S II. - CONDUITE EN CAS D'EMPOISONNEMENTS
La principale indication à remplir est d'éliminer le poison, d'empêcher son absorption et de neutraliser, par les moyens convenables, ce qu'on n'a pu évacuer. Le succès, dans cette circonstance , dépend presque toujours de la promptitude avec laquelle on porte secours. La promptitude a ses dangers, surtout pour les ignorants, car dans un cas pressé on procède trop souvent sans réflexion.
La première règle est de conserver le calme et la présence d'esprit. Celui qui sait se posséder doit seul se charger du traitement, et coordonner dans sa pensée les dispositions qu'il doit prendre à l'égard des choses dont il a besoin et des personnes qui peuvent servir à son entour.
Si l'empoisonnement s'est fait par la voie de l'estomac , l'indication à remplir immédiatement est de provoquer le vomissement, lorsqu'il y a prédisposition, et de l'entretenir s'il y a lieu. Le meilleur moyen de le provoquer est de faire boire de l'eau tiède et de titiller le gosier avec la barbe d'une plume. Si l'on avait sous la main une plume de paon, on s'en servirait préférablemcnt , parce que, outre sa souplesse, sa longueur permet d'atteindre jusqu'à l'estomac. On peut l'enduire d'huile ou de graisse ; mais , si le temps presse , qu'on se dispense de celte précaution , il suffira de la nettoyer. On fera tenir la bouche ouverte, et , en pinçant le nez, on glisse la plume par-dessus la langue, jusqu'à l'arrière-gorge, et on la pousse dans l'œsophage. Si l'on se bulle dans le fond du pharynx, on soulève légèrement h main, et, faisant pivoter
la plume dans les doigls , on la pousse sans discontinuer ju> qu'à ce que les vomissements se déclarent. Par ce moyen, () fait rarement du mal ; voilà pourquoi il convient toujours <| commencer par l'eau tiède. Pendant ce temps , on se procui ce dont on peut avoir besoin : de l'eau tiède, des blancs d'œtn '..*. battus, une solulion légère de savon blanc, du sucre , du \\' naigre, du lait, du beurre ; en môme temps, on fait prépaie du café fort et des boissons mucilagincuscs de gruau , de lin d'avoine ou de louie autre farine.
Il en est de même des autres moyens que nous allons fciir connaître et qui doivent se trouver sous la main dans chaqu ménage.
Pendant que l'on provoque le vomissement et qu'on di:< pose tout ce qui est nécessaire, il faut s'informer delà nalini et de l'espèce du poison ingéré. Quelquefois, dans les maladie qui éclatent subitement, on suppose trop facilement l'cxistcnt i d'un empoisonnement. Il est bien de délibérer sur ce que 1\ j croit le plus vraisemblable; mais s'il y a incertitude, qu'on r| se presse pas trop d'agir. Employez d'abord les moyens qui n| peuvent nuire en rien, et continuez-les jusqu'à ce que voui soyez certain que vous avez affàirciàHin empoisonnement.
On peut le présumer avec quelque probabilité, lorsque le* accidents que nous décrirons plus bas se déclarent 'subitement et avec danger, et surtout immédiatement ôtUtèu après avoi, bu ou mangé. On sera d'autant plus fondé' danfÇon idée qui ce qui a été ingéré est plus étrange et bors des habitudes dii patient.
Voilà pourquoi on recherchera avec soin, par des question^ adressées au malade et aux assistants , les circonstances rcla-» tives aux personnes et aux endroits qu'il a fréquentés, etc. On recueillera avec attention tout ce qu'il a vomi , ainsi que cm qui reste de la nourriture et des boissons prises ; ces sub-
sianccs , fussent- elles même dans un élat <le putréfaction , il faut les ramasser. Dans cet état , on y découvre encore le poison par des recherches minutieuses , et plus tard cela n'est pas sans utilité pour le malade et pour ceux qui l'entourent ; mais pour les conserver au besoin , mettez le tout ensemble dans un vase avec de l'eau de-vie ou de l'alcool, pour le soumettre , selon les circonstances , à l'examen analytique d'un homme de l'art.
Quant au traitement, il n'y a pas un .seul moment à perdre. On doit se hâter à l'instant de porter secours pendant que d'autres seront à la recherche de la cause véritable de ce grave accident.
Il ne faut pas perdre de vue que l'on peut causer la mort, si l'on emploie coup sur coup divers moyens, et si l'on procède brusquement. Qu'on les applique l'un après l'autre et avec tout le calme nécessaire pour ne pas nuire au malade.
Quand on est arrivé à connaître avec certitude le genre de poison , ou que toutes les vraisemblances sont en faveur de cette certitude, employez les moyens qui sont formellement indiqués, et gardez- vous bien de faire usage de ceux qui seraient nuisibles.
Si l'on n'a pas encore acquis celte certitude, il ne faudra employer que les moyens généraux dont il va être question ; mais on procédera de manière à commencer par les plus faibles , et pour arriver progressivement aux plus forts , au cas que les premiers ne suffisent pas. — Dans un danger imminent, il faut employer le moyen le plus à portée.
