‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 4)Chapitre 27 sur 53 · EMPOISONNEMENTS PAR INOCULATION · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENTS PAR INOCULATION

contraire, si la morsure est venimeuse, ou placera au-dessus de la plaie une ligature au moyen d'une ï>ande large de deux travers de doigt, ou bien un mouchoir, ou ce qu'on a, même une courroie ou une corde qu'on serre fortement et de manière à intercepter la circulation et à empêcher momentanément le sang de se porter au cœur. On laissera en place cet appareil tout le temps qu'il pourra être supporté, ou jusqu'à ce que tout danger soit passé. Le meilleur remède consiste à exposer la partie mordue à une forte chaleur. Ce qu'on peut se procurer au plus tôt est bon, soit un fer rouge ou un charbon ardent, et au besoin un cigafe allumé, qu'on approchera autant que possible de la partie blessée, mais point trop près pour ne pas brûler la peau ou provoquer une douleur trop violente. Il faut donc prendre garde de brûler la plaie, parce que les vaisseaux sanguins en seraient détruits. — Dès que l'instrument rougi par la chaleur se refroidit, il faut le remplacer immédiatement par un autre. En conséquence, on aura à cet effet un petit foyer ardent en permanence. Cette chaleur devra porter uniquement sur la plaie, et dans un petit rayon. On ne soufflera pas sur l'instrument qui affronte la plaie, parce que la peau en subirait du refroidissement. On se servira d'huile ou de graisse pour oindre le pourtour de la plaie dans l'étendue de deux travers de doigt, et l'on renouvellera ces onctions à mesure qu'elles sécheront. Si l'on n'a ni huile, ni graisse, qu'on emploie le savon ou même la salive. Qu'on ait ratieniion d'essuyer avec précaution tout ce qui sort de la plaie. On continuera d'appliquer la chaleur jusqu'à ce que le malade commence à éprouver des frissons et des tiraillements. Si les frissons et les tiraillements arrivaient trop tôt, on n'en persévérera pas moins pendant une heure à appliquer la chaleur, pourvu que le malade puisse la supporter, ou jusqu'à ce que les effets immédiats du venin aient cessé. Si

les souffrances se reproduisent, il faut recommencer le procédé ci- dessus indiqué.

On emploie en môme temps, et sans perdre une minute, des remèdes à l'intérieur, soit un peu d'eau salée ou une pincée de sel, ou de la poudre à canon, ou même un peu d'ail. Si, malgré cela, les souffrances persistent, il faut administrer du vin ou de l'cau-de-vie par goutte, ou même par une demicuillerée à café à la fois , et l'on fait ainsi toutes les deux ou trois secondes, jusqu'à ce que la douleur ait cédé. On recommence de la sorte toutes les fois que le mal semble renaître. Si les douleurs lancinantes deviennent plus vives et se portent de la plaie au cœur, et que la plaie devienne bleue, tachetée et enflée; s'il y a. des vomissements, des vertiges et des évanouissements, qu'on donne à l'instant ar$. Si , malgré cela, les accès augmentent, on répète la même dose quelques heures après. Si rien n'y fait, qu'on y revienne une demi-heure après. S'il y a amélioration, qu'on attende jusqu'à ce que le mal reparaisse. Si l'on a employé à deux ou trois reprises ces divers moyens sans succès, qu'on donne belL ; seneg. est quelquefois bon en infusion. Contre les douleurs consécutives et persistantes on fait souvent usage, et avec avantage, de phosph. ac. , pu quelquefois de merc. viv.

On a recours quelquefois à la succion de la plaie, ce qui, dans tous les cas, ne nuit pas sensiblement à la personne qui s'en charge, pourvu qu'elle soit exempte d'égratignures ou d'aphthes sur les lèvres ou la bouche. Cependant il est bon de passer préalablement un peu de sel ou d'ail dans la bouche. Il faut sucer fortement et à la continue, et cela, après avoir élargi et aplati la plaie en la tiraillant avec les doigts; et pendant la succion, il convient de frictionner autour de la plaie avec force, et de porter surtout les frictions vers la région du cœur. Immédiatement après on frotte la plaie avec un peu de

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