‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 5)Chapitre 28 sur 58 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DES BLBSSUBXS OU LÉSIOKS MÉCANIQUES.

SI-I^BSGOMIIOTIOHS. .

Les «Mumottoiui du corps à la suite d'une chute, d'un coup, d'un choc ou de tout autre accident de même nature , peuvent produire des douleurs et des souffrances de divers genres. Quelquefois les parties internes en éprouvent une sorte d'extension ou de déchirement ; il survient alors des douleurs qui augmentent le lendemain : comme mal de tête violent » vertiges, souffrances de la poitrine, respiration courte, tussiculation , crachement de sang, mal aux reins , douleurs tiraillantes et autres. Le remède principal dans ces divers cas est am. Le malade devra se tenir tranquille autant que possible ; il boira de l'eau froide en abondance ; il lavera souvent les parties lésées avec l'eau froide; il s'abstiendra de boire et de manger chaud ; il se privera de vin , d*eau-dc-vic\ de

café OU de thé ; les aliments seront sans épices ; peu de sel et , point d'acides. Si au moment de recevoir la commotion le malade a?ait éprouvé un sentiment de terreur ou de violente frayeur, on lui donnera o/)., et quelques heures après, am. S'il se trouve mal et qu'il ait perdu connaissance au moment de l'accident, il suffira de lui mouiller la tête , la figure et les bras avec de l'eau froide, et.d'administrer acon. o.; et quand il a reprisses sens, ou après quelques heures, mTi. I^ saignée dans ce cas est tout à fait inutile ; car on peut toujours modérer l'inflammation par acm, , et favoriser la guérison par am.

Si une femme enceinte éprouve des douleurs abdominales par suite d'une chute, d'un faux pas, et de toute autre commotion violente, ce qui arrive surtout dans les premiers mois de la grossesse et d'où peut résulter î'aTortement, on se trouvera bien ù*am, , en observant an repos complet ; elle se tiendra étendue pendant quelques heures, et évitera pendant plusieurs jours toute espèce d'efforts ou de fatigues. Si, après avoir pris am.^ les douleurs conservent encore leur violence, leur gravité, quelques heures après l'accident, qu'on donne chamom,<t ou tel autre remède qui est indiqué dans l'avortement.

SI après une commotion il reste ^e$ maux de tôte et qu'om. n'ait produit aucun effet, donnez belL ou acid. phosph.^ suivant les symptômes qui sont indiqués à l'article mal 4« téte«

Contre les contusions violentes de la poitrine, am. est très utile; rarement on a besoin de recourir à acon. ou rhm, {Voy. plus loin , dans la seconde partie , l'article relatif aux souffrances de la poUrinc.}

Tour 4e reiiu». Quand OU s'est fait mal intérieurement après avoir soulevé un énorme poids , ou qu'on l'a soulevé

154 CAUSES LES PLUS FRBQUSNTKS DBS MALADIES.

trop vite, ou quand on a porté un fardeau trop lourd, donnez rhus toxic. Si l'oa a mal de tête après cet accident , et que rhm n*ait pas agi favorablement , donnez à flairer une fois cale, carb. Si les douleurs sorit violentes et lancinantes, et quand à chaque mouvement du corps elles augmentent, surtout dans les reins, donnez bry. ; si après cela il n'y a pas 4'amélioration sensible, donnez sulpk.

Quand le corps s'est roidi dans une forte tension ou que Xon a reçu un coup ; si Ton a excédé ses forces , sok en grimpant par-dessus un mur ou en luttant en plein air, et que quelque temps après on se trouve subitement mal avec envie de vomir, douleur violente dans une partie limitée du ventre, et qu'on y éprouve la sensation comme si toul voulait en sortir, ce qui doQue âu malade une vive inquiétude et beaucoup d'anxiété, et le porte à faire des mouvements involontaires désordonnés , pm-lant sur la figure l'expression d'une terreur mortelle , alors on donnera une ou deux fois i;era^. On préférera la sixième ou ladouzièmedilutipn.

A la suite des légers tours de reins qu'on se donne par prédisposition , prenez chaque fois sep,

Favx pas* Us produisent quelquefois des douleurs semblables à celles du tour de reins; dans ce cas» administrez bry.; plus rarement rAus toxic. Si l'on éprouve des souffrances d'estomac , ce sera bry. ou puis. Quand il arrive de faire de faux pas , par suite d'une faiblesse naturelle , on prendra chaque fois phosph.

lH[e«irtrissare«« On ue peut guérir plus vite ce genre de lésions qu'en donnant aru. à l'intérieur, et en couvrant les. parties meurtries avec des compresses froides. Mais si les douleurs s'aggravent, et que la fièvre survienne, on donnera acon. , et, six ou huit heures après ,• arn. Il est rare que l'on puisse avoir l^oin quelques jours après d'une nouvelle dose

DfiS BLEâSURBS on LÉSIONS MÉCANIOCÈS. 1S5

A*ùm. Quand un membre a été entièrement écrasé dans l'iiile de ses parties , il faut tâcher de le rétablir^ ce qu'on fera ao moyen d'un appareil contentif en carton , et puis on 16 maintiendra dans sa position naltireltc; on lé comprimera dé temps en temps arec ménagemi^nt pour le ramoner à son état normal. Toute espèce d'emplâlre ou de frictions sont abso^ lument inutiles; ils sont la plupart do temps nuisibles. En adoptant les moyens ci-dessus, aidés de l'emploi dé l'eau froide el d'un régime cotaTenable, on guérit beaucoup plus vite que par l'emploi de tout autre procédé. Chez les individus d'une mauvaise santé, et chez lesquels la suppuration dévient abondante, on donnera quelques jours après hep. sulph. ù flairer. Si l*on a négligé ces moyens et que l'inflammation se tourné en gangrène, on administrera ckin. On ne se pressera jémaid de recourir à l'amputation. Que de malheureut ont conservé leur membre , ponr avoir sa résister anx sollicitations du chirurgien !

Si par suite d'une plaie par écrasement un os a été lésé, le tibia, par exemple, ou que la lésion soit consécutive à un cboc,à une chute ou à un coup, alors il faudra se servir de compresses trempées dans de l'eau froide , où l'on aura mis quelques gouttes de teinture de symph. Ce moyen est surtout eflSc^ce qnand la lésion est très violente , et que la douleur semble partir du centre de l'os; si les soufirances se font sentir à l'extérieur, et qu'elles s'aggravent par l'attouchement , ou quand la partie est rouge , et que cette rougeur s'étend et s'entoure d'une auréole rose, employez rut. ou bien le suc de la plante, tant à l'intérieur qu'à l'eitérieor, comme il vient d*être dit pour symph, Jtttta convient également dans les chutes légères qui n'entraînent pas d'accidents graves.

■•Mciu Les bosses que se font les enfants sur la tête ne doivent jibiais être comprimées par un corps plat, si elles

156 (UUSBS LES PLUS FRiQUBNTIS DES MALADIES.

sont le résultat d'une chute violente. Appliquez des compresses cfeau froide , et donnez artu Si , malgré ces soins , le mal 8*aggrairc , que Tepfant , au moindre mouveaient de tête» éprouve des vertiges ou des douleurs , ou des éblouissements ; si » étant couché, il agite la tète sur la nuque , si la fièvre et des crampes se déclarent» alors il est l craindre qa'il ne se forme un épanchemeat : que l'on donne bett. ou hyose. , ou bien encore helL nig,

. Les mmmaittîmmwnm ««• yevK par suite d'on COUp de poing, de b&ton , de pierre ou de tout antre accident , seront traitées comme dans les cas précédents; mais ayez soin de renouveler fréqoemmoit les compresses à mesure qu'elles s'écbaufleni et qu'elles fatiguent le malade ; que l'on bande convenablement les deux yeux, de manière à empêcher l'aur et la lumière de porter sur la vue. On donnera alternativement aœtL et arn, , et chaque fois que les douleurs deviennent plus vives.

La contusion consiste dans une violente douleur éprouvée sur un membre par suite d'une chute ou d'une autre cause mécanique. Quand on ne peut remuer sans douleur le membre contusionné^ qu'il s'enfle et devient rouge, am. convient, et, plus lacd , on pourra avoir recours à bry. On fera toujours l'application des compresses fixndes; il sera utile en même temps de faire subir parfois an membre de légers monvements et toujours sans le fatiguer.

La inxation consiste dans la sortie de l'os de son articula* tion. Dans ce cas, les douleurs sont excessives, le mouvement est presque impossible, et s'accompagne degrandes souffrances. £n explorant le mal, on peut s'assurer facilement si l'os est déplacé, soit en palpant avec sdo la partie, soit en la comparant avec l'antre membre. Il peut se faire aussi que le membre devient ou plus court, ou plus long, ou qu'il affecte une certaine

DES BLESSURES OU LÉSIONS MÉCàNIQUBS. 157

inclinaison. Très souvent ces accidents sont accompagnés d*un engorgementyde douleurs vlokntes, et enfin de tension dans ]e membre , et de fièvre. Le meilleur remède pour Tinstant est am. , ou, si rinflamokatioii se déclare, acqn. avec des compresses d'eau froide. A défaut de médecin on de chirurgieo , on trouvera difficilement quelqu'un qui soit capable de rétablir le membre dans sa position natarelle, soit qn*il veuille tirer dessus ou qu*il veuille pousser en baut. On comprendra» du reste, combien il est imprudent de foire des tentatives tout au moins inutiles; en conséquence, qu*on envoie chercher sur-le-champ un bon chirurgien, et le plus tôt ne sera que le mieux. Ainsi , dans beaucoup de cas, H est préférable de transporter le blessé sur un brancard chez le médecin, quoi* qu'il y ait nécessité de le rapporter ensuite chez loi. Les compresses d'eau froide et am. donnent toi^ours un grand soulagement; et une fois le membre arrangé , il est inutile de faire autre chose ; on s'en tiendra donc là , car tout antre procédé , soit saignées , soit friGlIoiifn , etc., est nuisible. On se contentera de faire un pansemonl convenable ; mais dès que rinflammaiion commence à disparailre, ce qui arrive après l'emploi d'anz., et dans quel(|(ies cas après acon., on aura soin de faire mouvoir le membre avec précaution ; on évitera ainsi qu'il ne contracte pas de la roideur.

