e» poisons du règne animal
Les mouches eaatharMes, et les emplâtres cantharidés, renferment un poison violent, dont Tactian devient très dangereuse s'il s*ep introduit dans Testomac oh dans ks yeux. Il en résulte un brâlement très intense qui s'augmeâte par l'application de l'huile et des corps gras. — Le meilleur moyen de le combattre à l'intérieur et à l'extérieur, c'est le blanc d'œuf ou des boissons tièdes mucilagineuses. Pour l'application qui en sera faite aux yeux, on aura soin de ne l'employer que dans un état de consistance très épaisse, et même, au besoin, on se servira de farine. On évitera de les laver et de les frotter avec force, mais on s'attachera à en extraire avec l'extrémité d'un petit morceau de linge roulé les parcelles de venin, ainsi que les substaiices qui auraient été employées comme moyen de soulagement.
Dans les suites lâcheuses des cantharides , des emplâtresvésicatoires et d'autres insectes , le camphre est le moyen principal. Faites-le flairer à tout moment, et frictionnez les parties souffrantes avec l'alcool camphré ; les tempes, quand il y a céphalalgie; les lombes, les aines et la région supérieure et interne des cuisses, quand il se déclare des douleurs vio- Ipntes des reins ou de la vessie.-
On emploiera encore le camphre en olfaction et en frictions contre les effets du miel Yénénem i à l'intérieur, on donnera du thé ou du café pur.
Le poil des eiicniiles Teiaes produit quelquefois de violentes inflamnations. Jl ne faut pas se frotter les parties qui
ont été touchées; on ne ferait qu'augmenter le mal; mais appliquez-y des compresses camphrées ou imbibées d'alcool camphré.
Les coquillages Teaimeux se trouvent quelquefois mêlés avec les bons, et produisent des accidents toxiques que Ton combat , soit en provoquant les vomissements 3'il y a des nausées, soit en donnant à prendre d'un mélange de charbon de bols pulvérisé , de sucre et d'eau ; ensuite en faisant sentir le camphre, et plus tard en donnant h boire du caié pur. S'il survient des éruptions et un gonflement du visage, donnez ^^//. . Si des accidents toxiques surviennent après avoir mangé d'un polraoD venimeux, donnez du charbon pilé et mélangé avec l'eau- de-vie; si cela ne soulage pas, administrez quelques heures après du café pur; si cela reste encore sans effet, donnez du sucre à manger en grande quantité, ou de l'eau sucrée à boire; et si ce dernier moyen reste impuissant, le vinaigre mitigé sera administré à l'intérieur et à l'extérieur.
Le vcnlu des erapauds, des iémards, des grenouillea , vient-il à rejaillir dans les yeux , nettoyez-en le dedans avec la salive d'un homme sain , et donnez toutes les heures acon, , tant qu'il y a aggravation. Si ce venin s'est introduit dans la bouche, prenez d'abord une petite cuillerée à café de charbon pilé» que vous mêlerez avez du lait ou de l'huile; et, s'il produit subitement des accidents dangereux, donnez à sentir l'esprit de nitre. Plus tard, administrez ars.
Il se développe un principe toxique dans la graisse rance, dans le fromage , dans les vieux saucissons , dans les viandes gâtées, dans les boudins , dans toute espèce de charcuterie , comme fromage de cochon , jambons, etc., et cela lorsque ces diverses substances n'ont pas été assez bien préparées pour une longue conservation ; alors élites acquièrent un goût huileux , aigrelet , désagréable , acre et rance. Ce pQison se
produit quelquefois trè^ rapidement , et à ce point qu*il peut arriver que ce qui est l)on aujourd'hui soit malfaisant le lendemain. Le signe principal de cette espèce d'empoisonnement consiste , en outre d'une véritable pyrosis (fer ctiaud) et de nausées aussitôt après avoir mangé , dans la sécheresse da goàer qui gagne quelquefois la bouche, les fosses nasales, les oreilles et môme les yeux , puis les paupières , les narines ; l'extrémité des doigts se dessèche et se gerce et souvent même s'atrophie codaplétement. La voix devient rauque aus* sitôt, le pouls lent et faible; la faim et la soif se prononcent d'une manière extrême , et à peine si le malade peut avaler. Ces symptômes s'accompagnent d'une grande faiblesse av^c tendance à la paralysie ; les paupières sont comme paralysées, la pupille dilatée et la vue est taible comme si elle se couvrait d'un voile ; il peut même y avoir diplopie. Le ventre est tendu , il y a douleur et constipation : sur la fin , il se surajoute la roideur des articulations du genou et du pied. Si la mort ne survient pas au bout de quelques jours, il en résulte dans tous les cas une maladie longue et incurable.
