‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 5)Chapitre 25 sur 58 · C. — l>es poisons aloalîns · texte numérisé non relu

C. — l>es poisons aloalîns

Potasse, cendres gravelées, pierre caustique, lessive, set de tartre, soodo, ammoniaque, ammoniaque li([uide, corne de cerf, chaux catdnée et vite.

On les reconnaît à leur saveur alcaline, urineusc, brûlante, acre. La matière des vomissement^ a'est ni acide ni écunieuse ; elle rougit lé papier de tournesol et le rend à sa couleur primitive. Les substances alcalines s*acconipagnent , du reste , des mêmes accidents que ceux qu'occasionnent les poisons acides.

Moyens : 1" Vinaigre, deux cuillerées à bouche mélangées h un verre d*eau , préférablemeht chaude ; donnez toutes les cinq minutes une pareille dose ; 2® jus de citron ou autres acides étendus, fruits aigrelets mélangés avec du sucre; 3® lait aigre; /t" boissons muciiagineuses et lavements. Tout eflct vomitif, autre que celui produit par titillation de la luette et des boissons abondantes, est très nuisible.

Dans les empoisonnements par la baryte , espèce de terre poudreuse blanche que Ton emploie comme mort*aux-rats, l'usage du vinaigre pur est nuisible. Donnez dans ce cas les boissons muciiagineuses, Thuile; provoquez les vomissements en attendant que vous vous soyez procuré le sulfate de soude, qu*il faudra dissoudre dans du vinaigre, et le donner étendu dans l'eau. Plus tard vous ferez flairer fréquemment le camphre ; et si cela ne suffit pas, employez en olfaction spir, nit dulcifié. Après la potasse, on peut aussi employer coff. , et plus tard , carb. veg. ; après l'ammoniaque, hep, sulph. o.

B. — X>e quel<{aes aatret substances naîsibles.

. Foie de soufre. — £au vinaigrée ou acidulée avec le jus

de citron, boissons huileuses el mucilagineuses, et laTements. Si le vomi:»seiDent ne peut être provoqué par des boissons abondantes et le chatouilleaient du gosier, donnez une faible solution de tartre slibic. Quand le vomissement est fini, donnez ou du vinaigre, s*il procure du soulagement, ou, s'il reste sans effet, bell. une fois, et renoncez au vinaigre.

Iode. — Cette substance, qu'on emploie malheureusement trop souvent comme renjède, produit quelquefois des accidents prompts et dangereux. — 1** Amidon délayé dans l'eau ; S"" mucilage amidonné bouilli ; S'' farine de froment. Plus tard, des boissons légèrement mucilagineuses. Contre les souffrances consécutives, hep sulph, , quelquefois belL

Phosphore. — L'huile et toutes sortes de graisses sont irès dans ce cas, car elles dissolvent le phosphore et le répandent ainsi plus sûrement dans l'estomac. Il suffira de solliciter au plus tôt le vomissement, et de faire usage de boissons mucilagineuses. Si le vomissement n'a pas lieu instantanément par l'emploi des moyens indiqués page 109, il faut l'obtenir forcément par le labac et la moutarde; plus lard, donnez le café pur. Après un certain temps, il conviendra de faire prendre une cuillerée de magnésie. Si ce dernier moyen ne réussit pas, non plus que l'olfaction du camphre, administrez alors nux vom. ; plus tard , la magnésie sera mieux apprO' priée. Le malade a-t-il envie de vin ou d'eau -de-vie, donnezlui-en quelques gouttes sur un morceau de sucre.

L'alcool (Tesprit-de-vin) et l'éther peuvent produire des accidents fâcheux , lorsqu'ils sont avalés par mégarde. Pour y remédier, il suffit le plus ordinairement de prendre des boissons mucilagineuses et du lait. Si ces moyens n'agissent pas promptement, donnez alors une goutte d'ammoniaque liquide dans un verre d'eau sucrée, par cuillerées à café. On fera concorder des fomentations froides sur la tête et des

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compresses mouillées sur Tépigastre. Si cela ne suffit pas, donnez nux vom, , et continuez les boissons mucilaginenses autant que Testomac pourra les supporter; plus tard, le café pur,