Fractiures. Ëllesse reconnaissent quand, à la suite d'une lésion mécanique ou à la suite d'un mouvement subit et vio* lent, on sent h l'instant même dans une certaine portion de l'os une douleur piquante, et quand en y portant la main on trouve cet endroit plus gros et inégal, ou qu'on sent un vide très sensible, ou si le membre devient pins court ou fléchit . et si la fracture n'étant pas complète et les parties n'étant pas divisées , le membre se courbe. Dans ce cas , il ne peut accomplir aucun mouvement, et l'on sent dans le point fracturé

158 CAUSkS LfiS PLUS FRÉQUENTES DES MALADIES.

Gomrae ane nourelle articulation ; et si on lui imprime lé moindre mouvement, c'est alors qu*en approchant Toreille, on entend distinctement le craquement des points fracturés. . Qu'on s'adresse dans ce cas à un chirurgien eipérimenté ; car ici une fausse manœuvre est diflScile.à réparer. Aussi ?aut-il mieux attendre une journée entière pour se donner le temps de le trouver, que de prendre )e premier venu dans un moment de presse , car la guérison dés os fracturés oe s'opère pas prompiement. Cependant, pour les enfants, il ne faut pas trop différer. Dans les cas les plus ordinaires, il n*y a pas grand inconvénient à retarder de deux fois vingt-quatre heures la réduction de h fracture.

Toutefois il ne faut pas perdre de vue l'engorgement qui se forme et qu'on dojt prévenir, si l'on peut. On recommandera de laisser le membre en repos autant que possible. Qu'on applique des compresses froides sur les parties souffrantes ; qu'on donne à l'intérieur, si le malade est vivement ému et perd connaissance, àcon., et quelques heures après am. S'il survient des douleurs très violentes, insupportables, accompagnées de crampes convulsives, donnez chmu et plus tard am. Dans les cas les plus rares , où la douleur devient intolérable au dernier point et où les accidents les plus graves se déclarent, on peut procurer quelque soulagement en faisant subir au membre une légère extension. On deura pour cela l'entourer de deux serviettes placées au-dessus et audessous de la fracture. On attachera à ces deux tiens des cordes qiie l'on fixera solidement aux deux extrémités du lit, et, dans cette situation, de légères et fréquentes extensions seront exercées sur le membre.

Après avoir mis en rapport les fragments de Tos fracturé, on donnera symph. £n procédant ainsi, il arrive souvent que la guérison s'opère plus vite qu'à l'ordinaire; cependant, si

P%S «LESSURBS OU USIONS IfÉGANIQPBS. 159

cette gaérlson se fait attendre , et que les extrémités de Tos ne se prennent pas, comme cela s'observe principalement chez les vieillards, faites tombçr quelques gouttes d'acide phospborique affaibli dans de Teau de cbaux; il se forme un précipité qu'on laissera sécher, et donnez-en à l'intérienr nue très petite pincée tous les trois ou quatre jours.

Pe« Ue««Mrc«« Il faut savoir distinguer quelles sont les blessures qui guérissent d'elles-mêmes de celles qui ont besoin d*un traitement médical ; il faut connaître aussi la manière d*en favoriser la guérison et ce qu'il convient de faire dans les cas les plus graves, jusqu'à l'arrivée du médecin.

Toute blessure qui n'est pas mortelle guérit spontanément sans aucune espèce d'onguent, de drogues, de frictions, etc. Les remèdes extérieurs sont presque toujours nuisibles; aussi , depuis quelque temps , sont-ils abandonnés par les gens sensés. On doit se borner à un pansement convenable dont la base est l'eau froide; selon les circonstances, on donnera à l'intérieur un médicament que l'on aidera du régime.

Le point le plus important du traitement pour la prompte guérison d'une blessure, c'est d'en rapprocher les bprds; on soustrait ainsi la plaie à l'air. Les petites blessures superficielles se guérissent par le rapprochement des tissus diviséSu que l'on maintient en rapport, soit par un pansement, soit avec des bandelettes agglutinatives ou la toile-Dieu — Celles tfes doigts rendent souvent pour longte^nps les fonctions de la main difficiles, mais elles se cicatrisent promptement chez les personnes bien portantes, si l'on a soin de faire tout de suite un point de suture, opération bien simple quand on a un peu d'habitude, et qui, du reste, est peu douloureuse. — Commencez par rapprocher les bords de la plaie avec les doigts pour arrêter l'hémorrhagie, en laissant une partie de la blés-

sure à découTerl , afin que Ton puisse ensuite appliquer le point de suture , lequel sera fait avec une aiguille très fine » chargée d'un fil de lin ou de soie. Si la blessure n'est pas trop étendue, il suffira, pour la réunion des lèvres de la plaie» d*Dn seul point de suture. On aura le soin de ne pas faire de nœud à Textréinité du fil. — Si la blessure est triangulaire et profonde, on pointera chaque côté de la plaie avec Taiguille, et Ton nouera les fils au-dessus ; on les coupera, et Ton continuera ainsi le point de suture commencé. Dans ce cas , on se servira préférablement d'un fil court; on évitera par ce moyen beaucoup de souffrance et peut-être une déchirure Inutile. On aura donc le soin de s*armer de plusieurs aiguilles, afin de rendre l'opération plus courte.

Si la blessure est large et pénètre au milieu des chairs , on renoncera aux moyens précités comme insuffisants; on aura recours alors au sparadrap fortement agglutinatif (toile* Dieo); on coupera des bandes qui seront plus étroites sur leur milieu que dans les extrémités ; et, après les avoir légèrement ramollies par la chaleur, on les appliquera méthodiquement , . G'est-h-dire que la partie étroite de la bande tombera sur la plaie. Ce pansement sera fait de manière que le rapprochement des lèvres de la plaie soit aussi exact à sa surface que dans son fond, et pour cela il convient que les bandes soient assez longues pour leur donner un point d'appui plus étendu. Entre chaque bande on laissera un petit jour, et notamment sur la surface de la plaie , pour que si la suppuration vient à s'établir, le pus puisse s'écouler facilement.

On mettra le membre blessé dans la position la plus favorable au rapprochement naturel des lèvres de la plaie, et l'bn engagera le malade à garder cette position.

Quant aux plaies profondes de la face , du cou , des sourcils, etc., on est quelquefois oblige de faire une suture très

large » ce qui ne peut être fait convenablement que par un homme de l'art.

Dans les plaies pénétrantes et autres blessures étroites qui ont une grande profondeur, on devra procéder différemment: en faisant le pansement comme il est dit plus haut , on s'exposerait à n'obtenir qu'une cicatrice superficieUe, tandis qu'à rintérieur il s'établirait un foyer de suppuration ; cependant , s*il était possible de faire la compression dans toute rétendue , dans toute la profondeur de la lésion , tout en la cousant à l'ouverture, qu'on le fasse provisoirement , josqu'21 ce que le médecin vienne, car il faudra toujours le consulter dans ce cas.

Toute blessure, qu'on lui ait appliqué un point de suture ou un emplâtre adhésif, sera pansée dans le but spécial de favoriser la réunion par première intention , comme disent les chirurgiens, afin d'éviter que l'air ne puisse jamais s'y introduire ; on observera toutefois que le membre ne soit pas serré outre mesure par l'appareil de pansement.

Si Ton peut fermer la solution de continuité (blessure) avec un emplâtre adhésif plus simple, qu'on le préfère; il sera toujours meilleur que le sparadrap dit anglais» lequel est, pour la plupart du temps , fort incommode , attendu que les ingrédients qui entrent dans sa composition provoquent souvent rinflammation. En conséquence, on préparera soi-même remplâtre comme suit. On brisera de la colle de poisson qu'on fera ramollir dans l'eau ; on y ajoutera de l'eau bouillante et uij peu d'esprit-de-vin , et l'on fera bouillir le tout jusqu'à ce que la colle soit complètement fondue ; et puis un morceau de toile ou de soie étant fixé sur une table , on y étendra cette colle. Quand la toile ou la soie sera sèche, on en coupera pour l'usage. — On peut aussi faire entrer dans la confection de cet emplâtre , arnica , cahiidula , hypericum ,

162 CàUSBS les FLU^ fRfeQUBNTES BIS HiLADIBS.

rtUa , ou d'autres phntM cicatrisantes. On s'en servfara me grand avantage dans beaucoup de cas.

Quand on s*écorche la peau qui recouvre immédiatement les parties osseuses , comme les articulations , les doigts , le genou , etc., il en résulte des plaies qui peuvent devenir très mauvaises; cet accident est, surtout chez les enfants, une souffrance qui a son importance. — Dans ce cas , voici ce qu'il y a à faire : on détache avec soin la pellicule qui tapisse la coque d'un œuf frais et on l'applique sur 1^ plaie par le côté qui regarde le blanc d'œuf , et cela dans la plus grande étendue possible.

Quelque soigneux qu'on ait été dans le pansement d'une blessure , il n'est pa$ dit pour cela qu'il ne se déclare pas une hémorrhagie consécutive; dans ce cas , il faut s'empresser de couvrir la plaie de compresses à plusieurs doubles, que l'on fixera à l'aide d'un bandage méthodiquement compressif. En même temps, on arrosera le pansement avec*^des ablutions fréquentes d'eau fraîche. — Mais cela ne suffit pas toujours.

Si i'hémorrhagie s'échappe d'une blessure faite au cou, à la cuisse ou au bras , et que le petit appareil précédent ne suffise pas, il faut s'empresser d'exercer une forte pression sur tout le membre et sur une partie du cou ; puis, on se hâtera d'appeler un médecin.