Provoquez le vomissement quand il y a des nausées ou que laccident a lieu après le repas. Mais donner un vomitif est souvent très dangereux ; le mieux est d'employer l'eau tiède, mais sans huile, ni graisse, ni beurre. Laissez-en boire autant que le malade pourra en supporter; il en prendra un demi-
verre toutes les minutes et même davantage. On engagera les enfants à s'y soumettre , d'abord par la bonté, les promesses et des cadeaux , et si cela ne suffît pas, par des menaces et enfin par la violence. — On écartera forcément la mâchoire en portant le doigt jusque dans l'articulation maxillaire, et l'on saisira ce moment pour verser l'eau tiède dans la bouche; ou bien encore , on obligera le petit malade à ouvrir la bouche en lui pressant le nez après l'inspiration; on évitera de faire ainsi après l'expiration ou pendant que l'inspiration se fait.
En môme temps, introduisez dans l'arrière-goVge le doigt ou une plume que vous ferez pénétrer en la tournoyant jusqu'à ce que le vomissement s'ensuive. Inclinez le malade en avant , appliquez la main sur le ventre, qu'on soutienne la tête, et tapotez-le avec l'autre main entre les épaules. Aussitôt après le vomissement , faites-lui rincer la bouche , qu'il se gargarise et accordez-lui ensuite quelques minutes de repos. Mais du moment que la douleur ou d'autres accidents reparaissent, tels que nouveaux efforts pour vomir, renvois , agitations, faites-le boire derechef jusqu'à ce que tout soit rejeté.
Si le vomissement n'a pas lieu , ou si le malade ne peut avaler de l'eau tiède, ou s'il n'en avale pas assez, ou s'il fait des efforts inutiles pour vomir, et qu'il rejette en moindre quantité que ce qu'il a bu , ou s'il s'obstine à ne pas boire , ou si ce qu'il avale revient par régurgitation, alors prenez un morceau de mie de pain, et après l'avoir humecté, pétrissez-le en y ajoutant une demi-cuillerée de tabac à priser, et mettez cette boulette sur la langue du malade jusqu'à ce qu'il vomisse, et puis faites-le boire. Ce procédé agissant rarement sur les personnes habituées au tabac , donnez-leur, dans ce cas , une cuillerée à café de farine de moutarde avec autant de sel de cuisine , mêlés dans un verre d'eau qui sera bu en
c seule fois. Plus lard , ou reviendra à Teau tiède. Ces oyons sont toujours suffisants; et l'on doit bien se garder :n employer d'autres. Quant aux patients auxquels ou ne »ut rien faire avaler, ou à ceux qui sont dans un état cornet d'engourdissement, et dont les mâchoires sont fortement rrées, insufflez de la fumée de tabac dans le rectum. Pour ,1a, on charge une pipe de tabac, on l'allume, et puis on en troduit la queue enduite de graisse ou d'huile dans le foni-ment avec précaution et ménagement, jusqu'à la profonur d'un -pouce; ensuite abouchez à la première pipe une 'conde vide, et soufflez dans le tuyau de celle-ci pour chas- ;r la fumée de l'autre dans l'intesiin. Après avoir poussé 'ois ou quatre insufflations, arrêtez-vous pour recommencer jésuite.
Si ce moyen ne suffit pas, il en est un second très impor- |nt, c'est l'eau battue avec plusieurs blancs d'œufs. Cette ?u albumineuse ne pourra jamais nuire; on l'emploie avec •iccès dans l'empoisonnement métallique, surtout lorsqu'il y des douleurs violentes de l'estomac et du ventre, suivies de rands efforts pour les selles avec diarrhée , principalement ans l'empoisonnement par le sublimé corrosif, le verUleris, les préparations d'étain, de plomb, d'alun et de vitriol, •ans ces circonstances, donnez l'eau albumineuse en grande uanlilé et répétée souvent, surtout si les matières vomies put d'une couleur rouge ou verte, et quand le malade prouve à la bouche un goût salé et métallique. Si, après 'emploi répété du blanc d'œuf, le malade ressent du soula- 'ement, sachez vous en tenir à ce moyen. Si la diarrhée a îeu avec des douleurs à l'anus, donnez des lavements avec la lêmc substance.
Dans le cas où l'eau albumineuse ne produirait aucun Soulageaient, il est un autre moyen très important dans le
plus grand nombre d'empoisonnements, c'est l'eau de savon. Pour cela il faudra faire exclusivement usage du meilleur savon blanc, et, dans l'extrême nécessité, on pourra prendre du savon poisseux ordinaire. Les autres savons , tels que le noir, et surtout le rouge, nuiraient plutôt que de servir, puisqu'ils contiennent souvent un principe toxique. — On en fait une solution dans quaire parties d'eau chaude, dont on fait boire une bonne lasse toutes les trois à quatre minutes.
