‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 4)Chapitre 11 sur 53 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les émotions subîtes s'accompagnent souvent de suites fâcheuses, de souffrances qui se manifestent ou immédiatement ou plus lard. Il sera toujours bon d'y remédier. Si la cause produit une agréable surprise, la joie, qui, malgré la satisfaction qu'elle donne, provoque une grande excitation, un tremblement, un état de syncope ou perte de connaissance, comme cela a lieu fréquemment chez les femmes et les enfants, donnez coff., et, s'il ne suffit pas, répétez-le, mais en dilution.

En cas de frayeur ordinaire, produite par un bruit soudain ou toute autre impression, donnez de suite o/).f* mais s'il y a déjà quelques moments de passés, même une heure, depuis celte émotion, acon. convient mieux. S'il reste sans effet, donnez op. une heure après ; puis, attendez une demiheure et même une heure entière ; alors donnez alternativement ces deux remèdes.

Si la frayeur s'accompagne d'un sentiment de peur, op. est le moyen qu'il faut préférer; et quant aux autres remèdes, il en est question plus bas, au paragraphe peur. — Si la frayeur est suivie de contrariété, c'est acon. qui convient; si elle produit de la tristesse ou du chagrin, préférez ign.

Mais la frayeur peut avoir des suites beaucoup plus graves :

comme de s'accompagner d'une douleur frontale, de renvois ou vomissements acides, de faiblesse avec sueur froide; d'engourdissement avec chaleur interne, agitation et pesanteur du ventre; ou froid général avec tremblement ou tiraillement nerveux, resserrement de la poitrine, roideur des membres, état de somnolence avec ronflement et difficulté de respirer, etc. : dans ce cas, donnez op. dilué, une cuiller a café tous les quarts d'heure ; si, une heure après, il n'y a pas de soufagement, samb. nig. o. Si, encore une heure après, l'amélioration ne s'est pas prononcée, donnez acon. plusieurs fois, en le répétant toutes les deux ou trois heures.

Si la frayeur est suivie de tiraillement des membres et de convulsions, et que le malade perde connaissance, ne voie pas, tremble, respire difficilement, ou ait des évacuations involontaires, donnez op. GG; s'il n'y a pas une prompte amélioration après une demi-heure, administrez ign. GGG.

Lorsque chez les enfants, la frayeur provoque des cris, des tremblements, des accès de convulsions, des tiraillements dans les bras et les jambes, qu'ils ont la tête chaude avec rougeur et sueur de la figure, donnez* op. , et puisse//, s'il n'y a pas d'amélioration. S'ils deviennent pâles , donnez ign.; s'ils deviennent froids et qu'ils aient des évacuations involontaires, donnez verat. alb. Dans le cas de simple vomissement et de mal d'estomac, acon. — Dans les dévoiements, par suite de saisissement, d'anxiété ou de joie, donnez op. ; en cas de rechute, et le malade restant sous l'empire de Ja crainte, acon.; et s'il ne suffit pas, administrez, une demi -heure après, vwat. alb. — Dans les évanouissements produits par la frayeur, op. Si le malade devient froid, jetez-lui de l'eau froide à la ûgure, et lavez-lui également les pieds avec de l'eau froide ; —s'il s'évanouit de nouveau, faites-lui sentir le camphre.

Quand, à la suite d'une forte frayeur, le sang se porte for-

temenl à la tète, donnez d'abord op.; s'il ne suffît pas, acon. Si cet étal se renouvelle à quelques moments de là, le lendemain ou le surlendemain, donnez bell., mais une seule prise. — Si le rpalade, après avoir été effrayé, reste dans une longue anxiété, et que les autres moyens n'aient pas réussi, administrez bell. une fois seulement.

Si la frayeur ou tel autre sujet de mortification produit l'aliénation mentale, donnez bell. — Si bell. reste sans effet, ou se montre insuffisant pour enrayer la maladie, et surtout si le patient tombe dans l'indifférence ou dans une profonde tristesse, interrompue par des éclats de rire, ou s'il montre de l'orgueil et du mépris pour les autres, s'il témoigne une grande anxiété et la crainte d'une mort prochaine, et si, relativement aux femmes, les règles fluent trop abondamment, donnez plat.; et si le flux menstruel est peu de chose, donnez puis. — Si, après avoir administré bell., le malade continue à être inquiet, et que la moindre occupation le fasse trembler, lui agite le sang et trouble son sommeil par d'effrayantes visions, s'il souffre plus la nuit que le jour, ne peut supporter la chaleur du lit, veut s'enfuir, devient querelleur, se plaint de sa famille et de ses amis, alors donnez merc. viv.