AcMe pmssique* — Il se rcconnoît par. son odeur d*amande amère. Son action est souvent teliement rapide, qu'il faut se bâter d'apporter des remèdes efficaces. On a à peine le temps de penser à solliciter le vomissement. Faites sentir Talcali volatil immédiatement et à une certaine distance. Dans ce cas, meltez-en quelques gouttes dans un moacboir et porlez-le sous le nez, de manière qu'une faible odeur impressionne le malade ; ou bien encore, mettez-en une seule goutte dans un demi- verre d*eau, et qu'on en donne «i boire toutes les trois à quatre minutes une cuillerée à café. Dès que vous aurez du café à voire dîi^position , faites-en boire en grande quantité, et même administrez-le en lavement. En cas d'urgence , empressez-vous de faire respirer le vinaigre ou le camphre , en altendaut que vous puissiez employer les vapeurâ de l'ammoniaque. Plus tard, donnez coff. ou ipec, ; et s'ils ne suffisent pas, administrez nux vom.

Alun. — L'eau de savon ou l'eau sucrée, jusqu'à effet Tomitif; puis puh, ou verat,

irUrloi bleu, biane ou vert» — L'eau sucréc chaude, on l'eau albumineuse froide,. jusqu'à ce qu'on ait obtenu des vomissements fréquents. Plus tard , des boissons mucilaginenses.

NHre et sel ammoniiMs. —L'eau tiède, l'eau beurrée, jusqu'à des vomissements abondants; puis beaucoup de boissons mucilaginenses.

s. -*- I>es substances métallîciues.

, Arsenic. — Il enlre dans la mort-aux-rats , dans le |>oi-

son contre les moiuches, dans le cobalt, dans les couleurs jaunes dites de roi , dans Torpiment , dans les gouttes anti* fébriles, dans Tonguent et Templâtre contre le cancer, et dans plusieurs ,autres remèdes secrets que Ton vend , notamment contre les maladies des chevaux et du bétail, 1° £au de savon ; 2° eau albuuiineuse ; 3° eau sucrée ; k° lait. Après cliaque vomissement, donnez dexes boissçns. Le danger n*est pas grand quand le malade rejette par le vomissement la matière toxique. Le vinaigre n*est d'aucune utilité; rhuilc est plutôt niHsîble.

Le peroxyde de fer* récenunent préparé, a produit d'excellents effets pris par caillerées h café, mélangé à l'eau. Dana les cas urgents, on peut se servir du dépôt martial qui s«e trouve dans le baquet où les forgerons et les serruriers éteignent leur fer rougi.

On a proposé comme uaayen préférable le sang frais. Des expériences ont éié faites avec le sang de veau; mais cependant, dans un cas urgent, on peut prendre le sang des autres animaux : tel est celui des pigeons, des poulets, etc. On doit compter pour chaque grain d'arsenic deux cuillerées à bouche de sang. — II faut le boire lentement et non d*un seul trait; il se coagulerait dans l'estomac en y arrivant en masse. Vous laisserez passer un certain temps après l'ingestion du sang; vous éviterez parla d<île rendre par régurgitation ; cela fait , atten'Sez.

Vous donnez plus tard ipec. à plusieurs reprises. Si le malade est encore très irritable, inquiet k nuit, s'il a la fièvre, donnez chin. ; s'il est plus mal le jour, après le sommeil, s'il est constipé ou qu'il ait un dcvoiemeot muqueux, nux vom,; si après ipec, il reste des nausées fréquentes ou des vomissements avec chaleur ou froid, accompagnés d'une grande faiblesse, administrez verat.

La substance colorante que l*on emploie pour teindre les chapeaux fins contient de l'arsenic, lorsqu'on porte cette espèce de chapeaux, il peut se former souvent des boutons sur le front et du mal aux yeux. Dans ce cas, faites-le doubler soigneusement avec de la sole et du cuir; contre les suites, servez-vous à' hep. sulph. — Jadis on préparait du papier où entrait Tarsenic, et peut-être cela se fait-il encore!

fiNibiimé <H»rro0lf. — • 1** Ëau aibumineuse ; 2° eau sucrée ; S"" lait; /i° solution d'amidon; 5° gluten.

Le moyen principal est l'eau aibumineuse ; l'eau sucrée sera employée en l'alternant avec la première; les souflrances consécutives seront traitées comme il a été dit dans les empoisonnements par le mercure.