Le savon n'est nuisible que dans le cas où le poison est alcalin, c'est-à-dire s'il contient de l'eau de lessive, de la pierre caustique, de la potasse, de la soude, de l'ammoniaque liquide , du sel d'ammoniaque, du sel de corne de cerf, de la chaux éteinte, de la chaux vive, de la baryte (qui se vend souvent pour une poudre contre les rats avec l'assurance qu'elle ne peut nuire à l'homme, puisqu'elle ne contient pas de l'arsenic), du sel de tartre (qui peut quelquefois être confondu avec le tartre tartarisé). Si les matières vomies ne sont pas acides , mais bien plutôt alcalines et non effervescentes ; quand le papier de tournesol que l'on rougit préalablement avec le vinaigre revient au bleu; quand elles font effervescence par l'addition des acides sulfurique, nitrique ou nuiriatiquc ; dans ces divers cas, il ne faut pas employer l'eau savonneuse, mais bien le vinaigre.
L'eau de savon est le moyen principal dans les empoisonnements par l'arsenic, le plomb, l'huile de vitriol, l'eau-fortc et tous les acides concentrés , ainsi que contre les solutions métalliques. On doit supposer l'existence de l'empoisonnement par les acides, lorsque la bouche est comme brûlée, et que les matières vomies rougissent promptement le papier de tournesol. L'eau de savon est pareillement utile lorsqu'on aura avalé de l'alun ; il en est de môme pour les substances
végétales acres qui ont une saveur brûlante et qui contiennent un suc laiteux , caustique. Dans les accidents produits par l'huile de ricin, on emploie également avec avantage l'eau de savon.
Le vinaigre, ainsi que nous l'avons dit, est un excellent moyen contre les poisons alcalins. Aussitôt qu'on en a acquis la certitude par l'exaspération des phénomènes qui leur sont propres, il faut administrer immédiatement cet antidote en grande quantité par la bouche et en lavements ; dans l'intervalle, on donnera des boissons mucilagineuses et Ton provoquera le vomissement. Il ne s'appliquera pas aux empoisonnements dus aux substances végétales acres , à certains sels, aux acides minéraux et à l'arsenic , surtout si l'estomac est douloureux au toucher. Par contre , il sera d'un grand avantage dans l'empoisonnement par le datura stramonium , par l'aconit, l'opium, les champignons vénéneux, les vapeurs de charbon , ainsi que par le foie de soufre. Dans ces divers cas , alternez le Vinaigre et les boissons mucilagineuses , et provoquez en même temps les vomissements ; et quand Je malade a assez vomi , revenez au vinaigre pour apaiser les envies de rejeter. Il aura la même utilité contre les effets de coquillages et les poissons malsains , et surtout contre la graisse dégénérée et gâtée. Hâtez-vous de l'employer, .lorsque, après l'usage du jambon et des saucissons vieux et gâtés , il se manifeste une sécheresse incommode au gosier et des envies de vomir, tout en ne perdant pas de vue les autres moyens que nous avons recommandés.
L'huile est employée généralement dans les empoisonnements , mais c'est à tort qu'on la regarde comme moyen principal. Il en est de même de la graisse, du beurre et du babeurre. Si Ton vient à en faire usage, il faut bien s'assurer de sa qualité. L'huile rance , l'huile de poisson et l'huile dite
purifiée , doivent être rejetées. Il est alors préférable de se servir d'une eau mucilagincuse qui enveloppe mieux le poison , du sucre qui calme plus vite l'estomac, ou de tel autre moyen qui rende le poison moins vif. Quand on est certain que l'empoisonnement est alcalin et que le vinaigre a produit un bon résultat , on peut donner aussi dans les intervalles quelques prises d'huile ou de crème de lait, surtout lorsque le malade éprouve du brûlement jdans la bouche, le gosier et l'estomac. On emploie avec un égal avantage l'huile lorsque desacidesconcentrés.teisqueracidcnitrique.sulfurique.etc, ont atteint l'œil, la bouche, l'arrièrc-gorge ou l'estomac. Elle sera utile dans les empoisonnements par les champignons vénéneux. Elle sera contraire lorsqu'il faudra agir contre les effets de l'arsenic, et inutile dans la majorité des cas des intoxications métalliques ; très nuisible lorsque l'œil ou l'estomac ont été mis en contact avec les cantharides. Alors il est vrai de dire que l'on verse l'huile sur le feu. Il en est. de même à l'égard des insectes morts , ainsi qu'à l'égard des scarabées venimeux, des punaises, etc. Elle est au contraire très bonne pour agir contre tous les animaux qui viennent à s'introduire dans les oreilles.
Le lait a moins d'utilité que les boissons mucilagineuscs ; mais, comme on l'a presque toujours sous la main , il vaut mieux l'employer que d'attendre que les autres moyens soient à votre disposition. La crème est bonne là où l'huile convient ; elle est nuisible là où elle ne convient pas. Le lait aigri est bon là où le vinaigre est bon, et nuisible où il est nuisible. Si la bonne huile vous manque , remplacez-la par la crème môme aigrie et dans le cas où le malade ne peut supporter l'huile. Le lait aigri est préférable au mauvais vinaigre et employé même après l'usage du vinaigre. Le lait est surtout utile plus t rd , quand l'orage est passé et qu'il en reste que'qucs souffrances.
