DE LA CHALEUR OU DE L'ÉCHAUFKEMEJNT, DE LA FATIGUE ET DE LA FAIBLESSE
Après tout l'effort excessif, on se trouvera bien de prendre un bain chaud d'une demi-heure; et si I'endolorissemem des membres est par trop intense, frictionnez-les dans le bain avec la solution de savon alcoolisée : cela fait disparaître la douleur et apaise l'ardeur.
Après un grand échauffement par Iè travail, en été, il est bon de prendre quelques gouttes de rhum et de forte eaude-vie sur un morceau de sucre, ou une gorgée de vin généreux ; et après un bon moment , buvez de l'eau froide. Si vous êtes très fatigué, prenez une lasse de thé vert, légèrement infusé. Et si l'on s'est fatigué par un temps froid, il est mieux de boire de la bière fraîche , quand on est obligé de nouveau d'aller au froid ; et un lait de poule coupé avec de la bière chaude, si l'on doit rester dedans. Les boissons fortes ne sont pas bonnes en hiver, puisqu'elles rendent plus sensible au froid ; elles ne conviennent en été qu'après qu'on s'est échauffé; mais, prises en grande quantité, elles produisent un affaiblissement qu'on ressent le lendemain. Si l'on éprouve un peu d'affaissement par l'effet de la chaleur, il est convenable de prendre quelque peu de café ; mais il faut s'abstenir de boissons spirilueuses.
Ceux qui, après avoir clé longtemps exposés a un grand
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froid, tombent dans un état d'engourdissement et dans une invincible propension au sommeil , sont promptement et sûrement débarrassés de cet accident et du danger de la congélation par le flair du camphre ou de l'alcool camphré, ou même en avalant un petit morceau de celle substance. Il est alors presque indispensable pour celui qui est obligé de rester longtemps exposé à un froid vigoureux d'avoir avec lui un flacon de camphre.
Conlre l'effet de l'insolation ou coup de soleil . après être resté ou s'être endormi la tête et le cou nus aux rayons d'un soleil ardent, ou même auprès d'un four allumé, donnez acon. ; répétez-le, si le cas s'aggrave, et faites-le suivre de bell., qui réussit presque dans tous les cas.
Dans le mai de tetc par l'effet de la chaleur, qui s'accompagne d'une sensation de plénitude à disloquer le crâne, s'aggravant en baissant la tôle, çt qui se fait sentir surtout au front, comme si le cerveau allait sortir par là; s'il est exacerbé par la marche, en montant, par la moindre impression morale ; s'il est suivi de fièvre ardente avec soif, ou qu'il y ait vomissements et insomnie , donnez beil. ou bry.
Bell, sera préféré, s'il y a grande anxiété et inquiétude, fureur réelle ou activité incessante d'idées et grand abattement, frayeur et peur des choses présentes, avec larmes faciles, gémissements et cris;
Bry.y si le malade est faible et de mauvaise humeur le matin, s'il ne peut pas supporter ses vêtements, et qu'il soit plutôt colère et irritable qu'abattu et pleureur ; s'il a peur de l'avenir.
iMais si la moindre chaleur provoque le mal de lête , et qu'il y ait pesanteur, battement, pression au-dessus des yeux, cl si l'exercice de la vue rend les yeux douloureux , donnez alors corb. vcg.
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Si ce mal est produit par les chaleurs de l'été, apcès s'être fatigué dans une exposition au soleil , ou par suite d'un échauffement pour être resté auprès du feu , ou même en repassant le linge, et si alors on sent comme si la têle était trop pleine et que l'appétit vieune à manquer, surtout le matin, qu'il y ait en outre grande soif, fièvre, tremblement, et même quelquefois nausées et vomissement, ou encore diarrhée ; dans ces cas, bry. est indiqué.
Les diarrhées causées par les chaleurs de l'été, surtout quand le lait provoque des coliques, et qu'il y a de la fièvre, guérissent promptement. par l'usage de bry, — On est quelquefois obligé de la répéter le lendemain.
Si l'on ne peut supporter la chaleur de l'été, ou qu'on ne puisse travaillera la chaleur, surtout si l'on a des sueurs nocturnes, qu'on soit entraîné au sommeil , et si l'on se plaint de douleurs d'estomac et du ventre , et que dans ce cas bry. n'ait pas suffi , donnez ant. wud. — Si la chaleur a pour effet de donner des nausées , et qu'elles reviennent malgré l'usage des moyens indiqués, alors administrez silic.
La fatigue après une longue marche ou après un travail excessif, particulièrement en été, f est quelquefois tellement grande qu'on ne peut prendre aucun repos, et même, dans ce cas, ce qui devrait délasser ne fait qu'augmenter 1rs mauvaises dispositions du corps. Si l'on ne peut se meure dans un bain chaud, qu'on mette au moins les pieds dans l'eau chaude avec une poignée de sel de cuisine. Si par ce moyen on ne parvient pas à se délasser, prenez coff. — Ce qui soulage le mieux dans pareil cas est une lasse d'infusion modérée de thé vert de bonne qualité. S'il arrivait qu'on fût fatigué au point de tomber en défaillance , verat. alb. est ici parfaitement indiqué : s'il y a longtemps qu'on n'ait mangé, donnez coff.— Est-on devenu faible par de trop fortes sueurs , ou h
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l'on est déjà débilité ou épuisé par des sueurs nocturnes , administrez chin.
