CHAPITRE V
Enrouement. Parmi les remèdes domestiques qu'on emploie ordinairement, il s'en trouve plus d'un qui présente
des inconvénients ; et s'ils sont accompagnes de quelque soulagement, ils n'en laissent pas moins des germes de récidive. On peur, sans contredit, faire usage d'un lait de poule ou manger du raisin frais, ou la nuit entourer son cou d'un bas de laine chaud qui a été porté par une personne en bonne santé; tout cela ne nuit certainement pas , mais il vaut encore mieux employer les moyens suivants :
Dans l'enrouement avec coryza, accompagné d'expectoration gluante, de sécheresse, de brûlement et de soif, avec chatouillement qui provoque la toux, avec fièvre le soir, avec humeur inquiète et taciturne, lorsqu'on est naturellement sérieux et tranquille, donnez, notamment chez les enfants, chamom. — Avec toux rauque, sèche et profonde, qui indique une sécheresse de la gorge, avec tension et douleur opiniâtre de la gorge ; quand on devient indifférent pour la lecture ; si la fièvre alterne avec la chaleur; s'il y a une prédisposition morose, acariâtre et obstinée, donnez nux. vom. — Avec picotements et ulcérations de la gorge, du palais, avec douleur en avalant, avec catarrhe et expectoration jaune, verte et fétide, avec toux ébranlante accompagnée de douleurs de poitrine, avec frissons sans soif, avec des goûts capricieux, donnez puis. ; et ce remède convient d'autant mieux, que le malade est resté plusieurs jours sans pouvoir prononcer une parole ; si cela ne suffit pas dans les vingtquatre heures, donnez sulph. dilué. — Mais l'un des principaux remèdes est merc. viv. lorsque la voix est rauque et enrouée, avec brûlement et chatouillement dans le larynx, avec disposition à la sueur, sans que le malade éprouve du soulagement, et que le moindre courant d'air empire les souffrances. Donnez caps, s'il y a fourmillement et chatouillement dans le nez, avec obturation, suivi d'une toux qui provoque des douleurs erralives. — Mais si avec l'enroue-
ment on éprouve dans la gorge une certaine rudesse, suivie d'éternument fréquent et écoulement de mucus, sans qu'il y ait coryza proprement dit, ou que la respiration soitcqurtc, donnez rte. toxic. Dans le cas d'une respiration entrecoupée, de toux profonde et creuse, sans expectoration catarrhale, et accompagnée de bâillements, d'inquiétude et de soif, donnez samb. nig. — Dans l'enrouement chronique, qui est pire le matin ou le soir, qui s'aggrave après avoir beaucoup parlé, ou qui est la suite de la rougeole, donnez corb. veg. — Dans les cas les plus obstinés , sans complication d'autres symptômes, ou lorsqu'il y a coïncidence de toux et d'affeclion catarrhale, et que presque toute la poitrine et la gorge sont prises d'une sensation de rudesse et d'excoriation, donnez caust. Si l'enrouement coïncide avec un catarrhe chronique, silic. convient souvent ; si la voix est creuse et très profonde, droser.
Toux. Elle est à la poitrine ce que le coryza est aux fosses nasales ; elle existe avec ou sans affection catarrhale : dans ces deux cas, choisissez les remèdes appropriés. Elle peut aussi dépendre d'autres souffrances, qui donnent lieu à des symptômes différents, dont il faudra tenir compte. Par exemple, si la toux est sèche et courte, avec douleur violenie dans la poitrine, surtout en respirant; si le malade, après avoir eu des frissons, éprouve de la chaleur, avec un pouls précipité ou dur; on a alors affaire à une inflammation de poitrine contre laquelle il faudra employer les remèdes qui sont recommandés à l'article point de côté. — La toux chronique se guérit très rarement avec les remèdes dont on va parler ; il faudra, dans cas, avoir recours à des médicaments dont l'action est plus longue, et dont il sera question plus tard. Il se rencontre quelquefois des toux si opiniâtres, qu'elles ne peuvent être traitées avec succès que par un médecin homœo-
pathe; le plus souvent ce n'est là que le symptôme d'une maladie antérieure qui était déjà incurable quand la toux s'est déclarée : par exemple, lorsque par l'expectoration on rend des crachats gluants, épais et presque cartilagineux.
Nax vom. est indiqué dans la toux sèche qui est provoquée par une sensation de rudesse , de grattement et de sécheresse, et par un chatouillement du palais; lorsqu'elle est persistante et fatigante, avec douleur comme si la tête allait éclater, ou avec sensation comme si l'épigastre était meurtri, avec douleur au-dessous des côtes, particulièrement lorsque la toux éveille le malade de bonne heure, ou qu'elle est pire le matin, ou bien que l'expectoration est difficile, que les crachats sont rares et gluants. •*— Le même remède conviendra lorsque la toux est petite , dure toute la journée et s'accompagne d'une douleur à l'entrée du gosier, qu'elle s'aggrave le soir et s'améliore la nuit, circonstance où la respiration est très oppressée, avec la sensation d'un poids sur la poitrine; dans cet état le malade a beaucoup de chaleur et une grande sécheresse de la bouche. Il est indiqué aussi chez les personnes vives et plétlioriques qui font usage du café et de liqueurs alcooliques , et dont la toux s'aggrave par la lecture, la contention d'esprit ou le mouvement.
Chamom. Elle est pareillement appropriée à la toux sèche qui augmente la nuit pendant le sommeil, et qui a lieu par l'effet de la titillation de l'isthme du gosier, avec la sensation d'un corps qui monte ou qui coupe la respiration, particulièrement chez les enfants, et en hiver à la suite d'un refroidissement. Elle convient aussi dans la toux chatouillante , spécialement sollicitée par la parole, le malin et le soir, mais qui se calme par Ja chaleur du lit, et lorsqu'on rend le malin, par voie d'expectoration, des mucosités gluantes et amères.
Hyosc, Ce remède répond à la toux sèche qui augmente la
nuit et empêche le sommeil, s'aggrave dans la position couchée, et s'améliore en étant sur>,son séant, avec chatouillement dans la trachée-artère ; ou lorsqu'elle est spasmodique et accompagnée de douleurs piquantes des yeux, et d'une douleur de meurtrissure dans les muscles du ventre; avec un bruit de râle rauqueux qui se fait dans la trachée-artère.
fpec. est principalement indiquéchez les enfants, môme chez les plus petits, lorsqu'ils semblent menacés de suffocation par l'accumulation des mucosités; quand la toux est spasmodique ou assez intense pour les empêcher de respirer, que leur face devient rouge et bleuâtre, et qu'ils se roidissent ; lorsqu'il y a une sensation de chatouillement à l'entrée de la trachée-artère et de rétrécissement ; que la toux est tout à fait sèche, et que l'expectoration est rare ou qu'elle est d'un très mauvais goût, qu'elle provoque des nausées et des vomissements, et qu'on vomit des mucosités. Outre ces symptômes, il y a ou douleur dans l'abdomen, surtout autour du nombril, ou pression sur la vessie qui gêne le cours des urines, ou battement dans la tête, ou au creux de l'estomac, ou sensation d'excoriation dans la poitrine ; et après la quinte, la respiration reste courte et le front ruisselle de sueur; elle s'aggrave en marchant à l'air frais. Ce remède agit plus promptement et mieux étendu dans l'eau. On en donnera toutes les heures, et plus souvent selon les circonstances.
DelL convient dans la toux spasmodique qui empêche le malade de prendre haleine, lorsqu'elle est ébranlante et provoquée par un chatouillement continuel et insupportable du larynx , avec absence complète d'expectoration ; ou qu'on éprouve la sensation d'une poussière vaporeuse ou d'une barbe de plume engagée dans la gorge, ou une expansion pressive et éclatante du cerveau , avec sensation dans la nuque comme si elle allait se briser, ou si , avec la toux, il y a ex-
pectoralion striée de sang , avec des points douloureux dans la poitrine, sous le côté gauche des côtes; avec douleurs déchirantes dans la poitrine, respiration courte, précipitée et anxieuse; avec gerçures des lèvres, rougeur de la face et mal de tête; ou lorsque les quintes se terminent par des éternuments accompagnés de coryza , comme il est dit à cet article , a l'occasion iïhep. sulph., ou de douleurs lancinantes dans les hanches et dans le bas-ventre, où elles sont plus profondes et déchirantes.
Merc. viv. convient dans la toux sèche, fatigante, ébranlante, particulièrement la nuit; ou dans la toux chatouillante au moment de s'endormir ; quelquefois avec expectoration de sang, douleurs lancinantes dans la poitrine; chez les enfants, si elle s'accompagne d'une hémorrhagie nasale, de nausées et de douleurs comme si la poitrine et la tête voulaient éclater; s'il y a en même temps enrouement, coryza fluent et diarrhée.
Carb.vcg. s'adresse à la toux spasmodique dont les accès se répètent le jour ou le soir, avec efforts de vomir ou vomissements, avec chaleur et sueurs promptes; s'il y a douleurs brûlantes dans la poitrine; si l'expectoration est blanchâtre, verdâtre ou jaunâtre , avec expuiiion de sang , douleurs d'excoriation dans la trachée-artère, et avec élancements dans la tête.
Caps, s'emploie avec succès dans la toux sèche qui s'aggrave le soir et la nuit , et donne quelquefois des envies de vomir, avec douleurs qui se portent alternativement d'un membre sur l'autre, et surtout à la tête, avec sensation d'éclatement; quelquefois elle s'accompagne d'une douleur pressive dans l'oreille et la gorge, d'autres fois avec tiraillement" qui. va de la poitrine à la gorge , avec picotements et dans la poitrine et dans le dos, pression sur la vessie et dou-
leurs lancinantes qui se dirigent intérieurement, ou picotements et déchirements qui se portent des hanches aux genoux ou aux pieds.
Rkustoxic. convient quelquefois lorsque la toux est sèche, courte et nocturne , avec fourmillement dans la poitrine ; qu'elle cause de l'agitation et provoque l'asthme, particulièrement le soir et avant minuit, et ébranle fortement la tête et la poitrine; ou avec tension et élancements dans la poitrine, douleurs dans l'estomac, quelquefois élancements dans les lombes, et surtout lorsque l'air frais empire la toux, et que la chaleur et le mouvement la calment; ainsi que lorsqu'il y a un goût de sang dans la bouche.
