‹ Médecine homoeopathique domestique (volume 5)Chapitre 30 sur 58 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

MALADUSS DES TEUX.

Toute espèce de collyres, de baumes et de linîments nuisent essentiellement aux yeux , parce que presque tous con- .tiennent des substances toxiques ; et si par hasard , ce qut arrive très rarement , ils donnent quelque soulagement , dansT le plus grand nombre ils provoquent tôt ou tard une maladie plus grave et pire que la première. Celui qui tient à la con-

(1) y'oy. Jahr, Du traitement homœopaihique des maladies de ia peau, Paris, 1850, p. 232 et satv.

senation de ses yeux doit se garantir de l'emploi de remèdes Ycnimeux, dangereux ou pour le moins tout à fait inutiles , parce qu'il y a des moyens internes très simples qui peuvent toujours faire beaucoup plus de bien , surtout quand on n'a pas tourmenté l'organisme par de méchants remèdes.

L*eau pure et fraîche est le seul collyre qui convienne comme moyen externe; la plupart du temps, elle suffit dans les cas où les yeux sont douloureux, rouges et brûlants, et qu'il s'y joint la complication d'un état catarrbal et de toux ; elle convient pareillement dans les souffrances chroniques des yeux, caractérisées par l'aversion pour la lumière, qui ne fait que les accroître, surtout par un temps froid et humide. On peut, dans cette circonstance, appliquer dessus une tranche de pain blanc mouillé.

Toutes les fois que Iç malade ne peut supporter l'eau froide, ou quil n'en éprouve aucun soulagement ; ou s'il ressent non seulement une sensation de brûlement et comme s'il avait du jsable dans les yeux , avec aversion pour la lumière ; mais m , outre des douleurs violentes, il se joint des larmes abondantes et acres, alors préférez l'eali tiède, dont on fera usage au moyen de compresses on de tranches de pain blanc, et répétez cette pratique tant que les douleurs s'aggravent.

Si les yeux sont très secs , et que les paupières se ferment par l'effet d'une contraction spasmodique , employez l'huile fraîche d'olive.

Lorsque les yeux sont affectés d'une inflammation érysipélateuse , qui s'étend à toute leur circonférence , n'appliquez rijen d'humide; contentez-vous d'user ^e petits sachets remplis de son chaud. Si les yeux étaient souffrants par suite de contafctavec le sumac vénéneux, ne faitesÉucune application externe, et bornez-vous "à l'emploi des moyens internes qui ont été indiqués plus haut, à l'article empoisonnenient.

2t6 MALADIES LES PLIÎS ORDINAIRES.

Nais celui qui veut absolument faire usage d*un moyen externe, devra prendre un blanc d*œuf frais, il y ajoutera une cuillerée à café de sucre raffiné et un peu de camphre ; le tout sera bien battu jusqu'à Tétat d'écume ; on applique alors cette écume sur les yeux.

La guérison la plus prompte s'obtient toutefois au moyen des remèdes suivants, pendant l'usage desquels il faut renoncer tout à fait à la préparation précédente.

Les paupières peutrent être enflaiuiiiées 9 ronges et enliées, sans que le globe de l'œil soit affecté. — Dans le gonflement rouge, avec brûlement et sécheresse, donnez acon. ; s'il soulage, mais momentanément, répétez-le. Si les paupières sont pâles, d'iin rouge jaunâtre et enflées, d'un luisant presque transparent, qu'on y ressente une sensation de brûlement avec tension ; quand il s'amasse beaucoup de mucosités non seulement dans les yeux, mais aussi dans le nez, accompagnées même de la fièvre, donnez encore acon,, comme remède principal et lé meilleur ; et s'il ne guérit pas complète- ' ment, donnée quelques jours après, hep, sulph,, surtout s'il y a une douleur pressive avec une sensation d'écrasement et de meartrissures des paupières. Lorsque l'engorgement est très mauvais, eiqu^acon, n'a produit qu'une faible amélioration^ ou que les paupières sont très enflammées et rouges, avec sécrétion abondante de mucosités ou de pus brûlants, ici sulpk. sera préférable à kep. mlph, , surtout si le malade ouvre difficilement les yeux le matin, que les paupières soient agglutinées et qu^il ne puisse supporter la lumière. S'il ne se déclare pas une^mélioration «médiate, répétez acon,^ qui agit alors avec plus de succè| Si hep, sulph, n'a produit aucun effet, alors et surtout qlre les paupières sont brûlantes et pruritcuses , avec gonflement et rougeur des bords libres , qui se collent et saignent en les ouvrant, et qu'ils tendent à se rcn-