Si cet élat d'échauffement se fait sentir à l'intérieur, et à ce point que la respiration en soit chaude, le pouls fréquent, donnez ocon. ; s'il ne diminue pas, bry. — Si l'on ressent encore , après quelques jours des bouillonnements de sang , ou si, après une nouvelle fatigue , Je sang se porte a la tête , au \isage ou à la poitrine , donnez marc. viv. Mais si l'on se sent les membres, surtout les chairs, comme brisés, arn. soulagera promptement ; si les pieds sont gonflés et font mal en marchant, prenez une petite cuillerée de teinture à! arn. dans une demi-tasse d'eau fraîche, et après avoir lavé les pieds avec de l'eau pure, mouillez-les avec cette eau préparée et faites les sécher à l'air.
Quand les articulations sont prises de douleur par suite des efforts faits pour porter ou soulever des fardeaux, et que ces douleurs augmentent en les mettant en jeu ou même en les laissant en repos, donnez rhus tox., ou bry. quand les souffrances se manifestent plus particulièrement aux reins et qu'elles deviennent fortement lancinantes par le mouvement. S'il est impossible de faire le moindre mouvement du dos sans provoquer de vives douleurs, donnez alors sulph. — Comparez ceci avec ce qui est dit des moyens employés contre les entorses.
Si quelqu'un, même dans l'état normal , se fatigue facilement par le moindre travail et le plus petit effort; si tout l'indispose, même la conversation, donnez cocc. ; s'il ne suffit pas , veratr. olb. deux fois dans quelques heures , et enfin cale. carb.
Quand par suite d'une course rapide on est essoufflé, ou qu'on est atteint de toux, de point de côté et de douleurs des membres, administrez loutrs les deux ou trois heures
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acon. ; s'il reste un point de côté, donnez arw., et douze heures après, si le mal continue, bry.; si l'essoufflement continue et s'aggrave par une marche précipitée ou en montant rapidement , si la toux complique cet état et s'accompagne de crachats muqueux* silic.
Dans le mai de mer, donnez cocc. Il convient toujours , mais il faut avoir soin de le répéter.
Les individus sont diversement éprouvés par le roulis du navire : les uns s'y habituent facilement, les autres avec peine, et il y en a qui en souffrent sens relâche. Il est bien alors de traiter chaque malade selon les souffrances produites par la mer. — Les uns prendront de l'cau-de-vic avec de l'eau, les autres du jambon cru épicé avec, le poivre noir; on fera toujours bien de faire beaucoup d'exercice , de s'efforcer à manger, de s'appliquer sur le creux de l'estomac un papier de trace imbibé de rhum ou de forte eau-de-vie. Si Ton ne supporte pas l'odeur du navire, ni celle de la nourriture, prenez colch.; si le bruit incommode, therid., surtout si l'on éprouve un grand mal de tête. Si vous avez de l'appétence pour les acides et pour les substances cordiales , alors il convient de prendre sep. une ou deux fois ; dans le cas d'une très grande faiblesse, petrol. — Dans l'impossibilité de lâcher les urines et pour la constipation produite par le mouvement du navire, on fera usage du pôle nord d'un barreau aimanté. S'il se déclare un goût putride dans la bouche , avec saignement de gencives et constipation, staph.
Les longues veilles affaiblissent toujours, mais il est pourtant bon que chacun puisse les supporter en cas de nécessité ; si elles produisent une faiblesse trop considérable, plus grande qu'à l'ordinaire, et qu'on ne puisse se permettre même une heure de repos , administrez cocc, ou une goutte à" acide phospk. dans l'eau. — Quand par suite d'un travail de nuit et
des Veilles on est trop fortement indisposé ? au point que la moindre des choses devient insupportable, que la moindre odeur et surtout celle des aliments concourt à vous fatiguer, alors prenez colch. Si le mal de tête en est la conséquence, et qu'on ait tâché de se tenir réveillé par l'usage du café ou du vin , et par d'autres boissons fortes, donnez nux vom. Si l'on s'est abstenu des boissons spiritueuses, et si , quoiqu'on souffre, on ne doive pas se coucher, ou si l'on ressent des envies de vomir, administrez ipec. — S'il y a aggravation le soir, et que le matin on soit mieux , ou , chez les femmes , quand elles peuvent prendre vers le matin un peu de repos , donnez puis. Si les veilles provoquent un mouvement de sang vers la tête, si elles occasionnent de la pesanteur par l'action musculaire des yeux, si ces souffrances augmentent à l'air libre , pendant le mouvement , par suite de l'ébranlement causé par la marche , surtout chez les individus ardents et vifs, donnez nux vom. Si la tête est comme vide et légère , ou s'il y a de la pesanteur avec impossibilité de supporter la vive lumière , avec amélioration à l'air libre, et exaspération étant couché, et avec bruissement pendant la marche, et qu'on ait affaire à des personnes douces et d'un caractère souple , administrez/}^. Si la tête est comme vide, avec bouffée de chaleur au visage ; si les yeux sont cernés d'un cercle bleuâtre, la bouche sècbe sans soif, avec répugnance pour les aliments, renvois, nausées jusqu'à faire perdre connaissance; s'il y a ballonnement du ventre, respiration oppressée, aggravation à l'air libre , en parlant , par l'usage du café ; si le malade est triste , se réveille en sursaut et est agité par des rêves pénibles, donnez cocc. Lorsqu'il se trouve surexcité, le soir surtout, qu'il a fait un mauvais sommeil et qu'il est fatigué le malin, donnez chin. ; s'il se sent brisé, c'est uni. qui convient.