Si le sang qiii sort de la plaie est rouge , rutjlpt , clair, qu'il jaillisse par saccades, i'héqsorrbagie présente encore un plus grand danger : qu'on ne perde pas un instant pour l'entourer des soins d'un médcc'n ; eu ajltendant son arrivée , que l'on comprime le membre au-dessus de la plaie, car cha* que minute perdue aggrave le mal. Cette compression sera faite entre la plaie et le cœur, au moyen d'une serviette soi* gneusement et fortement appliquée. Puis , qu'on recherche

D]SS BLESSURES OU LÉSIONS lEÉCANIQUES. 163

b pulsation du pouls au-dessus de cet appareil, jusqu'à ce qu'on Tait sentie. Dès qu'on l'aura trouvée, qu'on y applique un. bouchon en long, et qu'on presse dessus en le couvrant 4'une épaisseur de linge qui sera fortement fixée à l'aide de plusieurs tours de bande , de manière h arrêter le cours du sang. Quelquefois, après une compression ainsi faite, le sang sort encore avec plus de force, mais ce n'est que momentané. — Pendant ce temps , qu'on ne néglige pas d'appliquer de Teau froide ou de la glace sur la blessure.

On accepte souvent avec légèreté , dans l'espoir d'arrêter plus promptement une hénaorrhagie , de^ pratiques touti fait iniitiles et même nuisibles. Dans un moment de préoc"eupation, on charge la plaie de plusieurs épaisseurs de liqge pour s'opposer ainsi à l'effusion du sang , et l'on ne fait que la masquer. En outre, l'eau froide ne peut pénétrer i Iriver^ ce tas de linges. — Dans les cas les plus graves , on devra faire Tapplication d'un appareil de compression au-dessus et quelquefois au-dessous , et l'on réunira ces deux pansements sous une bande commune , de manière à ne former qu'un appareil ; on le mouillera ensuite avec de l'eau froide, et l'on suivra les antres prescriptions.

On emploie fréquemment, pour arrêter les bémorriiagies, des moyens empiriques qui sont tous plus pu moins nuisibles, parce qu'ils rendent la cicatrisation plus difficile en salissant la surface de la plaie et en y déposant des corps étrangers dont le travail suppuratif aura à la débarrasser : tels sont le vinaigre, toute sorte de baume, toile d'araignée, eau-de-vie, amadou , eau de Saturne , colophane , biauc d'œuf , suif, et autres qu'on trouve dans la pratique des commères, aussi bien que dans les pharmacies.

S'il arrive que la compression , l'eau froide , la glace , le repos ne puissent rien pour arrêter Thémorrhagie , qu'on

appelle le médecin, et qu'en attendant on procède ainsi QU*il suit :

On mettra sur la langue du malade une pincée de sel; si cela ne fait rien , qn*on lui donne du vinaigre étendu d*eaa; qu'on ne l'oblige pas à trop boire, et surtout rien de chaud ; qu'on place la partie blessée dans une position élevée, mais arec l'attention de ne pas gêner une partie quelconque du corps. Si le blessé se trouve mal , on ne le fatiguera pas par le flair d'essences pénétrantes. Cette défaillance est salutaire, car pendant cet accident le sang devient plus calme et se caille plus facilement dans la plaie par suite de Tapplicatioa de l'eau froide. Seulement , quand le malade devient tout à coup pâle et bleu, et qu'il est pris de mouvements convulsife de la face ou des membres, ceci commence à devenir très sérieux; alors, qu'on lui donne à flairer chin, une fois sur le bouchon du flacon; plus tard, s'il y a aggravation, un peu de vin vieux pur, et ensuite, s'il est nécessaire, répétez cbin, , un globule.

On emploiera les mêmes moyens dans les fortes hémorrhagies; mais dès que le sang se sera arrêté, qu'on fasse boire au malade de l'eau fraîche à petites doses , et aussi souvent qu'il le demandera.

Quand le premier pansement et que l'emploi de l'eau froide ne suffisent pas pour arrêter le sang , donnez am,; s'il reste sans effet, ipec. Dans un cas d'urgence, on peut se servir de la matière résineuse empyreumatique qui suinte dans les pa* rois de la cheminée , sous forme de gouttelettes luisantes et résineuses. Prenez-en de la grosseur d'un pois ; faites dissoudre dans une cuillerée d'eau-de-vie jusqu'à ce qu'elle devienne ferme; ajoutez un demi- verre d'eau, et faites-en couler dans la plaie goutte par goutte , et cela dans le cas où Top n'aurait pas pu se procurer de la créosote.

Les piqûres des sangsues coulent quelquefois beaucoup trop longtemps, et l'on a vu des enfants mourir dans la nuit par suite d*hémorrhagie. Le mieux est de ne pas s*en servir^ — On arrêtera le sang , ^ans ce cas, en tenant le doigt sur la plaie ou en la comprimant comme il faut , et en y appliquant un petit tampon de cire grasse; on veillera au pansement toute la nuit. — Les mêmes précautions seront prises à l'égard d'une saignée par la lancette.: — Le malade, moyenuant ces soins , s'endormira sans préoccupation ; mais on tiendra toujours quelqu'un auprès de lui pour s'assurer que le sang ne coule pas.

Pour obtenir promptement la guérison d'une blessure, il faut avoir le soin de la nettoyer avant tout pansement. Si la plaie se trouve contenir quelque malpropreté , du sable , de petits éclats de boi.s , des morceaux de verre , des arêtes de poisson , du petit plomb ou de la bourre, ou des morceaux d'habit ou de linge ; si le fer qui a fait la blessure se trouvait rouillé ; toutes ces diverses causes aggravent la position et rendent la guérison plus difficile. Qu'on ait donc l'attention de nettoyer la plaie à grande eau , et qu'on s'attache, à l'aide de petites injections, à faire sortir ces divers corps étrangers. Si Ton ne peut parvenir à les enlever à la première fois, qu'on se contente de faire un simple pansement ; il suffira , pour le moment , d'empêcher l'accès et l'action de l'air, et de renouveler souvent ce pansement. Dans tous les cas , ce genre de plaie , toujours compliquée , a besoin de la présence d'un médecin.

S'il s'agit d'un clou, ou d'une arête, ou d'un éclat de bois» 00 d'un morceau de verre rentré dans la plante du pied , on ne peut pas toujours les faire sortir en entier. Il arrive alors que le chirurgien est oblige de faire une incision cruciale ,

166 CAUSES LBS PLUS FRÉQUENTES DES IfÀLADlES.

et cela souvent sans succès. Dans ce cas , il faut introduire dans la plaie un^ goutta d'un baume vulnéraire, et le naeiilepr, dans celle circonstance, est celui du Pérou. On appliquera par-dessqs un carré de linge qu'on fixera au pied. S'il s'agit d'une blessuie proionde, on la remplira peu à peu avec des boulettes de baume \ qh renouvellera ce genre de pansement tous les jours, jusqu'à ce que la plaie soit guérie daos son fond. Il est essentiel de faire au malade l'obligation de marcher, malgré ses souffrances ; on sait qu'en marchant , une plaie du pied se nettoie incessamment. Si l'inflammation devenait trop forte, qu'on ait recours, q^ant à Teiçtérieur, aux applications d'eau froide ; et , quant à l'intérieur, qu'on se serve des moyens ci-dessus indiqués.

Quand une blessure du pied est tout à fait cicatrisée, mais qu'en marchant on y éprouve des douleurs violentes , ^ est è croire qu'il y a encore quelque chose ; dans cette supposi^ lion , on fixera au pied une semelle de liège , de carton on de bois uni , à laquelle on fera un trou à la partie correspondante à la douleur, puis on prescrira au malade de marcher vivement, et on lui donnera matin et soir un globule silic; s'il reste sans effet, sept jours après, hep, sulph., et encore sept jours après, silic. r- A la suite de ce traitement, on verra sortir de la plaie le corps qu'on supposait y être séquestré. 3i la douleur est superficielle et que la peau soit unie et souple en cet endroit , qu'on y fasse une incision pour doni^er passage à la matière qui entretient le mal.

Indépendamment des moyens qu'on emploie pour arrêter rhémorrhagie et du pansement de la pjaie, il est nécessaire , pour en compléter la g^iérison , d'accompagner ces moyens d'un tr«lteiitei»< çt d'un régime convenables. O^ns le cas d'une vaste blessure , il faut que le makde se tienne dans

DBS BLESSURES 00 LÉSIONS MÊCiNIQUES. 167

mie grande tranquillité d*esprit et de corps, qu'il boi?e beaucoup d*eau fraîche; qu'il évite tout ce qui est chaud , lïalé, épicé t fumé , etc.

Si l'on s'aperçoit que le premier pansement soit trop serré, en le lâchera un peu dès qu'il dëtii^ndra incommode ; ce qu'on pourra faire le lendemain. Si ce pansement a été cou- Tenablement fait , on le laissera t^l quel pendant deux ou trois jours , pourvu que là plaie ne sdît pas entrée en suppuration': c'est le moment de doitner un peu de dégagement.

Quahd on enlève le sparadrap, il faut s'y prendre de manière à le détacher à la fois^ eh le saisissant par les deux bouts , et en le relevant sur le tentre. On le remplacera' immédiatement par un autre > de manière que la plaie ne reste pas entre-bâillée. Si elle est en bon état» on n'f touchera pas ; qu'on laisse la plaie se fermer d'elle-même. £n été , il conviendra de renouveler souvent le pansement , et surtout à l'égard des plaies qui stippurent beaucoup. Quant aux fils des sutures , ils finissent par tomber d'eux-mêmeft.

L'eau froide ne sert pas seulement h calmer le mouvement du sang et à nettoyer la plaie , elle contribuera aussi plus tard à la guérison. En conséquence, qu'on arrose comme il faut et fréquemment les compresses , surtout s'il y a de l'engorgement , de la douleur et de la rougeur. On aura soin de remettre ensuite par-dessus une enveloppe de papier huilé ou de toile cirée , afin de garantir les autres parties de l'humidité. Au début de la maladie , on renouvellera ces ablutions trois fois par jour ; plus tard , deux fois ; quand l'Inflammation commence à tomber et la plaie à guérir, on les éloignera, et on les cessera tout à fait quand l'inflammation aura disparu en totalité.