verser ou se relèvent difficilement et semblent être paralysés, donnez belL

Si les paupières sont enflammées dans leurs faces internes, surtout injectées 4e sang , douloureuses et très brûlantes , et qu'on puisse à peine ouvrir les yeux^ donnez ars. alk ; mats s'il semble qu'on ne les ferme qu'avec peine, si elles sont enflées, s'ouvrant difficilement; si la douleur est plus aiguë, s'il y a des ulcérations sur les bords, avec épaississement de tissus, et adhérence croûteuse des cils, administrez merc. viv.; et si ce remècTe ne réussit pas^à votre satisfaction, don* nez quelques jours après hep. mlph.

Lorsque la face interne des paupières est enflammée, comme cela se voit souvent chez les» nouveaux-nés et chez les enfants plus avancés en 3ge, et s'ils éprouvent de la difficulté à ouvrfr les yeux, contractés spasmodiquement, quand ii y a tuméfac* tion rouge avec écoulement abondant de matière muqueuse, donnez rhus toxic, en dilution,

Vous emploierez euphr. dans les maladies chroniques et longues des paupières, qui, le jour, sont le siège d'une démangeaison incommode, qui se collent la nuit, qui sont rouges et un peu enflées, avec les bords ulcérés, humides et légèrement suppurants , lorsqu'il y a clignotement fréquent des yeux, aversion de la lumière, catarrhe continuel, maux de tête intenses^ avec chaleur à la tête. — Si les bords sont brûlants et démangent , et si, en y touciiant, ils sont pins douloureux et comme meurtris, surtout le matin; quand, le matin, ils se collent par l'effet de la suppuration, donnez nux vom., qui convient souvent lorsque euphr, ne suffit pas; dans le cas où l'un et l'autre ne réussiraient pas, servez-vous de puis. — Dans rinflam||ption qui renverse les paupières , avec élancement brûlant et démangeaison , ou inême sans douleur, donnez 7n€re, viv. ,^p]us tard, s'il y a

nécessité « hep. sulph. ; quelquefois , il y a lieu à donner bell.

Si c^s remèdes ne réussissent pas, et que les bords des paupières soient tout à fait rouges , avec s^^crétion d'un mucus épais dans Tangle des yeux , toujours sensibles à la lumière, et arvec élancements douloureux, donnez ant. crud. Si la douleur est brûlante et incisive , en lisant surtout , après avoir donné sulph, , qui a dû amener un peu de soulagement, administrez caic, carb.^ qui agira avec le pFus grand soccès. Lorsqu'on ressent un grand picotement dans Tinté^ rieur des paupières , qui s'aggrave le soir, avec écoulement de larmes, donnez chin. Dans les d^nange^isons cuisantes, avec roidéur des paupières comme s! elles étaient paralysées, donnez rkustoxic. S'il y a contraction spasmodique et occlusion, hyosc,; s'il y a pesanteur et lourdeur de la paupière supérieure, donnez chamom, ; s'il y a une grande sécheresse, malgré le larmoiement; s'il y a difficulté dans la motion et chaleur, donnez t;^a^ alb.

L'orgeolet se guérit avec facilité par ptds, ; quelquefois on peut le dissiper en le touchant avec une clef froide. L'eau froide est nuisible ; il vaut mieux faire un cataplasme de pain et de lait qu'on appliquera chaud pour le laisser toute la nuit. Si les orgeolets se reproduisent souvent et qu'ils laissent sur la paupière des duretés , ou qu'ils n'aboutissent pas , mais deviennent indurés, surtout lorsque les yeux sont aptes à se fermer et suppurent, sont cuisants et brûlants dans les angles, où se ramasse toujours un pus concret , donnez stopL ; s'il reste sur la paupière des indurations, donnez, après une quinzaine de jours ou même troid semaines^ cale. carb. une fois, ou sep. *#

Thuya guérira les k^rst e» qui durent depuis longtemps, qui reviennent avec opiniâtreté, surtout si Ton sent de la chaleur

et de la sécheresse dans les angles, avec larmoiement des yeux à Tair extérieur.

Lorsque, daus rtmflaiwuinti»i| des yeux (ophtlialmie}, \e^ paupières et Toeil sont malades en même temps , ou que le globe de Toeil Test seul , le meilleur remède, sans contredit, est acon. , surtout si le mal s'est déclaré subitement et qu'il jiit fait des progrès rapides; que le globe oculaire est roojjç ou couvert de veines injectées de sang; qu'il y a larmoiement, et vive douleur.

