C. — I>es poisons alcalins
Potasse, cendres gravelces, pierre caustique, lessive, sel de tartre, soude, ammoniaque, ammoniaque liquide, corne de cerf, chaux calcinée el vive.
On les reconnaît à leur saveur alcaline, mineuse, brûlante, acre. La matière des vomissements n'est ni acide ni écumeuse ; elle rougit lé papier de tournesol et le rend à sa couleur primitive. Les substances alcalines s'accompagnent, du reste , des mêmes accidents que ceux qu'occasionnent les poisons acides.
Moyens : 1° Vinaigre, deux cuillerées à bouche mélangées à un verre d'eau, préférableineiit chaude; donnez toutes les cinq minutes une pareille dose ; 2° jus de citron ou autres acides étendus, fruits aigrelets mélangés avec du sucre; 3° lait aigre; h" boissons mucilagineuses et lavements. Tout ciïet vomitif, autre que celui produit par titillation de la luette et des boissons abondantes, est très nuisible.
Dans les empoisonnements par la baryte , espèce de terre poudreuse blanche que l'on emploie comme mort-aux-rals, l'usage du vinaigre pur est nuisible. Donnez dans ce cas les boissons mucilagineuses, l'huile; provoquez les vomissements en attendant que vous vous soyez procuré le sulfate de soude, qu'il faudra dissoudre dans du vinaigre, et le donner étendu dans l'eau. Plus tard vous ferez flairer fréquemment le camphre ; et si cela ne suffit pas, employez en olfaction spir. nit. dulcifié. Après la potasse, on peut aussi employer co/f., et plus tard , carb. veg. ; après l'ammoniaque, hep. sulph. o.
D. — De quelques autres substances nuisibles.
Foie de soufre. — Eau vinaigrée ou acidulée avec le jus
de citron, boissons huileuses cl mucilngineuses, et lavements. Si le vomissement ne peut être provoqué par des boissons abondantes et le chatouillement du gosier, donnez une faible solution de tartre slibié. Quand le vomissement est fini, donnez ou du vinaigre, s'il procure du soulagement, ou, s'il reste sans eiïet, bell. une fois, et renoncez au vinaigre.
Iode. — Celte substance, qu'on emploie malheureusement trop souvent comme remède, produit quelquefois des accidents prompts et dangereux. — 1° Amidon délayé dans l'eau ; 2° mucilage amidonné bouilli ; 3° farine de froment. Plus tard, des boissons légèrement mucilagineuscs. Contre les souffrances consécutives, hep sulph., quelquefois bell.
Phosphore. — L'huile et toutes sortes de graisses sont très dans ce cas, car elles dissolvent le phosphore et le répandent ainsi plus sûrement dans l'estomac. Il suffira de solliciter au plus tôt le vomissement, et de faire usage de boissons mucilngineuses. Si le vomissement n'a pas lieu instantanément par l'emploi des moyens indiqués page 109, il faut l'obtenir forcément par le tabac et la moutarde; plus tard, donnez le café pur. Après un certain temps, il conviendra de faire prendre une cuillerée de magnésie. Si ce dernier moyen ne réussit pas, non plus que l'olfaction du camphre, administrez alors nux vom. ; plus lard, la magnésie sera mieux appropriée. Le malade a-t-il envie de vin ou d'eau -de-vie, donnezlui-en quelques gouttes sur un morceau de sucre.
L'alcool (l'esprit-de-vin) et l'éthcr peuvent produire des accidents fâcheux, lorsqu'ils sont avalés par mégarde. Pour y remédier, il suffit le plus ordinairement de prendre des boissons mucilagineuscs et du lait. Si ces moyens n'agissent pas promptement, donnez alors une goutte d'ammoniaque liquide dans un verre d'eau sucrée, par cuillerées à café. On fera concorder des fomentations froides sur la tête et des
compresses mouillées sur l'épigaslre. Si cela ne suffît pas, donnez nux vorn. , et continuez les boissons mucilagincuses autant que l'estomac pourra les supporter; plus tard, le café pur.