Quand une plaie aura sqppuré longtemps et beaucoup, il

168 CAUSBS LES PLUS FRiQUBNTES PSS MALADIES.

n'en faudra pas moitis continuer le traitement , en mettAot en usage celui qui convient aux ulcères, comme il sera dit plus tard , et , au lieu d'eau froide , il y aura lieu d'eïnployer l'eau chaude.

Mais toute piaie décblrée , coùtuse , et dont on ne peut rapprocher ]e3 bords , sera ramassée sur elle-même autant qaç possible, et sera traitée k l'eau fraîche, sauf, plus tard, à lui appliquer l'eau chaude , si elle dégénère en ukère.

Toute plaie qui porte sur les os , soit sur les os de la téce « sur le sternum, sur ceux du cou, des articulations des doigts, des yeux , sur le tibia , etc., ne sera jamais traitée qu'à l'caQ froide , à l'exclusion de tout pansement par compression , de tout emplâtre, «u d'appUcatioos balsamiques, etc. Seulement, au début , s'il s'agit d'arrêter le sang, on appliquera un appareil suffisant de con^pression , et , bientôt après , une simple bande roulée pour faire obstacle h faction de l'air. Mais qu'on soit bien convaincu que toute autre chose , quel que soit son nom, est très nuisible ; qu'on sache qu'il en résulte quelquefois des ulcères qui peuvent s'étendre jusqu'à la substance osseuse. On se contentera d'employer ici à l'extérieur des rentèdes que nous avoàs indiqués au sujet des frac* tures, en ayant soin de les étendre dans une solution aqueuse.

On doit favoriser la guérison des blessures par des i «ameuts «ippr«H^rié0 9 et l'on en fera l'emploi dès que le malade sera revenu d'une première émotion , qu'ifsera plus tranquille.

Quand la fièvre se déclare , que la peau est sèche, que le malade est inquiet, donnez acon.; si son inquiétude est accompagnée d'une grande surexcitation «donnez coff'.; s'il a perdu beaucoup de sang, chîn, toutes les six, sept ou huit heures, ou même plus souvent. Si l'amélioration n'a pas

lieu , donnez on des médicameots appropriés aux dhrcrs cas de blessure.

Am. convient mieux dans les blessures par écrasement que par incision, ainsi]que lorsque la partie lésée est devenue brune ou bleue , quand on a pu fermer facilement la plaie, qu'elle est simple et superfideile.

Calend. convient quand la blessure est faite par dihcération , qu*elle est grande , ouverte et profonde , qu'elle est difficile à fermer ; quand, après chaque pansement, le moindre mouvement donne lieu à une douleur vive ; quand il y a des fragments de peau détachés, et que la plaie est irrégulière et en zigzag.

St^h. convient quand c'est une blessure faite par uû instrument tranchant, et qu'elle pénètre profondément dans les chairs , par suite d'un coup de couteau ou d'un éclat de terre, ou par suite d'une opération chirurgicale.

Hyperic. est bon quand la blessure provient d'un coup de pointe, d'une déchirure, d'un écrasement ou coupure; quand les douleurs sont très violentes , et surtout si elles durent longtemps et ressemblent à une douleur de dent ; quand elles sont rayonnantes et se propagent le long du membre. Ce médicament convient aussi aux enfants, quand, à la suite d'une légère blessure, ils ont des crampes ou convulsions.

Si h lésion a porté sur l'os, on n'oubliera pas les moyens que nous venons d'indiquer*

€es remèdes seront administrés à l'intérieur à l'état de globules, et , à l'extérieur, à l'état de teinture étendue dans l'eau où l'on^rempcra les compresses.

Chez les personnes d'une santé délicate et dont la peau est mauvaise , ces plaies suppurent beaucoup et sont lentes à guérir : alors on donne chamom,; si cela ne suffit pas, hejh ml pli, ; quand il se forme dos abcès, .<?//?>.

Si les accidents se présentent de manière à donner lien à des eoniraeiioiis spasmodiqnes de la mâchoire {trismits^ tétanos) t il ne faut pas hésiter un instant à appeler un médecin ; mais , le cas échéant , gardez- vous d'avoir recours à uo médecin ordinaire, parce qu'il ne pourrait y remédier; et si dans cette grave circonstance il n'y a pas moyen d'avoir on médecin hortiœopaihe, que Ton tâche d'y suppléer tant biea que mal. Si le blessé se plaint d'une douleur dans la nuque, et d'une roideur extraordinaire, qui se fasse sentir dans toute l'épine dorsale ; s'il éprouve un resserrement léger de mâchoire ; s'il s'étonne pour rien , et devient très irritable à la moindre occasion ; s'il ne peut ouvrir la bouche et qu'il ait la respiration difiScile, que l'on donne dans ce cas ign,^ trois ou six globules toutes les deux heures , jusqu'à ce qu'il se déclare une amélioration. Si cette position s'aggrave, et que les mâchoires deviennent le siège d'un véritable trismus avec roideur et tension des muscles du dos , donnez alors merc. ; si cela ne réussit pas ^ surtout si le blessé a la figure rouge , donnez belL ; si le visage est alternativement pâle et rouge , acon. Dans quelques cas où le malade devient froid , on y remédie par bry. ou t;^ra^. Si la chaleur donne de l'aggravation , donnez sec. Toutefois on conçoit qu'une personne étran^ gère à la médecine doive éprouver de l'embarras à saisir ces diverses indications. Si au moindre contact ou impression le patient éprouve une crise , le principal remède est ign. ; s'il y a lésion du nerf, hyperic. ; s'il se déclare une rougeur autour de la plaie , rut, ; si l'on a déjà pris beaucoup de mercure , angmt. On trouvera aussi dans rhus td^iç.^ hyosc^ siram.^ ccanph.^ etc., des moyens fort utiles, mais il faudra savoir les choisir au moment opportun.

Dans le cas de u^mmo» » on a recommandé dernièrement comme remède efficace, brtic.

Les blessare$par suiied*anPttciicin«Bt de denta saignent d'ordinaire très longtemps. Le vinaigre est toujours nuisible; que Ton tâche d'arrêter le sang avec de Feau fraîche ; si cela ne suffit pas, que i*on porte sur la mâchoire un petit tampon de linge ou un morceau de bouchon, et qu*on le tienne ferma jusqu'à ce que le sang ait cessé de couler. Si cela ne fait rien encore, que Ton se serve de Teau de suie, comme il a été dit plus haut , que Ton y trempe un linge qui sera placé sur la plaie alvéolaire ; s'il s'y développe beaucoup d'engorgement et de douleur, que Ton donne am. ; avec lièvre, cucon. Quel-? quefois il sera utile d'alterner ces deux remèdes. Quand le patient ressent du refroidissement , et que ces moyens sont restés insuffisants , rhus tox. et bry, pourront servir avantageusement. £o présence d'une douleur pulsative et insupportable de l'os qui peut s'accompagner de fièvre , que l'on donne hyosc. ; si la gencive reste engorgée et suppure longtemps, silic, tous les sept jours, jusqu'à complète guérison.

Quand les enfants , par suite d'une chute , ont reçu une forte commotion à la tête, qu'ils vomissent, qu'ils crient peu ou poussent des cris étouffés, s'ils dorment d'un sommeil long et pénible, que l'on donne toujours anu et qu'on ne les tienne, pas trop chaudement , mais qu'ils n'aient pas froid ; qu'on ne leur donne à boire ou à manger rien de chaud ; qu'on nç les laisse pas dormir trop longtemps; et s'il survient des convulsions et de la fièvre , donnez belL^ si cela ne suffit pas , hyosc. ; s'ils portent fréquemment le doigl dans le nez, cm. ; s'ils éprouvent du malaise, s'ils agitent leur tête sur l'oreiller, et s'ib ont de fréquents éblouisisements et des frayeurs, non seulement dans la nuit, après le réveil et dans l'obscurité (ce qui est naturel), mais aussi pendant le jour, donnez belL Si cela est insuffisant, même après one seconde dose, donnez,

172 CAUSES LES l'LUS FRÊQUfiNTKS DES MALADIES.

quatre à cinq heures plus tard , hep, sulph, , qu*on laissera agir pendant quelques semaines; si, malgré cela, il reste quelques sympièmes de cet élat , si la tête grossit peu à peu, et qu'entre les sutures la peau se gonfle, et qu'en y touchant elle laisse sentir une légère pulsation , donnez cale, carb. Dans ces divers cas, il est encore mieux d'eUToyer chercher un médecin homœopathe.

Les McmiiMïsde iatéfe,qui se compliquent de fracturedes jos^lDÔmme celles du visage , du cou , de la poitrine, du basventre , ainsi que celles où il va luxation ou écrasement , doivent être traitées par un médecin.

Si un membre a été partleU^meiit éciwaé, on peut quel* quefois le conserver en faisant des applications de compresses à Peau froide ou à la glac^, et en donnant à l'intérieur am. , et quelquefois acon, , alternativement ; même dans le cas on il se déclare un commencement de gangrène, il est encore possible de le sauver en donnant chin,, et plus lard, quand la peau devient d*^un noir bleuâlfe , lach. Cependant il n'appartient qu'à un médecin de juger de l'opportunité de ce qu'il convient de faire, et nous ne faisons ici que proposer les moyens qui conviennent lorsque le malade se refuse à l'amputation , et qu'il n'y a pas de chirurgien assez expérimenté pour le faire, ou que le moment favorable d'amputer est passé.

