‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 4)Chapitre 30 sur 53 · S I. - DES COMMOTIONS · texte numérisé non relu

S I. - DES COMMOTIONS

Les commotions du corps à la suite d'une chute , d'un coup, d'un choc ou de tout autre accident de môme nature , peuvent produire des douleurs et des souffrances de divers genres. Quelquefois les parties internes en éprouvent une sorte d'extension ou de déchirement; il survient alors des douleurs qui augmentent le lendemain : comme mal de tête violent , vertiges, souffrances de la poitrine, respiration courte, tussiculation , crachement de sang , mal aux reins , douleurs tiraillantes et autres. Le remède principal dans ces divers cas est orn. Le malade devra se tenir tranquille autant que possible ; il boira de l'eau froide en abondance ; il lavera souvent les parties lésées avec l'eau froide; il s'abstiendra de boire et de manger chaud; il se privera de vin, d'eau-dc-vic, de

café ou de thé; les aliments seront sans épices; peu de sel et point d'acides. Si au moment de recevoir la commotion le malade avait éprouvé un sentiment de terreur ou de violente frayeur, on lui donnera op. , et quelques heures après, am. S'il se trouve mal et qu'il ait perdu connaissance au moment de l'accident, il suffira de lui mouiller la tête, la figure et les bras avec de l'eau froide, et d'administrer acon. ©.; et quand il a repris ses sens, ou après quelques heures, am. La saignée dans ce cas est tout à fait inutile; car on peut toujours modérer l'inflammation par acon., et favoriser la guérison par am.

Si une femme enceinte éprouve des douleurs abdominales par suite d'une chute, d'un faux pas, et de toute autre commotion violente, ce qui arrive surtout dans les premiers mois de la grossesse et d'où peut résulter i'avortement, on se trouvera bien d'ani., en observant un repos complet; elle se tiendra étendue pendant quelques heures, et évitera pendant plusieurs jours toute espèce d'efforts ou de fatigues. Si, après avoir pris «m., les douleurs conservent encore leur violence, leur gravité, quelques heures après l'accident, qu'on donne chamom., ou tel autre remède qui est indiqué dans I'avortement.

Si après une commotion il reste ejes maux de tôte et qu'an?, n'ait produit aucun effet, donnez helL ou acid. phosph., suivant les symptômes qui sont indiqués à l'article mai de

Contre les contusions violentes de la poitrine, orn. est très utile; rarement on a besoin de recourir à acon. ou rhus. [Voy. plus loin , dans la seconde partie , l'article relatif aux souffrances de la poitrine.)

Tour de reins. Quand on s'est fait mal intérieurement après avoir soulevé un énorme poids , ou qu'on l'a soulevé

trop vite, ou quand on a porté un fardeau trop lourd, donnez rhus loxic. Si l'on a mal de tôle après cet accident, et que rhus n'ait pas agi favorablement , donnez à flairer une fois cale. carb. Si les douleurs sont violentes et lancinantes, et quand à chaque mouvement du corps elles augmentent, surtout dans les reins, donnez bry. ; si après cela il n'y a pas {l'amélioration sensible, donnez sulph.

Quand le corps s'est roidi dans une forte tension ou que l'on a reçu un coup ; si l'on a excédé ses forces , soit en grimpant par-dessus un mur ou en luttant en plein air, et que quelque temps après on se trouve subitement mal avec envie de vomir, douleur violente dans une partie limitée du ventre, et qu'on y éprouve la sensation comme si tout voulait en sortir, ce qui donne au malade une vive inquiétude et beaucoup d'anxiété, et le porte à faire des mouvements involontaires désordonnés , portant sur la figure l'expression d'une terreur mortelle, alors on donnera une ou deux fois verat. On préférera la sixième ou ladouzièmedilutipn.

A la suite des légers tours de reins qu'on se donne par prédisposition , prenez chaque fois sep.

Faux pas. Us produisent quelquefois des douleurs semblables à celles du tour de reins; dans ce cas, administrez bry. ; plus rarement rhus toxic. Si l'on éprouve des souffrances d'estomac , ce sera bry. ou puis. Quand il arrive de faire de faux pas, par suite d'une faiblesse naturelle, on prendra chaque fois pliosph.

2?icnrtrh*surcs. On ne peut guérir plus vite ce genre de lésions qu'en donnant am. à l'intérieur, et en couvrant les parties meurtries avec des compresses froides. Mais si les douleurs s'aggravent, et que la fièvre survienne, on donnera acon., et, six ou huit heures après ,- am. Il est rare que Ton puisse avoir besoin quelques jours après d'une nouvelle dose

dam. Quand un membre a été entièrement écrasé dans l'une de ses parties, il faut tâcher de le rétablir, ce qu'on fera au moyen d'un appareil contentif en carton , et puis on le maintiendra dans sa position naturelle; on le comprimera dé temps en- temps avec. ménagement pour le ramener a son état normal. Toute espèce d'emplâtre ou de frictions sont absolument inutiles; ils sont la plupart du temps nuisibles. En adoptant les moyens ci-dessus, aidés de l'emploi dé l'eau froide et d'un régime convenable, on guérit beaucoup plus vite que par l'emploi de tout autre procédé. Chez les individus d'une mauvaise santé, et chez lesquels la suppuration devient abondante, on donnera quelques jours après hep. sulph. a flairer. Si l'on a négligé ces moyens et que l'inflammation se tourne en gangrène, on administrera chin. On ne se pressera jamais de recourir à l'amputation. Que de malheureux ont conservé leur membre , pour avoir su résister aux sollicitations du chirurgien !