Mais pour cela il faut que le malade eu boive volontiers et 7,fil eu éprouve du soulagement. — Si Ton n'est pas arrivé à la connaissance de la nature du poison pour y remédier par l'antidote le plus convenable, cl que dans le premier moment on ait fait boire du lait, qui a produit une amélioration, restezen là, pourvu toutefois que le malade ait eu assez de vomissements pour vous faire croire à l'élimination du poison.
Le sucre et l'eau sucrée sont l'un et l'autre d'excellents moyens dans le plus grand nombre de cas. Cependant, dans les cas d'empoisonnements par les acides minéraux ou par les alcalis concentrés, on leur préférera les antidotes dont il a été question. Mais si l'on en usait sans nécessité, il né pourrait nuire dans aucune circonstance. — Si le malade en a un grand désir, donnez-lui-en autant qu'il en voudra. Dans les empoisonnements métalliques, provenant des couleurs minérales, du vert-de-gris , du cuivre , de l'étain , du vitriol , de l'alun, etc., le sucre aura ici la préférence, et tenez- vous-y si le patient s'en trouve bien ; dans le cas contraire , alternez avec le blanc d'œuf ou l'eau de savon. Il est employé comme principal moyen contre l'arsenic, ainsi que contre les empoisonnements par les substances végétales acres et caustiques, qui provoquent des brûlements ou du gonflement dans la bouche et l'arrière -gorge. — On peut l'administrer à l'état sec ou aqueux.
Le café est un antidote indispensable dans plusieurs empoisonnements. Il faut préférer le café légèrement torréfié à celui qui l'est trop , lequel agit mal indépendamment de ce qu'il a mauvais goût. On commencera par une forte infusion et progressivement on descendra à une plus faible. Durant son emploi, il ne faudra pas perdre de vue l'avantage du vomissement, s'il y a urgence ; plus lard on le laissera agir seul. Quand le poisvn n'est pas connu , le café sera toujours le
meilleur moyen dans le cas où le malade est dans un élat de torpeur, de somnolence, ou qu'il est privé de connaissance , ou s'il chancelle comme dans une espèce d'ivresse, ayant la figure rouge, bouffie ou pâle, froide et affaissée; ou s'il est dans un état de fureur et d'emportement; s'il se débat, veut s'enfuir, ou s'il fait des plaisanteries. Dans ces diverses circonstances, donnez beaucoup de café pur, excitez les vomissements , administrez même le café en lavement, jusqu'à ce qu'il se déclare une amélioration. Quand l'estomac s'est débarrassé de ce qu'il contenait, continuez toujours le café pur sucré.
Dans tout empoisonnement, donnez le café, si le malade en témoigne le désir.
Quand le poison est connu, et que ce poison contient de l'acide prussique, ce qu'on reconnaît par une odeur d'amandes ainèrcs, ou de noyaux d'abricot, donnez tout de suite, après les premiers vomissements, de l'eau tiède, titillez la luette et administrez en grande abondance l'infusion de café. Agissez de la même manière contre l'opium, la pomme épineuse, les champignons vénéneux, qui jettent les forces dans la torpeur, ainsi que contre les effets toxiques des semences vénéneuses et autres; contre ceux de la belladone, de la coloquinte, de la valériane, de la ciguë et de la camomille. Le café est d'une importance égale dans les empoisonnements par les préparations d'antimoine, de phosphore et de l'acide phosphorique. Mais son action antidolaire la plus éminenle éclate dans l'empoisonnement par la noix vomique.
Le camphre est le principal agent contre la plupart des empoisonnements par les plaintes vénéneuses qui, a raison même de leurs propriétés caustiques et corrosives, donnent lieu à un état inflammatoire. Dans les cas où le malade éprouve des vomissements et du dévoiement immédiatement
après avoir mangé, qu'il est pâle et d'un froid glacial, et qu'il perd presque connaissance, ne craignez pas d'employer le camphre dans cette circonstance, si la nature du poison ne vous est pas connue. Il suffira de le faire flairer ou d'en frotter la peau; ces frictions se font avec un Uniment d'huile camphrée, ou avec un peu de camphre dissous dans de l'eaude-vie chaude.
On trouve au^si dans cette substance un moyen capital contre les accidents occasionnés par les insectes, et notamment contre l'effet toxique des canlharides, soit qu'on en ait introduit dans l'estomac, dans les yeux ou sur la peau sous forme de vésicatoire ; soit encore contre les accidents provenant de divers insectes ingérés, ainsi que contre les gonflements et empoisonnements que produisent les chenilles velues, le miel vénéneux, les aliments contenant accidentellement des vers et d'autres insectes venimeux, et aussi contre les piqûres de ces petits aninaux.