Celui qui a mangé inconsidérément de ces mauvaises viandes ne tarde pas à éprouver quelques uns de ces symplôines ; qu'il y prenne garde , il n'a pas de temps à perdre : ces accidents peuvent marcher rajûdement. Si le mal éclate dans les quatre à cinq heures qui suivent le repas et s'il y a disposition ù vomir, donnez à boire de l'eau tiède et excitez le vomissement. On regarde souvent les symptômes d'ardeur et de sécheresse du gosier comme dépendant des aigreurs de l'estomac, et l'on s'empresse d'administrer la magnésie ; elle n'est ici d'aucune utilité. H arrive même qu'on les considère comme la suite d'ua poison caustique , et Ton fait boire de l'huile et du lait; ils restent aussi sans résultat. Les acides sont le seul moyen qui puisse soulager. Aussiiôt que rcslomac
est débarrassé par le voniissemeut , donnez à i'tiuérieur du vinaigre aiïaibli ; employez-le aussi en lotions et en garga* rism^s. On doit donner la préférence au suc de i^iiron; et si les acides^ finissaient par fatiguer l'estomac, on les remplace par le sucre. On peut pareillement permettre une tasse de café» et encore mieux une forte infusion de thé noir. Néanmoins , si la sécheresse; résiste ou revient toujours, si après des lavements mucilagineux il n'y «point de selles., donnez bry. et attendez tranquillement six heures. Si ^ quelques symptômes s'amendent, mais pour.peu^de temps , répétez ùry. Toutes les fois qu'il y a aggravation , n'employez de lavements que ceux qui seront composés d'eau tiède mucilagineuse, acidulée avec le vinaigre ou jus de citron. Ce que bry. a'eulèvera pas cédera à verat. ou à acid, phosph. , s'il reste encore dès symptômes de paralysie ou d'atrophie , alor^ met. alb, est quelquefois très utile.
Il se développe cbez les bemmes et les anlniaiuc maladies, quel que soit le genre d'aiïeclion qu'ils aient, une espèce de miasme analogue à celui que BOUS avons vu se produire dans les substances animales eu décomposition. Ce miasme varie comme les maladies qui l'engendrent. Quelquefois doué d'une influence peu marquée sui* les oi^anisations qui s'y trouvent exposées, d'autres fois il contracte une activité essentiellement délétère quand il pénètre dans l'estomac ou le torrent circulatoire: Ce n'est donc paa sans raison qu'on doit se tenir éloigné des émanations des malades, et qu'on doit obéir au mouvement tout instinctif de répugnance qui nous avertit de leur nuisible influence. Dès lors il faut avoir la précaution de ne pas se servir des vêtements et du linge des personnes qui ont été longtemps et dangereusement malades. On n'a pas assez de cette prudence , c,t Ton n'en, prend pas assez à Tégard des animaux malades ; on doit redoubler de
iii2 CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.
précautions. On sait combien cette émanation miasmatique est dangereuse dans la morve , maladie qui' se transmet à l'homme sous les apparences d'une maladie différeute. Les excréments des animaux malades sont encore plus nuisibles ; leur salive et la matière ichpreuse qui découle de leurs abcès sont toujours toxiques. Les cochons couveris de pustules et d'exanthèmes n'en sont pas moins tués pour servir d'aliments et même avec la certitude que leur chair est nuisible.
La maladie la plus dangereuse dans cet ordre est celle qui affecte la rate des héten é. cornes. Leur sang peut, en tonoban t sur la main , avoir un effet contagieux. On a vu cet accident se produire en écorchantces animaux, pratique à laquelle on ne se livre que par avidité et par ignorance.- Il en est de même de la préparation et du tannage que Ton fait subir à leur peau. Leur cJiair n'en reste pas moins un véritable poison, fût-elle même salée et fumée; elle amène toujours la mort ou une maladie lente et incurable.
L'affection de la rate est la cause constante de cette maladie eharbonnenseï elle se reconnaît chez les animaux^ un état de tristesse subite , au chancellement , au tremblement qu'ils éprouvent surtout après l'abreuvage , à une chaleur sèche, à une respiration courte ; c'est pendant la manifestation de ces souffrances que le charbon se forme. Si l'on ne peut sauver les animaux par de fréquentes et forteç aspersions d'eau froide ou par l'arsenic* la mort survient très promptcment. Dans ce cas, on s'attachera à préserver les autres animaux par l'usage externe de l'eau froide. L'animal mort doit être profondément enfoui dans la terre, et l'on se gardera bien de le toucher avec les mains. Tout ce qui s'est trouvé même dans le plus léger contact doit être brûlé, ou enterré, ou purifié pat Teau chlorurée (solution de chlorure de chaux).
L'individu auquel cette maladie a été communiquée se sent
abatlu, faible, frileux ; il lui survient çà et là quelques taches avec uu point noir dans le milieu, qui se convertit bientôt en un bouton bleu, et puis en un charbon gangreneux. II faut bien se défondre d'y appliquer des cataplasmes , ni rien de chaud et d'humide ; pratiquer une saignée est très nuisible. Le seul moyen convenable est le repos, la diète absolue, accompagnés de Fusage d'une grande quantité dVau fraîche en boisson à l'intérieur, et en aspersions à l'extérieur, en ayant soin de sécher tout aussitôt. Par la bouche, on donnera met alb, que l'on répétera à chaque aggravation.
Les objets qui ont servi à un cheval charbonneux doivent être soumis aux lotions d'eau chlorurée ; néanmoins ils peuvent encore nuire beaucoup s'ils ne sont exposés longtemps au soleil. Si une personne a touché un cheval atteint de charbon, et qu'elle en ait été infectée, elle doit exposer la partie contaminée à l'action d'une forte chaleur, comme cela est conseillé pour la morsure des serpents. Si les symptômes d'infection se sont déjà déclarés, donnez loch, toutes les six, huit ou dix heures; si cela ne soulage pas, acid.phosph.^ et, ce dernier restant sans effet, ars. alb. Plus tard, si c'est nécessaire, on ppiit donner sulph, ; et si après quelques semaines encore les suites de l'Infection n'ont pas disparu totale* ment, cale. carb. Ces divers moyens seront administrés tous les cinq ou dix jours, et ne seront pas répétés t9nt que l'amélioration se continuera. Les chevaux peuvent souvent être guéris par acon.^ rhus et ars.
liUU CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.