FONCTIONS DE RELATION
en possession des organes dont elle a besoin pour accomplir sa destinée terrestre et se préparer à cette existence qui sera sans limite.
Mais il ne faut pas croire qu'on arrive à ce terme sans soutenir luttes et combats. Le corps vivant a ses exigences, ses appétits, ses instincts contre lesquels la raison doit souvent lutter, et celui qui veut le faire avec succès doit toujours se rappeler que les conditions d'une existence régulière se trouvent seulement dans la prééminence de l'àme sur le corps.
Pour assurercette dernière, ce n'est pas à l'hygiène qu'il faut s'adresser, mais à la morale appuyée sur la religion ; la science ici ne peut donner que des conseils.
Le premier qu'elle doive poser consiste en ceci: qu'il ne faut pas surexciter le système nerveux et lui laisser prendre le dessus sur tous les autres, précepte facile à observer pour ceux qu'une profession active appelle souvent au dehors plus difficile pour les hommes auxquels leurs occupations imposent un repos corporel prolongé, plus peutêtre pour ceux que la fortune a comblés de ses dons, que pour tout autre.
Tout chez ces derniers devient cause d'irritation ; et leur inaction et leurs plaisirs, même leurs lectures. Que de préceptes n'a-t-on pas posés sur tous ces points, et que d'infractions ne faut-il pas y constater chaque jour ! aussi combien de maladies ne voyons-nous pas en résulter ! Cependant si Ton savait prendre l'exercice et le repos convenables, si l'un n'était pas miné par l'oisiveté, tandis que l'autre succombe à la fatigue, si l'existence offrait ce mélange d'exercice et de repos que les hygiénistes réclament, on éloignerait bien des souffrances au-devant desquelles on semble courir.
Veille et Sommeil. — C'est surtout dans l'accomplissement de ces fonctions de relation qu'on observe la nécessité de temps de repos; repos pour le corps et l'esprit
durant le sommeil, repos pour le corps nécessaire à certains autres moments.
Le sommeil ne doit être ni trop court ni trop prolongé. Trop court, il ne permet pas aux forces de se refaire, trop long, il énerve et amollit. Il doit surtout être pris en temps convenable, et tout le monde sait que la nuit devrait lui être réservé. Je dis devrait, car il il n'y a pas de précepte d'hygiène plus souvent oublié, parles uns au nom du travail, par les autres au nom du plaisir, par tous au grand détriment de leurs forces et de leur santé. Le travail est le fait du jour, le repos est celui de la nuit ; toute la nature vivante nous en donne l'exemple, c'est ànous de le suivre.
Repos hebdomadaire. — De tout temps on a compris qu'il fallait plus encore, et les préceptes de la religion, d'accord avec les enseignements de la science et les devançant, imposèrent chaque semaine un jour de trêve pour les occupations ordinaires.
Le législateur avait alors un double but : donner au corps un repos nécessaire à la réparation des forces, et, par l'emploi qui devait être fait de ce repos, offrir à l'intelligence un moyen de s'élever au-dessus des préoccupations de ce monde.
Pour beaucoup le précepte subsiste, mais l'application en est changée. On travaille le dimanche, mais non le lundi ; l'église est déserte, mais les lieux de plaisirs sont pleins. Aussi les résultats ne sont-ils plus les mêmes, le corps ne se repose pas et l'esprit n'ayant plus lé loisir de la réflexion, se laisse entraîner par l'organisme qui le domine de toute la hauteur de ses appétis et de toute la puissance de ses passions; la force vitale maintenue dans une activité sans relâche, s'use par les excès mêmes auquels on la condamne, et la vie s'abrège bien plus par l'effet du plaisir que par celui du travail.
Ages. — Il est encore une condition qu'il serait nécessaire d'observer pour arrivera une longévité de patriarche