Si, indépendamment de ces symptômes, il se déclare des souffrances du côté des voies urinaires, telles que slrangurie, suppression complète des urines, ou hématurie, on peut avec certitude attribuer ces symptômes aux canlharides et à d'autres insectes On se servira dans ce cas du camphre avec confiance; c'est là un excellent moyen.
Le camphre convient également pour corriger les suites fâcheuses de certains médicaments; il conviendra, par exemple, aux enfants que l'on tourmente par des doses répétées de vermifuges ; aux personnes qui ont fait des abus du tabac, ou qui ont mangé par habitude et avec excès des amandes amères, d'autres noyaux analogues, et même des noix.
Il sera employé avantageusement contre les suites de l'empoisonnement par le phosphore, par les métaux ou les acides,
et surtout s'ils sont occasionnés par les divers sels. Ce n'est qu'après que l'estomac se sera complètement débarrassé par les effets du vomissement que l'on donnera le camphre ; on le fera sentir de temps en temps. On se conduira de la même manière à l'égard des accidents produits par les champignons vénéneux et par la vapeur du charbon.
Il est encore d'autres moyens qui peuvent devenir nécessaires dans les empoisonnements : ce sont tout d'abord ceux qui se trouvent sous la main, dans tous les ménages, tels que charbon de bois, lessive, sel de cuisine, amidon, thé vert et tabac; et ensuite ceux qu'il serait toujours utile d'avoir en réserve, parce qu'ils conviennent non seulement contre les empoisonnements mais dans plusieurs cas de maladies : ce sont la magnésie, l'esprit de nilre et l'ammoniaque liquide. On ne doit en faire usage que lorsque le poison est bien connu ; il en sera question en temps et lieu.
En résumé, il résulte de ce que nous venons de dire que les indications capitales à remplir dans les souffrances par les empoisonnements sont :
1° De provoquer le vomissement;
2° D'affaiblir l'action.
On satisfera à ces deux indications alternativement d'abord, et puis on s'en tiendra à la dernière.
Comme les vomitifs ordinaires sont eux mômes des poisons, et par conséquent souvent nuisibles, on aura recours : A, à la boisson d'eau tiède autant que le malade en pourra supporter ; B, à la titillation de la luette, si l'eau tiède ne suffit pas^ C, a l'application sur la langue de tabac à priser; D, à l'emploi de la farine de moutarde et du sel délayés dans l'eau , chez les individas habitués au tabac; enfin, quand on n'obtient aucun résultat par la bouche, E, aux lavements de fumée de tabac.
Les agents principaux pour affaiblir les effets du poison , quand on ne connaît pas sa nature, sont : l'eau albumineuse, s'il y a douleur; le café, s'il y a engourdissement et privation des sens.
Dès qu'on est parvenu 5 déterminer le genre de poison , qu'il soit acide, métallique ou alcalin, donnez: contre les acides et les métaux, l'eau de savon; contre les alcalis, le vinaigre. — Les divers autres antidotes ne seront administrés que lorsqu'on sera fixé sur l'espèce du poison.
S III. - DE LA MANIÈRE D'AGIR QUAND LE POISON ESi; CONNU.
En général, on se conduira selon ce que nous venons d'établir; seulement, et dès que le vomissement aura cessé, il conviendra de s'en tenir aux moyens qu'il nous reste à faire connaître.
Dans chaque espèce d'empoisonnement, nous avons classé les antidotes d'après le degré de leur importance, de manière que ceux qui ont le plus d'efficacité précéderont toujours ceux qui en ont moins. — Si vous ne les avez pas à voire portée, donnez ceux que vous pourrez vous procurer le plus promplement. Par exemple, si quelqu'un a avalé de l'acide sulfurique, il serait peu raisonnable d'attendre qu'on eût apporté de la pharmacie de la magnésie ou du savon blanc. S'il n'y en a pas dans la maison , prenez à l'instant môme une poignée de cendres, que vous jetez dans l'eau, et faites boire de celle solution, quoiqu'elle soit moins bonne que les autres moyens. Agissez ainsi en toutes circonstances.
A. — De lTaîr méphitique.
11 s'élève des fosses d'aisances murées, des cloaques qui n'ont pas été nettoyés depuis longtemps, des voiries, cl des lieux destinés h recevoir toute sorte d'immondices, cl où l'air
ne se renouvelle pas, il s'élève des gaz méphitiques d'une odeur d'œuf couvi qui noircissent les métaux polis, et surtout l'argent. En respirant cet air, on éprouve des nausées, de l'anxiété, de la difficulté à respirer; le pouls devient intermittent, les yeux deviennent ternes, les oreilles froides, le ventre se contracte ; et si l'on reste longtemps exposé a son influence, il s'ensuit des convulsions et l'asphyxie. Si l'on ne porte un prompt secours, la mort apparente (l'asphyxie) se transforme en mort réelle. — Le meilleur moyen à employer, et qu'on trouve dans toute pharmacie , est le chlorure de chaux ou autres préparations chlorurées. Il est d'une grande prudence de se munir de ces substances, lorsque, par état ou autrement, on se trouve exposé à ces dangers. Il suffira d'un mélange aqueux de chlorure de chaux et d'acide sulfuriquc pour neutraliser promptement cet air empoisonné, et rendre par là non dangereux des travaux exécutés dans un milieu infect. Les émanations qui s'en dégagent se corrigent aussi, mais lentement, par l'action de la chaux récemment calcinée, que Ton y jette par pellées quelques jours avant d'en entreprendre le curage. Celui qui a a sa disposition des cendres de charbon de terre fera bien de lès verser dans les fosses d'aisances ; car, tout en détruisant les mauvaises odeurs, elles produisent un engrais excellent. Il est un charbon de terre sulfureux qui, jeté dans les latrines à l'État de brisure , fait un engrais remarquable, tout en corrigeant la fétidité des gaz qui s'en dégagent et écartant en nrême temps tout danger pour les travailleurs.