C«ivr« 9 vert-de- grîs où «nires préparations au enlYre. — 1' Blanc d'œuf; 2° sucre. L'un et l'autre peuvent s'employer sans être dissous dans l'eau ; 3* lait ; k"^ toutes autres substances mucliaghieuses*

Si l'on a à donner de prompts secours dans l'empoisonnement par le enivre, on peui se servir du soufre qui se trouve sous la main. Il faudra faire rougir un plateau de fer et y laisser fondre le soufre, de manière à le recevoir à l'état de fusioQ dans un vase plein d'eau ;.on agite cette eau, et dès que le dépôt s'est* fait, donnez à boire par petites tasses, coup sur coup. Ce moyen est également utile dans les empoisonnements par les autres métaux. Si l'on ne peut employer Intmédiatement le soufre, servez-vous de blanc d'œuf.

Plomi». — 1" Sulfure de fer, comme il a été dit à Tarlicle «nlvre; 2°solfntede magnésie; 3' sulfate de soude, ou sel de Glauber : le premier de ces moyens est le meilleur ; le second suppléerait le premier s'il manquait; faites dissoudi*e trente grammes de ce sel dans une bouteille d'eau chaude, et donnez* en à boire souvent et beaucoup, en raison de la quantité du

i34 CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.

pofson ; k* blanc d'œuf ; 5' savon ; 6« lait. — Après le sel ou le savon, administrez des boissons et des* lavements mucilagineox.

Pierre tnfernaie (azotate d*argent). — Sel de cuisine dissous, pris en grande quantité, aidé plus tard par des boissons mucilagineùses.

Antimoine, éméUqne (tartre stibié). — 1** Décoction de noix de galle ; d'écorce de chêne ou de grenade ; 2° café pur en grande quantité ; 3" boissons nouciiagineuses.

Contre les convulsions, op. cscs; contre les nausées et autres souffrances, ipec. cscscs.

Étain. — 1° Blanc d'œuf; 2<» sucre; 3<» lait. Les empoisonnements par les préparations de plomb sont très fréquents, parce qu'il arrive souvent de laisser séjourner dans les plats d'étatn des substances acidifiables, et qu'on en fait usage plus tard; car on sait que le plomb entre souvent en combinaison avec Téiain. Tout ce qui est acide ou aigrelet ne doit donc jamais rester longtemps dans les ustensiles métalliques pour s'y refroidir. Il en est de même des cuillers d'argent, d'étaio, et étamées qu'on laisserait séjourner avec les substances alimentaires. On ne doit se permettre de laisser Jes aliments acides que dans les vases de bois, de cnstal ou de faïence.

Les souffrances chroniques consécutives dues aux effets de l'étaîn sont heureusement modiûécs par puis.

F. — X>es poisons végétaux.

Bfss ehampignons vénéneux. — Les effets de ces champignons se font sentir quelques heures après l'ingestion. Le ventre se ballonne , et l'on sent des coliques vers la région épigastrique. Presque en même temps ont lieu, avec la soif, des nausées, le hoquet, l'anxiété, les vomissements, et la diarrhée ; en outre, froid dans les extrémités, pouls petit,

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étourdissement, vertiges, rêvasseries et convulsions. — Dans ce cas, provoquez le vomissement principalement avec Teau froide et en grande quantité; dans les intervalles, donnez le charbon végétal pulvérisé et mélangé avec de l'huile jusqu'à consistance de cérat ; si cela ne soulage pas, donnez à sentir prudemment l'ammoniaque liquide. — Contre les souffrances consécutives, le vin ou le café conviendront le plus souvent.

Du seigle erg<»té. — Le séigle ergoté est nuisible aux hommes comme aux animaux. Le meilleur moyen d'agir contre ses mauvais effets consiste à faire respirer la vapeur d'un^ infusion de morelle noire. On pourra, h l'égard des animaux, l'employer en fomentations. — On obtiendra lo même résultat avec^^V^c^ solan, nigri étendue dans l'eau.

Les plantes qui contiennent un suc iiiitenx , acre » telles que les euphorbes et autres végétaux qui croissent dans les jardins, et dont l'action est corrosive au contact, réclament, en cas d'accident, des lotiortsavec l'eau de Favon, et plus tard avec l'eau-de-vie. Si le suc touche l'œil, employez l'huile d'amandes douces, du beurre non salé ou du lait ; s'il en pénètre dans l'estomac, l'eau de savon, le lait, etc., conviennent ; mais abstenez-vous de tout acide et de médicaments vomitifs. La même règle s'applique à l'égard de toutes les plantes acres, corrosives, caustiques, comme les euphorbes, la gomme-gutte et autres.

