‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 4)Chapitre 15 sur 53 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DU DÉRANGEMENT ET DE LA PLÉNITUDE DE l'eSTOMAC.

Si quelqu'un a trop mangé ou a fait usage d'alimenis lourds, et ressent aussitôt après ou un peu plus tard un dérangement, donnez-lui du café pur; mais si le mal de tête ou autre indisposition, surtout l'oppression, l'étouffement, et chez les enfants le tremblement et les frissons, viennent à se déclarer, administrez aussitôt puis, en solution, et répétez-la toutes lesdemi-heures, jusqu'à ce qu'il survienne un vomissement ou que les symptômes aient disparu. Si, après le mal de léle, il reste encore de la pesanteur et de la pression à l'estomac avec nausées , donnez cham. ; et si après deux heures il n'y a pas d'amélioration, nuxvom. Si le lendemain matin on se ressent encore de l'indisposition, si l'on éprouve des nausées, vomiturilion, renvois de mauvais goût et d'odeur de moisi , ou un goût qui rappelle les aliments pris, administrez antim. crud. ; pour le renvoi amer, bry.; putride, nux vom. ; d'odeur des œufs cou vis, arn. ; acide , puis. ; gras, puis. ; acre et amer, ars. alb. — Voyez pour quelques autres souffrances ce qu'il est dit plus loin dans ce livre. Dans tous les cas , il faut s'abstenir pendant plusieurs jours d'une nourriture solide ; on ne doit permettre que des bouillons légers , pour que l'estomac puisse se rétablir.

UllC alimentation trop abondante chez les enfaillS, Surtout si elle est composée de mets difficiles à digérer, comme pâtes farineuses, pain mal cuit, etc., est la source de fréquentes indispositions, surtout quand ces petits êtres sont irop emmaillotés ou bercés trop souvent, et qu'ils sont en outre tourmentés par des purgatifs, tels que rhubarbe, sel de Glauber, huile de ricin, etc. Avant tout, il faut éviter toutes ces choses nuisibles; puis, contre le vomissement, donnez plusieurs fois ipec, surtout s'il y a diarrhée; si cela ne produit pas un prompt soulagement, puis. N'y a-l-'û que diarrhée avec matière non digérée, et l'enfant est-il déjà affaibli par des purgatifs ou par un long dévoiement, administrez chin.; et contre la constipation avec vomissement, nux vom.

Il ne faut pas nourrir constamment les enfants avec les mêmes substances; le lait doit être bouilli, mais pas trop. Il y a des enfants qui supportent mi-cuits les légers mucilages de gruau ; ne donnez pas des bouillies farineuses, préférezleur le gruau d'orge mondé. 11 vaut encore mieux faire bouillir pendant trois heures un peu de farine de froment dans un nouet plongé dans de l'eau, et après l'avoir laissé refroidir, on sépare du linge le grumeau durci, on l'émietle, et l'on en fait une bouillie soit avec du lait , soit avec du bouillon , ou simplement avec de l'eau. Les biscuits et la râpurede pain conviennent aux enfants, seulement ils ne doivent pas être trop brûlés.

Les dérangements de l'estomac qui reconnaissent pour cause l'usage de la graisse, viande de porc, pâtisserie, beurre rance, se guérissent pav puis. , et sinon par carb. veg.

La même indisposition par suite d'autres aliments , mais avec renvois et arrière-goût de la- nourriture prise, nausées et vomiturilion , se guérit aussi par antim. wud. et puis., quelquefois en les alternant.

L'estomac dérangé par les fruits se rétablit avec^w/.s.

Le dérangement occasionné par de mauvais vin acide, accompagné de beaucoup de nausées, demande ont. crud.; par du vin soufré, puis.; par de la bière acide ou du vinaigre, acon., surtout s'il y a douleur pressive dans l'estomac , nausées, vomituriiion, vomissement muqueux ou sanguinolent. Mais quand le vomissement est acide , avec ardeur dans le gosier, colique et diarrhée, hep. sulpli. ; quand il y a vomissement des aliments, brûlement dans l'estomac et dans le ventre, colique avec frisson, anxiété et soif, donnez arsen. alb.; s'il s'y joint une grande faiblesse avec impressionnabililé par un temps chaud ou froid , sec ou humide , administrez carb. veg.

L'estomac est-il malade par l'usage de poissons ou de viandes gâtés, donnez immédiatement du charbon réduit en poudre fine , mélangé avec de l'eau-de-vie ; si plus lard le dérangement continue, clan. ; s'il reste encore des renvois putrides , avec le même goût dans la bouche , administrez puis.