En cas d'asphyxie, portez l'asphyxié à l'air libre et pur; déshabillez-le, placez-le sur le dos, avec la poitrine relevée ; aspergez avec de l'eau froide la figure et la poitrine. Si vous avez de l'eau chlorurée, tenez sous son nez, et par intervalles, une éponge imbibée d0 cette solution, qui sera pourtant assez
faible pour ne pas fatiguer ceux qui entourent le -malade, et provoquer chez eux une toux importune. Pour que celte solution soit telle qu'il le faut pour l'usage intérieur, mêlez une cuillerée à bouche de chlorure de sodium liquide à une verrée d'eau, et lâchez d'en faire avaler par demi-cuillerée à café toutes les cinq ou dix minutes, et éloignez les doses h mesure que l'état du malade s'améliore.
On se procure plus facilement du vinaigre : délayez-le avec une égale quantité d'eau que vous jetterez sur la figure. Dans le môme temps, tenez sous le nez et sous la bouche une éponge trempée dans le vinaigre.
Pendant ce temps,. on fera des frictions avec une laine chaude. Si la figure a été aspergée avec de l'eau froide ou avec du vinaigre , essuyez-la après une pause ; frictionnez et aspergez de nouveau. Les frictions seront portées principalement sur les bras, les jambes, la poitrine et le ventre. On pourra, au besoin, se servir d'une brosse un peu forte pour la plante des pieds et le dos.
On procédera sans violence et sans précipitation, mais avec douceur et persévérance; car la vie ne revient quelquefois qu'au bout#de trois ou quatre heures.
Si l'asphyxié ne respire pas, l'éponge placée sur la bouche n'est d'aucune utilité. Alors on doit s'assurer de temps en temps si la respiration renaît, en tenant sous le nez quelques brins de duvet. Insufflez de moment en moment de l'air dans la bouche. Si par suite de l'insufflation on remarque que la poitrine se soulève, laissez que l'acte d'expiration se fasse de lui-môme. Si l'air ne sort pas naturellement des poumons, alors entourez la poitrine d'une nappe, et serrez-la doucement et progressivement, de manière a chasser l'air insufflé. Par ce procédé, qui entretient une sorte de respiration artificielle, et que l'on rendra plus-efficace en mélangeant à l'air
insufflé quelques émanations de vinaigre, on arrive souvent à rappeler à la vie des individus près de mourir. Aussitôt qu'un acte vital de respiration ou d'expiration s'est fait, cessez de porter l'air dans les poumons. C'est le moment d'agir par la ventilation , en ramenant avec ménagement l'air frais sur le patient; et c'est alors, quand la respirai ion devient plus libre, qu'il faut tenir l'éponge vinaigrée ou chlorurée sur la bouche. Il convient toujours de procéder progressivement, et avec la plus grande circonspection , pour ne. pas éteindre une vie rallumée à grand'peine. Quand le malade a repris ses sens, donnez-lui quelques gouttes d'eau chlorurée affaiblie ou du vinaigre. S'il se plaint de froid, de besoin d'aller à la selle, de nausées, et si cet élat de choses ne se dissipe pas par le vinaigre ou qu'il lui soit contraire , donnez un peu de café pur. Se plaint-il de chaleur, de prostration, faites-lui prendre un peu de bon vin pur et vieux. L'olfaction du camphre est quelquefois utile. A cet égard, conformez-vous au désir du patient. Ce qui est le plus 5 son goût, et qui le soulage promptement, devra lui être donné.
Il existe d'autres espèces d'airs méphitiques, tels que ceux qui se dégagent des puits d'une grande profondeur, des caves et des fours à chaux ; leur action n'est pas moins dangereuse. Ce n'est pas l'odeur de celui des fosses d'aisances : l'action est ici plutôt étourdissante; elle provoque la somnolence, l'ivresse, et enfin la défaillance.
On rappelle promptement à la vie les asphyxiés de cette espèce, et cela en les exposant à l'instant même à l'air libre, en les aspergeant avec de l'eau fraîche ou avec du vinaigre," et surtout en leur faisant avaler du café pur. — Il ne faut pas donner ses soins avec trop de précipitation; une lenteur réfléchie est plus convenable. — Si la respiration ne revient pas, il sera nécessaire de recourir à l'insufflation de l'air.