. Cin. s'administre dans la toux sèche s'accompagnant quelquefois d'une expectoration muqueuse; chez les enfants, s'ils éprouvent des sursauts et sont près de tomber en défaillance ; s'ils recherchent l'air avec avidité , anxiété , gémissement et pâleur du visage, ou si la toux est petite et enrouée chaque soir; particulièrement chez les enfants qui ont des vers; ou qu'à la toux se joint un coryza fluent , avec sensation de brûlemeut dans le nez, avec éternument violent qui les fait crier.
Ign. s'emploie contre la toux sèche diurne et nocturne , avec une sensation dans la fossette sternale comme s'il y avait du duvet; lorsqu'elle est plus forte le soir, et que plus on tousse, plus on est provoqué à la toux ; ou quand on éprouve dans la fossette du cou une constriction spasmodique avec coryza fluent, et notamment chez les personnes qui s'affligent facilement; ou que la toux est plus forte durant le jour après avoir mangé, le soir après s'être couché, et le matin après le lever. Quelquefois il convient de répéter ign. après six heures. - .
Euphr. convient dans la toux avec un mauvais coryza
qui affecte aussi les yeux ; quand l'expectoration est difficile pendant le jour, et quelquefois avec gêne dans la respiration; qui cesse la nuit, pour revenir le matin avec aggravation, et avec une abondante expectoration de mucosités.
Puis, s'emploie lorsque la toux a commencé par être sèche une partie de la journée, avec efforts pour vomir ; qu'elle est suivie d'une expectoration facile , et mêlée quelquefois d'un peu de sang; le matin l'expectoration est d'un jaune vif, salée, amère et nauséeuse; il y a souvent sensation, d'étouÊfement, en même temps sentiment de rudesse dans la trachéearière; le bas- ventre et les côtés font mal comme s'ils étaient meurtris; ou la douleur se porte et se déplace d'un membre à l'autre, d'une articulation à l'autre, soit aux bras , soit aux épaules ou au dos ; ou les urines s'échappent involontairement pendant la loux.
Bry, convient pour la toux sèche et humide : pour la toux sèche , lorsqu'elle est provoquée par un chatouillement dans la gorge , ou qu'elle vient après avoir mangé et qu'elle va jusqu'à faire vomir, ou qu'elle a lieu en entrant dans une chambre chaude; ou qu'elle s'accompa'gne d'un violent point de côté , et que plus tard l'expectoration amène un peu de sang ; — pour la loux humide , quand l'expectoration est jaunâtre, et que chaque effort de loux porte à la têle, ou qu'il y a douleurs lancinantes dans la tête, la gorge et la poitrine.
C/rin. s'emploie lorsqu'on est provoqué 5 tousser comme par une vapeur de soufre , sans expectoration de matière muqueuse, mais cependant avec la sensation de quelque chose à expectorer ; quand pendant la respiration il y a sifflement et gémissement; que plus tard l'expectoration est striée de sang, avec douleur pressive et lancinante dans la poitrine et la trachée-artère, ou qu'elle a lieu avec mucus clairet gluant, qui
se divise difficilement , et avec douleurs dans les épaules, accompagnées quelquefois de vomissements bilieux. Il convient aussi dans l'hémorrhagie du poumon , même dans le cas de la rupture d'un vaisseau , surtout quand , à celle occasion , on a eu l'imprudence d'en ouvrir un pour fermer l'autre, c'est-à-dire de faire une saignée.
Arn. est employé dans la toux avec expectoration de mucus et de sang coagulé , ou de sang clair et écumeux , avec accès d'asthme; toutes les côtes et le bas-ventre sont comme meurtris et déchirés; il y a élancement dans la tète , dans la poitrine , le ventre et les reins: ainsi que dans la toux sèche et humide des enfants, Raccompagnant le matin ou pendant le sommeil de pleurs et de cris.
Verat. alb. contre la toux profonde et creuse, qui part de l'abdomen avec des tranchées, salivation abondante, visage bleu, urines involontaires, douleurs violentes dans les côtés, respiration difficile accompagnée d'une grande faiblesse ; quelquefois avec des élancements qui vont dans le bas-ventre comme si une hernie allait se former.
Ars. alb. contre la toux humide , sans qu'il y ait cependant beaucoup d'expectoration, et qui reste comme collée sur la poitrine et rend asthmatique ; contre la toux après avoir bu ; si elle est nocturne , avec crachement de sang , chaleur brûlante de tout le corps, manque de respiration , fatigue et faiblesse extrême ; ou contre la toux sèche qui revient tous les jours , qui affaiblit beaucoup et oppresse, avec serrement de poitrine en montant les escaliers, et dans l'air froid, avec battement de cœur et anxiété nocturne.
Dulc. convient dans la toux humide, particulièrement après un refroidissement, avec enrouement, accompagné quelquefois do crachement de sang vermeil pendant la nuit; ou dans une toux forte et aboyante comme dans la coqueluche, excitée
par une respiration profonde; contre celle qui, étant la suite d'un refroidissement , s'aggrave en se tenant tranquille dans la chambre, et s'améliore par le mouvement.
Dros. contre la toux humide ou sèche , avec enrouement , douleur dans la poitrine et sous les côtes, qui oblige le malade à porter les mains sur les parties souffrantes, acte suivi de soulagement; quelquefois avec efforts pour vomir et douleurs dans les hypochondres, quand l'expectoration est tardive ; avec vomissements d'aliments , de glaires et d'eau ; avec expectoration amère et comme purulente; ou avec une oppression telle, que la respiration semble suspendue pendant l'accès de toux, au point d'empêcher la toux et la parole.
Staph. contre la toux avec expectoration de matières glaireuses, jaunâtres et comme purulentes, la nuit surtout, avec douleur d'excoriation et d'ulcération dans la poitrine , avec affluence d'eau dans la bouche, quelquefois avec expuition de sang, après un grattement dans la poitrine; comme aussi avec urines involontaires.
Phosph. acid. contre la toux avec expectoration, grand enrouement, provoquée par un chatouillement ressenti au creux de l'estomac et à la gorge; sèche le soir, et le malin avec expectoration blanche ou jaunâtre; contre la toux avec oppression crampoïde de la poitrine, s'accompagnant d'une expectoration purulente ; pendant la toux, mal de tête, comme si elle allait éclater, nausées, brûlement dans la gorge et dans la poitrine.
Silic. convient dans la toux chronique avec expectoration abondante de glaires, de grumeaux transparents ou de pus jaunâtre, accompagnée dépression dans la poitrine; ou que la toux est si fort convulsivè que tout fait mal dans la gorge et le bas- ventre ; ou dans la toux creuse et profonde avec expectoration sanguine, ou dans la toux sèche avec douleur de
meurtrissure ou brisement de la poitrine; ou dans la toux suffocante pendant la nuit, accompagnée d'asthme et d'émaciation.
Sulph. contre la toux sèche chronique, avec chatouillement dans la trachée-artère , qui rétrécit la poitrine et provoque des efforts pour le vomissement: dans la Toux nocturne, ôte le sommeil ; ou dans la toux sèche nocturne accompagnée le jour d'une expectoration jaunâtre , verdâtre et puante, ou d'un mucus épais , et de pus mêlé de sang; ou s'il se déclare pendant la toux des douleurs aiguës isolées dans la poitrine ou sous les côtes du côté droit; ou si, en élernuant ou en toussant, la poitrine semble éclater; la poitrine semble étroite et pleine, la respiration est difficile, avec ronflement et sifflement , palpitation du cœur, état qui oblige le malade de s'asseoir la nuit sur son séant; ou que pendant la toux il éprouve une douleur de tête comme si elle allait se fendre; obscurcissement des yeux , chaleur à la tête et au visage, mais les mains froides.
Cale. carb. contre la toux chronique provoquée par un chatouillement, ou comme par une sensation de duvet qui se serait attaché à la gorge; qui s'aggrave le soir et la nuit avec battement des vaisseaux sanguins ; ou dans la nuit pendant le sommeil; si elle est sèche avec douleur dans la poitrine, ou ronflement, surtout chez les enfants replets, où ipec. a réussi sans suffire complètement; ou avec expectoration abondante diurne avec expuilion de grumeaux purulents et d'une couleur jaune, verte, brune et si putride, qu'elle occasionne quelquefois le vomissement; pendant la toux, on ressent des douleurs aiguës dans le côté et dans la poitrine; brûlement dans la poitrine, déchirement et élancements dans la tête ; en outre, élancements douloureux dans le côté lorsqu'on respire profondément , en se baissant et en se prome-
nant; le soir, chaleur, ensuite frissons et soif, sueur nocturne, surtout de la poitrine, grande faiblesse , et grande anxiété sur son état.
Lach. s'emploie dans la toux excitée par la moindre pression de la gorge; si le malade ne peut rien supporter au cou et qu'il tousse la nuit pendant le sommeil ;■ ou s'il y a chatouillement dans la fossette du cou , que toute la poitrine est endolorie jusque dans les épaulés, comme par meurtrissure, avec point de côté et expectoration de sang ; ou dans la toux lorsqu'il semble qu'un liquide tombe dans la trachée- artère ; dans la toux violente, qui provient d'ulcération à la gorge, avec efforts de vomissements, expuition de phlegmes et grande salivation; avec expectoration difficile, et plus encore après avoir mangé ou dormi , comme après s'être levé , s'accompagnant de douleurs dans la gorge, les oreilles, la lôte et les yeux.
Caust. dans la toux opiniâtre et ancienne, sèche et
courte, ou creuse avec douleur d'excoriation ou de brûlement dans la poitrine et la trachée-artère, avec grattement dans la gorge et râlement dans la poitrine , douleur dans les hanches, comme si tout allait se briser, ou d'autres douleurs rhumatismales; pendant la toux, les urines s'échappent involontairement.