L'estomac souffrant par suite d'aliments salés réclame carb. veg. ; le dérangement par abus du sel de cui~ sine, ars. alb., ou olfaction de l'éthcr nitrique ou sulfurique.

L'estomac dérangé par les choux, et surtout parla choucroute, exige brij.

Pour l'indigestion par le vieux fromi.ge , vieux saucisson , par des viandes fumées, gâtées, etc., voyez plus bas, à l'article empoisonnements.

Le mai de teie consécutif à une indigestion, comme si le crâne était meurtri jusqu'à la base de la langue, avec nausées, exige ipec Pour le mal de tôle pressif avec chaleur

dans le cerveau , aggrave après avoir mangé , marché , lu , avec un goût putride de la bouche , donnez arn. Si celle douleur est pulsative , lancinante , p!us forte en parlant et avec grande envie de vomir, donnez ocon. ; si elle est générale, obiuse, augmente en montant l'escalier, ou en fumant, et s'accompagne de manque d'appétit ; bouche amèrc, renvois, hoquet, nausées et vomiturilion , et surtout si elle est aggravée par l'usage du vin, administrez ant. cruel. Contre le mal de tête brûlant, pressif, explosif, plus fort en se penchant , avec la sensation comme si tout allait sortir par le front, battement, déchirement, lancement en marchant, ou fluctuation comme de l'eau dans le crâne , s'exaspérant le plus souvent le malin , et suivi de frissons , donnez bry. ; pour le mal déchirant, pulsatif et sans secousses , aggravé le soir quand on est couché , ou occupant la moitié du crâne , accompagné d'un goût putride, terreux de la bouche, sans soif, puis. Contre la pesanteur de la tête, qui est douloureuse extérieurement, avec tremblement des mâchoires, goût salé, crampe d'estomac , surtout chez les. personnes qui ont fait usage du mercure, donnez carb. veg. Pour les souffrances de même nature, voyez mai de tetc.

Le vomissement par suite d'indigestion , si la langue est chargée, demande ipec. ; quand elle est nette, tart. émet. Par excès de pain , avec pression au creux de l'estomac et dans le ventre, bry. Après avoir trop mangé, quand les aliments ont donné un goût amer en mâchant et qu'il reste une sensation de brûlement dans le gosier après le vomissement, puis. ; s'il y a renvoi bruyant des vents , chaleur à la ligure et battement du cœur, sep.

Les «rampes <l'cs<oinac par le fait d'une indigestion sont souvent guéries par les mêmes remèdes qui sont indiqués

5/| CAUSES LES PLUS FllÉQUENTES DES MALADIES.

dans l'indigestion et dont elle est cause. — Pour les autres moyens, voyez l'article crampes d'estomac.

Les iiauiosîtés , qui distendent le ventre, oppressent et gênent la respiration, et après l'usage d'une nourriture flatulente , telle que choux et choucroute, se guérissent par bry. ; si elles sont produites par de la bière fraîchement faite et autres boissons analogues, par chin. ; mais quand le ventre est douloureusement tendu, s'il y a colique, pression autour du nombril, avec la sortie de vents fétides, et si , chaque fois après avoir bu, il se manifeste du frisson et du froid; ou par nux vom. si, après avoir bu , il se déclare une pression dans l'épigastre qui gêne la respiration , rend insupportable le contact des vêtements sur les côtés , et comprime le ventre comme par une pierre. Puis, convient quand la flatulence est produite par des mets gras , sur lesquels on a bu de l'eau fraîche , avec roulement des vents dans le ventre alors tendu et dur, et si elle s'exaspère le soir.

Quand les vents se portent vers la poitrine et y occasionnent, sur plusieurs endroits successivement, des douleurs et des élancements, et que l'épigastre et les hypochondres paraissent tendus , sans gonflement réel , et rendent impossible le moindre repos, alors phosph. 30/00 sera utile. Pour combattre la grande disposition à la reproduction des flatuosilés et à la fréquente sortie des vents fétides , on emploiera avec fruit du charbon réduit en poudre, dont on prendra une parcelle sur la pointe d'un couteau, tous les jours, une ou deux fois.

La colique par indigestion ou par excès de table, si elle se manifeste subitement , disparaît le plus ordinairement par l'usage du café noir; s'il ne suffit pas, par puis, ou tel autre moyen indiqué à l'article colique.

La diarrhée produite par la même cause se traite pur puis.;

chez les enfanis qui éprouvent en même temps des nausées et des vomissements, par ipec; s'ils ont de l'insomnie surexcitée ou sont d'une humeur irritable, par coff.; avec douleur du ventre, qui se porte du bas en haut et occasionne du malaise et une grande faiblesse après chaque selle , par nux vom. et autres remèdes conseillés contre la diarrhée.