La peur ou ia crainte est assez souvent liée à la frayeur : c'est pourquoi les remèdes dont il vient d'être parlé conviennent ici. Lorsque les enfants sont craintifs ou peureux, on leur donne, avec succès, acon. le soir, ou bell. le matin. — Dans la diarrhée causée par la peur, donnez verat. alb. Si le ventre est chaud et les membres froids, c'est puis, qui con vient. — Lorsque les autres symptômes ont lieu et que, particulièrement, il y a hébétude, difficulté d'avaler (dysphagic), .convulsions, rire pendant le sommeil, soubresauts, crainte continuelle et désir de s'enfuir, donnez hyosc.

Les peines morales, tristesse OU chagrin, OlK des SU i les

1k CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.

plus fâcheuses que les autres affections de l'âme; ces suites sont ou immédiates ou subites, ou elles se déclarent à la longue, et deviennent souvent dangereuses. On peut toujours enrayer les premières, mais il est rarement possible d'arrêter les secondes. Si l'on n'est aidé dans ce traitement par une action toute morale, on doit peu compter sur les antres moyens ; et celui qui ne trouvera pas ce levier moral se flatterait en vain d'obtenir des effets salutaires par les remèdes que nous avons à conseiller. — Pour un chagrin profond et morne où l'amour-propre s'est trouvé blessé ; pour un dépit concentré, suivi d'une grande affliction et dont on ne peut se rendre maître ; pour les peines qui naissent d'un amour malheureux ; pour les soucis qui proviennent de grandes pertes; enfin, pour une tristesse profonde qui ronge l'esprit, prenez ign. que, dans quelques cas, vous pouvez répéter deux ou trois jours de suite. — Quand, par suite de ces chagrins, il y a vomissement, indisposition de l'estomac, mal de tête et verlige, donnez encore ign.; s'il reste sans effet, acicL phosph. — Dans l'épilepsie produite par de semblables causes, administrez d'abord ign. S'il ne suffit pas, donnez op. pendant l'attaque, et puis acid. phosph., que vous répéterez après chaque accès, et chaque jour durant une semaine, dilué dans un demi-verre d'eau.

Dans les peines d'amour, donnez d'abord ign., et, quelques jours après, acid. phosph. , s'il y a lieu, et que le malade soit taciturne, concentré en lui-même, ou qu'il ait une petile fièvre lente. — Si le malade souffre, par l'effet d'une vive et profonde sympathie, des souffrances physiques ou morales d'une personne amie, ou par la suite de longues et pénibles veillées, donnez acid. phosph., même à l'état de teinture- mère, une ou deux fois par jour. S'il déraisonne, s'il est jaloux et emporté , hyosc. o. convient.

Dans les aliénations mentales causées par d'autres peines morales, il faut préférer bell. et puis acid. pkosph. Employez même merc. viv. et plat., si l'altération des facultés intellectuelles se présente dans les circonstances indiquées à l'article frayeur. — Dépend-elle du mal du pays (nostalgie), et y a-t-il insomnie avec rougeur et chaleur de la face, donnez hyosc. Si, après quelques jours, il n'y a pas de soulagement, donnez caps. Si ces moyens ne suffisent pas, et que le malade tombe dans une sorte d'épuisement, qu'il. ne parle pas, transpire beaucoup le matin, et reste somnolent et hébété, administrez alors acid. phosph. Quand il est dans une grande faiblesse, qu'il tremble, qu'il est inquiet et agité, principalement la nuit, qu'il a des frissons et une. transpiration nocturne, donnez merc. viv. — Chez les femmes, si l'impression morale, la frayeur, la crainte, la peur, le chagrin et la colère provoquent les règles, quelquefois même trop abondantes, Raccompagnant de fortes souffrances, ou si elles amènent leur suppression, donnez plat.

Dans les affections chroniques par suite de chagrins et de soucis, et si le malade est irritable, inquiet, peureux, triste, craintif pour l'avenir, se préoccupe toujours et se chagrine, surtout s'il dort le jour et veille la nuit, qu'il transpire presque continuellement, qu'il perde ses cheveux et que sa voix s'affaiblisse, donnez staph.; s'il' ne parle pas par obstination, s'il maigrit et est agité par la fièvre, donnez acid. phosph. Devient-il querelleur, contrariant, irritable, et quelquefois estil saisi d'un sentiment de crainte et en proie à l'anxiété, administrez merc. viv.

