ENGELURES
Les engelures sont l'effet du froid en hiver, elles continuent d'incommoder quelquefois jusqu'en été, mais particulièrement au printemps ; les membres qui restent endoloris par la gelée, quoiqu'ils ne soient pas enflés, sont le siège ordinaire d'une démangeaison, et d'un brûlement assez incommode et quelquefois d'une vive douleur, et un des points du membre affecté se crève et saigne ; tous ces accidents se guérissent par puis. Si la couleur de la peau est d'un rouge foncé et bleuâtre, donnez cycl. ; si les parties malades présentent l'aspect d'un rouge clair, on peut employer nux. vom., et si tout cela ne suffit pas, sulph. Contre les douleurs aiguës, donnez cham., et plus tard, ars. alb. — Quant aux remèdes domestiques, qu'on fasse usage, dans les cas où la peau est ulcérée, de bandes de fort papier trempées dans de la colle de poisson, que l'on appliquera chaudes ; si elle est rouge, douloureuse, et que la douleur s'augmente par le mouvement, on peut se servir d'huile de poisson et de graisse. — Si le mal s'étend aux mains, aux pieds et à la figure, servez-vous d'un onguent que vous composerez en faisant fondre sur de la glace pilée du lard
que Ton fera égoutter à l'ardeur d'une chandelle. Mais si le mal est plutôt dans les os et dans les articulations, on fera usage d'un onguent de lentilles fait de la manière suivante :
Pulvérisez des lentilles bien choisies, et vous les verserez dans de la graisse d'oie fondue ; mêlez exactement, et étendez ensuite sur du linge pour être appliquées sur les parties douloureuses. — On peut fait usage de ces divers moyens pour prévenir le mal lorsqu'on y est prédisposé.
Toute personne qui est sujette aux engelures dès que le froid revient, doit s'abstenir, l'été comme l'hiver, de la viande de cochon, de rôti d'oie, et même des aliments préparés à la graisse.