; Quant aux vastes m«»siii><mi «e l'abdomen, à la suite des* quelles il existe une large ouverture par où sortent les intestins, qu'on ne laisse pas le blessé sans secours ; et bien que ce grave accident paraisse présenter le plus grand danger, on peut encore avec un peu d'attention y remédier facilement. Que l'on s'attache tout de suite à mettre les intestins en place, mais non

DES BLESSfJRKS OU LÉSiO.NS MÈCANlQUJiS. 173

sans les avoir nettoyés, dans le cas où i}s se seraient salis; que l'on fasse ce lavage avec de Teau tiède; que Ton ne frotte pas et qu'on se contente de faire des lavages , avec le soin de ne pas laisser s'introduire de l'eau dans le bas-ventre ; que Ton ne touche pas le paquet intestinal avec les mains nues, mais à travers un linge de toile ; qu'on ne donne rien de fort à flairer ou à prendre par la bouche ; seulement , quand le blessé paraît tout à fait indifférent et étpurdi , donnez op. ; s'il est hors de lui , coff. ; s'il commence à avoir des crampes , des convulsions , ign. ; s'il devient plus pâle, avec nez effilé, et extrémités froides, chin.; mais, dès que la première émotion est passée, am. ou calend. S'il n'y a pas de médecin, que l'on couse la blessure avec un fil ciré, mais avec le soin de laisser dans la partie la plus déclive une petite ouverture, que Ton pansera afin d'empêcher l'air de pénétrer, et qu'on la traite comme il a été dit plus haut, sans faire autre chose. Si plus tard , comme cela arrive quelquefois i la suite de cette opération , il se déclare de violentes coliques , donnez coloc, , et , plus tard encore , s'il y a aggravtlion , stopk On peut continuer à administrer ces deux médicaments aUernative* ment, jusqu'à ce que l'état du maladç soit rassurant. Dans les cas. les plus graves, lach. QipAosph. ont produit de bons effets après quelques jours.

S n. - ras CORPS étrangers iNTRODinrs dans l'organisme.

nan» Um jeux. Le simple lavage n'est utile que pour faire sortir la poussière; mais, si la substance introduite est solubledans l'eau, les lotions ne peuvent qu'aggraver les souffrances. Le frottement est encore plus dangereux; mieux vaut le lavage, surtout quand on a soin de mettre 1 œil dans un verre plein d'eau. L'huile est un calmant contre les acides ou les bels caustiques , mois elle offre de très graves incon-

vénients contre la poussière de cantharides oa autres insectes morts. Le blanc d*œuf est très bon , quand il est tombé dans l'œil des parcelles acérées de substances minérales , des couleurs , ou tels autres petits corps aigus. Si c'est de la chaux, de la cendre , quelque éclat de couleur non fondue , ou du tabac en poudre, il faudra dans ce cas se servir de lait caillé acide, ou de la crème tournée.

S'il est entré dans l'œil un petit corps qui occasionne une pression vive, qu'on écarte les paupières, et qu'on tâche de le faire tomber au moyen d'une petite allumette de papier fortement roulée ; son extrémité ne portera point sur l'œil , et Ton s'en servira comme d'un pinceau. Puis , on laissera l'œil se mouvoir dans toutes les directions pendant l'écartement des paupières , et Ton examinera si dans l'intérieur il n'y a pas d'autres corps étrangers. Le papier sans colle sera préféré, parce que ces petits objets s'y attachent plutôt. S'il était utile de porler profondément celte petite allumette, on la mouillera préalablement avec la salive.

Les forgerons , par exemple , sont exposés à être atteints dans l'œil par de petits éclats de fer chaud , qui adhèrent fortement ; on peut s'en débarrasser et les extraire au moyen d'un crin doublé que l'on promène çk et là sous la paupière, ou bien encore, à l'aide d'un cure-oreille bien nettoyé. L'aimant a souvent servi à enlever ces parcelles de fer : qui veut l'essayer, le fasse.

Comme tout frottement est toujours nuisible , il sera préférable, surtout chez les enfants, d'appliquer un petit appareil de compresses trempées dans l'eau froide. Souvent les souffrances s'apaisent par le sommeil. Quand il y a rougeur et inflammation de l'œil, donnez acon,, qui est encore utile quand bien même le petit corps ne serait pas sorti , et qu'il y a quel(|ues difficultés à l'ei^traire. Ce remède calnie beau-

coup les douleurs , ce qui est d'i^n grand aTantage , puisqu'il pe«it faire attendre avec patience Tarrivée du médecin, ou bien donner au malade une nuit supportable , jusqu'au retour du jour, où rinspection de I'cbîI est plus facile. Si, après avoir continué oeon., Foeil reste sensible et rouge, donaeii sulph. ; si cela ne suffit pas, donnez eo/c. carb, après le septième jour.

naos lès oreilles. S*il y est entré des insectes , qu'on se tienne couché suc Toreitle opposée , afin de recevoir dans Tautre de Thuile go.utte à goutte, jusqu'à ce que l'insecte se fasse voir ; on l'ôtera alors avec une allujQette dç papier roulé. S'il s'est introduit dans l'oreille d'un enfant quoique chpse qui soit susceptible dese gonfler par l'humidité, tel qu'une graine, qu'on se bite, parce que chaque heure de retard rend le cas plus grave. Prenez une épingle à cheveux, pliez-la sur le milieu, et faites-lui subir en ce point un angle obtus, ce qu'on peut faire facilement à l'aide d'une clé; elle doit former ainsi une espèce de curette, dont les extrémités libres seront fixées dans un bouchon.

Qu'on se place de manière à être derrière l'oreille, qu'oi^ la tire avec une main en haut et derrière la nuque, de façon que l'œil de l'opérateur y voie^aussi profondément que possible. Qu'on trempe l'instrument dans l'huile , et qu'on le fasse glisser assez résolument dans l'intérieur de l'oreille, de façon à saisir le corps étranger par derrière; et une fois qu'il est embrassé, on le soulève légèrement et on le ramène à soi.

S'il y a inflammation et douleur dans l'oreille, qu'on donne arn, ; quelques heures après, puis, ; si l'inflammation est assez intense pour que l'oreille en soit enflée au point d'empêcher l'extraction, donnez alors /7u/5. ; s'il arrive, par exemple, que l'enfant éprouve de fortes douleurs , de la fièvre, du dé-

176 CAUSES LES PLUS FRÉOUKN'fES DES MALADIES.

lire, s'il se débat avec rage, puis, ne suffit plus, donnez belL ; et plus tard, 8*il reste encore de la douleur, on peut s*en défaire parsw/joA.

Après que ^es accidents inflammatoires ont disparu , procédez à l'extraction du corps étranger.

BwoÊ» le neE. Dans le cas où l'on aurait à extraire un corps étranger logé dans les narines , qu'on attende que le malade fasse une forte inspiration ; on lui ferme ensuite la bouche afin que l'air s'échappe avec force par le nez, ou bien encore on en chatouille l'intérieur avec une barbe de plume ou avec un peu de tabac à priser, afin de l'obliger à éternuer. On peut aussi se servir du petit instrument décrit plus haut, pour l'extraction des corps introduits dans l'oeil. Selon les circon* stances, on donnera à cet instrument des proportions telles, qu'on puisse le porter jusque dans l'arrière-bouche. Cependant qu'on ne se laisse pas trop aller h des tentatives de cette nature ; il vaut toujours mieux s'adresser à un médecin qui ait des instruments adaptés à de pareils accidents. — L'inflammation qui en résulte et forme obstacle à l'opération, de même que celle qui se déclare cônsécjjtivement, se guérissent l'une et l'autre par acon, ou am. Lorsque cela ne suffit pas, donnez bell. ou 7'hus toxic. Contre les douleurs persistantes et la suppuration consécutive, donnez sulph,

nans le gosier. Si pareil cas se présente dans le gosier, qu'on provoque à cracher avec force et promptitude en frappant entre les épaules; qu'on fasse ouvrir la bouche, et après avoir fixé la langue en bas avec une cuiller, qu'on regarde dans le gosier pour s^assurer s'il y a quelque chose qui puisse se prendre avec le doigt et être enlevé.

Si c'est une grosse bouchée qui s'arrête au fond du gosier, il est urgent, à cause de son volume et de sa dureté, de provoquer la régurgitation, surtout quand, eu pressant la gorge,

OU sent que la bouchée se porte eu liaut. Afin de faciliter la régurgiiaiion , il suffira de chatouiller le gosier, et, selon le cas, de mettre uue prise de tabac sur la langue , ou môme encore de faire des injections d'une infusion légère de tabac. — Si l'on peut s'assurer par une exploration extérieure de la présence du bol alimentaire, il suffit quelquefois d'une simple pression dirigée de bas en haut pour le faire rendre. Si Ton a affaire à un enfant, il faut commencer par le con« traindre à cracher ce qu'il a avalé, mais que ce ne soit pas avec trop de yiolence. Si la bouchée est déjà descendue a^sez en avant pour qu'on ne puisse la voir en regardant au fond du gosier, et au contraire si elle est parvenue jusque dans la région inférieure de l'arrière-bouche, il faut en favoriser tout de suite la chute dans l'estomac, ce qui sera d'autant à propos qu'elle se trouvera d'une substance d'une digestion facile. Si le patient sent que le bol commence à cheminer, qu'il laisse faire, il tombera de lui-même; seulement, pour aider, il boira de temps en temps une gorgée d'eau , pourvu toutefois que le corps engagé ne soit pas de nature à se gonfler par l'humidité: car, dans ce cas, il faudrait donner du beurre fondu ; si enCn la déglutition est par trop difficile, qu'on tâche de la favoriser avec une baguette de bois souple, ou mieux, avec une baleine très lisse , dont l'une des extrémités sera raboteuse et dentelée tout à la fois, afin d'y fixer plus fortement une éponge avec un lien de fit ou de soie. Ainsi disposé , cet instrument improvisé sera trempé dans l'huile et sera introduit avec précaution dans l'arrière-bouche , où il doit forcer l'obstacle.