Acide prussique. — Il se reconnaît par. son odeur d'amande amère. Son action est souvent tellement rapide, qu'il faut se hâter d'apporter des remèdes efficaces. On a à peine le temps de penser à solliciter le vomissement. Faites sentir l'alcali volatil immédiatement et à une certaine distance. Dans ce cas, mettez-en quelques gouttes dans un mouchoir cl portez-le sous le nez, de manière qu'une faible odeur impressionne le malade; ou bien encore, mettez-en une seule goutte dans un demi-verre d'eau, et qu'on en donne à boire toutes les trois à quatre minutes une cuillerée à café. Dès que vous aurez du café à votre disposition , faites-en boire en grande quantité, et même administrez-le en lavement. En cas d'urgence, empressez-vous de faire respirer le vinaigre ou le camphre , en attendant que vous puissiez employer les vapeurs de l'ammoniaque. Plus tard, donnez coff. ou ipec. ; et s'ils ne suffisent pas, administrez nux vom.
Alun. — L'eau de savon ou l'eau sucrée, jusqu'à effet vomitif; puis puis, ou verat.
Vitriol bleu, blanc ou vert* — L'eau sucrée chaude, ou l'eau albumineuse froide,. jusqu'à ce qu'on ail obtenu des vomissements fréquents. Plus tard, des boissons mucilagincuses.
Mire et sel ammoniac. — L'eau tiède, l'eau beurrée, jusqu'à des vomissements abondants; puis beaucoup de boissons mucilagineuses.
E. — Des substances métalliques.
Arsenic. — Il entre dans la mort-aux-rais , dans le poi-
son contre les mouches, dans le cobalt, dans les couleurs jaunes dites de roi, dans l'orpiment, dans les gouttes antifébriles, dans l'onguent et l'emplâtre contre le .cancer, et dans plusieurs autres remèdes secrets que l'on vend, notamment contre les maladies des chevaux et du bétail, 1° Eau de savon ; 2° eau albumincuse; 3° eau sucrée; 4° lait. Après chaque vomissement, donnez de. ces boissons. Le danger n'est pas grand quand le malade rejette par le vomissement la matière toxique. Le vinaigre n'est d'aucune utilité; l'huile est plutôt nuisible.
Le peroxyde de fer, récemment préparc, a produit d'excellents effets pris par cuillerées à café, mélangea l'eau. Dans les cas urgents, on peut se servir du dépôt martial qui se trouve dans le baquet où les forgerons et les serruriers éteignent leur fer rougi.
On a propose comme moyen préférable le sang frais. Des expériences ont élé faites avec le sang de veau ; mais cependant, dans un cas urgent, on peut prendre le sang des autres animaux : tel est celui des pigeons, des pouleis, etc. On doit compter pour chaque grain d'arsenic deux cuillerées à bouche de sang. — Il faut le boire lentement et non d'un seul trait; il se coagulerait dans l'estomac en y arrivant en masse. Vous laisserez passer un certain temps après l'ingestion du sang; vous éviterez parla de le rendre par régurgitation ; cela fait , attentiez.
Vous donnez plus tard ipec. à plusieurs reprises. Si le malade est encore très irritable, inquiet la nuit, s'il a la fièvre, donnez chin. ; s'il est plus mal le jour, après le sommeil, s'il est constipé ou qu'il ait un dévoiement muqueux, nux vom.; si après ipec. il reste des nausées fréquences ou des vomissements avec chaleur ou froid, accompagnés d'une grande faiblesse, administrez vemf.
La substance colorante que l'on emploie pour teindre les chapeaux fins contient de l'arsenic. Lorsqu'on porte cette espèce de chapeaux, il peut se former souvent des boutons sur le front et du mal aux yeux. Dans ce cas, faites-le doubler soigneusement avec tle la soie et du cuir; contre les suites, servez-vous iVhep. sulph. — Jadis on préparait du papier où entrait l'arsenic, et peut-être cela se fait-il encore!
Sublimé corrosif. — 1° Eau albumineuse ; 2° eau sucrée ; 3° lait; 4° solution d'amidon; 5° gluten.