Acon. dans tous les cas affaiblit la douleur, et fait disparaître principalement les symptômes inflammatoires les plus * intenses; il produit un bien meilleur effet que celui qi^i aurait pu résulter des sangsues. Mais si le malade se plaint de. démangeaisons, de pression, de brûlement, de sensation d'excoriation dans les yeux et les paupières; ^i le^ yeux cuiseni; beaucoup, surtout en les fermant, quoiqu'il y ait nécessité de les fermer souvent et de clignoter ; qu'il faille les essuyei; souvent, qu'il semble que les yeux sont enflés, comme après avoir beaucoup pleuré, avec sensation de sécheresse; quaui^ les paupières s'agglutinent la nuit, et que, pendant le jour, on y éprouve des picotements et des mouvements ^asmodique§ fréquents; dans ce cas, le meilleur remède alors est cocc.

Quand les yeux sont malades par $uitç d'un refroidisse-i ment, et qu'il y a catarrhe, mal de tête, toux, enroue-? ment, etc., les remèdes qui suivent doivent être employés :

Nitx vom, convient lorsque les angles des paupières sont plus rouges que le globe de l'œil, ou que celui-ci est taché de sang et qu'on y éprouve une cuisson, comme par du sel ; lorsT qu'il y a une sensation de brûlement et de pression , comme s'il y avait du sable; quand il y a larmoiement abondant, horreur de la lumière, surtout le matiu, avec^^vre, et aggravation le matin et le soir.

Chamom, convient surtout aux enfants lorsqu'ils éprouvent clans les yeux du picotement , pression » brûlemcnt , comme si la chaleur rayonnait ; s'il y a le matin gonflement et agglutination des yeux» ou s'ils sont secs, et que le malade ne supporte ses douleurs qu'avec impatience.

BelL convient lorsque le blanc de l'œil est tout à fait rouge, ou qu'il s'y est fait un engorgement considérable des vaisseaux sanguins, avec chaleur intense, avec larmes corrosives cl brûlantes, ou que les yeux sont tout à fait secs , très douloureux à l'impression de la lumière ; que les douleurs sont presque spasmodiques et se portent profondément en arrière ; que le coryza est tellement prononcé que le nez eu est excorié, et qu'il sort des boutons autour de la bouche et du néz ; que la toux est courte, sèche, pénible et spasmodique, et se manifeste par accès qui durent assez longtemps.

Euphr, convient lorsqu'on ressent dans les yeux une forte pression, avec perte de mucus et de larmes corrosives; lorsque les paupières se contractent; que tout l'œil est rouge, avec grand mal de tète et catarrhe , et aggravation le soir.

Jgn. convient lorsque la douleur est plus intense, et que la rougeur l'est moins; qu'il y a forte pression, écoulement abondant de larmes, grande aversion pour toute clarté , catarrhe nasal intense. On répète ce remède, s'il y a lieu, toutes les douze et vingt^qtiatre heures.

Puh.^ dont on parlera en détail plus bas , s'emploie aussi quelquefois dans cette espèce de maladie des yeux. Si l'on n'a pas donné déjà nux vom., on l'administrera après les autres remèdes pour détruire la grande sensibilité qui reste ordinairement sur les yeux.

BelL convient pareillement lorsque la vue a souffert, ou qu'on voit des étincelles «'qu'on éprouve des éblouissements , ou môme des obscurcissements.

Lorsque les yeux sont malades par suite de rhumatisme, et que Hntérieur est tout à fait rouge , qu'ils ne peuvent supporter la clarté ; quand il en sort des larmes abondantes corrosives; quand les douleurs sont lancinantes et déchirantes, non seulement à Tintérieur, maïs aussi à rexlérieur, et qu'il y a aggravatiori par la chaleur, voici les remèdes qui conviennent :

Lorsque l'inOammaiion a été amendée par raciion A^acon, , donnez />t</5. s'il reste encore des douleurs lancinantes, perforantes et tranchantes, si l'on ne peut supporter la lumière, qu'il y ait aggravation de tous ces symptômes matin et soir ; s'il y a eu plusieurs récidives qui ont chagriné le malade , et Tont laissé disposé aux larmes, et qu'après avoir pleuré, il a éprouvé de l'aggravation.

Quand les douleurs ont été améliorées par puis. , donnez bry, s'il reste encore de la rougeur aux yeux ; s'il y a une cuisson brâlante dans l'intérieur, ou sensation de sable entre les paupières; qu'il y ait aggravation le soir et la nuit ; si les bords des paupières sont engorgés, et si en les ouvrant on sent une douleur dans la tête.