On emploie particulièrement contre la toux chronique les remèdes qui viennent d'être indiqués , parmi lesquels on distingue caust., lach., cale, carb., sulph., silic, p/wsph. acid. ; et si elle résiste ou que la guérison ne dure pas , il reste à choisir parmi ceux dont nous avons aussi parlé : tels sont staph., dulc, ars.t carb. veg. Quant aux autres remèdes , ils peuvent être employés utilement si la toux est de celles qui ont une courte durée. Lorsqu'une toux se déclare tout à coup et s'accompagne immédiatement d'une sensation
d'angoisse dans la poitrine, d'une respiration difficile, d'une irritation, d'un chatouillement a la gorge et a la trachée-artère, avec sensation de brûlement pendant la nuit, et si la voix devient rauque et enrouée , avec fièvre chaude et pouls précipité et dur, donnez avant tout acon., et cinq à six heures après ou le lendemain , les autres remèdes appropriés. Lorsque la toux est très fatigante ou suffocante , avec abondance de glaires dans la poitrine, commencez par ipec, et, deux ou trois heures après , donnez le remède le plus homœopaihique; si elle est rauque, creuse et aboyante, ou sifflante et gémissante, surtout chez les enfants, voyez ce qui est relatif à la coqueluche, au croup et à la suffocation, et comparez et choisissez les remèdes qui sont indiqués.
Quand Uï\ rhume récent est accompagné de coryza, il
faut se tenir chaudement et se garantir pendant deux ou trois jours des refroidissements; cependant on ne poussera pas cette précaution trop loin , car celui qui s'habitue à rester enfermé n'en devient que plus sensible à l'impression du froid. Aussi il convient , aux enfants surtout, de sortir tous les jours quand il fait beau ; on les lavera habituellement à l'eau froide; comme aussi, s'ils sont exposés à se mouiller les pieds , on ne leur donnera pas de bas , on se contentera de mettre dans leur chaussure une semelle de papier buvard , qu'on renouvelle tous les jours. Qu'on ne laisse pas non plus les malades qui toussent dans une chambre humide qui donne au nord ou nord-ouest, mais bien qu'on les tienne dans un appartement exposé au sud ou à l'est, afin qu'ils soient plus chaudement.
Ceux qui sont sujets à s'enrhumer ou à prendre des maux de gorge, feront utilement pour leur santé de contracter l'habiiude de se laver et de se frictionner le corps, comme aussi de porter une cravate en soie blanche ou noire, ou un tricot
de soie que l'on mettra sans intermédiaire au cou nu; on se couvrira également le corps d'étoffe de coton, à l'exclusion de la laine, qui ne convient qu'aux maleloisou gens de mer, et à tous ceux qui 501H exposés à se mouiller. Les tissus de laine sont souvent plus nuisibles qu'utiles.
Pendant la toux, il conviendra de donner, surtout aux enfanls, des choses douces, comme le suc de réglisse, le sucre d'orge, etc. ; il est bon aussi de tenir dans la bouche un peu de gomme arabique. Quant aux douceurs qui se vendent chez les pharmaciens au titre de remèdes expectorants et a chers deniers, elles ne valent rien ; il faut s'en abstenir. Ce genre de drogues contient toujours des substances à peu près inutiles, sinon nuisibles, et dont la confection n'est pas toujours parfaiie. Le miel est dans quelques circonstances fort convenable ; cependant il ne faut pas le permettre pendant l'emploi des remèdes homœopathiques. Quand on a le nez bouché et la poitrine entreprise, on peut essayer de faire des onctions avec de la graisse d'oie ou de volaille ; mais si c'est sans succès, on n'y persistera pas. — Lorsqu'on est atteint d'un violent coryza , il est dangereux de renifler de l'eau froide ; on peut en user seulement quand il est chronique. On ne doit permettre les bains de pieds que dans le cas où la toux est anxieuse et suffocante, et le pouls petit et dur ; mais alors les bains de mains valent mieux.
On ne doit jamais refuser de l'eau froide au malade, quoique la toux s'exaspère chaque fois qu'il en prend; qu'on ne l'oblige pas à boire chaud : c'est un préjugé détestable , qui prolonge les maladies , quand il ne fait pas mourir les malades.
L'expérience de tous les jours prouve que l'eau froide , quand elle entre dans les désirs d'un malade , est favorable dans ces diverses circonstances; les boissons chaudes, au con-
traire, le sont très rarement, et leurs effets ne sont avantageux que momentanément, et laissent après eux un affaiblissement réel et long ; seulement, pour favoriser la transpiration, on pourra boire avant de se coucher un peu de lait chaud sucré coupé avec de l'eau. Quant aux boissons ou pâtes mucilagineuses, elles ne sont bonnes que pour surcharger l'estomac.
Il est un préjugé très vulgaire , auquel certains médecins sont restés fidèles : c'est de purger les malades à la suite d'un rhume; il faut convenir toutefois qu'il a perdu dans l'esprit du plus grand nombre des praticiens. C'est un moyen tout à fait sans portée, qui ne peut produire le moindre soulagement, et qui est toujours pour le malade un véritable ennui et n'est pas souvent sans danger. La pratique inconsidérée de faire vomir à l'occasion d'un rhume , dans la crainte d'une aggravation sérieuse qui n'est qu'imaginaire, est plutôt excusable. Les suites cependant n'en sont pas innocentes'; souvent l'estomac en est resté plus ou moins affaibli.
Coqueluche. Rien ne prouve mieux contre l'emploi des remèdes qui sont préconisés dans la coqueluche , comme la persistance même de la coqueluche, qui laisse après elle des souffrances d'auiant plus opiniâtres, qu'on a usé plus longtemps de ces remèdes.
Il est généralement reconnu que, lorsqu'on abandonne la coqueluche à elle-même, on la voit durer trois fois six semaines, et que si l'on a recours à un médecin habile et sage, oh ! alors elle dure deux fois neuf semaines ; mais si l'on s'adresse à un médecin qui aime à formuler, elle dure encore beaucoup plus longtemps. — En faisant usage des remèdes que nous allons indiquer, sa durée ne sera jamais la moitié de ce temps ; ordinairement elle n'est que de ïrois semaines, dans beaucoup de cas de deux seulement, d'autres fois quelques
jours, mais à la condition que les remèdes soient bien choisis et que le régime soit exactement suivi. Lorsqu'on a affaire à des enfants sujets à s'enrhumer, et chez lesquels on a fait abus des remèdes énergiques, ou que déjà on a employé contre la coqueluche différents moyens, il faut s'attendre à les voir se rétablir 1res lentement. Alors le mieux est encore de prendre patience, et de ne rien négliger pour l'avenir, en faisant usage des moyens propres à faire disparaître prompternent la taux.
Quand la coqueluche est épidémique, et que les enfants commencent à tousser, donnez immédiatement un des remèdes iudiqués plus haut contre la toux , et choisissez toujours celui qui convient le mieux. Dans beaucoup de cas, on réussira à y couper court. — Si la toux commence par être lies sèche et sifflante avec fièvre , ou que les enfants se plaignent de brûlement dans la trachée-artère, et indiquent de la main le point douloureux, donnez tout de suite acon. , et attendez quelques heures ou même une demi-journée. Si, à la suite d'un refroidissement, elle débute par être grasse et facile, et s'accompagne en môme temps d'enrouement, donnez dulc. Si , étant humide , elle provoque des vomissements , puis. Si elle est sèche , et qu'il y ait aussi des vomissements et de • l'anxiété, avec menace de suffocation , si l'enfant a la figure empourprée , et que la toux se déclare principalement après minuit et dure jusqu'au malin, donnez nux. vom., et si plus tard elle devient humide et libre, puis.; si, le vomissement ayant cessé , il reste la crainte d'étouffer, ipec. En usant de ces divers médicaments, il faut consulter ce qui a été dit plus haut à leur sujet. — Lorsqu'on n'est pas parveuu à prévenir la coqueluche, ou qu'elle se déclare brusquement par accès isolés et spasmodiques , que les enfants toussent par intervalles, avec un bruit creux ; que ces accès se rapprochent
dans le jour, et principalement le soir et dans la première moitié de la nuit, que le fond de la bouche est plus rouge que d'ordinaire , ou qu'en avalant il y a mal de gorge , avec larmoiement des yeux , donnez aussitôt carb. veg., qui est le remède principal ; il faudra le répéter après vingt-quatre heures, s'il n'a pas apporté quelque soulagement. Carb. veg. est également convenable quand les enfants ressentent des élancements dans la tête, des douleurs de poitrine et de gorge, ou s'il leur vient en même temps une éruption à la tête et au corps. II convient encore parfaitement lorsque la coqueluche commence à décliner. Si les enfants baillent beaucoup et sont menacés de suffocation, surtout en toussant, et que les accès augmentent le soir et la nuit, donnez tort, émet. : ce remède est bon aussi pour prévenir la maladie, et, si elle se déclare, pour la guérir.
Dans la coqueluche réelle, l'enfant éprouve quelquefois des accès parfaitement caractérisés; alors il se réfugie sur le sein de sa mère avec une. grande agitation , ou s'attrape à tout ce qui est à sa portée ; il tousse avec une extrême violence et avec un bruit haut et éclatant, et avec tant de précipitation, qu'il a a peine le temps de prendre haleine, ou la toux n'est qu'un long gémissement avec sifflement : alors il est pris de terreur et semble suffoquer; sa figure devient rouge et bleue ; il tend le cou avec tant de force que tout y est contracté , et ne peut supporter le moindre attouchement. Les quintes se terminent par des envies de vomir et par des vomissements de glaires , accompagnés d'hémorrhagie de la bouché et du nez. Après celte scène, l'enfant redevient gai; mais comme il rend tout ce qu'il a mangé, il devient maigre et tombe dans l'affaiblissement, si les accès se répèlent souvent.
Conire celte espèce de toux, donnez cale, carb., qu'il faudra alterner quelquefois avec cavb. veg, , si cale. carb. ne
convenait pas; dans celle période du mal , ayez toujours recours à verat. alb., dros. et cm., soit l'un ou l'autre, quelquefois l'un après l'autre, soit alternativement avec les remèdes indiqués plus loin , particulièrement avec nux. vom~ et carb. veg.
Verat. alb. agit très promptement , voila pourquoi il faut l'employer d'emblée dans la plupart des cas; donnez-en un globule immédiatement après un accès, et attendez le suivant. Si l'accès est plus intense, donnez un autre globule et attendez vingt-quatre heures et même trente-six, et plus longtemps si l'amélioration continue ; lorsqu'il y a aggravation, donnez "un autre globule. — Lorsque la toux dure déjà depuis quelque temps, on peut donner ce remède avec succès; de même lorsque les enfants sont déjà très affaiblis, qu'il y a un peu de fièvre, de sueurs froides, particulièrement sur le front, un pouls petit, vite et faible, avec grande soif. Il est surtout indiqué lorsque les enfants laissent échapper leurs urines pendant l'accès, ou qu'ils se plaignent de la poitrine, du basvenire et des aines; lorsqu'enlrc les accès ils ne recouvrent pas leur gaieté et restent tranquilles ; que, par suite de perte de forces, ils laissent tomber leur tête ; s'ils éprouvent des frissons et sont altérés; s'ils n'ont pas envie de parler; s'ils ont en même temps le cou couvert d'une éruption sèche et fine, ou si elle ne se montre qu'au visage et aux mains. Dros. et carb. wg. conviennent également après verat. alb.