Si par suite d'une plaie par écrasement un os a été lésé, le tibia, par exemple, ou que la lésion soit consécutive à un choc, à une chute ou à un coup, alors il faudra se servir de compresses trempées dans de l'eau froide , où l'on aura mis quelques gouttes de teinture de symph. Ce moyen est surtout efficace quand la lésion est très violente, et que la douleur semble partir du centre de l'os; si les souffrances se font sentir à l'extérieur, et qu'elles s'aggravent par l'attouchement, ou quand la partie est rouge , et que cette rougeur s'étend et s'euioure d'une auréole rose, employez rut. ou bien le suc de la plante, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, comme il vient d'être dit pour symph. Buta convient également dans les chutes légères qui n'entraînent pas d'accidents graves.

Bosses. Les bosses que se font les enfants sur la tête ne doivent jamais être comprimées par un corps plat, si elles

sont le résultat d'une chute violente. Appliquez des compresses (Peau froide , et donnez arn. Si , malgré ces soins , le mal s'aggrave, que l'enfant, au moindre mouvement de tête, éprouve des vertiges ou des douleurs, ou des éblouissements ; si , étant couché, il agite la tête sur la nuque , si la fièvre et des crampes se déclarent, alors il est à craindre qu'il ne se forme un épanchement : que l'on donne bell. ou hyosc. , ou bien encore hell. nig.

Les meurtrissures des yeux par Suite d'un COUp de

poing, de bâton , de pierre ou de tout autre accident , seront traitées comme dans les cas précédents; mais ayez soin de renouveler fréquemment les compresses à mesure qu'elles s'échauffent et qu'elles fatiguent le malade ; que l'on bande convenablement les deux yeux, de manière à empêcher l'air et la lumière de porter sur la vue. On donnera alternativement acon. et an?., et chaque fois que les douleurs deviennent plus vives.

La contusion consiste dans une violente douleur éprouvée sur un membre par suite d'une chute ou d'une autre cause mécanique. Quand on ne peut remuer sans douleur le membre contusionné, qu'il s'enfle et devient rouge, arn. convient, et, plus tard , on pourra avoir recours à bry. On fera toujours l'application des compresses froides; il sera utile en même temps de faire subir parfois au membre de légers mouvements et toujours sans le fatiguer.

La luxation consiste dans la sortie de l'os de son articulation. Dans ce cas, les douleurs sont excessives, le mouvement est presque impossible, et s'accompagne degrandes souffrances. En explorant le mal, on peut s'assura* facilement si l'os est déplacé, soit en palpant avec soiu la partie, soit en la comparant avec l'autre membre. Il peut se faire aussi que le membre devient ou plus court, ou plus long, ou qu'il affecte une certaine

inclinaison. Très souvent ces accidents sont accompagnés d'un engorgement, de douleurs violentes, et enfin de tension dans le membre , et de fièvre. Le meilleur remède pour l'instant est arn.f ou, si l'inflammation se déclare, acon. avec des compresses d'eau froide. À défaut de médecin ou de chirurgien , on trouvera difficilement quelqu'un qui soit capable de rétablir le membre dans sa position naturelle, soit qu'il veuille tirer dessus ou qu'il veuille pousser en haut. On comprendra, du reste, combien il est imprudent de faire des tentatives tout au moins inutiles; en conséquence, qu'on envoie chercher sur-le-champ un bon chirurgien, et le plus tôt ne sera que le mieux. Ainsi , dans beaucoup de cas, il est préférable de transporter le blessé sur un brancard chez le médecin, quoiqu'il y ait nécessité de le rapporter ensuite chez lui. Les compresses d'eau froide et arn. donnent toujours un grand soulagement; et une fois le membre arrangé , il est inutile tic faire autre chose ; on s'en tiendra donc là , car tout autre procédé , soit saignées , soit frictions , etc., est nuisible. On se contentera de faire un pansement convenable; mais dès que l'inflammation commence à disparaître, ce qui arrive après l'emploi d'an?., et dans quelques cas après acon., on aura soin de faire mouvoir le membre avec précaution ; on é\iiera ainsi qu'il ne contracte pas de la roideur.