La vexation, le dépit ou la contrariété sont des impressions de l'âme liées souvent ù des peines cachées, soit honte ou chagrin : dans ce cas, donnez ?>/>?. Si l'on éprouve de,

frissons, que le froid gagne tout le corps, et que l'on devienne irascible, donnez bry.; et nux vom. si bry. ne suffit pas. Quand la vexation provoque une juste indignation avec un sentiment d'horreur pour ce qui en est la cause, quand le malade est furieux et s'irrite a jeter tout ce qui se trouve sous sa main, repousse tout ce qui est à sa portée devant lui sur la table, donnez staph. Quelquefois ce remède est insuffisant, et ne devient salutaire qu'alterné avec coloc. Quand on comprime son dépit, qu'il se déclare des souffrances du ventre, surtout si elles se manifestent ou s'aggravent après le repas , donnez coloc. Quand le dépit s'accompagne d'une grande colère suivie d'emportement et de chaleur, préférez chamom., qui convient toujours après un accès de colère. Si les contrariétés sont telles qu'elles provoquent la toux, des palpitations de cœur, et une grande difficulté de respirer, avec spasme et resserrement de la poitrine, et avec iùiminence de suffocation, prenez chamom., alors il est également bonde plonger les mains dans l'eau froide pendant quelques minutes, et si cela ne suffit pas, de mettre les bras dans l'eau chaude jusqu'à ce que cet état de souffrance se soit amélioré.

Si , à la suite de vives contrariétés, la bouche devient amère, qu'il y ait vomiturition ou vomissement bilieux, mal de tête, pression précordiale, coliques, diarrhée, fièvre avec chaleur, grande soif, visage et yeux rouges, fièvre bilieuse avec couleur ictérique (jaunisse), donnez chamom. Après six, huit, douze heures, on peut répéter une seconde prise, mais c'est rare. Cela dépend des circonstances. Mais si le malade éprouve au contraire du froid et des frissons, donnez bry. Si après huit heures il n'y a pas d'amendement, administrez verat. alb.

Si après avoir pris d'une infusion de camomille on vient à se fâcher, ou qu'on en ait pris pour faire cesser la fièvre,

donnez coff. ; s'il ne suffit pas, nux. vom. Si, après cela, il reste encore quelques souffrances, donnez chamom. Si le malade est d'un caractère doux, et que chamom. n'ait produit aucun soulagement, administrez puis. Si, après une vive contrariété, on se met à manger ou à boire , et qu'il en résulte un mauvais goût de la bouche, renvois amers, vomissements bilieux, douleurs d'entrailles, chaleur à la tète, inquiétude, sommeil agité, etc., donnez chamom. une ou deux fois. Si cet état se renouvelle, sans être amélioré par chamom., recourez h puis, ou nux. vom.

La colère qui éclate chez des personnes d'un tempérament violent et d'un caractère impétueux, demande nux. vom. Si l'emportement s'accompagne d'un juste sujet d'indignation chez un malade d'une humeur hypochontlriaque, donnez staph.; suivi du trouble de la raison, plat: — Aux tout petits enfants qui ont une rage de colère si violente, qu'ils en perdent la respiration et tombent dans des convulsions, donnez chamom.; si les cris et les pleurs provoquent la toux, a.rn. ; s'ils pleurent longtemps et ne se laissent pas consoler, donnez bell. ; si ce remède ne suffit pas, hep. sulph. Ce dernier, une fois donné, ne sera pas répété.

L'iniprcssionnahilitc et la surexcitation nerveuse SOUt,

chez certains individus, une source de souffrances d'autant plus déplorables qu'elles éclatent sous l'influence de la plus légère cause, de la plus petite émotion morale. Si la surexcitabililé est liée à des chagrins, à des soucis qu'on lient cachés et qui donnent de l'insomnie, augmentent la douleur dans les parties affectées, et provoquent facilement les larmes ou les rendent cuisantes, donnez coff. plusieurs fois. Ayez soin d'interdire l'usage du café ordinaire. — Dans une forte surexcitation du système nerveux et des organes des sens avec pro-

pension à s'effrayer, à s'inquiéter, à rester étendu et à fuir l'air libre; si l'on devient violent et opiniâtre; quand, chez les femmes, les règles avancent, durent longtemps et parcourent leur période d'une manière irrégulière, nux. rom. convient. Mais si le patient est calme, enclin aux larmes, et que, chez la femme, les menstrues retardent et coulent peu ou même pas du tout , donnez puis. Si ces moyens manquent leur effet et que le malade soit inquiet et triste, administrez ign.; s'il est irascible et violent, chamom.; s'il est surexcité, occupe constamment de projets et est plein d'animation, surtout le soir, donnez chln.; si la peine l'exalte, c'est coff. qui convient; s'il ne réussit pas, qu'il y ail des symptômes de fièvre avec dureté et vivacité du pouls, donnez acon.; s'il ne suffit pas, chamom.

Si l'on est trop sensible à la douleur et qu'elle exaspère au dernier point, ou si elle s'aggrave d'une manière insupportable par le changement de temps ou le moindre refroidissement et attouchement, donnez chin. Si, après six heures, il n'y a pas d'amélioration, donnez merc. vio., et si la douleur s'exaspère jusqu'à lui faire perdre la raison, alors administrez verat. alb.

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