Dros. s'administre deux fois de suite de la même manière que vwat. alb., et l'on attend deux ou trois jours au plus ; s'il se déclare de l'amélioration , on attend tant qu'elle dure ; si elle s'arrête , on choisit un autre remède. Dros. convient principalement clans les cas où les symptômes sont analogues à ceux qui lui sont propres. Son indication est d'autant meilleure que le malade souffre plus dans le repos que dans le
mouvement , que les frissons accompagnés de soif qui vient après; que la transpiration n'est pas froide, mais plutôt chaude, ou seulement la nuit; ou lorsque les paroxysmes sont très violents, avec une toux éclatante, sans fièvre ou avec une fièvre qui prend une certaine régularité, et s'accompagne de frissons et de chaleur, mais la fièvre n'a pas la lenteur de verat. alb*
Cin. convient lorsque les enfants, pendant la toux, deviennent tout à fait roides, et qu'après les paroxysmes on entend un bruit de glouglou qui descend de la gorge dans le basventre. On l'administrera avant tout autre remède, lorsque les enfants portent opiniâtrement leurs doigts au nez, qu'ils ont des tranchées et des démangeaisons 5 l'anus, ou que l'on aura signalé antérieurement l'existence d'autres symptômes vermineux, ou qu'il y aura eu des vers rendus.
Les enfants ont quelquefois une toux qui ressemble à celle que nous avons décrite à l'article merc. viv. ; seulement les accès arrivent la nuit; deux se succèdent peu après et laissent ensuite un plus long intervalle. Merc. viv. est alors bien indiqué, mais surtout si pendant le vomissement il se déclare une hémorrhagie nasale , et que le sang se coagule facilement ; lorsque les enfants transpirent beaucoup la nuit, sont inquiets, irritables, s'ils ont souffert des vers et qu'ils eu aient éprouvé des convulsions consécutives. Après merc. viv. on donnera carb. veg. Quelquefois il s'opère un changement dans lequel la toux prend le caractère de celle de bell., avec maux de tête , comme il a été dit à l'article bell. , ainsi qu'à l'article éruptions {maladies de la peau) et céphalalgie s dans ce cas, donnez bell. , et plus lard tout autre remède convenable. Dans quelques cas de coqueluche, le malade devient complètement roide, la respiration cesse tout à fait , et dans cet état les enfants ont des mouvements convulsifs; quelques
instants après , ils reviennent peu à peu à eux-mêmes, ils vomissent et ne se remettent que lentement de celte crise. Après la cessation de la toux, on entend un bruit dans la poitrine qui est occasionné par la présence des glaires ; dans ce cas, on donne d'abord cup. , et plus tard généralement verat. alb.
Dès que les quintes cessent d'être fréquen les, la toux n'est plus aussi sèche et devient grasse; elle ne s'accompagne plus de vomissements , mais bien d'une facile expectoration de glaires claires : que l'on ne se hâte pas d'employer d'autres remèdes , que l'on attende aussi longtemps que dure l'amélioration ; mais si après une semaine rien n'est changé , il faut choisir un nouveau remède , ou le prendre parmi ceux dont on n'a pas fait encore usage, et, dans ce cas, c'est puis. qui convient ordinairement. Dans les rechutes , ou lorsque les vomissements persistent, donnez carb. veg. ; lorsqu'il y a une abondante expectoration de phlegmes, dulc. ; quand les enfants crient beaucoup après avoir toussé , arn. Lorsque la toux s'affaiblit , mais qu'elle est encore creuse , sonore ou sèche, enrouée et plus tard nauséeuse, accompagnée de cris, hep. sulph.
Croup. Cette maladie si redoutable peut , dans la plupart des cas , être facilement et promptement guérie par les remèdes bomœopathiques; c'est à ce point que l'on perd à peine un cinquième des enfants qui meurent traités par l'ancienne méthode. Toutefois ce n'est possible qu'à la condition que les parents sauront tenir compte des moindres symptômes pour en faire part au médecin, qui doit se conduire selon des circonstances précises.
D'ordinaire, quelques jours avant l'invasion du croup, les enfants toussent un peu ; ils ont la voix rauque , et la toux devient insensiblement creuse et sourde. Si dans cette pé-
riode on sait choisir un remède approprié, on peut prévenir le mal. Lorsque la toux est creuse et sifflante, le meilleur remède est toujours hep. sulph. Après celui-là, on administre samù. nig., hyosc, cm., quelquefois aussi nux. vom., verat. alb*, chamom., clùn., dros., ou tels autres que l'on peut consulter plus haut.
Si les enfants se réveillent brusquement la nuit, toussent avec menace de suffocation, ou parce qu'ils manquent de respiration, ou parce qu'ils ont des glaires accumulées dans la gorge, prenez un grain de tartre émétique ou un globule de la première trituration ; mettez- le dans un verre d'eau, délayez avec soin, et donnez-en une cuiller à thé à l'enfant, et, selon la gravité des cas, toutes les dix, vingt ou trente minutes, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration.
Le croup proprement dit attaque d'une manière subite la nuit; les enfants s'éveillent à minuit avec la toux croupale, qui se caractérise par un son criard et aigu, semblable à celui d'un âne ou d'un jeune coq qui ne sait pas encore chanter. Elle est enrouée, elle a quelque chose d'aigu et de sifflant, ou elle est tout à fait rauque, profonde et creuse, comme l'aboiement d'un chien enroué. En môme temps le malade respire avec difficulté et lenteur, et renvoie son souffle par secousses. Il est très agité, et tâche de se donner du soulagement en allongeant le cou. Si la maladie est arrivée à ce degré, tout grave que soit ce cas, le danger n'est pas encore aussi grand qu'on le pense ; seulement il ne faut rien négliger. Le meilleur moyen pour calmer l'anxiété, pour enrayer la gravité du mal, est un bain de bras très chaud. On y fera plonger les bras au plus tôt et jusqu'aux coudes, et l'eau sera à une température aussi élevée qu'elle pourra être supportée. Le bain durera jusqu'à ce que la toux ait cédé; en même temps on donnera acon., plusieurs globules délayés, qu'on répétera
toutes les dix, vingt ou trente minutes, ou toutes les heures, selon la circonstance.
Dans la plupart des cas, celte première crise passe vite, mais les enfants restent inquiets, et gardent une voix enrouée. Usera prudent de les tenir chaudement le lendemain ; on ne les laissera pas s'asseoir sur le plancher, encore moins sur le carreau ; qu'on les mette au régime, et qu'on enveloppe leur cou d'une flanelle un peu usée. En hiver, ils devront coucher dans une chambre d'une température douce. Donnez leur une couple de fois spong. en dilutions.
Si la maladie ne guérit pas d'emblée, et qu'au contraire elle se développe vite et devienne plus grave, alors les enfants se plaignent d'un brûlement dans la gorge, et font voir du doigt le larynx, qui est d'une grande sensibilité, surtout au toucher ; il paraît ou enflé , ou du moins très chaud. Les quintes sonl beaucoup plus violentes, et le sont au point de faire craindre une suffocation ; il se déclare en même temps une fièvre très intense, s'accompagnant d'une grande soif. Le malade s'endort, mais c'est pour s'éveiller bientôt après dans une crise plus forte. La respiration est, pendant le sommeil, haletante, anxieuse, et force le malade à laisser tomber la tête en arrière, de sorte que la gorge se trouve très tendue, et ne peut supporter le moindre attouchement. Si déjà on n'a pas donné acon., c'est le moment de le faire; et s'il le faut, répétez-le, tant que le mal s'aggrave. Les bains chauds des bras sont encore très utiles dans cette période ; qu'on laisse la tête libre et dégagée, mais qu'on tienne les pieds chauds. Administrez également un lavement d'eau chaude. Si après acon. il y a amélioration, si les crises deviennent plus rares et moins fortes, si la transpiration s'établit, attendez cinq ou six heures après la prise à!acon. ; mais s'il n'y a pas d'amendement, et que la maladie augmente,
donnez spong. délayée, par cuillerées à ihé après chaque accès, et outre cela toutes les heures. Si aucune amélioration ne se déclare après l'administration de ces moyens, donnez hep. sulph. délayé; on peut un peu plus tard alterner ces deux remèdes, jusqu'à ce qu'enfin il y ait du mieux , mais qu'on ne se presse pas trop. Dans le cas où il n'y aurait pas de changement favorable et décisif à la suite de spong. et d'hep. sulph., donnez ars.
Spong. et hep. sulph, seront plus utiles à la troisième ou quatrième puissance, et ars. à la trentième ou plus élevée.
Durant tout ce temps, on devra tenir les enfants dans la plus grande tranquillité, et ne leur donner que rarement à boire des boissons chaudes et mucilagineuses, et encore faudrait-il qu'ils en eussent envie.
Si la maladie s'aggrave incessamment, les mains et les pieds deviennent froids, le pouls très petit, et le jeune malade laisse tomber la tète tout à fait en arrière. A chaque respiration, le ventre s'élève considérablement et tombe aussitôt ; mais la poitrine reste immobile. S'il est utile de soulever la tête du petit malade, qu'on le fasse avec précaution; avec trop de vivacité, on pourrait le faire étouffer. En écoulant la respiration, on entend un bruit de râle, comme s'il était placé dans la trachée-artère. Pendant la toux, il se fait des efforts de vomissements, dans lesquels il y a expectoration d'une fausse membrane. Alors les enfants ne sont plus aussi rouges ; ils sont même pales, et, dès que la toux croupale récidive, leur visage redevient bleuâtre, les yeux sortent de leur orbite avec une grande expression d'anxiété, et fes mains cherchent à s'attacher à tout d'une manière convulsivc.
Si, après avoir administré les remèdes précédents, la maladie poursuit sa marche fatale, alors on peut encore essayer phosph. , qui réussit quelquefois là où tout autre médicament
reste sans effet; on l'alternera avec carb. veg., une fois toutes les heures. Dans cette circonstance extrême, on s'est bien trouvé de verser de l'eau froide sur la tête, la nuque et le cou ; mais on n'y aura recours que tout autant que le malade devient froid et qu'il se débat contre la suffocation. Ai*s. alb. a sauvé des enfants sur le point de mourir.