Le moyen principal est l'eau albumineuse; l'eau sucrée sera employée en l'alternant avec la première; les souffrances consécutives seront traitées comme il a été dit dans les empoisonnements par le mercure.
Cuivre 9 vert -de -gris ou autres préparations du cuivre. — 1° Blanc d'oeuf; 2° sucre. L'un et l'autre peuvent s'employer sans être dissous dans l'eau; 3° lait; U° toutes autres substances mucilagineuses.
Si l'on a à donner de prompts secours dans l'empoisonnement par le cuivre, on peut se servir du soufre qui se trouve sous la main. Il faudra faire rougir un plateau de fer et y laisser fondre le soufre, de manière à le recevoir à l'état de fusion dans un vase plein d'eau ;.on agite cette eau, et dès que le dépôt s'est fait, donnez à boire par petites lasses, coup sur coup. Ce moyen est également utile dans les empoisonnements par les autres méiaux. Si l'on ne peut employer immédiatement le soufre, servez-vous de blanc d'oeuf.
Plomb. — 1° Sulfure de fer, comme il a été dit à l'article cuivre; 2° sulfate de magnésie; 3° sulfate de soude, ou sel de Clauber: le premierde ces moyens est le meilleur ; le second suppléerait le premier s'il manquait; faites dissoudre trente grammes de ce sel dans une bouteille d'eau chaude, et donnez- °n à boire souvent et beaucoup, en raison de la quantité du
poison ; U° blanc d'œuf ; 5° savon ; 6° lait. — Après le sel ou le savon, administrez des boissons et des' lavements mucilagineux.
Pierre infernale (azotate d'argent). — Sel de cuisine dissous, pris en grande quantité, aidé plus tard par des boissons mucilagineuses.
Antimoine, éniétif|uc (tartre slibié). — 1° Décoction de noix de galle; d'écorce de chêne ou de grenade ; 2° café pur en grande quantité ; 3° boissons mucilagineuses.
Contre les convulsions, op. GG: contre les nausées et autres souffrances, ipec. GCiG.
Étain. — 1° Blanc d'oeuf; 2° sucre; 3° lait. Les empoisonnements par les préparations de plomb sont très fréquents, parce qu'il arrive souvent de laisser séjourner dans les plats d'étain des substances acidifiables, et qu'on en fait usage plus tard; car on sait que le plomb entre souvent en combinaison avec l'étain. Tout ce qui est acide ou aigrelet ne doit donc jamais rester longtemps dans les ustensiles métalliques pour s'y refroidir. Il en est de même des cuillers d'argent, d'élain, et élamées qu'on laisserait séjourner avec les substances alimentaires. On ne doit se permettre de laisseras aliments acides que dans les vases de bois, de cristal ou de faïence.
Les souffrances chroniques consécutives dues aux effets de l'étain sont heureusement modifiées par/w/s.
F. — Des poisons végétaux.
De* champignons vénéneux. — Les effets de ces champignons se font sentir quelques heures après l'ingestion. Le ventre se ballonne , et Ton sent des coliques vers la région épigaslrique. Presque en même temps ont lieu, avec la soif, des nausées, le hoquet, l'anxiété, les vomissements, et la diarrhée ; en outre, froid dans les extrémités, pouls petit,
étourdissement, vertiges, rêvasseries et convulsions. — Dans ce cas, provoquez le vomissement principalement avec l'eau froide et en grande quantité; dans les intervalles, donnez le charbon végétal pulvérisé et mélangé avec de l'huile jusqu'à consistance de cérat ; si cela ne soulage pas, donnez à sentir prudemment l'ammoniaque liquide. — Contre les souffrances consécutives, le vin ou le café conviendront le plus souvent.
Du seigle ergoté. — Le seigle ergoté est nuisible aux hommes comme aux animaux. Le meilleur moyen d'agir contre ses mauvais effets consiste à faire respirer la vapeur d'une infusion de morelle noire. On pourra, à l'égard des animaux, l'employer en fomentations. — On obtiendra le même résultat avec tinct. solan. nigri étendue dans l'eau.