S'il se déclare une contraction spasmodlque qui empêche le morceau de descendre , s'il y a douleur, difficulté de respirer et autres symptômes semblables, donnez ign. Si cela ne suffit pas , chamom, o. % alors , donnez à avaler un peu

d'huile ou.de beurre, et recommencez les tentatives mécaniques de la déglutition.

Il reste souvent dans la gorge , à [^endroit où était Fempêcbement, une sensation comme s'il y avait encore qqelque chose d'arrêté, i^ais cela n'est rien , cette sensation s'efTace d'elle-même, ou après avoir pris un remède. On se convainc que ce n'est qu'une fausse sensation, parce que les douleurs, qui précédemment étaient fortes, n'augmentent pas, restent les mêmes, et qu'il ne survient pas d'autres souffrances. Aussi peut -on alors avaler sans difficulté aucune, soit un peu de boisson , soit une bouchée molle. Toutefois , en avalant, on éprouve encore, au passage qui a souffert, une douleur qui disparaît. Dans ce cas, on peut donner am.y et s^il ne suffit pas, merc, viv. Si cependant il restait quelques débris dans la gorge et que la douleur persistât, donnez silic.

Si c'est un os qui se soit arrêté dans la gorge, et qu'il soit d'une dimension telle qu'il ne puisse descendre, il faut l'ôter de la manière indiquée ci-dessous , ou en faire faire l'extraction par un médecin.

Si l'on a affaire à des eorps aigus, pointas, à des : eeaux de Yenre* à des arêtes, à de petits os, à des gies, à des aiguiUesy etc., qu'on se garde bien de faire des tentatives violentes. Dans ce cas, on se contentera d'avaler de temps en temps une bouchée de pain un peu forte, sans être trop mâchée toutefois ; une ligue peut remplir le même office; ou, si ce sont de petits corps acérés qui se soient attachés à la gorge , qu'on prenne des boulettes de c^re de la grosseur d'une balle de plomb, enduites préalablement de miel ou de sirop.

S*il survient des symptômes dangereux , tels que douleurs violentes, pression qui va jusqu'à l'étouffement, grandeanxiété,

JOES BLESSURES OU LÉSIONS MÉaNIQUBS. 179

iDoiiTements convulsifs, etc., qu'on se hâte de faire Textrac*^ tion da corps engagé dans la gorge. Pour cela , on se sertira d*un fii de fer qui sera doublé de manière à faire une anse dans le milieu ; on le plongera dans la bouche et on le pous^ sera jusqu'au-dessous du point douloureux; là on lui fera subir un mou?ement de va-et-vient , quelquefois un mouvement de rotation, et on le sortira tout doucement. Dans certaines circonstances, il est préférablede se servir d'un morceau de baleine, monté comme il a été dit plus haut. On enfoncera cette baleine jusqu'au-dessous du corps étranger; en même temps on donnera à avaler une gorgée d'eau pour gonfler Téponge , alors on tournera tout doucement la baleine et on l'attirera à sot. On peut également se servir d'une large barbe de plume attachée à un 61 de fer. Plongée dans l'arrièregorge , ainsi qu'il vient d*être dit de la baleine , on la fera pivoter légèrement, et Ton ramène quelquefois l'objet engagé* — D'autres fois, quand ce sont des aiguilles ou des arêtes qui sont introduites , on peut faire usage , avec quelque succès , d'un morceau de viande ou de lard qui sera attaché solidement à un fil ; le malade devra l'avaler^ et quand il sera arrivé à la partie douloureuse, on le retirera vivement. S'il s'agit, dans un cas d'urgence, d*un fragment de verre, qu'on se serve du bout supérieur d'une chandelle de suif, qu'on attachera par sa mèche à un fil ; on le donnera à avaler, et on le sortira après qu'il aura eu franchi le point douloureux : on répétera cette opération plusietfrs fois. Il est bien entendu que, dans de pareilles circonstances, on se servira des moyens qui sont le plus à portée , et que l'on prendra toujours en considération la nature dû corps engagé. C'est ainsi qu'un enfant qui courait les plus grands dangers pour avoir avalé un hameçon en fut débarrassé h l'aide d'une balle de plomb, qui , ayant été percée et puis enfilée par un bout de fil , arriva sur Tob*

stacle , pesa dessus, détacha rhameçon et le ramena heureasemcQt.

Dans les cas où l'opération précédente est indiquée, on fera appuyer la tête du malade sur la poitrine d*un assistant ; ou baissera et l'on tiendra baissée la langue avec le doigt indicateur, puis on introduira Tiustrument, préalablement préparé, huilé,. avec une grande précaution dans Tarrière-gorge , et aussi profondément que cela sera nécessaire. On sera averti ^u^ Tinsirument est^ai rivé sur le corps étranger à la résistance iastinctivedu malade, ouà la douleur ouaux mouvements brusques et presque convuUifs qu'il manifeste. Pour retirer Tin* strumeot, on ne sauraiiapportcr trop d'attention aûn d'éviter d'obstruer la trachée^artère et de ne pas abandonner le corps étranger qu'on ramène. Qu'on porte plutôt l'instrument un peu de c^té, et qu'on se hSte de faire pencher la t^te du mfilade en avant dés qu'on en aperçoit l'extrémité.

Dans les cas les pUts graves et les plus difficiles, cette opération, pratiquée même par un médecin habile, peut échouer; alors il ne reste plus qu'à ouvrir la gorge : on peut encore espérer de sauver par i;e moyen extrême un' malade sur le point d'étouffer,

nans l'estomac et le» Intestlnii. Il suffira souvent d'àvaler des substances molles, gluantes et liées, d'éviter tout ce qui est échauffant, acide et irritant, et d'atteqdre patiemment que le corps étranger, réfractaire aux forces digestives, soit rendu par les selles. Des frictions sèches, des pressions mode rées sur le bas-ventre, puis se coucher dessus, faire un peu d'exercice sans fatigue,. tout cela favorise, aide les intestins dans tes efforts expulsifs. — On voit , en effet , une pièce de monnaie, une balle, une bague, etc. y même les corps qui ont ua diamètre plus grand que celui des conduits par qù ils doir vent passer, sortir, quelque temps apiés, sans souffrance, ejt

DES BLESSUKES OU LÉSIONS IfÉCANIQOBS. 181

cela par le seul effet d*nn régime convenable. — Celui qui est sujet à la constipation s'abstiendra de tout purgatif qui affoiblit la force intestinale; qu'il prenne, au contraire, une noàrriture légère et du beifrre en quantité ; puis , quMl ait le soin de s'administrer tous les jours un lavement d'eau tiède ou de lait.

Il faudra prendre la précaution de rendre ses évacuations dans un vase plein d'eau, afin de s'assurer que le corps étranger est sorti. On tamisera les matières rendues; et s'il s'agit de petits corps effilés et aigus, on jettera le tout sur un gros linge, et l'oh constatera s'ils ont été amenés avec les selles. -^ Les aiguilles se fraient généralement une tout autre voie, et le plus souvent sont rendues sans aucune souffrance et sans danger pour le malade. Si elles devaient séjourner longtemps, qu'on donne toutes les semaines silice et plus tard, une seule fois dans l'intervalle, hep. sulph.

Si, quelque temps après avoir avalé des aiguilles ou une pièce de monnaie, il survient des symptômes graves^ des douleurs violentes dans le bas-ventre avec une sensation de serrement et de pincement, qu'on donne tout de suite ipec. ; s'il est suivi de soulagement, il faut y revenir toutes les fcHs que le mal reprend ; s'il ne suffit pas, donnez nux vom. Si, malgré ces premiers soins, les accidents s'aggravent, suivis de coliques violentes et de constipations, op. y remédie souvent ; s'il survient des accidents plus graves accompagnés de douleurs lancinantes sur un point, et que là on ressente comme si un abcès voulait s'y former, qu'on donne lach.

Quelquefois les objets avalés suivent sans difficulté tout le trajet des voies digestives, et ne s'arrêtent qu*à l'anus. Qu*on donne dans ce cas des lavements mucilagineux, d'huile ou de lait ; qu'on coupe ensuite de longues bandes de lard d'une certaine épaisseur, qu'on les introduise à cet effet dans la

182 CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MiLiDiES.

moilié de leur longueur. Si, après avoir donné le lavement, CD peut faire cette introduction de manière à garantir i'inleslin des blessures qu'il pourrait recevoir du corps étranger qui s'y trouve, il deviendra facile de Fextraire» dès qu'il se présentera, avec une baguette arrondie ou le manche d'une cuiller d'argent. — sr l'on ne peut en venir à bout, il faut appeler un médecin pour qu'il fasse le nécessaire. Mais qu'on se garde toujours d'administrer des purgatifs, ce qui serait très dangereux. Si l'anus se ferme avec spasmes, donnez ign. Quand des sangsues s'introduisent dans l'estomac, il se déclare des symptômes alarmants, tels que douleurs brûlantes, hoquets avec suffocation , vomissements mêlés de sang , et fièvre lente qui mine le corps : qu'on se hâte alors de donner de l'eau salée en grande quantité, et, dans l'intervalle, du beurre fondu ; chez les enfants, quelquefois un peu de sucre, et jusqu'à ce que les souffrances aient un peu cessé. On donnera ensuite arw., et quelques jours après, éontre les souffrances consécutives, an, alb.

Si d'autres petits animaux, comme des insectes, pénètrent dans l'estomac, il suffira de donner du beurre fondu salé ou de l'huile ; si la douleur ne cesse pas tout de suite, qu'on donne une pilule de camphre de la grosseur d'un pois, écrasée dans l'huile. S'il s'agit de vers, de petits reptiles, de grenouilles, qu'on donne à boire de l'eau sucrée, et du sucre à manger, jusqu'à effet évacuant. Si cela ne suffit pas, qu'on donne des pilules de mie de pain mêlées avec un peu de tabac. Contre les souffrances qui en résultent, faites flairer du camphre, et répétez quelquefois ipec. ou nux vom.