Fractures. Elles se reconnaissent quand, à la suite d'une lésion mécanique ou à la suite d'un mouvement subit et violent, on sent à l'instant même dans une certaine portion de l'os une douleur piquante, et quand en y portant la main on trouve cet endroit plus gros et inégal, ou qu'on sent un vide très sensible, ou si le membre devient plus court ou fléchit , et si la fracture n'étant pas complète et les parties n'étant pas divisées, le membre se courbe. Dans ce cas, il ne peut accomplir aucun mouvement, et l'on sent dans le point fracturé

comme une nouvelle articulation ; et si on lui imprime îë moindre mouvement, c'est alors qu'en approchant l'oreille, on entend distinctement le craquement des points fracturés. , Qu'on s'adresse dans ce cas à un chirurgien expérimenté; car ici une fausse manœuvre est difficile à réparer. Aussi vaut-il mieux attendre une journée entière pour se donner le temps de le trouver, que de prendre le premier venu dans un moment de presse , car la guérison des os fracturés ne s'opère pas promptement. Cependant, pour les enfants, il ne faut pas trop différer. Dans les cas les plus ordinaires, il n'y a pas grand inconvénient à retarder de deux fois vingt- quatre heures la réduction de la fracture.

Toutefois il ne faut pas perdre de vue l'engorgement qui se forme et qu'on doit prévenir, si l'on peut. On récommandera de laisser le membre en repos autant que possible. Qu'on applique des compresses froides sur les parties souffrantes ; qu'on donne à l'intérieur, si le malade est vivement ému et perd connaissance, acon., et quelques heures après arn. S'il survient des douleurs très violentes, insupportables, accompagnées de crampes convulsives, donnez cham. et plus tard anx. Dans les cas les plus rares , où la douleur devient intolérable au dernier point et où les accidents les plus graves se déclarent, ou peut procurer quelque soulagement en faisant subir au membre une légère extension. On dévora pour cela l'entourer de deux serviettes placées au-dessus et audessous de la fracture. On attachera à ces deux liens des cordes que l'on fixera solidement aux deux extrémités du lit, et, dans cette situation, de légères et fréquentes extensions seront exercées sur le membre.

Après avoir mis en rapport les fragments de l'os fracturé, on donnera symph. En procédant ainsi, il arrive souvent que la guérison s'opère plus vite qu'à l'ordinaire ; cependant , si

celte guérison se fail attendre , et que les extrémités de l'os ne se prennent pas, comme cela s'observe principalement chez les vieillards, faites tomber quelques gouttes d'acide phosphorique affaibli dans de l'eau de chaux; il se forme un précipité qu'on laissera sécher, et donnez-en à l'intérieur une très petite pincée tous les trois ou quatre jours.

Des blessures. Il faut savoir distinguer quelles sont les blessures qui guérissent d'elles-mêmes de celles qui ont besoin d'un traitement médical ; il faut connaître aussi la manière d'en favoriser la guérison et ce qu'il convient de faire dans les cas les plus graves, jusqu'à l'arrivée du médecin.

Toute blessure qui n'est pas mortelle guérit spontanément sans aucune espèce d'onguent, de drogues, de frictions, etc. Les remèdes extérieurs sont presque toujours nuisibles; aussi , depuis quelque temps , sont-ils abandonnés par les gens sensés. On doit se borner à un pansement convenable dont la base est l'eau froide ; selon les circonstances , on donnera à l'intérieur un médicament que l'on aidera du régime.

Le point le plus important du traitement pour la prompte guérison d'une blessure, c'est d'en rapprocher les bprds; on soustrait ainsi la plaie à l'air. Les petites blessures superficielles se guérissent par le rapprochement des tissus divisés, que l'on maintient en rapport, soit par un pansement, soit avec des bandelettes agglutinatives ou la toile-Dieu — Celles des doigts rendent souvent pour longtemps les fonctions de la main difficiles, mais elles se cicatrisent promptement chez les personnes bien portantes, si Ton a soin de faire tout de suite un point de suture, opération bien simple quand on a un peu d'habitude, et qui, du reste, est peu douloureuse. — Commencez par rapprocher les bords de la plaie avec les doigts pour arrêter l'hémorrhagie, en laissant une partie de la blés-

sure à découvert , afin que l'on puisse ensuite appliquer le point de suture, lequel sera fait avec une aiguille très fine, chargée d'un fil de lin ou de soie. Si la blessure n'est pas trop étendue, il suffira , pour la réunion des lèvres de la plaie, d'un seul point de suture. On aura le soin de ne pas faire de nœud à l'extrémité du fil. — Si la blessure est triangulaire et profonde, on pointera chaque côté de la plaie avec l'aiguille, et l'on nouera les fils au-dessus; on les coupera, et l'on continuera ainsi le point de suture commencé. Dans ce cas, on se servira préférablement d'un fil court; on évitera parce moyen beaucoup de souffrance et peut-être une déchirure inutile. On aura donc le soin de s'armer de plusieurs aiguilles, afin de rendre l'opération plus courte.

