‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 5)Chapitre 27 sur 58 · DES EMPOISONNEMENTS PAR LÉSIONS EXTERNES , OU PAR INOCULATION · texte numérisé non relu

DES EMPOISONNEMENTS PAR LÉSIONS EXTERNES , OU PAR INOCULATION

Les piiiOres des araignées, des Bijlic-pie<ls, des scolopendres armés d'un dard à la bouche, des scorpions qnï portent Jeur dard h Texlrémité de leur queue, des abeilles, des guêpes, des frelons, de quelques espèces de mouches, des punaises avec leur suçoir,. sont rarement dangereuses; tuais elles deviennent souvent fort incommodes , et peuvent avoir des suites fâcheuses^ par la multitude des petites plaies qu*elles laissent si elles atteignent les parties délicates du corps, comme cela se voit Chez les enfants et les personnes impressionnables et dont la peau est fine.

Le principal moyeu dans cette circonstance, c'est l'olffic* tiçn du camphre et Je lavage à l'eau froide. Si Ton peut se procurer Tinsecte qui a fait la piqûre, on l'écrase et ou l'applique sur la partie soulTranie. Si l'on peut supporter l'ardeur du feu, on approchera du mal, soit un charbon enflammé, soit une tige de fer rouge, soit un cigare ou une pipe allumés, au{>si près que faire se pourra, et jusqu'à ce que la douleur ait disparu.

Lorsqu'on e^t poursuivi par les abeiUes, il faut bien se garder de les chasser en se débattant avec les mains , ce qui est tout au moins inutile et ne fait que les exaspérer. Si, après qu'on est parvenu à se débarrasser d'une première attaque survenue dans la proximité d'un bouquet de broussailles, vous êtes surpris par un nouvel essaim, et qu'il s'en soit mis un grand nombre sur votre tête, et qu'il n'y ait pas dans le voisinage de l'eau où l'on puisse se plonger, alors il ne reste plus qu'à se coucher h terre, la figure contre le sol, en se

garanlissant les tempes avec les mains; tous restez dans cetl« position jusqu'à ce que les insectes s'en soient allés. Les piqûres seront touchées avec la salive* et puis on les grattera avec les ongles de manière à en faire sortir le dard et le venin. Ensuite on prend , après avoir creusé aussi profondément que possible, delà terre noire et fraîche qu'on ap(dique sur les plaies, et Ton renouvelle cette pratique aussi souvent que la douleur Texige ; ou bien encore on racle de la craie sur la piqôre, ce qui soulage instantanénient. On peut en« core frott«r de miel les parties vulnérées, si Ton n'a pas employé un des moyens précités. Si une abeille a piqué l'œil ou la bouche , il convient mieux de se servir de miel ; on fera son possible pour sortir le dard de la bouche en grattant, et de l'œil, an moyen d^tine petite pince. C'est alors qu'on fait respirer le camphre, ou qu'on donne belL^ ars, ou puis.

Ce que nous venons de dire au sujet des piqûres des abeilles s'applique aux piqûres des guêpes; seulement, dans les piqûres des guêpes et devons les autres insectes, le dard ne reste pas dans la plaie. On aura soin de recommander aux enfants de ne point mordre, ou de le faire avec précaution, dans les pommes on poires piquées , car il s'y trouve souvent des guêpes, et une piqûre dans la bouche ne laisse pas que d'être dangereuse.

Dans le cas ta les piqûres ont porté sur les parties déll* cates, à la suite desquelles il y a rougeur, engorgement et fièvre, faites aspirer le camphre jusqu'à ce qu'il en résulte un soulagement Si l'inflammation augmente, qu'on donne acoH. ; si ce moyen est insuffisant, aim. Si la langne est enflée et qu'ocon. , après une demi-heure, n'ait produit aucun eflet, ni am. après une ou deux heures, qu'on donne alors chaque demi-heure, ou toutes les heures, helL diluée, une cuillerée, jusqu'à amélioration décidée. Si ces divers moyens ne suffira

ih% CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.

sehi nullement, qu'on donne de la même manière merc, viv. — Si Toeil est très ciTflé, un moyen efficace est acon. et am, . alternés. Du reste, il est mieux dans ce cas de n'appliquer que de Teau fraîche. Contre les douleurs consécutives qui ne di^paraiiraient pas après quelques jours, merc. viv, convient le plus souvent.