Les plantes qui contiennent un suc laiteux , acre, telles que les euphorbes et autres végétaux qui croissent dans les jardins, et dont l'action est corrosive au contact, réclament, en cas d'accident, des lotions avec l'eau de savon, et plus lard avec l'cau-de-vie. Si le suc touche l'œil, employez l'huile d'amandes douces, du beurre non salé ou du lait; s'il en pénètre dans l'estomac, l'eau de savon, le lait, etc., conviennent; mais abstenez-vous de tout acide et de médicaments vomitifs. La mC»me règle s'applique à l'égard de toutes les plantes acres, corrosives, caustiques, comme les euphorbes, la gomme-gutte et autres.
On emploiera contre les suites fâcheuses des plantes narcotiques, dont l'effet est d'enivrer, d'ôler l'usage des sens et de produire des accès de fqlie et de rage, on emploiera le wfé pur en grande quantité et en lavement. Le vinaigre sera nn moyen efficace contre la plupart d'entre elles, comme l'opium, le laudanum, la tête de pavot, le dalura slramonium (pomme épineuse), la jusquiame, l'aconit, etc., etc.; et si le malade a la figure animée, injectée de sang, les yeux
136 CAUSES LES PLUS EHÈQUEiNTES DES MALADIES.
rouges, le regard fixe et hagard, les aspersions d'eau froide trouveront un emploi utile.
Dans le cas où l'empoisonnement serait l'effet de substances contenant de l'acide prussiquè, qui se reconnaît à l'odeur de l'amande amère, et qu'on trouve dans les amandes amères proprement dites, dans les noyaux de pêche, de cerise, de prune, dans les feuilles de laurier-cerise, ainsi que dans les eaux dislillées de ces substances, et dont l'action toxique se révèle par la pesanteur, l'ivresse, l'anxiété, surtout de la poitrine, par une accélération du pouls qui ne larde pas à se ralentir, par un engourdissement paralytique, ou par une sensation comme si la paralysie allait survenir; dans ces diverses circonstances, le café noir est le moyen principal, de même que l'ammoniaque, lorsqu'il se présente un danger imminent : dans ce cas, on emploiera l'ammoniaque en olfaction fugitive; on en versera quelques gouttes dans un verre d'eau, dont on donnera de temps en temps une cuillerée à café.
Dans les empoisonnements par l'opium, qu'ils aient lieu par l'opium brut ou le laudanum, ou par des grains de pavot, ou par une décoction de têtes de pavot administrée imprudemment et sans réflexion aux enfants pour leur procurer un peu de sommeil, le café est encore ici le meilleur moyen. En attendant qu'on l'ait préparé, employez le vinaigre. Si le malade est tombé dans un complet engourdissement, on peut recourir a la flagellation sur le dos et sur les fesses jusqu'à ce qu'il revienne ; l'émétique est inutile; et si le café ne provoque pas le vomissement, il faut le déterminer par des boissons d'eau froide ou par la titillation de la luette. Une infusion d'avoine sera quelquefois utile; et on la préparera en versant trois tasses d'eau bouillante sur une bonne poignée d'avoine préalablement lavée. Il sera bon de donner plus tard quelques prises iïipcc, et, s'il reste quelques souffrances
consécutives, administrez quelques jours après mcrc. subi. — Contre les effets de dalura slramonium, donnez pareillement le café ou le vinaigre en grande quantité, et, s'il ne survient pas de vomissement, employez le tabac;- contre les souffrances consécutives, nux vom.
