‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 2)Chapitre 195 sur 237 · DENTITION · texte numérisé non relu

DENTITION

Elle commence vers les six mois ; elle s'annonce, lorsque les enfants doublent les gencives, lesquelles démangent, deviennent blanchâtres, et particulièrement sur les bords; en même tempsqu'ilsont la bouche chaude, ilssont inquiets, agités, principalement la nuit; ils éprouvent une chaleur fugace, et plus tard ils sont pâles; dans cet état, ils portent tout à la bouche pour y mordre, ils mordent même en tétant, et tettent quelquefois difficilement; les gencives se gonflent, deviennent chaudes et douloureuses.

L'incision est un fort mauvais moyen ; on ne doit y recourir, comme palliatif, que chez les enfants dont les parents sont atteints de scrofules ou de syphilis, et s'ils sont maladifs. Et encore on ne devra la mettre en pratique qu'après avoir essayé les remèdes que nous allons indiquer, parce qu'il vaut toujours mieux que la dentition se fasse d'elle-même. Si l'on en vient à l'incision, qu'elle soit très-légère et faite d'un trait superficiel, et seulement lorsqu'on sent très-distinctement la dent sous le doigt. — Si on le fait avant et trop tôt, l'incision se ferme, et laisse une cicatrice qui rend la sortie de la dent encore plus difficile.

Dans la salivation et la diarrhée que les enfants éprouvent pendant la dentition, il n'y a rien à faire, à moins que cela ne devienne trop fort; et alors, dans ce cas, on donnera merc. viv. et sulph.; également ipec. à plusieurs reprises, mais seulement une dose par jour.

Si les signes précurseurs de la dentition durent trop longtemps, et que les gencives ne se gonflent pas comme il convient, qu'elles ne deviennent pas d'un blanc opalin, ou que ce phénomène ne s'opère pas régulièrement, ou

que le travail ne soit pas assez avancé pour l'éruption des dents, donnez alors pendant trois à quatre semaines, et une fois tous les huit jours, cale. carb. Chez les enfants faibles, il suffira de l'olfaction de ce remède; s'il survient d'autres souffrances, faites flairer le camphre, ou Yesprit de nilre dulcifié.

Lorsque l'enfant est trop agité, qu'il ne dort pas, qu'il est tantôt inquiet, tantôt trop gai, et qu'il n'a pas de fièvre, donnez coffr, si cela ne suffit pas, répétez-le ou donnez ign.; si cela est encore insuffisant, donnez acon.\ enfin, si rien de cela ne suffit, chamom.

Lorsque l'enfant a une forte fièvre, s'il a chaud, soif, qu'il crie fréquemment, et s'il porte toujours la main à la bouche, s'il s'éveille en sursaut, donnez successivement coff., acon. et chamom. Si le premier ou le second suffisent, attendez; si l'état s'aggrave, répétez le même remède ; et ce n'est que lorsqu'il reste sans effet qu'il faut recourir au troisième ; lorsque cet état est accompagné de constipation et d'une toux sèche, nux vom. convient mieux que chamom.

Chamom. est particulièrement indiqué lorsque les enfants ont en même temps une toux sèche et nerveuse, qu'ils sont agités la nuit, qu'ils se jettent çà et là, qu'ils boivent souvent, qu'ils éprouvent de la chaleur avec ardeur à la peau; s'ils ont les yeux injectés de rouge, s'ils sont anxieux et gémissants, si leur respiration est courte, précipitée et bruyante, avec forte oppression de poitrine; s'ils tremblent dans leurs membres et éprouvent des tressaillements isolés dans les extrémités, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre : si chamom. ne suffit pas, donnez btil.

Les convulsions ou attaques sont ordinairement précédées des symptômes que nous avons déjà indiqués, et que nous rappelons en partie : il y a diarrhée ou pâleur de la face; ou bien, les yeux sont ternes, l'appétit manque, l'enfant a une certaine faiblesse qui faitquil veut rester sur les bras, et laisse tomber sa tête sur l'épaule de sa nourrice. — On peut pré-

venir l'attaque par ign. Chamom. la préviendra aussi, si les symptômes qui lui sont propres l'indiquent.

Si, après avoir toussé souvent, et que la fièvre s'ensuive, l'enfant se met à retousser et à bâiller alternativement beaucoup, et que, dans l'intervalle, il crie presque sans discontinuer ; si la matière diarrhéique est verte, et la figure anxieuse; s'il est assoupi et s'il se déclare dans les traits de la face de petits mouvements spasmodiques, donnez taré. émet. 3, ou un grain, tel qu'on se le procure dans une pharmacie; on le dissoudra dans un grand bol d'eau pour l'administrer par cuillerées à café. Toutes les fois que l'accès revient accompagné de cris violents, et que les mouvements spasmodiques se déclarent de nouveau, répétez la solution émétisée.

Lorsque les convulsions éclatent brusquement, et de manière à ne pouvoir administrer un remède, ou qu'il soit impossible d'en faire le choix d'après les symptômes actuels, laissez d'abord passer le plus haut degré du paroxysme, et donnez alors ign. à flairer. S'il survient un nouvel accès aussi fort que le premier, donnez encore à sentir; mais si l'accès est plus faible, attendez. S'il ne résulte aucune amélioration de l'emploi de ce remède , administrez chamom. une ou deux fois, et ensuite cale, carb., qui ne manque presque jamais son effet.