L'insomnie qui survient pour avoir irop mangé cède souvent à coff. y surtout chez les enfants, ou à puis. o. Si elle est due à l'usage du café, nux vom. Si Ton a trop mangé à souper, il convient de prendre un verre d'eau fraîche sucrée ; si elle produit de l'aigreur sur l'estomac, prenez de l'eau pure.

Le moment n'est pas encore arrivé de parler des remèdes qui peuvent prévenir le cauchemar; disons ici que quand il a lieu par suite d'excès de table, il est douteux qu'un verre d'eau sucrée puisse l'empêcher Mais celui qui y est sujet doit s'abstenir d'une nourriture trop abondante ; il devra prendre les médicaments conseillés contre le cauchemar.

La fièvre qui a lieu avec frisson et froid et s'accompagne d'un dérangement constant du ventre, soit diarrhée ou constipation, chez les individus violents et emportés, se guérit par bry. Chez les personnes phlegmaliques, gauches, et qui prennent le mauvais côté des choses , par caps. Si la fièvre revient à jours passés, donnez ant. crud.; si elle est quotidienne , ipec. Dans le jour libre de fièvre, on donne quatre fois, ipec. 3 ; dans le jour de fièvre , deux fois , avec le soin de ne pas le donner dans la période de froid et de chaud. Le septième jour, donnez nux vom. 30. Pendant ce traitement , on doit s'abstenir de manger des fruits.

Les cbuiiitions de sang par suite d'un dérangement dans

la digçslion , avec frissonnement et mau\aise humeur, disparaissent souvent par l'usage depuis.; avec nausée et difficulté de respirer, par ipec. , et si ce moyen ne suffit pas , bry. Si le désordre qui se passe a la peau est produit par des choses malsaines ingérées, voyez pour cela l'article empoisonnements. — Pour les autres espèces d'éruptions , consultez l'article affections de la peau.

L'eau est la hoisson la plus naturelle, tout le monde doit donc être en état de la supporter sans inconvénient ; mais les personnes adultes peuvent faire usage de la bière et même du vin pur ou coupé avec l'eau, surtout si elles sont livrées à des travaux pénibles. Si , après avoir bu de l'eau, on vient à se trouver indisposé , cela prouve que l'estomac ou quelque autre partie de l'organisme est malade. Alors il faut avoir recours aux moyens suivants :

Si l'on se trouve dérangé pour avoir bu de l'eau , et qu'il en résulte un embarras de la tète avec nausée et chaleur, prenez cocc; mal de tète et toux, acon.; toux , vomissement et frisson , ors. alb. Si elle laisse un mauvais goût dans la bouche, comme si l'eau était pourrie, et provoque la sensation du froid dans le ventre, coliques et frisson, administrez c/rin. S'il y a nausée et douleur de ventre, employez puis.; et si cela ne suffit pas, rhustoxic.

Quelquefois on enlève un grand mal d'estomac chronique qui se reproduit chaque fois après avoir bu de l'eau, en mettant dans la bouche un peu de sel de cuisine reçu sur la pointe d'un couteau. Si l'eau produit le hoquet, prenez ign.; pression clans l'estomac, ferr. met. Si le ventre est fortement ballonne, comme par des (laltiosités, avec pression sur l'épi gaslre, oppression de la respiration, frisson, donnez mix vom. Contre le t^nesme et la diarrhée, caps.; contre la douleur de

la poitrine et frisson, verat. alb. Pour combattre le mal aux dents occasionné par l'usage de l'eau, employez &ry. , ou, selon les circonstances , merc. viv. , ou staph. S'il y a seulement sensibilité sans douleur réelle , merc. viv. , ou sulpli.

Celui qui s'est alangui l'estomac par l'habitude qu'il a de boire de l'eau froide, et qui, à raison de cela, s'est accoutumé à y ajouter quelque liqueur spiritueuse, et s'il veut se. défaire de celle nécessites doit essayer des remèdes que no.us venons de recommander. Si cela ne suffît pas, il pourra encore meure une goutte d'acide sulfurique pur dans un demi-litre d'eau, en faire un mélange parfait en le transvasant plusieurs fois d'un verre dans l'autre, et il prendra une ou deux cuillerées le matin, a jeun. Par ce moyen, l'estomac se réchauffera et retrouvera la faculté de supporter de l'eau pure.

S'il arrive qu'en buvant «le l'eau trop rapidement, l'es-

tomac se dérange, employez silic.

Si c'est l'eau froide seulement qui ne puisse êlre supportée, alors on trouvera utile l'emploi de nux vom., staph., ou cale. carb.