Quand , après bry, , qui a réussi à demi, il reste une sensation de cuisson , de pression et des élancements; quand on larmoie beaucoup, que les paupières se CoHent la nuit ou sont enflées; que tout autour ou dans le voisinage il y a une sorte d'inflammation érysîpélalcuse, donnez rhus toxic.

Donnez verat. alb. quand les douleurs sont déchirantes et empêchent le sommeil de la nuit , s'accompagnent d'une céphalalgie intolérable et d'une grande chaleur des ycut , avec sensation d'une sécheresse excessive.

Dans les inflammations rhumatismales , nux vonu , ign. , chamom. conviennent quelquefois , ainsi qu'on le verra plus bas ; mais on aura aussi à se servir plus souvent de merc, viv. ,

sulph. , comme il sera dit pias loia. Euphr, trouve quelquefois son emploi, et principalement quand il se forme dans les yeux des vésicules remplies d'eau ; quand , Taetion de la lumière devenue moins fatigante , les douleurs sont plus fortes, et la rougeur des yeux assez considérable pour occasionner rinjection des vaisseaux.

Si quelqu'un , sujet à la goutte^ en ressent une attaque qui se porte sur les yeux, donnez d'abord acm. ; plus tard. ont. crvd. ou sulph. « comme il a été indiqué an traitement des affections des paupières, ou également cocc. , dont on parlera plus loin^ BelL est souvent d'un bon effet , administré selon les symptômes énoncés à l'article belL, surtout si la douleur est fortement pressive autour des yeux, au-dessus ou à côté; s'il y a des élancements violents au-dessus, avec sensation d'arracbement ou comme si l'œil était refoulé ; si les douleurs paraissent et disparaissent ; si l'on a devant la vue des éclairs op des étincelles, ou un cercle lumineux tacheté de noir, ou que tout semble être dans un brouillard, ou comme à travers une gaze , en même temps vertige et mal de tête si intense qu'il peut faire perdre connaissance. Dans d'autres espèces de maladies d'yeux, donnez co/oc. si les douleurs sont violentes, brûlantes et (ranchantes, si elles pénètrent dans la tête, surtout dans le front, ou dans un côté du cerveau, avec une sensation de pression , de lirailiemenl et de déchirement , ou si elles se portent au n^ez, ou s'étendent à tout le corps, avec une grande agitation et faiblesse.

La plupart des maladies chroniques des yeux proviennent des scrofules : on les reconnaîtra à la description des symptômes signalés dans les détails fournis par chaque médicament, soit chez les enfants qui en sont atteints, soit sur les adultes qui en étaient porteurs dans leur enfance. Si les yeux sont tombés dans une sor(e de faiblesse par suite de

UÂtADIfiS DES YEUX. 22i

scrofules, ils seront plos sujets à des récidives à roccasion du froid ou de toute autre cause, et contracteront plus facile* ment des obscurcissements de la vue ou des ulcérations 4e b cornée. Qu'on emploie dans ce cas les remèdes ci-dessou$ indiqués ; mais si les souffrances se reproduisent trop souvent» le mieux est de traiter le malade comme atteint de scrofules » et pour cela il faut s'adresser à un médecin horacoopalhe. Cependant on peut essayer avec succès les moyens suivants ;

Puis, convient souvent au début quand les bords des paupières commencent à devenir rouges, brûlent, s'agglutineat et jettent beaucoup ; lorsque les larmes sont corrosives et brûlent les joues; qu'il se forme comme un gonflement œdémateux; que les yeux ne supportent pas la lumière, ou selon que l'indiquent les symptômes détaillés plus haut, à l'article puis. Si ce remède a agi favorablement, mais non complètement, donnez huit jours après ferr. acet.

Bell, lorsqu'il y a pression intense ; qu'elle s'a^^grave ea ouvrant les yeux; que les vaisseaux sont injectés; qu'il sç forme des pustules et de petites ulcérations sur les yeux ; s'il y a coïncidence de l'aiïection catarrhale et des symptômes rapportés au paragraphe belL; si, indépendamment, ces souffrances sont la suite d'un refroidissement, de l'humidité ou de l'influence des vents froids et humides.

