Les traités de médecine chinois sont fort nombreux, ils comprennent des traités de pathologie et des éléments d’histoire naturelle ou, plus exactement, de matière médicale. L’un des plus anciens ouvrages est

devenait de jour en jour plus variable et plus compliquée; il imposa une réforme de l’écriture longuement préparée et préconisée par son ministe, ly së. Les lettrés, déjà mécontents des allures d’autocrate affectées par l’empereur, opposèrent à cette réforme une vive résistance qui faillit même amener une insurrection, chè houâng tÿ prescrivit alors de brûler tous les livres de l’Empire, à l’exception de ceux qui traitaient spécialement de la médecine, de l’agriculture ou de la religion. Tout homme qui refusait de brûler ses livres était condamné pour quatre ans aux travaux publics et employé à la construction de la grande muraille. Tout homme qui avait essayé de cacher un livre était condamné à mort.

La plupart des ouvrages anciens disparurent complètement, mais quelques-uns ont été conservés tantôt parce qu’ils furent bien cachés, tantôt parce qu’ils furent appris intégralement, transmis par la tradition et ensuite reconstitués.

Y Encyclopédie médicale attribuée à Houâng-Ty; parmi les autres, on remarque un Traité de matière médicale fort complet, rédigé par Ly chê tchên et un Résumé de médecine en cinq volumes comprenant quatre volumes de matière médicale et un volume de pathologie ; 1 c’est surtout ce travail que nous avons consulté pour notre étude.

Un Annamite, Làm de Hai-Dzuong, a écrit aussi un Traité de médecine, mais ce sont les auteurs chinois qui, le plus souvent, font autorité, même près des médecins annamites.

En dehors de ces livres classiques, on trouve des ouvrages sur certaines spécialités, Le livre des Dix mille maladies des femmes, par exemple ; on trouve aussi de petites brochures qui se vendent sur les places publiques et qui contiennent des conseils sur la façon de soigner les maladies les plus fréquentes; l’une de ces brochures est rédigée en vers pour permettre de retenir plus facilement les prescriptions.

Les livres de matière médicale servent aussi à l’instruction des pharmaciens, mais il est plus facile de se transformer en pharmacien que de se transformer en médecin. Il suffit, à la rigueur, de savoir lire le nom des médicaments, d’apprendre quelques manipulations et de s’installer dans une boutique spacieuse et de belle apparence. A l’extérieur, une pancarte recouverte de laque d’or annonce aux passants le nom du marchand. La devanture en bois est le plus souvent recouverte de laque rouge, de laque d’or et de dessins variés. Les pharmacies sont les maisons les plus fastueusement ornées; cela se comprend facilement lorsqu’on sait que le Chinois adore tellement les drogues qu’un proverbe dit : « On connaît la richesse d’un homme à sa note chez le pharmacien ».

Si nous entrons chez l’apothicaire, nous voyons une étagère garnie, à sa partie inférieure, de petits tiroirs, et à sa partie supérieure, de beaux pots de terre ou de grès.

Chaque tiroir est subdivisé en quatre petits compartiments et porte extérieurement des étiquettes correspondant aux drogues contenues dans chaque compartiment; les pots sont aussi soigneusement classés et étiquetés.

i. Le Musée de la Faculté de Médecine de Bordeaux possède un exemplaire de ce Traité (don de notre camarade le Dr Crozé).

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