Dans l'empoisonnement par le sumac vénéneux (vkus toxicodendron) , qui détermine une affection semblable à l'érysipèle, il ne conviendrait pas de pratiquer de fortes frictions cutanées, et encore moins d'employer des moyens répercussifs, comme l'eau de Goulard et divers onguents. Mais faites des lotions soigneuses avec l'eau de savon, et, si elles ne suffisent pas, cherchez à apaiser les démangeaisons et les broiements" avec de l'amidon ou la poudre a poudrer que vous emploierez en frictions avec un grand ménagement ; ne donnez rien d'échauffant et de fort à l'intérieur', et administrez bry. , que vous ne répéterez pas si les symptômes vont en diminuant, mais que vous donnerez de nouveau à chaque aggravation. Si cette affection atteint plutôt la figure, ou si elle s'accompagne de grandes chaleurs contre lesquelles bry. reste sans effet, administrez belL
Dans les empoisonnements par la spîçéiic {poudre aux vers), que l'on donne contre les vers, faites sentir le camphre, donnez à l'intérieur le café pur, et si, après quelques jours, il reste encore quelques symptômes consécutifs, comme battements de cœur, vertiges , etc., administrez mcrc. vio.
Dans les empoisonnements par le camphre, donnez du café pur jusqu'à produire le vomissement. Contre ses suites op., toutes les heures, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration.
Contre les effets du safran , employez les mêmes moyens.
Contre les Suites de l'huile de térébenthine , op. , bcll.
OU bry.
Contre les effi-ls nuisibles de toute autre substance végétale,
donnez le camphre à sentir; s'il ne suffit pas, café pur à boire ; si ces effets sont étourdissants, employez le vinaigre mitigé; s'ils produisent de grandes douleurs, l'eau de savon et le lait.
G. — I>es poisons du règne animal.
Les mouches cantharides, et les emplâtres cantharides, renferment un poison violent, dont l'action devient très dangereuse s'il s'en introduit dans l'estomac ou dans les yeux. Il en résulte un brûlement très intense qui s'augmente par l'application de l'huile et des corps gras. — Le meilleur moyen de le combattre à l'intérieur et à l'extérieur, c'est le blanc d'oeuf ou des boissons liôdcs mucilagineuses. Pour l'application qui en sera faite aux yeux, on aura soin de ne l'employer que dans un état de consistance très épaisse, et môme, au besoin, on se servira de farine. On évitera de les laver et de les frotter avec force, mais on s'attachera à en extraire avec l'extrémité d'un petit morceau de linge roulé les parcelles de venin, ainsi que les substances qui auraient été employées comme moyen de soulagement.
Dans les suites fâcheuses des cantharides , des emplâtresvésicatoires et d'autres insectes , le camphre est le moyen principal. Faites-le flairer à tout moment, et frictionnez les parties souffrantes avec l'alcool camphré; les tempes, quand il y a céphalalgie; les lombes, les aines et la région supérieure et interne des cuisses, quand il se déclare des douleurs violentes des reins ou de la vessie.
On emploiera encore le camphre en olfaction et en frictions contre les effets du mîcl vénéneux ; à l'intérieur, on donnera du thé ou du café pur.
Le poil de» chenilles velues produit quelquefois de violentes inflam nations. Il ne faut pas se frotter les parties qui
ont é(é touchées; on ne ferait qu'augmenter le mal; mais appliquez-y des compresses camphrées ou imbibées d'alcool camphré.
Les coquillages venimeux se trouvent quelquefois mêlés avec les bons, et produisent des accidents toxiques que l'on combat, soit en provoquant les vomissements s'il y a des nausées, soit en donnant à prendre d'un mélange de charbon de bois pulvérisé, de sucre et d'eau ; ensuite en faisant sentir le camphre, et plus tard en donnant h boire du café pur. S'il survient des éruptions et un gonflement du visage, donnez belL
Si des accidents toxiques surviennent après avoir mangé d'un poisson venimeux, donnez du charbon pilé et mélangé avec l'eau-de-vie; si cela ne soulage pas, administrez quelques heures après du café pur; si cela reste encore sans effet, donnez du sucre a manger en grande quantité, ou de l'eau sucrée à boire; et si ce dernier moyen reste impuissant, le vinaigre mitigé sera administré à l'intérieur et à l'extérieur.
Le venin des crapauds , des lézards , (le S grenouilles ,
vient-il a rejaillir dans les yeux, nettoyez-en le dedans avec la salive d'un homme sain , et donnez toutes les heures acon. , tant qu'il y a aggravation. Si ce venin s'est introduit dans la bouche, prenez d'abord une petite cuillerée à café de charbon pilé, que vous mêlerez avez du lait ou de l'huile; et, s'il produit subitement des accidents dangereux, donnez à sentir l'esprit de nilre. Plus tard, administrez ors.