Si la blessure est large et pénètre au milieu des chairs, on renoncera aux moyens précités comme insuffisants; on aura recours alors au sparadrap fortement agglutinatif (toile- Dieu); on coupera des bandes qui seront plus étroites sur leur milieu que dans les extrémités ; et, après les avoir légèrement ramollies par la chaleur, on les appliquera méthodiquement , c'est-à-dire que la partie étroite de la bande tombera sur la plaie. Ce pansement sera fait de manière que le rapprochement des lèvres de la plaie soit aussi exact à sa surface que dans son fond, et pour cela il convient que les bandes soient assez longues pour leur donner un point d'appui plus étendu. Entre chaque bande on laissera un petit jour, et notamment sur la surface de la plaie , pour que si la suppuration vient à s'établir, le pus puisse s'écouler facilement.

On mettra le membre blessé dans la position la plus favorable au rapprochement naturel des lèvres de la plaie, et l'tm engagera le malade a garder celte position.

Quant aux plaies profondes de la face , du cou , des sourcils, etc., on est quelquefois oblige de faire une suture très

large , ce qui ne peut être fait convenablement que par un homme de l'art.

Dans les plaies pénétrantes et autres blessures étroites qui ont une grande profondeur, on devra procéder différemment: en faisant le pansement comme il est dit plus haut , on s'exposerait à n'obtenir qu'une cicatrice superficielle, tandis qu'à l'intérieur il s'établirait un foyer de suppuration ; cependant , s'il était possible de faire la compression dans toute l'étendue , dans toute la profondeur de la lésion , tout en la cousant à l'ouverture, qu'on le fasse provisoirement , jusqu'à ce que le médecin vienne, car il faudra toujours le consulter dans ce cas.

Toute blessure, qu'on lui ait appliqué un point de suture ou un emplâtre adhésif, sera pansée dans le but spécial de favoriser la réunion par première intention , comme disent les chirurgiens, afin d'éviter que l'air ne puisse jamais s'y introduire ; on observera toutefois que le membre ne soit pas serré outre mesure par l'appareil de pansement.

Si Ton peut fermer la solution de continuité (blessure) avec un emplâtre adhésif plus simple, qu'on le préfère; il sera toujours meilleur que le sparadrap dit anglais , lequel est , pour la plupart du temps, fort incommode, attendu que les ingrédients qui entrent dans sa composition provoquent souvent l'inflammation. En conséquence, on préparera soi-même l'emplâtre comme suit. On brisera de la colle de poisson qu'on fera ramollir dans l'eau ; on y ajoutera de l'eau bouillante et un peu d'esprit-de-vin , et l'on fera bouillir le tout jusqu'à ce que la colle soit complètement fondue; et puis un morceau de toile ou de soie étant ftxb sur une table , on y élendra cette colle. Quand la toile ou la soie sera sèche , on en coupera pour l'usage. — On peut aussi faire entrer dans la confection de cet emplâtre , arnica , coknxdula , hypericwH ,

ruta , ou d'autres plantes cicatrisantes. On s'en servira avec grand avantage dans beaucoup de cas.

Quand on s'écorche la peau qui recouvre immédiatement les parties osseuses , comme les articulations , les doigts , le genou, etc., il en résulte des plaies qui peuvent devenir très mauvaises; cet accident est, surtout chez les enfants, une souffrance qui a son importance. — Dans ce cas , voici ce qu'il y a à faire : on détache avec soin la pellicule qui tapisse la coque d'un œuf frais et on l'applique sur la plaie par le côté qui regarde le blanc d'oeuf, et cela dans la plus grande étendue possible.

Quelque soigneux qu'on ait été dans le pansement d'une blessure , il n'est pas dit pour cela qu'il ne se déclare pas une hémorrhagie consécutive ; dans ce cas , il faut s'empresser de couvrir la plaie de compresses à plusieurs doubles, que Ton ûxera à l'aide d'un bandage méthodiquement compressif. En même temps, on arrosera le pansement avecfcdes ablutions fréquentes d'eau fraîche. — Mais cela "ne suffit pas toujours.

Si l'hémorrhagie s'échappe d'une blessure faite au cou, à la cuisse ou au bras, et que le petit appareil précédent ne suffise pas, il faut s'empresser d'exercer une forte pression sur tout le membre et sur une partie du cou ; puis , on se hâtera d'appeler un médecin.

Si le sang qui sort de la plaie est rouge, rutilant, clair, qu'il jaillisse par saccades, l'hémorrhagie présente encore un plus grand danger : qu'on ne perde pas un instant pour l'entourer des soins d'un médcc'n ; en attendant son arrivée , que l'on comprime le membre au-dessus de la plaie, car chaque minute perdue aggrave le mal. Cette compression sera faite entre la plaie et le cœur, au moyen d'une serviette soigneusement et fortement appliquée. Puis , qu'on recherche

la pulsation du pouls au-dessus de cet appareil , jusqu'à ce qu'on l'ait sentie. Dès qu'on l'aura trouvée, qu'on y applique un bouchon en long, et qu'on presse dessus en le couvrant d'une épaisseur de linge qui sera fortement fixée à l'aide de plusieurs tours de bande , de manière à arrêter le cours du sang. Quelquefois, après une compression ainsi faite, le sang sort encore avec plus de force, mais ce n'est que momentané. — Pendant ce temps , qu'on ne néglige pas d'appliquer de l'eau froide ou de la glace sur la blessure.