La vapeur du charbon constitue un gaz très dangereux, surtout pour les personnes endormies. On se gardera donc de coucher dans les appartements où l'air extérieur n'a pas d'accès, et dans lesquels le charbon de terre ou de bois est allumé. — Il est arrivé que de vieilles poutres sont restées en ignilion sans flamme et sans fumée, et que les habitants, eu s'apercevant de l'odeur du brûlé, ont failli être asphyxiés avant que la combustion fût découverte. Il est à remarquer que tous ceux qui ont été exposés aux effets de la vapeur de charbon tombent dans une sorte d'inertie qui leur ôte le désir et la possibilité d'aller à l'air libre, d'ouvrir la croisée ou la porte et d'appeler du secours. La même chose a lieu pour les individus qui, pendant un froid rigoureux, veulent prendre quelque repos à l'air, et, tout en sachant bien ce qui les attend, ils perdent la volonté de résister à ce penchant.
Les signes qui indiquent l'invasion et la marche graduelle de l'asphyxie par le charbon avant qu'elles s'accomplissent définitivement, sont: pesanteur, embarras delà tôle, avec nausées, vomiluritions et vomissements, quelquefois sanguinolents; il semble qu'un poids énorme comprime la poitrine; le visage devient rouge et violacé avec gonfleihent des veines de la face; puis ont lieu des spasmes convulsifs des muscles involontaires, le délire, la chute du corps avec spasriie et convulsions, et, enfin, perte complète de connaissance, asphyxie.
Dans cet état, il faut porter l'asphyxié à l'air frais, le frotter avec du vinaigre en lui en faisant respirer la vapeur. Si le visage est très rouge et qu'il y ait de la divagation, du délire, couvrez-lui la tête d'eau froide; il est bon de réchauffer les pieds au moment où l'on porte les réfrigérants sur la tête. Aussitôt que le patient peut avaler, donnez-lui du café pur ; s'il a repris ses sens, administrez op. ; et si op. ne donne
qu'une amélioration passagère, vous devez le répéter. Si, quelques heures après, op. n'a produit aucun effet , donnez hell.t et laissez agir un peu plus de temps. — L'asphyxié est-il surexcité, loquace avec vivacité, se plaint-il de douleurs vagues, a- t-il des vertiges étant couché, donnez-lui du café pur, et attendez le moment opportun pour l'emploi deie//. ou denux vom.
Une action analogue , mais plus lente que la vapeur de charbon, exerce son influence sur les hommes qui habitent des maisons où végète la mérulo (sorte de champignon). Pour remédier à cet inconvénient, le mieux serait, ou de quitter cette habitation, ou de la rebâtir; et là où cela ne peut se faire, essayer de détruire ce cryptogame par le charbon de terre. Dans ce but, jetez-en une grande quantité au-dessus et par-dessous les endroits où se fait cette végéta lion, et versez sur place une forte solution de vitriol bleu (sulfate de cuivre). Et puis, afin de détruire les fâcheux effets delà mérute, prenez par gorgée, et de temps en temps, de l'eau acidulée par l'acide sulfurique (quelque3 gouttes dans environ un litre d'eau).
On agira avec efficacité contre les mauvais effets, de la vapeur du chlore, en fumant du tabac, ou eu tenant dans la bouche un morceau de sucre imbibé d'eau-de-vic ou de rhum.
Le meilleur moyen pour combattre les accidents provenant
de la vapeur de l'acide prussique ou des acides minéraux,
c'est l'esprit de corne de cerf ou l'ammoniaque liquide. Or ce n'est pas en faisant respirer fortement ces substances qu'on parviendra à dissiper ces accidents, mais bien en tenant le flacon ouvert à une certaine distance des narines, de manière que l'odorat ne soit que légèrement affecté; on répétera ce moyen autant qu'il sera nécessaire. Il suffirait même de porter sous le nez un flacon qui ne contiendrait qu'une seule
goime de l'un de ces alcalis. — Si les vapeurs malfaisantes étaient alcalines, il serait inutile d'y avoir recours; il faudrait, dans ce cas, leur préférer le flair du vinaigre. On reconnaîtra la nature acide ou alcaline de ces vapeurs par la teinture de tournesol. Les acides la rougissent, les alcalis la rendent à son yieu primitif. Dans les graves souffrances par l'inspiration des vapeurs acides, on peut aussi donner l'ammoniaque à l'intérieur, en en versant une goutte dans un verre d'eau , dont on fait prendre toutes les dix minutes une cuillerée à café; et contre les effets des vapeurs alcalines, une cuillerée à café de vinaigre administrée de temps en temps.