On parvient à chasser les cousins qui ont envahi une chambre, «n faisant brûler du sucre brut sur une pelle rdagie; quelques instants après on ouvre les croisées pour laisser sortir la fumée, et Ton se hâte de la refermer. Quant aux piqûres qu'ils font, il suffit, pour en détruire l'effet, de se frotter les parties piquées avec du suc de citron.

On se gardera de faire disparaître trop promptement les piqûres des insectes, si elles sont trop nombreuses; il y aurait là rincoavénient qui suit la répercussion des éruptions ; il convient de donner préalablement acon, , et quelques heures aprèSi am,^ et si le lendemain il n'y a pas d'amélioration , kep. sulpL

On ne peut recommander rien de mieux contre les morsures ou piqûres des insectes vénéneux que ce qu'on vient d'indiquer; on doit y persévérer tant que dureront les souffrances.

Relativement à la piqûre des serpents, il importe de s'assurer tout de suite si le reptile est ou non linimeux. Ceux qui le sont portent à la mâchoire supérieure deux glandes à venin , correspondant à deux dents très grandes et irè$ longues; et ceux dont les mâchoires sont armées de deux rangées de dents n'ont pas de poison. — A la suite d'une morsure d'un serpent venimeux , on ressent ordinairement une douleur violente , lancinante et quelquefois brûlante.

Si le serpent n'a pas de venin , il suffira de mettre dans la plaie un peu de sel ou de la poudre à canon. —^ Dans le cas

contraire, si la morsure est venimeuse, on placera au-dessad de la plaie une ligature au moyen d'une 'bande large de deux travers de doigt, ou bien un mouchoir, ou ce qu'on a, même une courroie ou une corde qu'on serre fortement et de manière à intercepter la circulation et à empêcher momentanément le sang de se porter au cœur. On laissera en place cet appareil tout le temps qu'il pourra être supporté, ou jusqu'à ce que tout danger soit passé. Le meilleur remède consiste à exposer la partie mordue à une forte chaleur. Ce qu'on peut se procurer au plus tôt est bon, soit un fer rouge ou un charbon ardent, etau besoin un cigave allumé, qu'on approchera autant que possible de la partie blessée, mais point trop près pour ne pas brûler la peau ou provoquer une douleur trop violente. Il faut donc prendre garde de brûler la plaie, parce que les vaisseaux sanguins en seraient détraits. — Dès que l'instrument rougi par la chaleur se refroidit, il faut le remplacer immédiatement par un autre. En conséquence, on aura à cet effet un petit foyer ardent en permanence. Cette chaleur devra porter uniquement sur la plaie, et dans un petit rayon. On ne souf&era pas sur l'iostrument qui affronte la plaie, parce que la peau en subirait du refroidissement. On se servira d'huile ou de graisse pour oindre le pourtour de la plaie daçis rétendue de deux travers de doigt, et l'on renouvellera ces onctions à mesure qu'elles sécheront Si l'on n'a ni huile, ni graisse, qu'on emploie le savon ou même la salive. Qu'on ait l'atteniion d'essuyer avec précaution tout ce qui sort de la plaie. On continuera d'appliquer la chaleur jusqu'à ce que le malade commence à éprouver des frissons et des tiraillements. Si les frissons et les tiraillements arrivaient trop tôt, on n'en persévérera pas moins pendant une heure à appliquer la chaleur, pourvu que le malade puisse la supporter, ou jusqu'à ce que les effets immédiats du venin aient cessé. Si

1&8 CAUSES LCS PLUS FREQUENTES DBS MALADIES.

les souffrances se reproduiisent, il faut recommencer le procédé ci- dessus indiqué.