On accepte souvent avec légèreté , dans l'espoir d'arrêter plus promptement une hémorrhagie, des pratiques tout à fait inutiles et même nuisibles. Dans un moment de préoccupation, on charge la plaie de plusieurs épaisseurs de linge pour s'opposer ainsi à l'effusion du sang , et l'on ne fait que la masquer. En outre, l'eau froidene peut pénétrer à travers ce las de linges. — Dans les cas les plus graves , on devra faire l'application d'un appareil de compression au-dessus et quelquefois au-dessous , et l'on réunira ces deux pansements sous une bande commune, de manière à ne former qu'un appareil ; on le mouillera ensuite avec de l'eau froide, et l'on suivra les autres prescriptions.

On emploie fréquemment, pour arrêter les hémorrhagies, des moyens empiriques qui sont tous plus pu moins nuisibles, parce qu'ils rendent la cicatrisation plus difficile en salissant la surface de la plaie et eu y déposant des corps étrangers dont le travail suppuratif aura à la débarrasser : tels sont le vinaigre, toute sorte de baume, toile d'araignée, eau-de-vie, amadou , eau de Saturne , colophane , blanc d'œuf , suif, et autres qu'on trouve dans la pratique des commères, aussi bien que dans les pharmacies.

S'il arrive que la compression , l'eau froide , la glace , le repos ne puissent rien pour arrêter l'hémorrhagie , qu'on

appelle le médecin, et qu'en attendant on procède ainsi qu'il suit :

On mettra sur la langue du malade une pincée de sel; si cela ne fait rien , qu'on lui donne du vinaigre étendu d'eau; qu'on ne l'oblige pas à trop boire, et surtout rien de chaud; qu'on place la partie blessée dans une position élevée, mais avec l'attention de ne pas gêner une partie quelconque du corps. Si le blessé se trouve mal , on ne le fatiguera pas par le flair d'essences pénétrantes. Cette défaillance est salutaire, car pendant cet accident le sang devient plus calme et se caille plus facilement dans la plaie par suite de l'application de l'eau froide. Seulement, quand le malade devient tout h coup pâle et bleu, et qu'il est pris de mouvements convulsifs de la face ou des membres , ceci commence à devenir très sérieux; alors, qu'on lui donne à flairer chin. une fois sur le bouchon du flacon; plus tard, s'il y a aggravation, un peu de vin vieux pur, et ensuite, s'il est nécessaire, répétez chin., un globule.

On emploiera les mêmes moyens dans les fortes hémorrhagies; mais dès que le sang se sera arrêté, qu'on fasse boire au malade de l'eau fraîche à petites doses, et aussi souvent qu'il le demandera.

Quand le premier pansement et que l'emploi de l'eau froide ne suffisent pas pour arrêter le sang , donnez arn.; s'il reste saus effet, ipec. Dans un cas d'urgence, on peut se servir de la matière résineuse empyreumatique qui suinte dans les parois de la cheminée , sous forme de gouttelettes luisantes et résineuses. Prenez-en de la grosseur d'un pois ; faites dissoudre dans une cuillerée d'eau-de-vie jusqu'à ce qu'elle devienne ferme; ajoutez un demi-verre d'eau, et faites-en couler dans la plaie goutte par goutte , et cela dans le cas où Ton n'aurait pas pu se procurer de la créosote.

Les piqûres des sangsues coulent quelquefois beaucoup trop longtemps , et Ton a vu des enfants mourir dans la nuit par suite d'hémorrhagie. Le mieux est de ne pas s'en servir. — On arrêtera le sang , dans ce cas, en tenant le doigt sur la plaie ou en la comprimant comme il faut , et en y appliquant un petit tampon de cire grasse; on veillera au pansement toute la nuit. — Les mêmes précautions seront prises a l'égard d'une saignée par la lancette. — Le malade, moyennant ces soins , s'endormira sans préoccupation ; mais on tiendra toujours quelqu'un auprès de lui pour s'assurer que le sang ne coule pas.

Pour obtenir promptement la guérison d'une blessure, il faut avoir le soin de la nettoyer avant tout pansement. Si la plaie se trouve contenir quelque malpropreté, du sable, de petits éclats de bois, des morceaux de verre, des arêtes de poisson , du petit plomb ou de la bourre, ou des morceaux d'habit ou de linge ; si le fer qui a fait la blessure se trouvait rouillé; toutes ces diverses causes aggravent la position et rendent la guérison plus difficile. Qu'on ait donc l'attention de nettoyer la plaie à grande eau , et qu'on s'attache, à l'aide de petites injections, à faire sortir ces divers corps étrangers. Si Ton ne peut parvenir à les enlever à la première fois, qu'on se contente de faire un simple pansement ; il suffira , pour le moment, d'empêcher l'accès et l'action de l'air, et de renouveler souvent ce pansement. Dans tous les cas , ce genre de plaie , toujours compliquée, a besoin de la présence d'un médecin.

