CHAPITRE V
DES SUITES DES BOISSONS SPIRITUEUSES , DU TABAC, DES ÉPICES ET DES ACIDES.
Ivr^ffBcvIe. Cet état honteux i qui devient ions les jours de plus en pMis rare en France, mais qui est encore trop fréquent, réclame quelques moyens qui le combattent utilement et que nous allons faire eomiattre. Chacun sait qu'à quelque degré que soit Tivrease» le mieit% est delà laisser sedtsaper par le sommeil. Mais il arrive souvent qu'il est nécessaire que l'homme ivre rept enm; promptement ses sens, ou du moins assez pour qu'on puisse le déplacer.
Le remède principal pour ocla est l'eau froide* — Ainsi, si un ivrogne est couché sur la voie publique , arrosez-le avec de l'eau aussi froide qu'elle puisse ôtre; si cela ne suffit pas^ alors faites tomber sur lui, en douche, de l'eau d'une certaine hauteur, afin qu'elle puisse le heurter violemment.
Si un individu est ivre au point d'avoir àss nansécs et des vomissements, donnez-loi du café noir, très chaud, autant qu'il pourra en boire.
Quand l'ivresse n'est pas à un si haut degré , il suffit souvent, pour la dissiper, d'appliquer des linges trempés dans de l'eau fraicbe sur le ventre et sur les parties voisines.
Si elle est produite par de la bière, administrez du thé veit au lait ; par le vin , donnez des amandes amères à manger (excepté aux enfants) ; par de l'eau^c-vie , employez l'eau salée, et si cola ne suffit pas, mettez dans la bouche de l'ail broyé.
ABUS DBS BOISSONS SPlRItUElTSES , DC TABAC , BTC. 61
Swun homme en état d'ivresse a \e visage pourpre, les yeux fixes et hagards ; s'il lîe peut revenir à la raison et que Tean froide ne produise qu'un soulagement momentané ; s*il y a tremblement et contraction du visage et de la bouche, ou une crampe (trismus) telle qu'il lui soit impossible d'ouvrir la bouche, c'est le cas d'employer des affusions d'eau froide sur la tête et des serviettes mouillées; on donnera en même temps tous les quarts d'heure op., jusqu'à ce qu'il se trouve mieox; si l'ou aperçoit que op. a cessé d'agir favorablement, que ToQ administre , selon les circonstances, acon. ou ielL
Quant aux enfants enivrés par des personnes imprudentes ou coupables, ou qui auraient bu de l'eati-devie par mégarde, qu'(Hi leur lavo la tête elles {parties inférieures du tronc avec de Teau froide, et qu'on kur donne tocris les quarts d'heure une cuillerée à thé d'eau chaude dont on a versé un demi-litre sur une amande amère. S'ils ne tombent pas aussitôt dans un bon sommeil, donnc£*lcor mixvom. Sont-ils pris d'un sommeil comateux avec ronOcment , le visage est4l rouge et la tête chaude, donnez-leur op.; sont-ils trop surexcités, trop gais, ne pouvant s'endormir, donnez-leur coff. ; ont-ils une forte fièvre , donnez-leur acon,, et si cela ne les soulage pas en deux heures, donnez helL s.; s'ils ont des cranrpes, donnez d'abord op. C; si cela ne les soulage pas, nujpvom, o.? et si ce remède reste sans effet, ckamom.
Beaucoup de femmes en couches, soit par ignorance ou par un sot usage, ou mOnie conseillées par des sages-femmes Ignares, boivent des spiritueux pour se donner le sommeil et en procurer à leur enfant. C'est une habitude honteuse et abominable, qui les expose, ainsi que leur nourrisson, à un danger immédiat; et s'il n'arrive rien, cela peut prédisposer l'enfant à devenir plus tard un ivrogne. One l'on appliqua,
62 CAUSES LES PLUS FBÉQUKNTES DBS MALADIES.
dans ce cas, à la mère et à TenfaDt, Jes moyens indiquéy>Jus haut.
Outre les ivrognes d'habitude, il y a des hommes qui s*y laissent prendre une fois, mais qui en ressentent du moins de la honte ; nous conseillons à ceux-là de jeter quelques globule^ de nux vom, dans un verre d'eau, de les dissoudre complètement et de boire avant de se coucher. Le lendemaip, on emploiera les moyens indiqués contre les •niicMi de l'i-
£n descendant au fond de leur conscience, les ivrognes qui le sont devenus par dépit , par chagrin ou par inquiétude, doivent trouver combien est abominable et absurde le moyen qu'ils emploient pour se consoler. Nous leur conseillons de prendre aussitôt la résolution^de ne plus toucher à aucune liqueur forte» sous aucun prétexte, et de prendre l'obligation avec eux-mêmes de boire tous les jours de l'eau froide, jus* qu'à ce que leur estomac en soit complètement affaibli ; eu outre, de faire usage des remèdes indiqués contre les suites de l'excès des boissons, de même que de ceux qui détruisent les effets du chagrin et du dépit. Une fois redeveuus hommes, puissent-ils se tourner avec ardeur vers celui qui nous enseigne à supporter tous les chagrins , qui assure à chacun le repos de l'âme, pourvu qu'on le supplie avec persévérance et sincérité !
Il y a des ivrognes enchaînés, pour ainsi dire, à ce vice, par quelque disposition fatale de l'organisme , par une maladie, ou par une âcrelé particulière de l'estomac. Nous pouvons volontiers leur pardonner et les plaindre , mais ils ne doivent pas trouver d'excuse à leurs propres yeux; car, si l'un est poussé par sa maladie à la colère, un autre est porté à la paresse, comme un troisième à la dissolution; mais ce n'est une excuse ni pour les uns ni pour les autres , car, de cette