On emploiera contre les suites fâcheuses des plantes nar« eotiques<. dont l'effet est d'enivrer, d'ôter l'usage des sens et de produire des accès de folio et de rage, on emploiera le café pur en grande quantité et en lavement. Le vinaigre sera on moyen efTicace contre la plupart d'entre elles, comme l'opium, le laudanum, la tête de pavot, le dalura stramo- 'nium (pomme épineuse), la jusquiarae, l'aconit, etc., etc.; et si le malade a la ûgure animée, injectée de sang, les yeux

rouges, le regard ûxe et hagard, les aspersions d*eaa froide trouveroiU un emploi utile..

Dans le cas où l'empoisonnement serait l'effet de substances contenant de l'acide prussiqu^, qui se reconnaît à l'odeur de l'amande amère, et qu'on trouve dans les amandes amères proprement dites, dans les noyaux de pêche, de cerise, de prune, dans les feuilles de laurier-cerise, ainsi que dans les eaux distillées de ces substances, et dont l'action toxique se révèle par la pesanteur, l'ivresse, l'anxiété, surtout de la poitrine, par une accélération du pouls qui ne tarde pas à se ralentir, par un engourdissement paralytique, ou par une sensation comme si la paralysie allait survenir; dans ces diverses circonstances, le café noir est le moyen principal, de mcme .que l'ammoniaque, lorsqu'il se présente un danger imminent : dans ce cas, on emploiera l'ammoniaque en olfaction fugitive; on en versera quelques gouttes dans un verre d'eau, dont on donnera de temps en temps une cuillerée à café.

Dans les empoisonnements par l'opium, qu'ils aient lieu par l'opium brut ou le laudanum, ou par des grains de pavot, ou par une décoction de têtes de pavot administrée imprudemment et sans réflexion aux enfants pour leur procurer un peu de sommeil, le café est encore ici le meilleur moyen. En attendant qu'on l'ait préparé, employez le vinaigre. Si le malade est tombé dans un complet engourdissement, on peut recourir à la flagellation sur le dos et sur les fesses jusqu'à ce qu'il revienne ; l'émétique est inutile ; et si le café ne provo^ que pas le vomissement , il faut le déterminer par des boissons d'eau froide ou par la titillation de la luette. Une infusion d'avoine sera quelquefois utile; et on la préparera en versant trois tasses d'eau bouillante sur une bonne poignée d'avoine préalablement lavée. Il sera bon de donner pins tard quelques prises d'ipecj et, s'il reste quelques souffrances

consécutives, administrez quelques jours après mei^c. subi. — Contre les effets de datura stramonium, donnez pareillement le café ou le vinaigre en grande quantité, et, s*il né survient pas de vomi&sement, employez le tabac;- contre les souffrances consécutives, nux vom.

Dans l'empoisonnement par le sumac vénéneux (rAus toxteodendron), qui détermine une affectron semblable à Térysipèle, il ne conviendrait pas de pratiquer de fortes frictions cutanées , et encore moins d'employer des moyens répercussifs, comme l'eau de Goulard et divers onguents. Mais faites des lotions soigneuses avec l'eau de savon, et, si elles ne sufiSsent pas, cherchez à apaiser les démangeaisons et les brûlements'avec de l'amidon ou la poudre à poudrer que vous emploierez en frictions avec un grand ménagei^nent ; ne donnez rien d'échauffont et de fort à rintçrieur; et admi-* nistrcz brj/, , que vous ne répéterez pas si les symptômes vont en diminuant, mais que vous donnerez de nouvc^iu à chaque aggravation. Si cette affection atteint plutôt la figure, ou si elle s'accompagne de grandes chaleurs contre lesquelles bry, reste sans effet, administrez beil.

Dans les empoisonnements par la spiiçéile {poudre aux vers)^ que l'on donne contre les vers, faites sentir le camphre, donnez à l'intérieur le café piïr, et si, après quelques jours, il reste encore quelques symptômes consécutifs, counne bat* tements de cœur, vertiges , etc. , administrez merc. viv.

Dans les empoisonnements par le camphre, donnez du café pur jusqu'à produire le vomissement. Contre ses suites o/?., toutes les heures, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration.

Contre les effets du safran, employez les mêmes moyens.

Contre les suites de ThaUe de térébenthine, 0J9., belL oubrij.

Contre les effets nuisibles de toute autre substance végétale,

donnez le camphre à sentir; s'il ne suffit pas, café pur à boire ; si ces effets sont étourdissants, employez le vinaigre mitigé r s'ils produisent de grandes douleurs, Teau de savon et le lait.

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