11 se développe un principe toxique dans la graisse rance, clans le fromage, dans les vieux saucissons, dans les viandes gâtées, dans les boudins, dans toute espèce de charcuterie, comme fromage de cochon, jambons, etc., et cela lorsque ces diverses substances n'ont pas été assez bien préparées pour une longue conservation ; alors elles acquièrent un goût huileux, aigrelet , désagréable, acre et rance. Ce poison se
produit quelquefois très rapidement , et à ce point qu'il peut arriver que ce qui est bon aujourd'hui soit malfaisant le lendemain. Le signe principal de cette espèce d'empoisonnement consiste, en outre d'une véritable pyrosis (fer chaud) et de nausées aussitôt après avoir mangé, dans la sécheresse du gosier qui gagne quelquefois la bouche, les fosses nasales, les oreilles et même les yeux , puis les paupières , les narines ; l'extrémité des doigts se dessèche et se gerce et souvent môme s'atrophie complètement. La voix devient rauque aussitôt, le pouls lent et faible; la faim et la soif se prononcent d'une manière extrême , et à peine si le malade peut avaler. Ces symptômes s'accompagnent d'une grande faiblesse avec tendance à la paralysie ; les paupières sont comme paralysées, la pupille dilatée et la vue est faible comme si elle se couvrait d'un voile ; il peut même y avoir diplopie. Le ventre est tendu , il y a douleur et constipation : sur la fin , il se surajoute laroideur des articulations du genou et du pied. Si la mort ne survient pas au bout de quelques jours, il en résulte dans tous les cas une maladie longue et incurable.
Celui qui a mangé inconsidérément de ces mauvaises viandes ne larde pas à éprouver quelques uns de ces symptômes ; qu'il y prenne garde , il n'a pas de temps à perdre : ces accidents peuvent marcher rapidement. Si le mal éclate dans les quatre à cinq heures qui suivent le repas et s'il y a disposition à vomir, donnez à boire de l'eau tiède et excitez le vomissement. On regarde souvent les symptômes d'ardeur et de sécheresse du gosier comme dépendant des aigreurs de l'estomac, et l'on s'empresse d'administrer la magnésie ; elle n'est ici d'aucune utilité. Il arrive même qu'on les considère comme la suite d'un poison caustique , et l'on fait boire de l'huile et du lait; ils restent aussi sans résultat. Les acides sont le seul moyen qui puisse soulager. Aussilôl que l'estomac
EMPOISUNNJSMfiiNTS. 1/il
est débarrassé par le vomissement, donnez à l'intérieur du vinaigre affaibli; employez-le aussi en lotions et en gargarismes. On doit donner la préférence au suc de citron; et si les acides finissaient par fatiguer l'estomac, on les remplace par le sucre. On peut pareillement permettre une lasse de café, et encore mieux une forte infusion de thé noir. Néanmoins , si la sécheresse résiste ou revient toujours, si après des lavements mucilagineux il n'y a point de selles, donnez bry. et attendez tranquillement six heures. Si (quelques symptômes s'amendent, mais pour peu de temps, répétez bry. Toutes les fois qu'il y a aggravation , n'employez de lavements que ceux qui seront composés d'eau tiède mucilagineusc, acidulée avec le vinaigre ou jus de citron. Ce que bry. n'enlèvera pas cédera à verat. ou \\ acid. phosph. , s'il reste encore dès symptômes de paralysie ou d'atrophie , alors met, alb. est quelquefois très utile.