S'il s'agit d'un clou, ou d'une arête, ou d'un éclat de bois, ou d'un morceau de verre rentré dans la plante du pied, on ne peut pas toujours les faire sortir en entier. Il arrive alors que le chirurgien est oblige de faire une incision cruciale,

et cela souvent sans succès. Dans ce cas, il faut introduire dans la plaie une goutte d'un baume vulnéraire, et le meilleur, dans cette circonstance, est celui du Pérou. On appliquera par-dessus un carré de linge qu'on fixera au pied. S'il s'agit d'une blessure profonde, on la remplira peu à peu avec des boulettes de baume; on renouvellera ce genre de pansement tous les jours, jusqu'à ce que la plaie soit guérie dans son fond. Il est essentiel de faire au malade l'obligation de marcher, malgré ses souffrances; on sait qu'en marchant, une plaie du pied se nettoie incessamment. Si l'inflammation devenait trop forte, qu'on ait recours, quant à l'extérieur, aux applications d'eau froide ; et , quant à l'intérieur, qu'on se serve des moyens ci-dessus indiqués.

Quand une blessure du pied est tout a fait cicatrisée, mais qu'en marchant on y éprouve des douleurs violentes, il esta croire qu'il y a encore quelque chose ; dans cette supposition , on fixera au pied une semelle de liège , de carton ou de bois uni , à laquelle on fera un trou à la partie correspondante à la douleur, puis on prescrira au malade de marcher vivement, et on lui donnera malin et soir un globule silic; s'il reste sans effet, sept jours après, hep. sulph.y et encore sept jours après, silic. — A la suite de ce traitement, on verra sortir de la plaie le corps qu'on supposait y être séquestré. Si la douleur est superficielle et que la peau soit unie cl souple en cet endroit , qu'on y fasse une incision pour donner passage à la matière qui entrelient le mal.

Indépendamment des moyens qu'on emploie pour arrêter rhémorrhagie et du pansement de la plaie, il est nécessaire, pour en compléter la guérison , d'accompagner ces moyens d'un traitement et d'un régime convenables. Dans le cas d'une vaste blessure , il faut que le malade se tienne dans

une grande tranquillité d'esprit et de corps, qu'il boive beaucoup d'eau fraîche; qu'il évite tout ce qui est chaud , salé, épicé , fumé , etc.

Si l'on s'aperçoit que le premier pansement soit trop serré, on le lâchera un peu. dès qu'il deviendra incommode, ce qu'on pourra faire le lendemain. Si ce pansement a été convenablement fait , on le laissera tel quel pendant deux ou trois jours , pourvu que là plaie ne soit pas entrée en suppuration*: c'est le moment de donner un peu de dégagement.

Quand on enlève le sparadrap, il faut s'y prendre de manière à le détacher à la fois, en le saisissant par les deux bouts, et en le relevant sur le fcenire. On le remplacera immédiatement par un autre, de manière que la plaie ne reste pas entre- baillée. Si elle est en bon état, on n'y touchera pas; qu'on laisse la plaie se fermer d'elle-même. En été , il conviendra de renouveler souvent le pansement , et surtout à l'égard des plaies qui suppurent beaucoup. Quant aux fils des sutures , ils finissent par tomber d'eux-mêmes.

L'eau froide ne sert pas seulement a calmer le mouvement du sang et à nettoyer la plaie , elle contribuera aussi plus tard à la guérison. En conséquence, qu'on arrose comme il faut et fréquemment les compresses , surtout s'il y a de l'engorgement, de la douleur et de la rougeur. On dura soin de remettre ensuite par-dessus une enveloppe de papier huilé ou de toile cirée, afin de garantir les autres parties de l'humidité. Au début de la maladie , on renouvellera ces ablutions irois fois par jour ; plus tard , deux fois ; quand l'inflammation commence à tomber et la plaie à guérir, on les éloignera, et on les cessera tout à fait quand l'inflammation aura disparu en totalité.

Quand une plaie aura sqppuré longtemps et beaucoup , il

n'en faudra pas moins continuer le traitement , en mettant en usage celui qui convient aux ulcères, comme il sera dit plus tard , et , au lieu d'eau froide , il y aura lieu d'employer l'eau chaude.

Mais toute plaie déchirée, contuse, et dont on ne peut rapprocher les bords, sera ramassée sur elle-même autant que possible, et sera traitée à l'eau fraîche, sauf, plus tard, à lui appliquer l'eau chaude , si elle dégénère en ulcère.

Toute plaie qui porte sur les os , soit sur les os de la tête, sur le sternum, sur ceux du cou, des articulations des doigts, des yeux , sur le tibia , etc., ne sera jamais traitée qu'à l'eau froide, à l'exclusion de tout pansement par compression , de tout emplâtre, ou d'applications balsamiques, etc. Seulement, au début , Vil s'agit d'arrêter le sang, on appliquera un appareil suffisant de compression , et , bientôt après , une simple bande roulée pour faire obstacle à Faction de l'air. Mais qu'on soit bien convaincu que toute autre chose , quel que soit son nom, est très nuisible ; qu'on sache qu'il en résulte quelquefois des ulcères qui peuvent s'étendre jusqu'à la substance osseuse. On se contentera d'employer ici à l'extérieur des remèdes que nous avons indiqués au sujet des fractures, en ayant soin de les étendre dans une solution aqueuse.