Quand on emploie les remèdes homœopathiques en temps utile et avec discernement, la maladie arrive fort rarement à ce degré ; mais si, malgré tout, l'amélioration n'a pas lieu, et que la douleur et le brûlement de la trachée-artère augmentent, on peut appliquer quelques sangsues : il faut s'attendre alors à voir le malade plus faible et plus sensible, et la toux se réveiller à la moindre occasion, comme aussi à voir les remèdes à employer ultérieurement agir avec moins de force. D'où il suit qu'il vaut encore mieux s'abstenir de cette application ; c'est ce qui se comprend avec un peu de jugement. Le bain est toujours d'une bonne pratique ; il est sans inconvénient. Supposons encore que le traitement homœopathique n'ait pas tout le succès qu'on s'est promis, et que la maladie soit arrivée au dernier degré de gravité, que le malade commence à se refroidir, qu'il pâlit, respire avec une grande difficulté, et laisse lomber continuellement la tête en arrière, on peut encore essayer, avec quelque espoir de réussir, la vapeur du sulfure de potasse, et cela encore sans le moindre inconvénient. Si l'on adopte ce remède, il faut laisser les autres de côté, et ne pas passer indifféremment de l'un à l'autre.
Donnez hep. sulph. pour ce qui peut rester d'enrouement, à moins qu'on n'en ait déjà fait usage : alors donnez bell. ; et si cela ne réussit pas, carb. veg. ; et si cela ne] suffit pas encore, arw. — Contre les souffrances consécutives, choisissez un remède approprié. Tenez les enfants en garde contre
les refroidissements; et si la toux creuse se reproduit, répétez hep. sulph. tous les quinze jours, ou plus tard.
Congestion ù la poitrine. Dans cette affection , la poitrine paraît être comme trop pleine, il y a palpitation de cœur, anxiété, difficulté de respirer; la respiration est courte, haletante et oppressée : donnez alors niix. vom. le soir. — Mais si la difficulté de respirer offre plus de difficulté, et qu'elle soit accompagnée d'une toux courte, sèche et continuelle qui trouhle le sommeil ; s'il y a en même temps une grande chaleur et beaucoup de soif, et que le cas vous paraisse dangereux, donnez un lavement d'eau chaude, ensuite acon. Si après une heure il n'y a pas d'amélioration, ou si l'accès revient de nouveau, donnez belL une fois. Quant à J'iiidication d'autres médicaments, voyez ce qui a été dit à
l'article Congestion de sang à la tète. — Si les causes sont
identiques, les mêmes remèdes devront être mis en usage. Souvent on emploie avec succès, soit une forte succion à la nuque, soit une ventouse sèche.
Les individus sujets à ce genre de souffrance doivent s'abstenir de manger vite, et de boire des boissons spiritueuses et même de la bière forte; ils boiront beaucoup d'eau froide, et se laveront les bras et la poitrine tous les jours avec de l'eau froide, et se lèveront de bonne heure.
Crachement de sang on héniorrhagic des poumons.
Lorsqu'en toussant on crache un peu de sang, cela ne constitue pas, dans la plupart des cas, un état dangereux, comme on le croit généralement. Souvent le sang vient du nez, ou de quelque dent gâtée, ou de la gorge. S'il provient réellement de la poitrine, il est presque toujours accompagné d'une sensation comme s'il sortait d'une grande profondeur ; il est chaud , et a on goût douceâire; on ressent même celte douceur quelque temps avant, ou bien on éprouve de la douleur
et un peu de brûlement. — Dans ces cas, on doit éviter tout ce qui provoque la toux, comme de parler haut et longtemps, d'appeler quelqu'un, de crier, de chanter ou de jouer des instruments à vent; on ne fatiguera pas trop les bras par des mouvements violents ;.on se retiendra de courir, de monter, surtout les escaliers, qu'on grimpe quelquefois vile et deux par deux. Cet accident peut provenir aussi de l'inspiration de choses fortes qui tombent en poussière ou s'évaporent, comme la chaux, le plâtre, les débris de laine, le tabac, l'acide sulfurique, l'acide hydrochlorique, etc.
Si le crachement de sang est peu de chose, mais qu'il soit accompagné d'une toux de nature à réclamer l'emploi d'un remède analogue à ses symptômes, qu'on en choisisse un qui soit approprié à cette toux avec crachement de sang : tels sont , comme on a pu le voir, bell., marc. viv.t carb. veg., /mis., bry. , chiii., arn. , dulc. , staph., silic. et lach. Mais lorsque le mal est déjà grave, et que le sang sort avec abondance, ou qu'il débute par une hémorrhagie violente, cela constitue un véritable danger; cependant cette gravité n'arrive pas d'emblée, et le malade aurait tort de s'en alarmer , ses craintes ne feraient qu'empirer son état. Il est rare aussi qu'il agisse comme crise salutaire : c'est une croyance qui a ses dangers; il ne faut pas s'endormir dans une fausse sécurité. En effet, lorsqu'il y a eu plusieurs récidives, ou que cette hémorrhagie est la suite de maladies antécédentes, il est à craindre alors que la mort n'ait lieu, suriout quand le sang vient en grande abondance et d'une couleur noirâtre. Dans les cas les plus ordinaires, l 'hémorrhagie cesse spontanément; le principal est de faire toujours un traitement consécutif, car le mal peut devenir très dangereux d'un moment à l'autre, soit que l'hémorrhagie se reproduise, soit qu'il se forme dans les poumons une maladie incurable.
On se tiendra donc sur ses gardes, et l'on ne se laissera pas aller à la manie des saignées après un crachement de sang. Celte méthode est généralement mauvaise, car elle augmente toujours et sans exception le danger qu'on veut prévenir. On peut cependant, dans le cas extrême indiqué plus haut, pratiquer une saignée, puisqu'il n'y a rien à risquer, surtout quand il n'y a pas de médecin à portée.
Ceux qui ont eu plusieurs crachements de sang, et qui ont éprouvé du soulagement après chaque saignée, voient leur état s'aggraver infailliblement ; dans ce cas, chaque saignée a donné, en effet, plus de prise au principe du mal, soit en facilitant les récidives, qui reviennent alors avec plus d'intensité, soit en diminuant la force de la constitution, qui ne permet plus aux autres remèdes d'agir efficacement. Dans cette circonstance, il est urgent de se mettre dans les mains d'un médecin homœopalhe. pour suivre un traitement long et régulier : il en est encore temps peut-être.
La saignée est surtout dangereuse pour celui qui est sujet aux hémorrhoïdes, parce qu'alors le sang peut prendre un cours opposé. Le cas est le même chez la femme qui a encore ses menstrues. Dans ces deux circonstances, il n'y a rien à craindre : cet état se dissipe de lui-même avec la plus grande facilité; quant aux suites fâcheuses, elles seront prévenues par un traitement convenable.
La saignée est encore un mauvais moyen et un moyen contraire, lorsque le crachement de sang est la suite d'une chute grave, d'un coup violent reçu sur la poitrine, d'une lutte ou de coups, etc. Dans la plupart de ces cas, la saignée est pire que le mal lui-même, et c'est un grand malheur que de croire qu'il n'y a rien de mieux à faire. — Dans ce cas, donnez arn. et prescrivez la diète; si quelques jours après il survient de la fièvre ou une douleur dans la poitrine, donnez
acon. ; et si l'état s'aggrave, donnez alternativement ces deux remèdes.
La première chose à faire en présence d'une hemorrhagie violente, c'est d'eniourer fortement le bras gauche d'un mouchoir dans sa parlie supérieure, et de faire la même ligature autour de la cuisse droite. Si cela ne suffit pas pour arrêter le sang, on en fera autant aux deux autres membres. Dès que l'hémorrhagie a cessé, il faut avoir la précaution de ne sortir les ligatures que l'une après l'autre. Durant cette opération, le malade se tiendra tranquille dans son lit, ou étendu, ou à moitié assis, la tête et le tronc soutenus par des coussins. Bien que rhémorrhfegie ait cessé, il sera prudent de l'obliger à rester longtemps tranquille, et toujours à l'air frais ; de dix jours, il ne boira rien de chaud et encore moins de boissons fortes, mais seulement une tisane rafraîchissante et tempérante, telle que l'eau d'orge ou de riz. On devra écarter de lui toutes les émotions morales fortes. Qu'il dorme quelquefois pendant le jour, et qu'il choisisse l'heure qui précède son repas.
Si les ligatures n'ont pas suffi pour faire cesser l'hémorrhagie, ou que le malade n'ait pas eu la patience de les supporter, on procédera à l'application de quelques ventouses sèches à la base de la poitrine, sur les côtes et au creux de l'estomac. On peut suppléer à la ventouse réelle en prenant un verre dans lequel on brûlera ou du coton ou du papier qu'on appliquera immédiatement sur la partie. — Plus la ventouse lient, et mieux cela vaut : cela prouve que le sang a afflué plus promptement et avec plus d'abondance.
Enfin, ce qu'il convient de faire après cela, c'est d'appliquer sur le bas-ventre des compresses d'eau froide. Cependant, si la toux venait à s'aggraver, on devra cesser toute application froide, de même que les boissons froides ; elles
nuiraient plutôt qu'elles ne pourraient soulager. On donne aussi, dans ces circonstances, un peu de sel de cuisine en poudre, qui ne laisse pas de soulager; mais si la toux persistait, il est bien entendu qu'on n'insisterait pas.
Lorsque la toux continue* et qu'elle provoque des crachats sanguinolents, donnez alors du blanc d'œuf et du sucre, une cuillerée à café; ou bien une goutte d'acide sulfurique étendue dans un verre d'eau pour gargarisme ; on en prendra aussi une cuillerée a thé toutes les dix minutes. Le sulfate de fer est également bon en pareil cas, et dissous dans l'eau comme l'acide sulfurique.
Si cela ne suffît pas, il faudra passer tout de suite aux remèdes appropriés; ils guérissent plus promptement, et peuvent , jusqu'à un certain point , prévenir les récidives.
Dans les cas les plus graves, on donne tout d'abord la préférence, ou a acon., ipec, arn., chin. , ou a op.