Bell, réussit quand ign. ou chamom. n'ont pas suffi. Ce remède convient aussi quand un sommeil profond succède à la crise et dure longtemps, même jusqu'à la prochaine attaque. On le donnera immédiatement avant tout autre remède, dans le cas surtout où l'enfant sort de son sommeil brusquement et avec un sentiment de frayeur, qu'il regarde d'un air anxieux et avec une expression étrange; que la pupille est dilatée, que le regard est fixe et qu'il s'effraye de tout; qu'il devient roide et contracte tout son corps, particulièrement s'il a les mains et le front brûlants, et qu'il laisse fréquemment échapper ses urines au lit. (Comparez avec cin.)

Cin. convientsurtoutaux enfants qui, avant même d'être malades, pissaient habituellement au lit, ou qui étaient précédemment atteints d'une toux sèche, déjà ancienne et assez semblable à la coqueluche, ayant de fréquentes aggravations, et qui a été remplacée par des spasmes de poitrine et des mouvements convulsifs des membres. — Cin; convient aux enfants arrivés à la seconde dentition, accompagnée de crampes, surtout s'ils se frottent le nez avant et après les accès. — On pourra également consulter ipec., que l'on donnera en plusieurs fois; hyosc, cale, carb., sulph., cup.9 acet. méritent aussi d'être employés lorsque, en l'absence des accidents nerveux, le cerveau paraît être affecté, et si les enfants ont les yeux vitrés et ternes, s'ils dorment beaucoup, trop ou point du tout; s'ils enfoncent la tête sous l'oreiller ou la remuent; s'ils sont, tantôt pâles, tantôt colorés, et qu'ils mordent le verre en buvant.

C'est une règle générale que les enfants peuvent être sevrés vers le huitième mois.

Dès que la mère se sent faible, elle doit songer à suppléer à son lait; elle commencera par donner moins souvent le sein à l'enfant, surtout si ses menstrues viennent à réapparaître pendant l'allaitement ; le sevrage'pourra même avoir lieu plus tôt.

Le développement progressif de la dentition est un signe qui indique à la femme que son enfant peut se passer de son lait; c'est une preuve que ses organes digestifs ont déjà pris une certaine force pour digérer des aliments plus substantiels.

Mais on ne devra point songer au sevrage, si l'enfant souffre des dents ou s'il est atteint d'une maladie de son âge, à moins toutefois qu'il n'y ait des considérations majeures qui le rendent nécessaire.

A mesure que les dents commencent à travailler les

gencives, l'enfant doit être habitué graduellement à une autre espèce de nourriture; dès que les gencives sont traversées, il est déjà capable de supporter une alimentation un peuanimalisée, comme aussi un peu de substances végétales, soit du bouillon, du pain, du lait, etc.

Les saisons à préférer pour le sevrage, c'est le printemps, en mars et avril; et c'est, en automne, octobre et novembre. L'hiver et l'été sont beaucoup moins favorables à la santé de l'enfant.

Une fois le sevrage commencé, le sein ne sera plus présenté au nourrisson, que ce soit lanuit, ou le jour, quellesque soient d'ailleurs les idées théoriques qu'on se soit faites sur la cessation graduelle de l'allaitement. Faire différemment, ce n'est servir, ni la santé de la mère, ni celle de l'enfant. A moins d'une raison exceptionnelle, un état de maladie, par exemple, la mère ne devra jamais confier son enfant aux mains d'une autre personne aurait-elle encore plus d'aptitude à donner des soins de sevrage. Elle ne doit jamais non plus s'éloigner de la maison pendant qu'elle remplit une si douce tâche; si elle aime réellement son enfant, elle se conformera à ce conseil; elle en sera bien récompensée, car elle sentira son affection s'augmenter à mesure qu'elle mettra plus de constance à remplir ses devoirs de mère.

Le moyen le meilleur et le plus facile pour sevrer un enfant, c'est de le prendre dans le lit comme à l'ordinaire, de ne point changer ses habitudes, mais seulement de l'éloigner du sein. Quand on le lui a refusé une première fois, qu'on ne le lui présente plus. Il suffit de quarante-huit heures pour le faire à cette privation. — Donnez à l'enfant la nourriture à laquelle on l'a déjà accoutumé, et gardezvous d'afïriander son appétit avec des sucreries et autres douceurs.

Après le sevrage, le régime diététique de l'enfant sera s'mple et assez abondant ; il se composera, comme on l'a dit plus haut, de panade, de pain, de lait et de substances fari-

neuses, telles que arrow-root, tapioca, salep, pommes de terre, du pain beurré, et de temps en temps un pende bœuf, de mouton, de la volaille, etc. Mais surtout, ces petits repas seront bien réglés. Pour boisson, l'eau fraîche seule suffira.

Une fois que l'enfant ne prend plus le sein, la mère devra s'abstenir de manger une nourriture salée ou épicée, si elle veut prévenir une soif trop prononcée.

Elle devra s'attacher à diminuer la sécrétion du lait, en se privant de manger des substances trop nourrissantes, elle devra donner la préférence à des aliments secs, et ne boire que de Teau et en petite quantité. — Si les seins grossissent et se chargent de lait, frottez-les légèrement avec un morceau de lard, couvrez-les de coton et prenez une dose de bell. ou, s'il n'y a pas d'amélioration, rhus. Afin de les délivrer de cette plénitude, il est quelquefois nécessaire de les teter.

Puis, et rhus sont les deux meilleurs remèdes pour arrêter la sécrétion du lait.

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