Dans le larynx et la trachée-artère. Lorsque l'ou parle ou que l'on rit pendant la déglutition, ou lorsqu'on fait une forte inspiration en tenant quelque chose dans la bouche, ou ouand un enfant en jouant saisit un objet quelconque avec la

bouche, il arrive souvent que le corps étranger s'engage dans le larynx ou la trachée-artère. Dans ce cas, on a recours à la pratique vulgaire qui consiste soit à frapper entre les épaules pendant que le patient porle la tête inclinée en avant, soit i provoquer Téternument ou le vomissement en chatouillant . le gosier, moyens utiles seulement dans les accidents les plus simples, mais qui peuvent aggraver aussi la position du malade; ainsi, qu'on n'en abuse pas. On peut pareillement, en jetant avec force la tête en arrière, faciliter une toux violente qui dégage le corps et l'oblige à sortir. Cependant, qu'oii ne compte pas sur ces divers petits moyens, si le corps est engagé trop avant dans le larynx. — On s'assurera de sa présence, en saisissant doucement avec les doigts le larynx â l'extérieur, et en lui faisant subir un petit mouvement de haut et de bas ; il devient alors assez facile de le sentir et de te faire claqueter contre les parois, s'il n'est pas trop adhérent. Quelquefois on parvient à rassurer le malade à l'aide dé quelques médicaments, et s'il s'endort la tête peu élevée, il arrive que le corps sort de lui-même. Si te danger augmente malgré les remèdes, il faut procéder à l'opération: Qu'on se hâte alors d'appeler un médecin capable d'entreprendre cette opération, qui reste l'unique moyen de salut, même lorsque le malade parait ê^e dans un état désespéré. La trachéotomie, si elle est bien pratiquée, n'est nullement dangereuse comme elle parait l'être à beaucoup de gens; elle n'est même pas très difficile. La plaie qui en résulte guérit assez promptement d'elle-même, comme tout le monde le sait; on voit, en effet, souvent des gens qui se sont coupés accidentellement ou autrement la gorge, se rétablir en peu de jours. Ce serait donc un tort que de reculer devant cette opération, quand il S3 trouve un chirurgien assez expérimenté pour la pratiquer.

^Sk CAUSES LES PLUS FRÉQUENTES DES MiLADIES.

Comme les accidents sont ici à peu près semblables à ceux (|ue nous avons fait connaître au sujet des corps engagés dans rarriëre-bouche, les mêmes moyens s*y appliqueront après un examen préalable et selon les mêmes précautions. Nous renvoyons donc à cet article. On reconnaîtra qu'un corps étranger est engagé dans la trachée-artère aux signes suivants : La douleur se fait sentir plus en avant, le malade l'indique avec le doigt ; si c'est dans la gorge, la douleur est plus en arrière. Les symptômes que nous connaissons se déclarent ici comme dans le cas relatif à la gorge, seulement la respiration est courte et surtout plus gênée ; la figure est également plus bouffie, plus bleuâtre; les yeux plus saillants, la voix plus changée, rauque, et quelquefois elle s'éteint. Ces souffrances sont d'abord presque insignifiantes, mais elles ne tardent pas à s'aggraver peu à peu ; d'autres fois elles cessent tout à coup, mais elles reprennent subitement et ont plus d'intensité.

Si le corps étranger n'est pas assez gros pQur empêcher complètement la respiration, et qu'il ne soit pas engagé dans l'épiglotte, mais plus bas, alors il arrive que le malade parait être assez bien pendant quelque temps ; car il ne tousse pas et ne souffre d'aucune incommodité, et cet état peut même durée plusieurs semaines, n n'est pas guéri pour cela ; on voit plus tard se déclarer une toux suffocante qu'on peut prendre pour une espèce d'esquinancie. Dans ce cas, si tort, émet né soulage pas promptement, ou silic, le malade est sans ressource. L'incision elle-même ne pourrait rien , si la respiration, entre les accès de toux, est difficile et pénible. La langue alors se gonfle et le malade meurt asphyxié, qu'on fasse ou qu'on ne fasse pas i'opéraiioo.

Dès qu'on a reconnu que le corps étranger est dans la trachée-artère , qu'on donne aussitôt ipec. S'il apporte du

soulagement^ il faut le répéter après chaque aggravation» et l'on ne donnera au malade rien autre chose qne de Teau su* crée ou du sucre. En attendant que le médecin soit arrivé, si ipec. n'a pas suffi , on donnera belL étendu dans Teaa, ce qui doit produire souvent un grand résultat. Le malade s'endorV^il, qu'on le laisse tranquille ; et si les accidents se représentent, qu'on ne se hâte pas de loi donner trop vite une nouvelle dose, mais seulement dans le cas où il aurait une aggravation réelle. Souvent le corps étranger sort de lui-même durant le sommeil. Si belL ne suffit pas, ou si les souffrances persistent après que le danger est dissipé, on peut faire l'essai de hep. sulph. délayé. Si, malgré tous ces moyens, il survenait une suffocation, qur'on donne tart émet; ou si la face du malade devient bleuâtre, administrez d'abord op. , un globule , et mêjpe trois qui seront- délayés dans une cuillerée d'eau, et qu'on donnera goutte à goutte sur la langue.

Beil, sera le remède approprié, dans le cas où il serait entré dans la bouche, et par suite dans la trachée-artère, de la poussière, des cheveux ou de la barbe de plume, qui agissent en provoquant la toux ; plus tard, hep, svdpfu qu'on donnera peu à peu. 11 est bon de tenir de temps en temps du sucre dans la bouche.

Lorsqu'un objet s'est engagé 4ans le baut du larynx d'un enfant, ou à côté, il se déclare des accès d'une toux suffocante, qu'on soulage avec tart. émet, 3 dilué. Si les accès se renouvellent fréquemment, et qu'en toussant il se dégage une mauvaise odeur de la bouche, donnez silic. quelques globules le soir et le lendeqiaîn. 11 en résulte presque toujours un bon effet. Le corps étranger est chassé au dehors par la toux, ou il est avalé. Dans les cas plus opiniâtres, donnez hep. sulph 3 alterné avec silic.

Dans la p<»a. Quand des corps étrangers ^introduisent sous la peau, on peut employer les moyens indiqués plus haut à la page 159 , qui est relative aux blessures. Cependant il est bon de noter ici ce qu'il convient de faire lorsque ce sont de petits corps ^igus, tels qu'épines, barbes de chardon, etc., qui pénètrent dans la peau. S'il s'agit des piquants de diverses plantes, qu'on frotte alors la partie avec de l'huile, eC qu'on l'approche du feu aussi près que cela se pourfa; puis, qu'on prenne un couteau ordinaire pour racler doucement la peau, de manière à faire sortir ces sortes de corpl Lorsque les épines sont entrées obliquement, faites courir votre couteau dans le sens opposé, de faipon que la pression porte d'abord sur l'extrémité engagée. Cette opération sera répétée aussi souvent que ce sera nécessaire, ainsi que les onctions d'huile et l'exposition au feu. •

Le même procédé sera employé dans le cas où de petite éclats de verre auraient pénétré sous la peau ; mais ici ta douleur est forte, et il devient préférable de les abandonner au travail de la suppuration, qu'on traitera comme une blessure ordinaire. Si cela ne suffit pas pour en favoriser la sortie, donnez hep, sulph, ; et si c'est encore insuffisant, silic. Dans les cas où la suppuration s'est établie profondément, et où silic. et hep. sulph. n'ont pas suffi, donnez de temps en temps lach., et plus tard merc. viv.

S IH. ^ DES BRULURES.

Quand on s'est brûlé, le meilleur moyen est d*exposer lai partie au feu; et le pire de loùs est l'immersion dans l'eau froide ou l'application de substances froides, telles que pommes de terre, betteraves, etc. Tout le monde sait qu'à la suite d'une brûlure, il seiorme des vessies ou phlyctènes et des plaies. La chaleur ôte en peu de temps l'inflammaiiou et se»

DSS BLESSDRfiS OU LÉSIONS MÉGANIQUBS, 1CÎ7

effets consécutifs. Il n'est peut-être paà inutile qu'on sache que, lorsqu'on se brûle le bout des doigts, il est bon de \eÀ appliquer au lobule d'oreille. L'emploi de la chaleur sèche est souvent inapplicable dans les castes brûlures, parce qu'il est impossible que son rayonnement porte uniformément! €ë' procédé, douloureux pour les enfants, doit être employé avec ménagement ou pas du tout. Il est également cbntre-indiqné dans les cas où la peau est détruite, lorsque la lésion a porté sur le visage. C'est pour cela qu'on a pensé à d'autres moyens qui sont d'une application plus facile, et dotit les effets ^ rapprochent d'une chaleur modérée.

Dans les brîkiiire* ipartieUes, OU emploiera quelquefois avec avantage V huile de térébenthine: mais elle s'accôaïpagne souvent de souffrances, et si elle est appliquée à trop forte dose, elle peut devenir nuisible.

Le meilleur moyen est Vesprit-de-vin, ou Veau-de-vie forte, ou le rhum, etc., surtout quand on les applique chauds. Â cet effet, on mouille la partie brûlée jusqu'à ce que la douleur s'affaiblisse, sans s'inquiéter de son exacerbalion momentanée. Ce procédé s'emploie également dans les brûlures étendues, à l'aide de compresses trempées dans ce liquide. Cependant, si la brûlure occupait une trop grande surface, comme la moitié du corps, et que les parties fussent trop profondément atteintes, on s'en abstiendra ; il en sera de même si la brûlure a atteint un organe délicat, comme l'œil, ou tout autre également susceptible. Il restera sans effet, si, dans les premiers moments d'angoisses et de trouble, on a eu recours à des applications d'eau froide.

Dans ce cas, on peut utiliser le marc provenant de la distillation des eaux-de-vie de grains, dans les localités où cette industrie s'exerce. On l'emploiera en bain d'une température nn pen élevée, Qn le renouvelle quand le;s dou)oqrs reçon)*

menceot. Du reste, ce moyen n'est pas sans inconvénient et sans difficulté.