Si à la suite de petites quintes de toux l'hémorrhagie se déclare, si le malade a déjà senti un bouillonnement de sang dans la poitrine, ou qu'elle lui semble trop pleine, avec sensation de brûlemcnt, battement de cœur, anxiété, inquiétude, et que ces divers symptômes empirent étant couché, qu'il soit pâle et agité, si le sang vient de temps en temps, et toujours beaucoup à la fois, donnez un globule à'acon. , et attendez le résultat quelques heures; s'il y a apparence de récidive, répétez acon. ; si avec un arrière-goût de sang il reste une petite toux avec crachats striés de sang, nausées, faiblesses, donnez ipec. Si acon. n'a pas suffi, qu'il y ail aggravation, palpitation de cœur et qu'il y ait anxiété, que le sommeil soit empêché cl qu'on ne puisse rester au lit, avec chaleur sèche et brûlante, donnez alors ars. : il faut l'administrer avant la nuit, mais en olfaction, et lui laisser le temps d'agir. Si cet étal s'aggrave encore, on emploiera utilement
i/jec.t ou nujc. vom. (qui s'appliquent aussi à d'autres symptômes), ou suif.
Par l'emploi de ces divers moyens, la maladie peut être arrêtée dans son cours, et même cesser.
Si le sang ne vient pas par l'effet d'une petite toux courte et sèche , mais bien à la suite d'une toux violente , d'abord sèche et puis rauque et douloureuse , avec un goût de sang; si le malade éprouve des frissons , avec des bouffées de chaleur ; s'il est très faible, qu'il veuille rester couché ; s'il a une transpiration de quelques instants ; s'il éprouve des tremblements, que sa vue s'obscurcisse, ou que ses idées deviennent confuses , ou qu'il ait perdu assez de sang pour tomber en défaillance ; s'il est froid et pâle , et s'il se déclare des mouvements convulsifs dans les bras et le visage, donnez, dans ce cas, chin., et attendez le résultat, quand bien même il y aurait aggravation ; plus tard, donnez far., s'il y a lieu , ou urn. , et quelquefois aps.
Si le sang arrive presque naturellement, sans effort de vomissement et en petite quantité, s'il est entièrement pur et vermeil; si le malade ressent des douleurs entre les épaules, s'il a des accès d'asthme, principalement la nuit; s'il ne peut rester assis, s'il se trouve mieux en se promenant tout doucement, mais avec le besoin de se coucher de temps en temps ; s'il est très faible, surtout après avoir parlé, et que le moindre mouvement le force à tousser, alors donnez ferr. acei. , principalement aux personnes maigres, qui ont la figure jaune et qui ne peuvent dormir la nuit.
Lorsque le sang sort caillé, coagulé, noirâtre, et qu'il vient sans difficulté avec des symptômes d'asthme , et des élancements dans la poitrine, avec broiement, contraction , palpitation de cœur, chaleur forte dans tout le corps, donnez arn. , quand il y aurait eu faiblesse jusqu'à la syncope.
Si le sang sort par un effort de vomissement et de la toux , s'il est clair et rutilant, écumeux et plein de grumeaux de sang caillé et de mucosités épaisses , s'accompagnant parfois d'un chatouillement au-dessous de l'os de la poitrine , et si l'on ressent des élancements dans la tête pendant Ja toux , que les côtés semblent meurtris, donnez, dans ce cas, am.
Si l'hémoptysie dure déjà depuis quelque temps , si le sang est noir et coagulé ; si le malade est anxieux la nuit ; s'il se sent froid , se plaint de faiblesse , de douleurs à la base de la poitrine; s'il a l'estomac alangui, s'il est craintif, triste et nonchalant, donnez puis. , et quelquefois aussi , selon les circonstances , sec. corn. — Mais dans le cas où le sang serait plus rouge , ou si l'esprit était plus agité , irrité, inquiet, et s'il y avait aggravation à la suite de contrariétés , ou avec fourmillement dans la poitrine, donnez rhus toxic. ; lorsque ce symptôme se trouve chez des personnes passiounées, qu'il est pire le matin et nul la nuit, si la toux fatigue, violente la tête, donnez nux vom.
Lorsque le crachement de sang reconnaît pour cause probable la suppression d ' hémorrlioïdes , un refroidissement , une contrariété ou toute autre cause, donnez le soir nux vom., et s'il n'est pas amélioré le lendemain avant midi , donnez suif, ou tel autre remède qui répondra le mieux aux symptômes. S'il dépend de la suppression des menstrues, donnez puis., et plus lard cocc, ou un autre remède propre à favoriser les règles.
Op. est convenable lorsque le sang rendu par le crachement est épais et écumeux , qu'il est mêlé à des phlegmes , particulièrement chez les personnes adonnées à la Boisson , ou lorsque la toux s'aggrave pendaut la déglutition, s'accompagne d'asthme, avec agitation et brùlement à la région précordiale, et tremblement des bras, quelquefois avec faiblesse
extrême de la voix ; s'il y a assoupissement , tressaillement subit , refroidissement des extrémités surtout, ou chaleur, principalement de la poitrine , ainsi que chaleur du corps , mais sans transpiration. On peut le répéter après quelque lemps, ou même plus lot s'il le faut.
Hyosc. convient si le crachement a lieu avec une toux sèche, principalement la nuit, et qui oblige le malade à sortir du lit ; lorsqu'il s'éveille en sursaut et avec effroi , etc. Il convient aussi chez ceux qui sont accoutumés aux boissons spiritueuses, lorsque op. et nux vom. n'ont pas suffi; et plus lard ars. , lorsque ceux-ci n'ont pas apporté de soulagement.
BelL% lorsque par suite d'un chatouillement au gosier on est provoqué à tousser, d'où il résulte une aggravation de souffrance et une sensation pénible , comme si la poitrine élait trop chargée de sang , avec douleurs lancinantes qui s'augmentent par le mouvement.
Dulc.i si le malade souffre davantage étant couché, et s'il éprouve le même état que dans le bell., principalement si le sang est d'un rouge clair , lorsque ce crachement provient d'un refroidissement, et d'une petite toux qui dure déjà depuis longtemps.
Carb. veg. , lorsqu'il y a dans la poitrine une sensation de brûlement violent, même après la cessation de l'hémorrhagie, surtout chez les individus qui souffrent du changement de temps et qui ont abusé du mercure. A l'égard de la faiblesse consécutive, qu'on ne se presse pas de donner des remèdes; un bon régime est la meilleure chose : qu'on mange souvent et peu à la fois; peu de viande , beaucoup de lait , des œufs frais , des aliments féculents et farineux , et un exercice modéré pendant le beau temps. Si, malgré cela, le malade resté faible et très sensible, donnez chin. et coff. alterné avec chin. ,
si à la faiblesse se joint une certaine vivacité ; ou ign. , si Ton a un sujet de chagrin ou d'inquiétude.
Palpitation* <ic cœur. Les causes indiquent souvent les remèdes ; les violentes émotions et les boissons spiritueuses les produisent en général. Le meilleur remède pour y obvier, c'est, principalement pour les jeunes gens, déboire de l'eau froide et de manger peu avant de se coucher. Qu'on recommande à ceux qui ont des palpitations de cœur de se coucher sur le côté droit et la tète élevée.
Si elles sont causées par des contrariétés, donnez chamom.; parla peur, verat. alb. ; parla joie, coff. ; par une frayeur subite, op. ou coff. ; par une grande émotion et anxiété , donnez, en olfaction, soit op. , soit une amande ambre écrasée sous les doigts.
Les palpitations chez les femmes enceintes, accompagnées de la faiblesse des nerfs , de spasme , de défaillance , se calment par quelques gouttes de vin d'Espagne ou d'eau-devie prises de temps en temps. — Pendant l'accès, il est préférable de donner une cuillerée d'eau chaude , surtout si la peau est très sèche; et chez les femmes pales , donnez du vinaigre à sentir. En général , ceux qui sont sujets aux palpitations devront s'abstenir de thé et de café.
Dans les tempéraments pléthoriques, donnez acon. , et plus tard nux vom. ou bell. ; chez les personnes nerveuses , ign.; s'il y a aggravation étant couché sur le côté, puis.
C/tin. convient toujours aux personnes qui ont été fréquemment affaiblies par des pertes d'humeurs et par des saignées.
Bell. , lorsqu'aux palpitations de cœur se joint un bruissement ou tintement dans la tète ; quand la poitrine semble pleine, ou qu'il y a comme une sensation gênante et
'MALADIES DE LA l'OITlUNE. 281
battante, surtout chez les femmes après les couches, ou que le lait est tari , ou après une blessure ; et dans le dernier cas, donnez chin. quelque temps après,
Suif, conviendra dans la même circonstance, lorsque bell. n'a pas suffi ; mais particulièrement lorsque les palpitations de cœur sont dues à une éruption rentrée, ou après la cicatrisation brusque d'un ulcère; de même aussi, lorsqu'elles s'augmentent en montant les escaliers ou une côte.
Ars. se donne quelquefois après suif , lorsque celui-ci ne suffit pas, et surtout lorsque la cause se trouve dans la rétrocession d'un ulcère ou d'une éruption. Il convient pareillement, lorsque le battement de cœur vient surtout la nuit , accompagné d'une grande anxiété , ou qu'il a par lui-même une certaine gravité , avec chaleur brûlante de la poitrine , difficulté de respirer, et s'aggrave étant couché cl s'améliore par le mouvement.
Verat. alb. convient dans des cas analogues , lorsqu'il y a anxiété et difficulté de respirer , particulièrement lorsqu'on est mieux couché, et pire étant levé et par le mouvement.
Dans les palpitations chroniques , où les remèdes cidessus indiqués n'agissent que temporairement , appelez un médecin et soumettez-vous à ses soins pendant longtemps, si vous ne voulez pas vous exposer à contracter une maladie do cœur incurable.
Courte haleine . asthme , spasme de la poitrine et autres difficultés de respirer. Il importe d'abord de rechercher les causes de ces souffrances. La plupart du temps , elles dépendent de causes que l'on regarde comme innocentes , telles que de l'infusion de camomille , l'usage de l'ipécacuanha, ou de l'aspiration de vapeurs sulfureuses, eu*.
Il est bon, dans ce cas, de faire flairer le camphre ou l'esprit de nilre dulcifîé, ou de prendre quelquefois un peu de café noir; si cela vient d'un effet du soufre, donnez puis.