Si les souffrances produites par l'eau a la glace ou par

l'eau froide durant la forte chaleur, éclatent subitement

et s'annoncent dangereuses (1), elles seront subitement combattues par op., surtout s'il y a congestion du sang vers la tète, perle de connaissance, convulsions dans les muscles de la face et vertige jusqu'à tomber. Chez les buvcurs*"de liqueurs fortes, il faudra nux vom. Si la face est pâle, qu'il

(l) Koy. un bon mémoire de M. le docteur Guérard sur les Accidents qui peuvent succéder à l'ingestion des buissons froides , lorsque le corps est échauffé , dans les Annalts d'hygiène publique. Paris, 1842 , t. XXYI1, p. 43.

ait fait des efforts pour vomir et s'il y a faiblesse extrême, ou pourra administrer eau-de-vie camphrée. Contre l'indispo-? si Lion consécutive, et surtout conLre le mal de tête avec congestion cervicale, donnez belL Si la douleur est fortement lancinante , bry. Pour les indispositions du ventre avec fièvre et autres, carb. veg., ou ars. alb., comme on va le voir dans ce qui suit.

Dans les souffrances chroniques par suite de l'usage de l'eau glacée en été, accompagnées dç grande faiblesse, de défaut d'appétit; si, en outre, la nourriture pèse sur l'estomac ou si elle est rejetée avec un goût acide, que l'estomac soit douloureux, qu'l y ait au toucher gonflement de l'épigastre et incarcération des vents, quand ces flaluosités fatiguent fortement et que les souffrances s'aggravent à l'air libre , donnez carb. veg.

Quand l'estomac est douloureux et que les autres accidents viennent à se manifester après avoir avalé des morceaux de glace, ce que font les enfants, ars. alb. conviendra, ou queh quefois puis.

Ars. alb. conviendra encore s'il y a une violente pression dans l'estomac, surtout s'il y a sensation d'ardeur sur un point, et de brûlementdans tout l'estomac et dans le ventre, accompagnée d'angoisse, d'inquiétude et d'une physionomie anxieuse;* quand il y a, en outre , sécheresse de la langue , grande soif, saveur salée de tout ce que l'on prend, nausée par le mouvement et après avoir bu, jusqu'au vomissement , qui est quelquefois bilieux.

Puis, sera mis en usage quand il y a pression en quelque sorte crampoïde au centre épigastrique cl dans l'estomac, qu'elle est plus forte après le repas, et qu'elle va jusqu'à provoquer le vomissement des aliments; quand la figure est triste, que la langue est muqueuse, et conserve un goût fade de

paille; que la soif est nulle, et qu'il y a nausée après avoir mangé ou bu, avec cxacerbalion après midi et le soir, suivie de renvois acides ou rapportant le goût des aliments ingérés.

Les mêmes moyens seront également utiles dans les dérangements de la digestion par suite de l'usage des fruits froids, ou autres choses froides, glacées, etc.

Le lait est toléré par prçsque tous les individus d'une bonne sauté, et il faut que leur estomac ne soit pas dans un état normal pour qu'ils en soient incommodés. Dans ce cas, on doit y remédier. S'il produit un goût aigre dans la bouche, donnez nux vom.; des coliques et diarrhée, bry. ou lycop. ; s'il y a renvois et vomissement glaireux, avec autres souffrances gastriques, et que ces remèdes soient restés sans effet, employez sulph.; si, après avoir pris du lait, on sent des nausées continuelles, donnez cale, carb.

Si la bière fatigue, on fera bien de s'en abstenir, et surtout si c'est de la bière forte, de celle qu'on assaisonne ordinairement avec des substances vénéneuses, afin de la rendre plus amère et plus active. Mais si la bière est bonne et qu'on n'ait pas autre chose à boire, prenez le matin, si elle porte ù la tôle, rhus toxic. ; s'il n'en résulte aucune amélioration , bdl. une seule fois; et si la bière provoque constamment des vomissements, ferr. acet. ; des nausées, ars. alb. ; des coliques du ventre, coloc. La bière réellement bonne doit être préparée avec de la drèche modérément desséchée et du houblon pur. Toutes les additions et mélanges artificiels sont plus ou moins nuisibles, plusieurs même éminemment dangereux. — Si, après avoir bu de la bière le soir, on éprouve le matin du mal de tôle en se réveillant, ou lorsqu'on est levé, cela indique que cette boisson ne convient nullement, du moins à celui qui l'a bue.

Si l'usage de l'cau-tie-vic produit des souffrances , celui

qui les éprouve doit s'en féliciter ; car le meilleur moyen de les éviter et eu même temps le plus rationnel, c'est de rien plus boire.

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