On doit favoriser la guérison des blessures parades médicaments appropriés, et l'on en fera l'emploi dès que le

malade sera revenu d'une première émotion , qu'il sera plus tranquille.

Quand la fièvre se déclare , que la peau est sèche, que le malade est inquiet, donnez acon.; si son inquiétude est accompagnée d'une grande surexcitation , donnez coff.; s'il a perdu beaucoup de sang, chin. toutes les six, sept ou huit heures, ou même plus souvent. Si l'amélioration n'a pas

lieu, donnez un des médicaments appropriés aux divers cas de blessure.

Arn. convient mieux dans les blessures par écrasement que par incision, ainsfque lorsque la partie lésée est devenue brune ou bleue, quand on a pu fermer facilement la plaie, qu'elle est simple et superficielle.

Calend. convient quand la blessure est faite par dilacéralion , qu'elle est grande , ouverte et profonde , qu'elle est difficile à fermer ; quand, après chaque pansement, le moindre mouvement donne lieu h une douleur vive ; quand il y a des fragments de peau détachés, et que la plaie est irrégulière et en zigzag.

Stapk. convient quand c'est une blessure faite par un instrument tranchant, et qu'elle pénètre profondément dans les chairs, par suite d'un coup de couteau ou d'un éclat de verre, ou par suite d'une opération chirurgicale.

Hyperic. est bon quand la blessure provient d'un coup de pointe, d'une déchirure, d'un écrasement ou coupure; quand les douleurs sont très violentes , et surlout si elles durent longtemps et ressemblent à une douleur de dent ; quand elles sont rayonnâmes et se propagent le long du membre. Ce médicament convient aussi aux enfants, quand, à la suite d'une légère blessure, ils ont des crampes ou convulsions.

Si la lésion a porté sur l'os, on n'oubliera pas les moyens que nous venons d'indiquer.

Ces remèdes seront administrés îi l'intérieur à l'état de globules, et, à l'extérieur, à l'état de teinture étendue dans l'eau où l'ontrempcra les compresses.

Chez les personnes d'une santé délicate et dont la peau est mauvaise , ces plaies suppurent beaucoup et sont lentes à guérir : alors on donne chamorn.; si cela ne suffit pas, hep. s"f/th. : quand il >e forme des abcès, sti/ir.

Si les accidents se présentent de manière à donner lieu à des contractions spasmodicjucs de la mâchoire (trismus, tétanos), il ne faut pas hésiter un insiantà appeler un médecin ; niais , le cas échéant, gardez- vous d'avoir recours à un médecin ordinaire, parce qu'il ne pourrait y remédier; et si dans celte grave circonstance il n'y a pas moyen d'avoir un médecin homœopaihe, que l'on lâche d'y suppléer tant bien que mal. Si le blessé se plaint d'une douleur dans la nuque, et d'une roideur extraordinaire, qui se fasse sentir dans toute l'épine dorsale ; s'il éprouve un resserrement léger de mâchoire; s'il s'étonne pour rien, et devient 1res irritable à la moindre occasion ; s'il ne peut ouvrir la bouche et qu'il ait la respiration difficile, que l'on donne dans ce cas ign. , trois ou six globules toutes les deux heures , jusqu'à ce qu'il se déclare une amélioration. Si celte position s'aggrave, et que hs mâchoires deviennent le siège d'un véritable trismus avec roideur et tension des muscles du dos , donnez alors merc. ; si cela ne réussit pas, surtout si le blessé a la figure rouge, donnez belL ; si le visage est alternativement pâle et rouge, acon. Dans quelques cas où le malade devient froid , on y remédie par bry. ou verat. Si la chaleur donne de l'aggravation, donnez sec. Toutefois on conçoit qu'une personne étrangère à la médecine doive éprouver de l'embarras à saisir ces diverses indications. Si au moindre contact ou impression le patient éprouve une crise , le principal remède est ign. ; s'il y a lésion du nerf, hyperic. ; s'il se déclare une rougeur autour de la plaie , rut. ; si l'on a déjà pris beaucoup de mercure , angmt. On trouvera aussi dans i%hus tcteic, kyosc, slram.i camph., etc., des moyens fort utiles, mais il faudra savoir les choisir au moment opportun.

Dans le cas de tétanos , on a recommandé dernièrement comme remède efficace, bruc.