Un moyen qu'on recommande depuis quelques années dans les brûlures assez étendues, est le coton cardé» On l'applique par couches superposées sur la partie souffrante. On commencera par percer les phlyctènes, qu*on lave avec de l'ean chaude. Si la plaie vient à suppuration, on changera les cooclief^^upérieures en laissant en place la première. On procédera ^ ce pansement avec soin. Plus cette application est promptement faite, mieux on s'en trouve. Si déjà on a employé des applications froides, ce dernier moyen (le coton cardé) devient presque inutile.

Dans beaucoup de cas, il est un autre bon moyen à employer : c'est le savon. Il conviendra surtout dans les brûlures graves et profondes, et dans les cas où l'on aura eu recours à des moyens sans efficacité, et dont on a compromis la guérison. On râpe du savon ordinaire dans de l'eau tiède ; on Ini donne la consistance d'un Uniment, et on l'étend sur des compresses qui seront appliquées directement sur les parties brûlées, compresses qui seront assez grandes pour les couvrir complètement, parce que là où elles nç porteraient pas, la guérison ne s'opérerait pas. Si les phlyctènes se sont déjà formées, qu'on les crève et qu'on enlève l'épiderme détaché de la peau. C'est alors qu'il faut faire le pansement, qu'on laissera en place pendant dix- huit ou vingt-quatre heures; au bout de ce temps,, on lèvera l'appareil avec une précaution extrême, sans essuyer ou laver, et on le remplacera par un autre. Ce pansement provoque d'abord une sensation de brûlure, qui ne dure pas. Si les douleurs qui se sont apaisées recommenceni encore une fois, il faut panser de nouveau. — D'après cela, on conçoit qu'il convient de faire une provision de ce Uniment, qui alors sera plus homogène que

celui qu'on aura fait à la hâte. — On procédera ainsi jusqu'à ce que les plaies soient cicatrisées, ce qui aura lien beaucoup .plus vite dans les cas simples que dans les cas compliqués, et dans ceux-ci beaucoup plus vite que si on leis avait traités avec Teau froide, Teau de Goulard, etc., etc. Dans les brûlures simples, la guérison a lieu au bout de deux jours ; dans les brûlures compliquées, il faut an général huit jours, — Ce procédé est également bon lorsque la brûlure a détruit la peau jusqu'à l'os. D'ordinaire, la guérison s^opère sans suppuration, et il n'en reste pas la moindre trace, si le. pansement a été fait avec tout le soin nécessaire.

Veau de cluiux^ qu'on peut fabriquer soi-même en faisant éteindre de la chaux vive dans de l'eau de pluie, ou qu'on pourra prendre dans nné pharmacie» afin qu'elle soit plus claire et limpide, cette eau, mêlée avec de l'huile, forme un Uniment très bon et très convenable, qui s'étend facilement sur la toile et adhère parfaitement à la peau. £n employant ce moyen, on aura soin de garantir la plaie de l'impression de l'air : aussi ne faites pas ce pansement trop souvent, ne laissez pas la plaie à découvert plus longtemps qu'il ne faut ; couvrez exactement avec précaution toutes les parties lésées; - veillez à ce que des plis ne se forment pas sous la compresse, et qu'en l'enlevant aucun débris de la plaie ne la suive, ni que rien du Uniment n'y reste appUqué. On coupera donc avec soin toutes les phlyctènes qui se forment, on étendra la peau si elle tendait à faire des pHs, et le pansement sera fait d'une manière solide, mais cependant sans avoir trop d'épaisseur et sans être fatigant.

Il est un moyen qui agit sur la peau à la manière d'un caustique, et qui, par cette raison, est très bon dans les brûlures. Ce moyen c'est la créosote, 11 convient dans le cas où le liniment oléo-calcaire donne une mauvaise odeur que ne dé-

190 CAUSES LES PLUS VaÉQUENTES DES MALADIES.

truit pas le renouvellement du pansement ; il ne convient pas quand l'emploi de ce Uniment commence à devenir incommode, soit parce que le bandage, ne tenant pas en place, glisse, soit parce que le malade ne peut garder la tranquillité convenable. La créosote est efficace dans les brûlures légères comme dans les cas les plus graves; on peut l'employer ou iuiinédiatement après l'accident, ou plus tard, et même après remploi de tout autre moyen, à l'exception toutefois du linîment oloo-calcaire. — On trempe dans une solution aqueuse de créosote un pinceau avec lequel on bassine la plaie, et que Ton couvre ensuite de compresses trempées dans la solution. Le pansement sera simple et hermétique , de manière à em> pêcher l'action de l'air. Si la plaie devenait plus vive, on répéterait ce pansement jusqu'à trois fois par jour.

Lorsqu'on n'a pas sous la main des moyens plus efficaces pour calmer les douleurs violentes des brûlures, on emploiera avec avantage la poudre à poudrer ou la fleur de farine, dont on couvrira la plaie par couches épaisses ; cela constituera un pansement sec, qu'ori renouvellera aussi souvent que les douleurs reviendront; on n'enlèvera jamais la dernière couche: il faut que la poudre finisse par former une croûte d'un demi-pouce d'épaisseur.

Un autre moyen, qui ne manque pas d'eflBcacité, est la teinture d'ortie qu'on peut facilement se procurer en exprimant le suc des sommités fraîches de cette plante dans de l'esprit-de-vin par égale quantité; on en prendra une cuillerée i thé qu'on mélangera à une cuillerée d'eau. On trempera dans ce mélange des compresses qui seront appliquées sur la brûlure, et l'on ne<tarde pas à obtenir un prompt soulagement. On peut également en prendre à l'intérieur à la dose de deux ou trois gouttes pures. — Mais , de tous les moyens le plus efficace, et qui donne une amélioration presque instantanée

el favorise le mieux la guérisoD , est caust. de 1 à 6 ; à Tex térieur on remploiera en solution à la dose de deux gouttes de teinture , on y trempera une compresse dont on couvrira la blessure; à rintérieur, on en prendra un ou deux globules.

Dans le cas où ce moyen ne soulagerait que momentanément, et si son action se faisait trop attendre, donnez à Textérieùr ars. 3 en solution , et à Tintérieur 1 globule.

Pans les brAlnrea produites sur les parties Internes j comme la bouche, la gorge ou Testomac, ou encore dans le rectum, par suite de lavement trop chaud, il faudra faire dissoudre quelques globules de caust dans une tasse d*eau : on prendra une gorgée de cette solution si la bouche est le siège de la brûlure; ou bien on en avalera une cuillerée à café de temps en temps, si c'est Testomac; et on le donnera en lavement , si c'est Tintestin. Si caust. ne suffit pas , qu'on essaie alors ar5.

Dans d'autres cas, on a obtenu de bons effets du savons de rhics et de carL veg. L'important est de savoir quelles sont les parties qui ont été brûlées, comment et dans quelle étendue; si c'est par le feu, par le charbon, la vapeur, le fer rougi, l'eau bouillante, ou autres liquides en ébuUilion. Mais malheureusement on ne sait presque rien sur ces points essentiels ; l'expérience ne s'est pas encore prononcée à ce sujet, sur lequel elle ne saurait trop s'exercer.

Quand la brûlure est le résultat de l'action de Vacide su!furiqueon de tout autre acide, employez l'eau de chaux ou de la craie dissoute dans l'eau. Si elle dépend de l'action de substances alcalines, employez alors le vinaigre ou des pommes râpées.

Contre les brûlures par le phosphm^e, il n'est pas de moyen préférable à l'huile, surtout l'huile d'olive, dont les onctions

192 Causes les plus fréquentes des maladies.

se renouvelleront souvent, et toutes les fois que les douleurs

augmenteront.

Si, par suite de brûlures violentes, on vient à éprouver des spasmes et des convulsions^ donnez chamom. Il arrive d'autres fois qu'on a de la diarrhée ou de la constipation : on n'a dans cette double circonstance rien à faire. Seulement , dans le dernier cas, si la constipation se prolongeait quatre à cinq jours, on donnera un lavement d'eau tiède. Mais si, par suite de la diarrhée, on ressent des coliques, donnez d'abord />ie/5. , et plus tard stdph. — Toutefois, comme la diarrhée est un accident favorable au malade, il ne faut pas la combattre. II serait même heureux qu'elle pût durer quelque temps après une complète guérison : donnez d'abord tpec, et quelques jours après, si c'est nécessaire, ars. Dans les cas les plus or-* dinaires, cette diarrhée disparait d'elle-même quand le ma* lade a eu le soin de prendre souvent de l'eau froide et de se promener au grand air : ces deux choses sont indispensables à la guérison des brûlures à grandes surfaces.

Les emplâtres de plomb et les eaux de Goulard sont des moyens dont on n'a jamais eu à se louer. Les suppurations abondantes , les ulcères, les cicatrices difformes qui restent, n'auraient pas amené un état pire si l'on eût abandonné les brûlures à elles-mêmes. Qu'on reste donc bien convaincu que tout individu qui a le malheur de se brûler, et le malheur plus grand d'employer des préparations de plomb , subit un véritable empoisonnement, ainsi que. le prouvent les expériences de tous les jours. Cet accident est encore plus prompt, plus funeste chez les enfants, puisqu'ils ne peuvent manquer de succomber, et non pas, comme on dit, par suite de brûlures , mais bien par suite du poison , ce dont il est facile de se convaincre par le relevé des symptômes. — On rccomman*

DBS BLESSURES OU LÉSIONS MÉCàNiQUES. 193

dera donc d'one manière totit expresse de ne jamais faire usage de ce remède dangereux.

(Plus loin on traitera des effets partiels dn froid sur le corps, à Tartitle engeitires? comme aussi, dans les dernières pages , on parlera de ce qui convient dans le cas de congélation générale , dans Tasphyxie par immersion et par strangulation, comme pouvant donner lieu à la mort réelle ou apparente.)

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