Dans les accès subits, on peut trouver quelquefois du soulagement en trempant les mains dans l'eau chaude , ou en appliquant des ventouses sèches à la base de la poitrine ou au creux de l'estomac, comme il a été dit plus haut à l'article hémorrhagic. On fera utilement aussi de recourir auxligaT tures des extrémités , ainsi qu'on l'a recommandé dans le même article.
Lorsque l'accès arrive après avoir mangé, ou particulièreT ment après le dîner; lorsque le malade manque d'air, qu'il tend le cou comme s'il allait être suffoqué; s'il sent de la sécheresse dans la gorge et qu'il lui semble qu'elle est trop étroite ( pourvu toutefois qu'il n'y ait pas trop d'anxiété), donnez un peu de gingembre à mâcher avec du sucre.
Si c'est la suite d'un refroidissement, et qu'il en soit résulté une toux persistante, donnez par cuillerée à café d'une légère infusion d'anis, principalement le spir.
Ceux qui sont sujets à ce genre de souffrance doivent prendre pour habitude de boire chaud et de se faire frictionner le corps, comme aussi de fumer tous les matins.
Cependant il ne faudra pas négliger les remèdes suivants, que l'on choisira avec discernement, et que l'on donnera toujours à flairer légèrement, en tenant le bouchon sous le nez pendant l'aspiration.
Si la poitrine est comme serrée , la respiration haletante , avec bruit de râle dans la trachée -artère, comme par la présence de mucosités qui montent et descendent, ou s'il semble au malade qu'il respire un air pulvérulent qui lui ôte la respiration ; s'il se porte avec anxiété au-devant de l'air et craint de suffoquer; si son visage es: pâle, ses extrémités froides,
donnez, dans ce cas , ipec. en dilution. Au besoin, on le répète quelquefois deux ou irois heures après ; après quoi , ars. convient généralement, ainsi que bry. ou niixvom.
Dans les accès les plus violents , lorsqu'ils sont dus à un catarrhe supprimé, et qu'en outre on a la poitrine délicate ; lorsqu'il y a aggravation vers minuit, que la respiration devient de plus en plus difficile , qu'il y a un bruit de râle dans la poitrine, accompagné de gémissements , de soupirs , de mouvements désordonnés et involontaires du corps, ou si l'accès se déclare pendant la marche , chez les vieillards surtout ; si l'on respire sans se sentir soulagé ; lorsqu'on se sent le cœur comprimé, que cette sensation va et vient ; et qu'au moindre mouvement il se déclare de l'aggravation , principalement en montant au lit, donnez ars. alb. o. ; après, s'il y a aggravation , ipec. O. — Quelquefois, si le lendemain il n'y a encore aucune amélioration, donnez nux vom.
Après ipec. on peut administrer bry., quand il y a aggravation par le mouvement, principalement à la suite d'éruptions rentrées, on que celles-ci ne veuillent pas sortir; lorsque le malade soupire souvent, que les accès viennent la nuit, accompagnés de maux de ventre comme pour aller à la selle.
BelL convient lorsque l'état s'aggrave par le mouvement, et que cependant on ne peut rester tranquille ; que le mal se présente toujours par accès , accompagné d'une respiration tantôt courte, tantôt longue, ou courte jet précipitée , suivie de toux sèche, et que la poitrine est comme trop pleine.
Arn.% lorsque le mal s'aggrave non seulement par le mouvement, mais aussi par la parole et en se mouchant; si la respiration est haletante, avec des douleurs lancinantes dans la poitrine.
Ckin.t lorsque la respiration est sibilante et bruyante , ou
qu'il y a menace de suffocation par les glaires ; lorsque le mal se déclare pendant le sommeil et qu'il tient éveillé ; lorsqu'on ne peut respirer que la tête très élevée ; si le malade transpire facilement et se refroidit de même.
Coff. est bon pour les personnes d'une excessive sensibilité, qui sont sujettes à ces accès après une grande excitation intellectuelle ; lorsque l'inspiration ne se fait qu'avec peine et par des prises d'air saccadées, suivies d'anxiété, d'inquiétude, chaleur et moiteur. Si cela ne suffit pas, donnez acon. , ou alternez ces deux remèdes. Il convient de donner plus tard puis, chez les personnes timides et larmoyantes , ou nux vom. chez les personnes vives et passionnées. Si le mal provient d'un chagrin concentré, ign. ; s'il vient d'un violent accès de colère et de querelle, chamom.
Chamom. convient lorsqu'ons'enrhume facilement, qu'on ne tousse pas pour le moment, mais qu'on ressent une pression très forte sur la poitrine ou sur le cœur, ou que la transpiration ne peut pas s'établir.
Puis, convient lorsqu'il y a vertige, faiblesse dans la tête, somnolence , palpitation de cœur, chaleur dans la poitrine , ou lorsque la respiration ne se fait que par la partie supérieure.
Verat. alb. convient très souvent après ipec, ars., ckin.t am. ; particulièrement lorsque le malade est comme suffoqué ; qu'il y a aggravation étant assis ou se mettant en mouvement ; s'il y a des douleurs de côté, et toux creuse tout ensemble , suite d'une moiteur froide , ou que la figure et les membres deviennent froids, et particulièrement encore lorsqu'on éprouve quelque amélioration en restant tranquille.
Pleurésie, point de côté, inflammation de poitrine et
de« poumons. Selon l'ancien système, ces affections se guè-
MALADIES DE LA POITRINE. '2$f> ,
rissent constamment par la saignée. Aussi beaucoup de gens croient-ils qu'on ne peut s'en passer ici ; il en est mCinc qui vont jusqu'à dire que les malades qui ont été guéris sans la saignée n'avaient pas la poiirine enflammée. Si on îcs presse de trop près et qu'on leur présente des malades sur lesquels ils avaient reconnu eux-mêmes l'inflammation, et qui onlôlé guéris sans être saignés, ils soutiennent à outrance ou qu'il y a eu hémorrhagie des poumons, ou que l'inflammation réelle des poumons n'avait pas existé ; ils préfèrent encore convenir qu'ils se sont trompés dans leur diagnostic, que de renoncer à leur vieux préjugé. Mais ils ont beau crier sur les toits que la saignée est indispensable, on ne se laisse plus tant influencer par ces prétendues autorités médicales.
Celui qui comprend l'esprit de l'homœopathie peut toujours se dispenser de recourir 5 la saignée, et guérir néanmoins toute inflammation des poumons, à moins que le mal ne soit déjà trop avancé, que le cœur ou les poumons ne soient altérés profondément. Arrivé à ce point, il n'y a pas de guérison possible.
Dans la plupart des cas, l'inflammation simple et ordinaire se guérit même très vile et très facilement.
Il importe avant tout de bien s'assurer du caractère de la maladie, d'abord à cause du danger qui la suit, et puis pour ne pas la confondre avec l'asthme, la courte haleine ou d'autres souffrances analogues, comme aussi pour bien distinguer les cas où la saignée est non seulement inutile, mais encore nuisible.
Les principaux symptômes sont : respiration difficile, haleine brûlante, comme celle qui s'exhale de la poitrine de celui qui s'est livré à un travail pénible pendant une grande chaleur. Dans l'asthme, la respiration n'est pas plus chaude qu'à l'ordinaire. Dans rinflammatiou des poumons, il y a
toujours de la loux, le plus souvent sans expectoration, ou seulement avec quelques crachats, qui sont quelquefois mêlés d'un sang pur, écumeux ou brunâtre. — Les douleurs de poitrine varient comme les différentes espèces de la maladie.
Qu'on ne prenne pas toujours les élancements violents qui se manifestent en respirant pour le point de côté. Lorsqu'il n'y a pas de toux, ou qu'elle est insignifiante, et que le mal n'a pas commencé par des frissons, on n'a pas affaire à une pleurésie réelle. La fausse pleurésie commence généralement par des douleurs rhumatismales, qui se font sentir au cou, à la nuque et aux épaules. Elle se caractérise surtout par le déplacement facile et fréquent des douleurs de poitrine, par la grande sensibilité que provoque le moindre attouchement, particulièrement lorsqu'on pose avec force les doigts entre les côtes. Si le malade éprouve une vive douleur sous l'impression des doigts appliqués sur les côtes, vous pouvez être assuré qu'il n'y a pas là de véritable inflammation ; il n'est pas de docteur prudent de la vieille école qui , dans ce cas, ait jamais eu recours à la saignée. Arn. suffit presque toujours ici ; sinon, donnez bry., ou nux vom. (Voyez
l'article Rhumatisme.)
Quelquefois les douleurs se font sentir à la partie la plus inférieure de la poitrine; le malade, alors, respire difficile^ ment : dans ce cas, il inspire mieux qu'il n'expire ; c'est le contraire dans la pleurésie vraie. Examinez l'abdomen des deux côtés; si, à la hauteur des fausses côtes, on provoque de la douleur par la pression, et principalement sur un des côtés, qu'on se garde bien alors de saigner. Puis, ou arn. trouvent ici leur utilité, ou tels autres remèdes contre le rhumatisme. Lorsqu'un individu est atteint de douleurs rhumatismales, et que la poitrine se prend subitement, comme si
un poids pesait dessus, s'accompagnant d'une grande anxiété ; si le cœur bat avec violence et vitesse; si la respiration devient de plus en plus difficile, la toux presque impossible, et que les membres, d'où les douleurs ont disparu, deviennent froids, la mort, dans ce cas, est imminente. Si Ton a recours alors à la saignée, la mort n'en est que plus certaine. Beaucoup de malades, réduits à celte extrémité, ont été guéris par l'olfaction d'acon. On le répétera aussi souvent qu'il sera utile; et s'il ne suffit plus, donnez alternativement /?&/#. et sulp/i.
Vraie pleurésie. Elle commence par des frissons, la fièvre, et par une toux particulière; la respiration est chaude, le pouls dur, c'est-à-dire qu'il bat avec plus de force que dans l'état normal, et ne se laisse pas facilement déprimer. La respiration est empêchée par une douleur lancinante qui répond le plus souvent à un point dxe placé au-dessous des côtes d'un seul côté, et sur lequel le malade reste couché de préférence. La toux est très douloureuse et violente, les crachats sont quelquefois striés de sang, la figure est pâle ; le malade ne peut parler sans douleur. Vers le matin, il y a de l'amélioration^ la peau devient moite ; et lorsque l'expectoration s'établit, le malade se trouve mieux.