Les blessures par su i le d'arrachement do dents saignent d'ordinaire très longtemps. Le vinaigre est toujours nuisible; que. l'on tâche d'arrêter le sang avec de l'eau fraîche ; si cela ne suffit pas, cfue l'on porle sur la mâchoire un pelit tampon de linge ou un morceau de bouchon, et qu'on le tienne ferme jusqu'à ce que le sang ait cessé de couler. Si cela ne fait rien encore, que l'on se serve de l'eau de suie, comme il a élé dit plus haut , que l'on y trempe un linge qui sera placé sur la plaie alvéolaire; s'il s'y développe beaucoup d'engorgement ei de douleur, que l'on donne arn. ; avec fièvre, acon. Quelquefois il sera utile d'alterner ces deux remèdes. Quand le patient ressent du refroidissement , et que ces moyens sont restés insuffisants , rhus tox. et bry. pourront servir avantageusement. En présence d'une douleur pulsalive et insupportable de l'os qui peut s'accompagner de fièvre , que l'on donne Jujosc. ; si la gencive reste engorgée et suppure longtemps, silic, tous les sept jours, jusqu'à complète guérison.

Quand les enfants , par suite d'une chute, ont reçu une forte commotion à la tète, qu'ils vomissent, qu'ils crient peu ou poussent des cris étouffés, s'ils dorment d'un sommeil long et pénible, que l'on donne toujours arn. et qu'on ne les tienne pas trop chaudement , mais qu'ils n'aient pas froid ; qu'on ne leur donne à boire ou à manger rien de chaud ; qu'on ne les laisse pas dormir trop longtemps; et s'il survieut des couvulsions et de la fièvre , donnez bell., si cela ne suffit pas , hyosc. ; s'ils portent fréquemment le doigt dans le nez, cin. ; s'ils éprouvent du malaise, s'ils agitent leur tête sur l'oreiller, et s'ils ont de fréquents éblouissements et des frayeurs, non seulement dans la nuit, après le réveil et dans l'obscurité (ce qui est naturel), mais aussi pendant le jour, donnez bell. Si cela est insuffisant, même après une seconde dose, donnez,

quatre à cinq heures plus tard, hep. ' sulph., qu'on laissera agir pendant quelques semaines; si, malgré cela, il reste quelques symptômes de cet état, si la tête grossit peu a peu, et qu'entre les sutures la peau se gonfle, et qu'en y touchant elle laisse sentir une légère pulsation , donnez cale. carb. Dans ces divers cas, il est encore mieux d'envoyer chercher un médecin homœopathe.

Les blessures de la tête, qui se compliquent de fracture des os, comme Celles du visage , du cou , de la poitrine, du basvenlrc, ainsi que celles ou il y a luxation ou écrasement, doivent être traitées par un médecin.

Si un membre a été partiellement écrasé, on peut quelquefois le conserver en faisant des applications de compresses à l'eau froide ou à la glace, et en donnant à l'intérieur arn., et quelquefois acon., alternativement ; même dans le cas où il se déclare un commencement de gangrène, il est encore possible de le sauver en donnant c/rin., et plus tard, quand la peau devient d'un noir bleuâtre , lach. Cependant il n'appartient qu'à un médecin de juger de l'opportunité de ce qu'il convient de faire, et nous ne faisons ici que proposer les moyens qui conviennent lorsque le malade se refuse à l'amputation, et qu'il n'y a pas de chirurgien assez expérimenté pour le faire, ou que le moment favorable d'amputer est passé.

• Quant aux vastes blessures de 1 abdomen, à la suite desquelles il existe une large ouverture par où sortent les intestins, qu'on ne laisse pas le blessé sans secours; et bien que ce grave accident paraisse présenter le plus grand danger, on peut encore avec un peu d'attention y remédier facilement. Que l'on s'attache tout de suite à mettre les intestins en place, mais non

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sans les avoir nettoyés, dans le cas où ils se seraient salis; que Ton fasse ce lavage avec de l'eau tiède; que l'on ne frotte pas et qu'on se contente de faire des lavages , avec le soin de ne pas laisser s'introduire de l'eau dans le bas-ventre ; que l'on ne touche pas le paquet intestinal avec les mains nues, mais à travers un linge de toile; qu'on ne donue rien de fort à flairer ou à prendre par la bouche ; seulement , quand le blessé paraît tout à fait indifférent et étourdi , donnez op. ; s'il est hors de lui , coff. ; s'il commence à avoir des crampes , des convulsions , ign. ; s'il devient plus pâle, avec nez effilé, et extrémités froides, clan.; mais, dès que la première émotion est passée, arn. ou calend. S'il n'y a pas de médecin, que l'on couse la blessure avec un fil ciré, mais avec le soin de laisser dans la partie la plus déclive une petite ouverture , que l'on pansera aûn d'empêcher l'air de pénétrer, et qu'on la traite comme il a été dit plus haut, sans faire autre chose, Si plus tard , comme cela arrive quelquefois à la suite de cette opération , il se déclare de violentes conques , donnez coloc. , et, plus tard encore, s'il y a aggravation, staph. On peut continuer à administrer ces deux médicaments alternativement, jusqu'à ce que l'état du malade soit rassurant. Dans les cas les plus graves , lach. ctphosph. ont produit de bons effets après quelques jours.

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