H se développe chez les hommes C.t les animaux malades, quel que soit le genre d'affection qu'ils aient, une espèce de miasme analogue h celui que nous avons vu se produire dans les substances animales en décomposition. Ce miasme varie comme les maladies qui l'engendrent. Quelquefois doué d'une influence peu marquée sur les organisations qui s'y trouvent exposées, d'autres fois il contracte une activité essentiellement délétère quand il pénètre dans l'estomac ou le torrent circulatoire. Ce n'est donc paasans raison qu'on doit se tenir éloigné des émanations des malades, et qu'on doit obéir au mouvement tout instinctif de répugnance qui nous avertit de leur nuisible influence. Dès lors il faut avoir la précaution de ne pas se servir des vêtements et du linge des personnes qui ont été longtemps et dangereusement malades. On n'a pas assez de cette prudence , cl Ton n'en, prend pas assez à l'égard des animaux malades; on doit redoubler de
précautions. On sait combien cette émanation miasmatique est dangereuse dans la morve , maladie qui' se transmet à l'homme sous les apparences d'une maladie différente. Les excréments des animaux malades sont encore plus nuisibles; leur salive et la matière ichoreuse qui découle de leurs abcès sont toujours toxiques. Les cochons couverts de pustules et d'exanthèmes n'en sont pas moins tués pour servir d'aliments et même avec la certitude que leur chair est nuisible.
La maladie la plus dangereuse dans cet ordre est celle qui affecte la rate des betes a cornes. Leur sang peut, en tombant sur la main , avoir un effet contagieux. On a vu cet accident se produire en écorchantees animaux, pratique à laquelle on ne se livre que par avidité et par ignorance. Il en est de même de la préparation et du tannage que l'on fait subir à leur peau. Leur chair n'en reste pas moins un véritable poison , fût-elle même salée et fumée; elle amène toujours la mort ou une maladie lente et incurable.
L'affection de la rate est la cause constante de cette maladie charbonneuse; elle se reconnaît chez les animaux^a un état de tristesse subite , au chancellement, au tremblement qu'ils éprouvent surtout après l'abreuvage , à une chaleur sèche, à une respiration courte; c'est pendant la manifestation de ces souffrances que le charbon se forme. Si l'on ne peut sauver les animaux par de fréquentes et fortes aspersions d'eau froide ou par l'arsenic, la mort survient très promptement. Dans ce cas, on s'attachera à préserver les autres animaux par l'usage externe de l'eau froide. L'animal mort doit être profondément enfoui dans la terre, et l'on se gardera bien de le toucher avec les mains. Tout ce qui s'est trouvé même dans le plus léger contact doit être brûlé, ou enterré, ou purifié par l'eau chlorurée (solution de chlorure de chaux).
L'individu auquel cette maladie a été communiquée se sent
EMPOISONNEMENTS. l/l3
abattu, faible, frileux ; il lui survient ça et là quelques taches avec un point noir dans le milieu, qui se convertit bientôt en un bouton bleu, et puis en un charbon gangreneux. Il faut bien se défondre d'y appliquer des cataplasmes , ni rien de chaud et -d'humide ; pratiquer une saignée est très nuisible. Le seul moyen convenable est le repos, la diète absolue, accompagnés de l'usage d'une grande quantité d'eau fraîche en boisson à l'intérieur, et en aspersions à l'extérieur, en ayant soin de sécher tout aussitôt. Par la bouche, on donnera met. alb. que l'on répétera à chaque' aggravation.
Lesobjelsquiont servi à un cheval charbonneux doivent être soumis aux lotions d'eau chlorurée; néanmoins ils peuvent encore nuire beaucoup s'ils ne sont exposés longtemps au foleil. Si une personne a louché un cheval atteint de charbon, et qu'elle en ait été infectée, elle doit exposer la partie contaminée à l'action d'une forte chaleur, comme cela est conseillé pour la morsure des serpents. Si les symptômes d'infection se sont déjà déclarés, donnez lach. toutes les six, huit ou dix heures; si cela ne soulage pas, acid . phospk. , et, ce dernier restant sans effet, ars. alb. Plus tard, si c'est nécessaire, on peut donner sulph. ; et si après quelques semaines encore les suites de l'infection n'ont pas disparu totalement, cale. carb. Ces divers moyens seront administrés tous les cinq ou dix jours, et ne seront pas répétés tant que l'amélioration se continuera. Les chevaux peuvent souvent être guéris par acon., rhus et ars.
\kU CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.