On emploie en même temps, et sans perdre une minute, des remèdes à rinlérieur, soit un peu d'eau salée ou une pincée de sel, ou de la poudre à canon, ou même un peu d*ail. Si, malgré cela, les souffrances persistent, il faut administrer du Tin ou de rcau-de-vie par goutte, ou même par une demicuillerée à café à la fois , et Ton fait ainsi toutes les deux ou trois secondes, jusqu'à ce que la douleur ait cédé. On recommence de la sorte toutes les fois que le mal semble renaître. Si les douleurs lancinantes (^viennent plus vives et se portent dé la plaie au cœur, et que la plaie devienne bleue , tachetée et enflée; s*il y a. des vomissements, des vertiges et des évanouissements, qa*on donne à l'instant ars. Si , malgré cela, tes accès augmentent, on répète la même dose quelques heures après. Si rien n'y fait, qu'on y revienne une demi-heure après. S'il y a amélioration, qu'on attende jusqu'à ce que le noal reparaisse. Si Ton a employé à deux ou trois reprises ces divers moyens sans succès, qu'on donne bell. ; seneg, est quelquefois bon en infusion. Contre les douleurs consécutives et persistantes on fait souvent usage, et avec avanfage, de pKosph. ac,\ pu quelquefois de merc. viv.

On a recours quelquefois à la succion de la plaie, ce qui, dans tous les cas, ne nuit pas sensiblement à la personne qui s'en charge, pourvu qu'elle soit exempte d'égratignures ou d'aphthcs sur les lèvres ou la bouche. Cependant il est bon de passer préalablement un peu de sel ou d'ail dans la bouche. Il faut sucer fortement et à la continue, et cela, après avoir élargi et aplati la plaie en la tiraillant avec les doigts; et pendant la succion, il convient de frictionner autour de la plaie avec force, et de porter surtout les frictions vers là région du cœur. Immédiatement après on frotte la plaie avec un peu de

BMI?OISONNBMENTS PAR INOCULATION.* 1Û9

sel pulvérisé, tant qu'elle peut en recevoir, ou avec de la poudre à canon, de la cendre de tabac, du tabac à chiquer, de la cendre du foyer, ou, en un mot, ce qu'on a à portée; cependant les premiers moyens sont les plus efficaces. Pendant Tapplication qui en est faite, le malade se tiendra tranquille autant que possible, car chaque mouvement, chaque émotion de crainte rendrait sa position pire.

Les morsures des chiens ou d'autres animaux enragés,

ou même de tout animai en «soière, seront traitées dès le principe comuve celles de& serpents.

L'application de la chaleur sera faite et durera jusqu'à ce qu'il se déclare des frissons , et on la répétera trois ou quatre fois une heure durant , jusqu'à ce que la plaie soit fermée et que la cicatrice soit complète. L'ustiou de la plaie, sa déchiqueture, la provocatiog à la faire suppurer, et tous autres procédés cruels , sont tout au moins inutiles ; car, plus on tourmente la plaie, plus est prompte la diffusion du venin dans l'organisme. Certains médecins ne font ainsi que pour • se donner dés airs capables, que pour servir leur manie d'opérer ; d'ailleurs , oh sait bien que ces sortes de manœuvres n'ont jamais' produit le moindre résultat avantageux. Après avoir employé les moyens précités , il suffira d'abandonner tout simplement la plaie à elle-même , elle saura bien opérer sa cicatrisjition ; mais, par précaution, on ne négligera pas de se conformer à ce qui est plus bas indiqué , qu tels autres moyens qui commandent la confiance, et cela jusqu'à ce que la cicatrice ait pris le ton naturel de la peau. Si la plaie menace de se rouvrir et que la cicatrîce redevienne dure, il ne faut pas hésiter à recommencer le traitement. Quelquefois après sept jours , ou. même plus tard , et si le malade a de légers accès de fièvre, il se forme au-dessous de la langue une vésicule qu'il faut enlever avec les ciseaux ou par tout autre