Cette maladie n'est pas très dangereuse et peut se guérir facilement ; la saignée y est complètement inutile. Donnez d'abord acon. ; et si quelques heures après il y a aggravation, ou qu'aco/2. n'ait rien produit de bon, donnez-en une nouvelle dose; et si l'amélioration ne se prononce pas, donnez bry. , que vous administrerez deux fois. Si après cela il reste encore quelques souffrances qui ne suffisent pas pour empêcher le malade de sortir, donnez-lui sulph.
Pneumonie ou inflammation vraie des poumons.
Elle est beaucoup plus grave. Elle commence aussi par des
frissons; la fièvre ne discontinue pas, la peau reste chaude cl sèche ; le pouls, d'abord mou, donne cinq pulsations par chaque respiration, et ce n'est que plus tard qu'il devient dur; l'air exhalé est également chaud. La respiration n'est pas aussi gênée par les douleurs lanciuantes dont il est parlé dans la pieurésic; elles sont ici plutôt pressives et occupent le centre de la poitrine; mais la respiration est plus accélérée; la toux n'est pas aussi fréquente, mais elle est plus fatigante et dure plus longtemps à chaque accès ; elle donne lieu aussi à des maux de tête. La figure est, dès le début, d'une couleur pourpre bleuâtre, et les joues sont rouges; le malade ne peut guère ise tenir sur le côté, mais bien sur le dos ; il reste tranquille et silencieux; souvent il est morose et indifférent à ce qui se passe autour de lui. L'un des gros vaisseaux sanguins situés au cou est presque toujours enflé et plus fort que celui du côté opposé; c'est principalement du côté gauche. Cette circonstance ne se présente pas dans- les autres maladies de ce genre. Fréquemment la toux commence par être très sèche, et plus tard l'expectoration devient un peu sanguinolente.
Dès qu'il se fait uue abondante expectoration de crachats épais, que la toux, quoique fréquente, allège la poitrine, et que la peau reste souple et moite, le danger doit être considéré comme passé ; mais il n'en faut pas moins tenir le malade au régime pendant deux ou trois semaines, et ne lui permettre de manger que peu et souvent.
Il arrive fréquemment que la maladie cède à acon. , suivi de deux ou trois prises de dry. ; si cela ne suffit pas, donnez r/tits toxic. , et puis , si cela ne suffit pas encore , sulph. ; et quelques heures après, s'il le faut, revenez à acon. Dans quelques cas, il faut employer bcll. , merc. viv. ou puis. ; quand le malade est dans un état de torpeur, op. lui est très
mile; dans les cas les plus dangereux, on trouvera convenables, ars. , acid. phosph., ou hyosc. Telles sont les indications qu'on a h donner ici relativement aux remèdes qu'il y aurait à prescrire. Voyez à cet égard l'article Fièvre et autres souffrances.
Une fois qu'on a remédié ït l'état inflammatoire des poumons , s'il reste une expectoration abondante de matière mucoso-purulente qui fasse perde ses forces au martade, et s'il y a en même temps des sueurs nocturnes, donnez lycop.: ce remède a souvent été utile dans ce cas.
Il est une autre espèce d'inflammation du j)Oumon particulièrement dangereuse : c'est celle pour laquelle on emploie ordinairement la saignée, qui la rend tout à fait incurable. Le malade éprouve tout de suite, après chaque émission sanguine, une amélioration sensible, mais elle ne dure pas longtemps, et chaque saignée amène de proche en proche un soulagement toujours plus court; il arrive un moment où le manque de sang détermine la mort, ou bien l'inflammation passe à l'état de suppuration. Dans ce cas, le malade dépérit et meurt comme dans la phthisie ; mais seulement cela ne dure pas longtemps : deux ou trois semaines suffisent.
L'inflammation dont nous parlons, et dans laquelle la saignée est si fatale, se reconnaît aux symptômes suivants : Pouls mou et accéléré; battements précipités et petits; absence de douleurs lancinantes; pression sur les côtes indolore, mais respiration profonde donnant lieu à des points de côté; sentiment de tristesse et sensation d'un poids sur les poumons ; la respiration est très accélérée ; la toux ne tarde pas à se déclarer; elle est très fréquente et courte, et dès les premiers jours un crachement de sang a lieu et augmente sans cesse; la voix est faible et courte, et devient insensiblement sibilante; la parole provoque immédiatement une violente
loux. Malgré cet étal, le malade n'est pas aussi taciturne, ni 8a tôle aussi prise que dans la forme de la précédente maladie; le malin, la fièvre cesse un peu; la peau resic humide, mais c'est sans soulagement.
Lorsqu'il s'établit une expectoration épaisse, la respiration commence à se ralentir, devient normale, la fièvre cesse peu à peu , et le malade ne tarde pas à entrer en convalescence.
Au début de celte maladie, donnez acon.% qui remplace la saignée ; et si l'état s'empire, merc. viv. qu'on répétera au besoin; si les poumons conservent une sorte de constriclion avec loux sèche, donnez bell. En présence d'une grande faiblesse, quand le pouls devient très petit, à peine sensible, la peau froide, que l'haleine n'est plus chaude, que de temps en temps il y a des vomissements glaireux d'un rouge brun, donnez carb. veg. S'il reste une respiration fortement sifflante, donnez chamom., après laquelle convient quelquefois nux vom. S'il n'y a pas d'amélioration après merc. viv., si la respiration reste anxieuse et accélérée, donnez ipec. et répétez-le quelquefois; s'il y a toujours de la conslriclion et de l'anxiété, et que les extrémités deviennent froides, donnez vwat. alb.t qu'on répétera bientôt après. Lorsque le malade devient graduellement faible, et qu'il fait de vains efforts pour prendre haleine, donnez-lui ars. Si, dès que l'inflammation a cédé, il s'établit une expectoration purulente, et que sur le moment on n'ait pas de médecin homœopathe, donnez merc. viv.; ensuite hep. sulph.; ensuite chin. , puis dulc»; quelquefois aussi puis. ; avec une grande fièvre, ocon.% et cela jusqu'à l'arrivée du médecin, dont la présence est nécessaire et ne doit pas èlre différée.
Il est une autre espèce à' inflammation des poumons dont la marche est lente et maligne, et dans laquelle toute
émission sanguine ne peut être que funeste. Tant qu'où n'a pas tiré de sang, il reste toujours de l'espoir; après, il n'y en a plus.
Celle inflammation se caractérise par une invasion lente, tandis que, dans les autres, elle est subite et violente; k malade se sent indisposé pendant quelques jours, mais sans trop savoir définir ce qu'il a; l'appétit est nul, le sommeil mauvais, et la lête douloureuse; après il lui survient des frissons qui ne tardent pas à être suivis d'un grand poids sur la poitrine et d'une respiration courte. Plus tard, il se déclare une expectoration muqueuse, rarement mêlée de sang ; en même temps, il éclate une forte fièvre dont le malade ne se plaint pas, et qui le laisse généralement assez tranquille. Cependant on juge de la gravité du mal à ses yeux, qui deviennent ternes et ne distinguent plus rien, à la sueur gluante qui lui couvre le front, à sa figure blafarde* a son nez effile et à sa langue noire et sèche. Il murmure et parle constamment, comme dans un mauvais sommeil; néanmoins il répond directement lorsqu'on lui adresse nettement la parole ; ses urines s'échappent involontairement, et, plus tard, ses selles aussi; la respiration devient toujours plus courte, plus inégale et râlante; le pouls, petit et précipité, prend de l'irrégularité ; la pâleur et la défaillance augmentent, il y a râle, et la langue est toujours sèche et noire. Le malade ne cesse pas de dire qu'il n'est pas mal, mais il se plaint de choses imaginaires ; il lui semble, par exemple, qu'on scie du bois, sensation qu'il prend dans son râlement; ou bien, il lui paraît qu'il est plongé dans l'obscurité, alors qu'il est au grand jour.
Si une douce transpiration s'établit sur toute la surface du corps , ou qu'il se trouve dans l'urine de petits grains brillants, alors le danger doit être considéré comme passe; mais
si, dans le courant de la maladie, on a eu recours une seule fois à la saignée, le malade est perdu.
Se voit-on , dans cette grave circonstance , privé de tout secours médical, on peut essayer avec espoir de soulagement une dose à! op. , répétée au besoin ; qu'on donne ensuite arn.; s'il ne se déclare pas d'amélioration, on l'obtiendra peut-être par vcrat. alb., administré une ou deux fois. La débilité et le râle continuant malgré cela > donnez «rs. alb.; ipec. convient fréquemment, suivi de nouveau ù'ars. Dans le cas où verat. et ars. ont déterminé un moment d'amélioration, donnez-les alternativement. Si l'amélioration obtenue n'est que temporaire, et qu'elle soit suivie après d'aggravations, donnez sulph., qui sera accompagné de l'un des remèdcjp qui s'est déjà montré le plus utile. Si le malade s'entame la peau par suite de la nécessité de rester couché, ou qu'il ait toute autre plaie qui passe à l'état de gangrène, comme cela peut arriver, donnez cAm.,et puis ars. qu'il faudra alterner avec c/tin. S'il y a cécité, comme il a été indiqué plus haut, donnez bell. Si, malgré tout cela, les forces diminuent graduellement, donnez natr. muriat., en dilution, à chaque aggravation et par gouttes ; cela peut quelquefois changer favorablement l'état du malade.
Dans tous les cas, ces diverses indications peuvent soulager avec plus de chance de succès que ne ferait toute autre pratique de l'ancienne médecine, avec laquelle il est rare d'arriver à quelque chose de bon.
Contusion on ébranlement violent de la poitrine. On
a pu voir, dans la première partie de cet ouvrage, qu'arn. est le remède préféré, et qu'il l'emporte sur la saignée. Dans le cas d'hémorrhagie, on a indiqué les circonstances dans lesquelles il doit être alterné avec acon. ; et lorsque la fièvre, après s'être déclarée , continue , et qu'il y a aggravation le
soir, accompagnée d'une douleur d'ulcération dans la poitrine, donnez puis.; si la toux persiste avec une expectoration jaune et épaisse, donnez merc. viv.; s'il y a expectoration douceâtre avec symptômes d'asthme , nux. vom. ; s'il reste d'autres souffrances, telles que toux courte et sèche, respiration oppressée , teint pâle, manque d'appétit et perle de sommeil, donnez ckin.