Merc. viv. convient aux enfants qui n'en ont pas encore fait un usage allopathique ; quand les douleurs sont tranchantes, surtout si les yeux sont fatigués; qu'il y a aggravation la nuit et à la chaleur du lit; si les yeux brûlent et pleurent à l'air frais; qu'ils ne peuvent supporter la lumière; qu'ils se troublent, s'obscurcissent; s'il se forme des petites pustules sur la conjm^tive, et quand, à la suite d'un refroidissement, ces souffrances reparaissent. Merc, viv, est surtout» convenable après que bell. a agi de huit à quinze jours, -f

Hep, sulph, convient après belL ou mcrc. vîv,, lorsque les enfanis ont déjà pris du calomel ; quand les bords dos paupières Cl les yeux sont rouges et douloureux; lorsqu'en les touchant on y ressent une sensaiion d'excoriation ; qu'ils se ferment avec spasmes ; qu*ils se meuvent avec douleur et difficulté, et ne peuvent, le soir, supporter les effets de la lumière aux bougies, et qu'ils sont alternativement obscurcis ou clairs, ou qu'on y ressent pression comme si l'œil voulait sortir ; quand if y a sur la cornée des ulcérations ou des taies, et autour de l'œil de petites pustules. On en donnera une dose tous les jours, c'est-à-dire un globale de la seconde trituration, et cela pendant plusieurs jours.

Administrez sulph. ^ au lieu à' hep, sulph. ^ lorsque (e//. et merc, viv. ont été donnés avant, mais non après hep. sulph.; et sera dans les cas suivants : lorsque les paupières sont con* tractées dès le malin; que le malade peut à peine supporter la clarté du jour ; qu'il n'y voit même pas du tout, mais seulement dans un demi-jour; lorsqu'il lui apparaît comme un brouillard devant la vue ; que la prunelle est trouble et comme couverte de poussière, ou lorsque les paupières sont particulièrement affectées, comme il a été dit plus haut. Il conviendra également quand le blanc de l'œil (cornée opaque) est rouge et comme si le sang allait s'épancher; s'il est semé de petites vésicules, avec larmes abondantes, avec aversion de la lu- 4iHcre et une sensaiion de pression sur le globule , qui augmente au soleil. Il sera administré dans ce cas deux globales, une fois par jour ou tous les deux jours , selon les circon* stances.

Dulc. est très efficace quand l'affection des yeux est la suite d'un refroidissement ; qaand en li^^ant il y a une sensa tion de pression, et quand tout paraît trouble et couvert d'un v^ile ; quelquefois il semble que des étincelles et des flammes

sortent des yeux, avec une douleur sus-orbiiaîrc. Si le malade se sent mieux dans le repos et pire par !e mouvement, et qu'il aime à rester assis, au lieu de dulc, donnet belL Mais si son étal s'aggrave dans le repos , et qu'il préfère le mouvement , donnez dulc, et attendez que son action se développe.

Cale, carb, est quelquefois convenable après dulc, , ou lorsqu'il se fornde sur les yeux des ulcérations et des laies, avec sensation d*une forte pression , avec démangeaison el élancements; ou lorsqu'on ressent du brûlcment et une douleur racîsive, le soir, en lisant; lorsqu'il y a obscurcissement, et comme si des pltimcs voltigeaient devant les yeux, surtout après avoir mangé, ou en lisant, cousant , etc. , et aussi lorsqu'on éprouve du froid à l'intérieur de la partie affectée.

Chin» convient lorsque les douleurs augmentent le soir, comme s'il y avait du sable dans les paupières , ou si l'on y introduisait quelque cbose avec fbrcc; lorsque la cornée transparcnie a perdu son brillant, ou que, lorsqu'on y regarde attentivement , on y aperçoit comme une sorte de fumée ou de brouillard.

Ars. s'emploieqdelquefoîs lorsque les douleurs ressemblent à celles que produirait on diarbon ardent, et lorsqu'il s'est formé des taches sur l'œil.

Dans les derniers cas que nous venons d'indiquer on donne quelquefois aussi , parmi les remèdes indiqués plus haut , iyn. et nux vom. ; et quand ih y a des taches , avant tout , Buphr.

Quelquefois les maladies des yeux tiennent à ce que de petits insectes s'y sont introduits. Dans ce cas , on fera usage d'un peu de camphre râpé sur un morceau de linge que Ton appliquera , ou bien on emploiera le baume camphré dont il a déjà été question. L'origine de beaucoup d'opbtbalmies dépend de la suppression de maladies de la peau , d'ulcères , ou de

certaines autres souffrances : dans ce cas, appelez un médecin homœopathe. Si elles sont la suite de la petite vérole , de la rougeole, de la scarlatine , etc. , voyez les articles consacrés h ces maladies.