ftiln n'est plus nuisible que de dormir dans des chambres restées longtemps fermées, et dans lesquelles on n'a pas renouvelé l'air; dans ces lieux, l'air lui-même y contracte quelque chose de méphitique qui ressemble à l'eau stagnante des marais. Dans ces chambres, le sommeil est troublé par le cauchemar, par des rêves anxieux, par des visions fantastiques, par des frayeurs épouvantables. Une ventilation bien entendue est le moyen le plus efficace pour les assainir; elle se fera non seulement en tenant les croisées et les portes ouvertes, mais aussi en ballant l'air avec des serviettes en guise d'éventail , et en allumant du feu dans la cheminée. Il conviendra, en même temps, de placer ça et là quelques larges baquets remplis d'eau. Si l'assainissement a été négligé, et que les accidents prévus aient eu lieu, donnez acon. ; dans l'état de grande épouvante, op. ; si l'impression de la peur se prolonge, avec horripilation, verat. alb. Dans les maux de tète provoqués pendant le sommeil par l'émanation des fleurs odorantes, ou par le foin frais, il sera avantageux de donner à sentir le camphre ou la noix vomiqu<\ en même temps qu'on respirera l'air libre, et qu'on se lavera le visage et le front avec de l'eau fraîche.
Lorsque des souflra.nces sont occasionnées par suite d'un sommeil pris dans les chambres récemment blanchies , dans les endroits où le linge est mis à sécher, ou dans ceux où l'on renferme les bardes fraîchement séchées, ou bien des herbes vertes, des fruits et des racines qui servent àl'usage journalier; dans ce cas, donnez bry. , ou quelquefois belL, mais toujours en se conformant aux préceptes indiqués à l'article
mal de tète.
Dans les indispositions déterminées par les couleurs à l'huile, dont on se sert pour peindre les chambres et les meubles , et que l'air frais et l'eau froide ne dissipent pas, on emploiera avec succès acon., bry., sulpfi., et quelquefois op. — Il est également bon de tenir dans les chambres à cou* cher des baquets d'eau froide, que Ton enlève le malin, et"' qu'on remplace chaque soir; celte précaution est utile pour absorber les miasmes répandus dans l'air ambiant. Il est bien entendu que nous ne parions ici que des habitations de pau^ vres gens. — En finissant, nous devons recommander de ne faire Inapplication des peintures que dans un automne sec et frais : dans cette saison, les émanations sont moins pénétrantes ou fatigantes, les couleurs se dessèchent plus facilement, adhèrent plus fermement, et risquent moins d'être dégradées par la poussière et les insectes.
B — Des acides minéraux et autres.
Acide sulfurique ou h île de vitriol, acide murialiqiic, acide nilriqnc ou cau-Torle , acide nitro-murîatique ou eau régale, acide oxalique , acide phosphorique , acide acétique , acide pyroligueux , vinaigre ordinaire concentré pris en grande quaulitc.
On reconnaît ces acides au goût aigrelet et ardent, à l'odeur, à la sensation de chaleur mordante et brûlante qu'ils laissent au gosier et dans l'estomac, par la douleur lancinante dont ils affecteut l'estomac et les entrailles; les boissons or-
dinaircs augmentent ces douleurs ; la respiration devient prouiptement fétide; la maiière des vomissements est aigre , écumeuse, et rougit le papier bleu de tournesol. L'intérieur de la bouche est souvent comme brûlé et couvert d'aphthes.
Moyens: 1° Eau de savon tiède en grande quantité, comme il a été dit plus haut; 2° magnésie, une cuillerée dans une lasse d'eau, répétée après chaque vomissement, tant que dure et augmente la douleur ; 3° craie : elle sera broyée et dissoute dans l'eau ; 4° cendres de bois , une pleine cuillerée dans un verre d'eau chaude ; 5° potasse de soude , une prise sur la pointe d'un couteau , dissoute dans un grand verre d'eau chaude.
On peut alterner à plusieurs reprises l'eau de savon avec la magnésie; les autres substances seront administrées en attendant qu'on se soit procuré les deux premières. Après des vomissements suffisants, donnez des boissons fortement mucilagineuses d'orge, d'avoine, de gruau; d'une décoction de graine de lin ou de riz; en un mot, ce qui se trouvera sous la main \. et restez pendant quelques jours sans rien faire. Les premiers dangers passés, donnez sur l'acide sulfurique, j!?w/$. ; sur l'acide murialique, bry. ; sur l'acide nitrique, hep, sulph. ; sur l'acide phosphorique, coff. ; sur les autres acides, aeon. Avant de recourir a ces nloyens, on peut recourir à l'olfaction du camphre.
Si les acides concentrés atteignent les yeux , le meilleur moyen est l'huile d'amandes douces ou du beurre frais non salé; de temps en temps de l'eau rendue laiteuse par un peu de craie broyée; de l'eau pure nuit : ce n'est que plus tard que vous vous en servirez pour lotions. — Si l'on se brûlait la peau par ces acides, employez l'eau de chaux ou un linimcnl fait avec de l'huile et de l'eau de chaux, ou bien encore
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quelques gouttes de caust. de la sixième dilution, mélangées à un peu d'eau tiède, dont vous useriez en embrocaLio.fr.