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Pour l'embarras de la tête, comme dans un étal d'ivresse, avec bourdonnement des oreilles , avec pâleur et pesanteur, affaissement de la figure , du front , qui permet à peine de soutenir la tête, accompagné de nausées, frissonnement, faiblesse et tristesse, donnez nux vom.
Après une nuit de débauche, on doit donner puis, ou nux vom., d'après les caractères qui sont propres à chacun de ces remèdes ; ou bien carb. veg. : tout cela en consultant l'article relatif à l'abus des boissons spiritueuses.
La vie sédentaire et l'application de l'esprit trop
soutenue affaiblissent le corps; si on le peut, on doit restreindre ses occupations et aller se promener tous les jours une heure au grand air. — Mais si déjà le ventre est entrepris par des souffrances habituelles et sourdes, ou qu'on ait l'habitude du café ou des boissons chaudes, prenez nux vom. le soir; et si après quatre ou cinq jours le mal reparaît, sulph. s. pendant cinq ou six jours, tous les matins ; s'il y a nécessité , on pourra le répéter dans quatre semaines. Si les souffrances semblent se porter préférablement vers la tête , nux vom., qui sera même ici le meilleur remède ; plus lard, bell. , quelquefois puis. : voyez pour cela mal de tetcplus loin dans ce livre. Si tous ces moyens ne réussissent pas, et que chaque effort intellectuel produise le mal de tête, usez de cale, corfr. en olfaction. Si l'on vient à éprouver une sorte d'ivresse avecéblouissement, donnez pour les tempéraments violents nux vom.; pour les lymphatiques , puis. Pour les maux de dents, la toux et autres indispositions à la suite des conlcnsions d'esprit, nux vom. convient encore, ou tels autres moyens cités.
Les exee* tiennent le corps et l'àme dans la plus grande surexcitation. Pour ce qui regarde les excès de table et de la boisson , il en sera fait mention au chapitre iv. — Mais si ces
/j8 causes les plus fréquentes des maladies. excès sont de nature à occasionner la perle de produits essentiels à l'organisme, il faut alors, en observant une indispensable abstinence, faire usage des moyens suivants :
Le médicament principal qu'on doit employer dès le commencement , et même après qu'on a fait usage des autres, c'est chin. Plus lard, et quand le maladp s'afïlige de ces vices, donnez acide phosph. Cherchez du reste avec plus de soin la nature des souffrances que le malade accuse , et choisissez alors plus particulièrement vos remèdes parmi chin., acid. phosph., staph.y nux vom. ou sulph. et dulc., selon ce qui conviendra le mieux.
Les mêmes soins sont applicables aux malades épuisés par des vices contre nature : on commencera par donner chin., ou staph., ou nux vom.; plus tard, acid. phosph , ou sulph*, ou cale. carb. En même temps, il faut relever le moral du malade, l'encouragera faire effort sur lui-même, el soustraire à la tentation son imagination déréglée, par un travail attentif el soutenu, en lui donnant peu à manger, en abrégeant son sommeil, en conseillant la suppression de toutes boissons chaudes, la cessation de toutes relations dangereuses, et la suppression de la lecture des mauvais livres. Et s'il s'y joint une irritation morbide, ce qui arrive souvent chez les enfants, ayez alors recours de préférence aux moyens suivants : chin. , merc. viv., carb. veg., nux vom. , puis. , staph. ; ou ant. erud., silic, plat., cale, carb., cocc., sep. Très souvent, lorsque chin. et carb. veg. sont insuffisants, merc. viv. produit de bons effets, et sinon, sulph. — Dans l'intervalle de ces médicaments, qu'on doit rarement répéter, on administrera, selon l'occurrence, coff. , op., acon., ign.
Si par suite de ces vicieuses habitudes le tempérament s'est affaibli au point d'en ressentir les funestes conséquences dans l'accomplissement des devoirs du mariage, fût-on même