Les taches ou taies des y^ux ne doivent jamais être trai-, tées par des remèdes violents et corrosifs : des milliers de personnes leur doivent la perte de la vue. Ne faites plutôt rien ; et si vous ne pouvez consulter un médecin, employez les moyens dont il vient d'être parlé , et laissez passer une ou deux semaines pour qu'ils aient le temps de développer leur action. Seront efficaces dans ce cas, principalement, eupkr, ou puis,; belL, et plus tard, hep. sulpL ou sulph. , et après,. cale, carh. et silie. Si le malade n'a pas assez de patience pour attendre, il fera usage d'huile de noix, fraîche de l'année; on l'exprimera k une température douce ; on en introduira une ou deux gouttes chaque soir dans les deux yeux. Dans les cas où les taies sont très épaisses , gonflées et blan* ches, employez sur l'œil, à Taided'un petit pinceau, un atome de sel sec et porpbyrisé. S'il se forme de ces taies qui enva* bissent tout l'œil, en commençant par les angles, mettez-y chaque jour une pincée de sucre blanc pulvérisé, et donnez spigeL Lorsque la cornée transparente ressemble à un morceau de verre dépoli, prenez de la graisse de serpent, faites-la fondre à une douce chaleur, et appliquez- en un peu tous les matins. Le fiel de poisson est également bon , mais seulement alors que la taie, très épaisse, occupe toute la surface de l'œil , comme chez Tobie. Ceci est pour les malades qui ne savent pas avoir de la patience.

Faiblesse de la Tue. Ce nom est douué improprement à toutes les affections de la vue. Il est plus exact d'attribuer ce nom à cet état des yeux qui résulte de la moindre fatigue , dans lequel ou ils se refusent à leurs fonctions , ou font mal

MALADIES DES YEDX. 227

sans que Ton puisse y reconnaître daecause. La vue courte n'est pas une faiblesse, car elle existe avec les yeux les mieux organisés, comme cela se voit chez les jeunes personnes dont les occupations exigent que les objets soient portés très près de leur vue ; c*est une impuissance qui ne permet pas de distinguer clairement les objets éloignés ; plus ils sont loin , plus ils nous paraissent confus , et ce n'est qu'en les fixant longtemps qu'ils nous paraissent tels qu'ils sont ; à proximité, tout est beaucoup plus clair et les moindres détails paraissent. La vue longue n'est pas non plus une faiblesse ; elle se rencontre avec des yeux les mieux organisés, principalement chez les vieillards» et surtout chez les individus qui, par état, sont obligés de porter leur vue à de longues distances. Plus un objet est près, et moins ils le distinguent.

Lorsque les yeux sont réellement faibles, c'est une mauvaise habitude que de se servir de lunettes. Il n'y a que les vues courtes et longues qui peuvent en user utilement. Comme l'abus des lunettes a fait déjà beaucoup de mal , il n'est paç inutile que les personnes qui tiennent à leur vue soient averties des erreurs grossières où elles pourraient tomber.

Que Ton ne se laisse jamais persuader qu'il est bon de se servir constamment de lunettes , ou seulement quelquefois , lorsqu'on n'a pas la vue courte ou longue. Si l'on a réellement Tune ou l'autre de ces imperfections organiques, et que l'on ait en outre les yeux faibles , il ne faut recourir aux lunettes que fort rarement ; car les yeux ne peuvent que perdre de leur faculté par l'usage que l'on en ferait, de quelque espèce qu'elles soient , si même on ne s'expose pas à perdre complètement la vue.

Les lunettes vertes , presque sans exception , sont extrêmement nuisibles, et c'est une faute impardonnable de la part des médecins que d'en recommander indistinctement l'usage.

228 MALADISS LES PLCS ORJHNAIftES.

Chacun peut se convaincre par lui-même de leurs fâcheux effets : si, après avoir regardé quelque temps, à travers un morceau de verre vert, dii papier blanc exposé au soleil , on le soustrait subitement, ou verra alors une tache roug^snr le papier. Cela prouve que Toeil est forcé de produire une image rouge en opposition du vert ; il en résulte évidemment une excitation anoruiale de Toeil qui lui enlève de sa puissance visuelle. Il existe miUe exemples des mauvais effets de Tusa^e des lunettes vertes^ £iies sont pour les yeux ce que l'eau-de-viecst pour les nerfs. Elles ne conviennent que dans ttn très petit nombre de circonstances, et seulement lorsqu'il est utile de provoquer une légèi:e excitation de la vue, ou bien dans les cas de cécité où il est nécessaire de garantir les yeiix du trop grand éclat de la Ipmière du soleil ; et même dans ces deux cas, elles ne sçnt pas sans de graves inconvénients , si Tusage en est fait sans discernement.