150 CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DBS MâLADIES.

iostrument, et l'on .se rince la bouche avec de i'eau salée. — Ua autre moyen qu'on a employé avec succès , c*est le bain de vapeur. Et si on le peut, on doit y avoir recours plusieurs fois, après avoir été mordu ; on fait en cela une chose fort utile. Qu'on l'emploie donc et ft la moindre apparence de signes suspects, comme s'il se déclarait, par exemple, une soif subite immodérée, des frissons , de la répugnance pour les boissons, et de l'horreur pgur tout scintillement, avec grande sensibilité à l'air froid , à l'encontre du vent , avec tristesse et abattement; le bain de vapeur peut même être employé lorsque les cra.mpes ont commencé. Cet appareil de bain sera établi de façon à envelopper hermétiquement le malade, et à ce qu'il ne se perde pas de vapeur ; la moindre fuite nuirait aux effets qu'on attend de ce bain. Si les crampes se sont déclarées , on enveloppera le malade dans un drap, de manière qu'il ait les pieds et les mains maintenus ; le cou et la tête doivent être libres. Comme on ne fait usage de ce bain . que pour aller au-devant des accidents, il sera de deux heures ; mais si la maladie s'est manifestée, il devra durer tout le temps que les crampes persisteront. Comme moyeu préservatif, on pept se servir, matin et soir, à*hydropL qu'on répétera tous les sept jours , et cela jusqu'à ce que la fièvre, la diarrhée, une perte de sang et tels autres symptômes aient lieu ; 9près quoi on donnera canth. 3, tous les jours, jusqu'à réaction maladive. S'il se manifeste des éruptions à la peau, il n'y a pa$ à les combattre par des remèdes extérieurs; elles disparaîtront d'elles-mêmes. Si après avoir employé ces divers moyens, il vient à se déclarer une véritable horreur de l'eau, tant mieux; le mal n'en deviendra que plus facile à attaquer. Si les symptômes d'hydrophobie se déclarent tout à fait , on donnera belL T., au début des crampes. Si l'accès augmente d'intensité, donnez-en encore une fois et continuez tant que

s*accroitront les accidents ; et s'ils se tDaiiUiennent au même degré de souiïrauce , donnez hy$c. T. , d<^'layé dans Teau. Si cela ne produit rien, car^h, T. Quant à tous les remèdes que Ton préconise contre Thydrophobie , et à tous ceux qu'on intente toujours et partout, il ne fatut eu iaire aucun cas, car pas un n'a jamais guéri un chien enragé.On ne leur donne un grand crédit que dans l'idée qu'ils. peuvent prévenir le mal. Oc, règle générale,, comme sur vingt personnes mordues, il n'y en a qu'une qui devienne enragée, n'iaiporte qu'on ait ou non employé l'un de ces moyens , on ne prouvera jamais qu'ils ont prévenu la maladie sur les autres, car sur beaucoup de gens elle n'est qu'imaginaire, et alors tous les moyens sont bous. Voilh pourquoi il ne faut pas compter sur les vertus tant vantées de ces remèdes. Il devient dès lors absurde d'exposer tout in4ividu mordu aux diverses tortures, telles que le feu , les saignées abondantes , etc. Chez la plupart , tout cela n'est point nécessaire, et chez d'autres où le venin s'est réellement introduit, cela ne peut servir à rien.

Parmi les moyens vulgaires on doit signaler les vers luisants ; mais ceci demande à être examiné.

Si à la suite de la morsure d'un animal furieux, au même de l'homme, il se déclare de fâcheux accidents ou des abcès, employez hydroplu

Dans le cas où du suc animal en putréfaction viendrait à toucher une plaie, que ce soit du pus ou une matière len détritus provenant de l'homme ou d'un animal, donnez ars. alb.

S'il tombe sur une plaie du sang ou de la salive provenant des animaux malades de la rate , on emploiera les remèdes recommandés à la page 1/^2, où il est question de la morve de» chevaux.

Le principal remède à employer dans ces diverses circonstances, el qu'il faut appliquer tout de suite, est l'eau chlorurée que Ton trouf e dans toutes les pharmacies.

Dans toute morsure d'animal furieux, où il est à présumer qu'il y a eu imprégnation de sucs maladifs , putrides et de sang corrolnpu, lorsqu'il y a eu nécessité de toucher à des animaux ou à un homme atteints d'affection contagieuse ou dangereuse , le meilleur moyen préventif sera de présenter, les mains à une chaleur très élevée , et cela , tant qu'on pourra la supporter, de cinq à dix minutes , après quoi on se lavent soigneusement avec de l|eau chaude et du savon.

Page 1