Les personnes mjrope» se serviront de lunettes à verres concaves, qui font que les olijets paraissent plus éloignés, plus petits et plus distincts. Celles qui ont la vue longue (les près* bytes) doivent se servir de verres convexes , qui font que les objets sont plusprès^ plus ^ands et plus claÎFS. Comme chaque paire de verres est calculée pour voir à une certaine distance» on ne peut s'en servir q^p pour cette distance ; conséquemment, il ne faut dose pas employer indistinctement toutes sortes de verres, (hi choisira donc les lunettes appropriées à la distance dans laquelle la vue s'exerce habituellement. Les myopes prendront des lunettes dont les verres amoindriront les objets dans une certaine mesure, et le moins ne sera que le mieux; car, s'ils amoindrissent trop, ils peuvent nuire. Les presbytes choisiront les lunettes appropriées à leur vue et dans les conditions de la distance voulue pour lire , mais toujours avec le soin de ne pas prendre des verres d'un

MALADIES DSS TEUX. 229

trop fort grossissesiefit ; car rooifts ils grossiront , meilleurs ils seront , et ceux qui augmentent trop le grossissement sont également nuisibles. 11 arrire qudquefois que Ton a besoîo •d*un Terre différent pour chaque œil ; eekiî qm est bon pour l'œil gauche peut nuire à l'œil droit : généralement, rœil droit est plus fort ; aussi , pour le choix des verres , qu'on les essaie alternativement avec chaque œil. On ne doit pas faire son choix tout de suite après avoir dtné, et encore moins après avoir bu ; on ne doit pas non phis essayer beaucoup de verres à la fois ; car la vue varie , et Ton peut se triomper facilement; mais qu'on essaie chaque jour un mmvean numéro , jusqu'à ce qu'on ait rencontré les verres les plus convenables.

Les verres ne doivent pas fatiguer les yeux ; si cela était, ce serait un signe qu'ils sont trop forts, et qu'ils sont mauvais; ou , dans quelques cas , que les yetax ont trop de faiblesse pour supporter les luneilesi. Il est rareque les lunettes trop faibles nuisent aux yeuii On éoit en changer les verres jus« qu'à ce qu'on ait trouvé le numéro convenable , ou, si on ne le trouve pas, renoncer tout à fait aux lunettes. On devra les abandonner lorsque i'usage qu'on en fait cause un malaise , une pression sur les yeux et dans la tête; lorsqu'il en résulte une propension au sommeil , de ta rougeur et de la chaleur aux yeux, lorsqu'on seiU le besoin de reposer ses yeux , ou lorsque , après avoir quitté tes luettes , on éprouve pendant quelques minutes une sorte d'éblouissement. Dans le cas où les objets viendraient è paraître o« plus gros ou plus petits qu'ils n'étaient avant de se servir des lunettes, H est temps de changer de verre, si l'on ne veut passe nuire aux yeux. C'est ainsi que y par un changeaient étudié et convenable de numéros, on peut souvent améliorer sa vue.

La monture des lunettes doit être aussi légère .que possible»

230 MALADIES LES PLUS OEDmAIRES.

et cependant faite de manière à ce' quVlle occupe invariablement la racine du nez. Plus les verres seront grands, meilleurs ils seront ; ils seront tenus avec une extrême propreté; ils seront clairs et limpides, sans la moindre nuance . de rouge ou de vert, sans défaut, sans raie » sans fente, sans nœuds ; enfin parfiaitement unis et polis. Les verres divisés en deux sections sont très nuisibles, on se gardera donc d'en faire usage, et Ton est à concevoir comment on a pu avoir la pensée de ce genre de verres. Les opticiens prendront un soin tout minutieux pour conserver les verres propres et clairs. Jamais on ne les essuiera qu'avec une peau fine , et jamais avec autre chose; on n'oubliera pas de les poser sur le travers de la monture, lorsque l'on quitte les lunettes.

On peut espérer remédier à la faiblesse des yeux et autres défauts de la vue en se lavant la tête à l'eau froide tous les jours ; on peut également se baigner les yeux avec de l'eau fraîche animée avec quelques gouttes de vieille eau-de-vle de Cognac ; ce moyen est souvent utile, quoiqu'il ne le soit pas toujours.

Contre la faiblesse de la vue , dans laquelle tout parait trouble et enveloppé d'un nuage qui empêche de distinguer clairement au loin, et qui est la suite de longues lectures, d'un long travail à l'aiguille et d'autres occupations analogues, quelquefois avec coïncidence d'un mouvement spasmodlque des paupières, donnez rut. ; contre la faiblesse de la vue, avec trouble et apparence devant les yeux de taches brunes, et dans laquelle on ressent des frémissements dans la paupière et des mouvements spasmodiques dans les yeux, agaric.

La vue courte qui est récente se guérit principalement paivpuls,, si elle provient d'une inflammation des yeux ; par carb, veg. si elle est la suite de l'abus du mercure; par

phosph. acïd, si elle a son origine dans des caa^s débilitantes et une fièvre nerveuse.

La mne lonf^e qui provient de Tabus des boissoAs spiritueuses se guérit par nux. vom.; si en lisant la vue se. perd» si les lettres se confondent et qu'au grand jour les yeux éprouvent des éblouissen^ents, donnez drosx ; si cela ne suffît pas, donnez stdph, , et plus tard, si c'est nécessaire, silic, aux personnes maigres, ccdc carb, aux personnes corpulentes. Cependant, dans ces circonstances, il vaut encore mieux consulter un médecin.

Dans les cas de cécittfe momentanée et subite, donnez acon., si elle revient souvent, merc, viv. ; si c'est à la suite du calomel, silic. Lorsque la vue se perd la nuit (nyctalopie), à la chute du jour, donnez belL, el pariiculièrement Iprsqu'il y a des apparences de couleurs, rouges et flamboyantes, ou qu'il y a une auréole autour de la chandelle ; si ces apparences sont plutôt des taches noires et des étincelles, donnez verat. alb. ; s'il ne réussit pas, %(9sc. Dans la cécité du/ewr, c'est-à-dire lorsque le malade ne peut voir que la nuit, don* i)ez sulph., et plus tard silic. , si cela est nécessaire.

A la photophoMe [aversion de la lumière) , il se joint or* dinairement d'autres souffrances; il faut, dans ce cas, choisir des remèdes appropriés. Dans la photopbobie simple, donnez deux malins de suite acon., le soir nux. vom. Si cela ne suffit pas, donnez trois jours après bell. , huit jours après merc. viv,^ et encore après huit jours hep. sulph. ; quelquefois aussi cale. carb. troisième puissance s'est montré très efficace. — Dans le cas où les yeux recherchent avec avidité la lumière, donnez d'abord acon.^ ensuite 6^//. , et plus tard sulph.

Dans la photophobie avec mal de tête , où la lumière de la chandelle semble sombre et vacillante, donnez euphr.

Lorsqu'on la voit entourée d'un cercle de feu, ou que la vue est trouble et qu'on a besoin de s'essuyer à tout moment, quand tous les objets paraissent doubles, ou que tout paraît totalement obscur, donnez puh. ; lorsqu'autour de la chandelle on voit iine auréole colorée, avec taches rouges, quand les objets paraissent doubles et renversés, avec un commencement de cécité, àelL; contre les visions de taches noires, avec étincelles et vue double, verat alb, S*il arrive que la vue soit trouble et qu'il apparaisse des reflets noirs comme des étincelles pendant le jour, et là nuit des météores ignés ou un cercle autour de la lumière, donnez, dans ce cas, staph.

Le strabisme, chez les enfanis qui ont la tête très chaude, est souvent guéri par belL Si cela dépend des versf donnez kj/oèc. : si celte affection provient de ce qu'on a placé la lumière toujours du même côté du lit de l'enfant, il suffira quelquefois de changer la lumière de place, afin d'accoutumer l'enfant à voir du côté opposé ; et puis, lorsque l'équilibre des yeux sera rétabli, qu'on n'oublie pas de coucher l'enfant d'une manière convenable, soit en mettant la lumière vis-à-vis, ou en plaçant un abat*jour sur la chandelle. — Ensuite il conviendra de soustraire l'œil sain à la lumière, et cela au moyen d'un bandeau, qu'on laissera d'abord en place quelques heures, et plus tard toute la journée; c'est ainsi que Ton parviendra h habituer l'œil qui louche à voir régu* lièremenl.

Si le strabisme existe dans les deux yeux et en dehors, qu'on fixe sur le néz un morceau de taffetas noir ; s'il est en dedaùs, qu'on applique des deux côtés des tempes un petit appareil de taffetas luisant, qui se porte en avant. Si ces moyens ne réussissent pas, cela doit dépendre d'un état spasmodique des yeux rconsultez alors un médecin.

MALAmES DES OI^EILLES. 235

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