‹ Médecine homoeopathique domestiqueChapitre 42 sur 110 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Kau. — Dans l'étal de santé, tout le monde doit pouvoir boire un verre d'eau sans inconvénient. S'il n'en est pas ainsi, c'est que l'estomac est malade; dans ce cas il faut faire usage de quelques-uns des médicaments suivants:

Cocculus si la tête est vague, qu'il y ait des nausées et un sentiment de chaleur générale ; Aconit, quand il y a toux et mal de tête; Arsenic, toux, vomissements et froid de tout le corps ; China, mauvais goût dans la bouche, comme si l'eau était corrompue, sensation de froid dans le ventre, coliques et frissons; Pulsatilla, nausées et coliques, et Rhvs ensuite, quand Puhatilla a échoué ; Ignatia, quand il y a des hoquets; Ferrum, si l'eau cause une sensation de lourdeur à l'estomac; Nux vomica, lorsque le ventre est très-tendu, comme par des flatuosités, qu'il y a une sensation de froid au cœur,, de l'oppression et du frisson; Capsicum, lorsqu'il y a de la diarrhée avecténesme; Veratrum, s'il existe des douleurs de poitrine et des frissons. — Quand il survient des douleurs de dents après avoir bu de l'eau, il faut prendre Bryonia, Mercarius ou Staphysagria, suivant les symptômes; Mercuriuset Snlfur conviennent lorsque les dents sont sensibles sans être réellement douloureuses.

Eau trop froide. — Il y a des personnes qui, à force de boire de l'eau froide, se sont réellement glacé l'estomac, de sorte qu'ellesnepeuventplus rien supporter. Unbon moyen de remédier à cet é(at est de mettre deux gouttes d'acide sulfurique pur dans un verre d'eau, de bien agiter le mélange ei d'eD prendre une cuillerée à thé tous les matins à

jeun. Il est rare qu'au bout de quelques jours, l'estomac ne soit pas en état de supporter de nouveau l'eau pure aune température modérée ; Nux vomica, Staphysagria, Calcarea seraient les médicaments dont il faudrait faire usage ensuite, si l'acide sulfurique ne suffisait pas.

Quelques personnes se donnent des douleurs d'estomac seulement pour avoir bu trop vite; Silicea les fait cesser rapidement.

Eau -lacée, — L'usage de l'eau très-froide, surtout de Veau glacée, le corps étant en sueur, cause souvent de graves accidents.Tantôtlesangse porte à la tête avec violence, ce qui amène un état congestif caractérisé par des convulsions des muscles du visage, des vertiges, des évanouissements; il faut alors donner Opium ou Glonoin [Aconit sera aussi souvent utile]. Si le visage est pâle, qu'il y ait des efforts de vomissements, le sujet étant absolument sans force, il faut lui faire respirer de l'esprit de camphre. Quant aux suites éloignées de cette imprudence, on les combat avec Glonoin ou Belladona quand elles se composent dedouleurs de tête et d'afflux de sang au cerveau ; avec Bryonia, quand les douleurs sont vives et lancinantes; avec Carbo vegetabilis et Arsenic, s'il existe delà fièvre et des douleurs d'estomac.

L'usage prolongé de l'eau glacée, pendant l'été, cause aussi des troubles de plus longue durée, le malade se sent très-faible, n'a aucun appétit ; tous les aliments lui semblent lourds et amènent des renvois souvent acides ; l'estomac est douloureux à la pression, il est, ainsi que le ventre, distendu par une grande quantité de gaz qui gênent beaucoup; toutes ces douleurs ont souvent pour caractère particulier de s'aggraver au grand air; Carbo vegetabilis les fait rapidement cesser.

Glace. — Quelques personnes, des enfants même, ne se bornent pas à boire de l'eau glacée, elles avalent de petits morceaux de glace. Il résulte de cette habitude de

fortes douleurs d'estomac, que l'on calmera avec Arsenicum ou Pulsatilla.

Arsenic répond aux symptômes suivants : violente douleur pressive à l'estomac, douleur brûlante qui paraît circonscrite à un petit point, ou sensation de brûlure occupant toute la surface de l'estomac, le ventre, et accompagnée d'anxiété etd'agitation ; le visage exprimant au dernier point cette anxiété; langue sèche, soif vive obligeant à boire souvent, goût salé de tous les aliments, nausées après avoir bu ou par le mouvement; ces nausées allant parfois jusqu'au vomissement, mais au vomissement bilieux.

Pulsatilla sera indiquée par les caractères suivants: à l'estomac une douleur plutôt crampoïde que pressive, s'aggravant après le repas, et souvent accompagnée de vomissement des aliments; langue couverte d'un enduit blanchâtre muqueux, goût herbacé de la bouche, absence de soif, nausées après avoir mangé et après avoir bu, plus fortes l'après-midi et le soir, avec renvois acides ou ayant le goût des aliments; visage plutôt triste qu'anxieux.

Les mêmes médicaments conviendraient encore si le trouble des fonctions digestives était survenu après l'usage de fruits ou de quelque autre aliment qui aurait été trop refroidi.

JLait. — Il est généralement bien supporté par les sujets dont l'estomac est sain; s'il cause quelque souffrance, il faut les attribuer au mauvais état des fonctions digestives et y remédier. On y parviendra avec Nux vomica, lorsque son usage sera suivi d'acidité et de constipation ; avec Bryonia ou Lycopodium, s'il existe, au contraire, des coliques et de la diarrhée; avec Sulphur, s'il produit des renvois et des vomissements glaireux, et que les deux premiers médicaments n'aient pas suffi; enfin, si, malgré tout, les nausées persistaient , il faudrait donner Calcarea après Sulphur.

Bière. — Lorsque la bière cause des troubles digestifs,

il faut commencer par la supprimer, surtout ne point faire usage de ces bières fortes, qui doivent généralement leur goût amer à certaines substances plus ou moins vénéneuses. Mais si la bière est de bonne qualité et qu'on ne puisse pas se dispenser d'en boire, il faut en corriger les effets. Dans ce cas, Rhus fera que son action sera moins vivement ressentie vers la tête ; s'il ne suffit pas à corriger cette action delà bière sur le cerveau, il faudra donner ensuite Belladona. La bière cause-t-elle des vomissements, on les arrêtera avec Ferrum; des nausées, avec Arsenic ; des coliques, avec Colocynthis. Si après avoir bu de la bière le soir, on se trouve pris, le lendemain matin, au réveil, de douleurs de tête qui durent après qu'on s'est levé, cela prouve que cette boisson ne convient pas, et il faut s'en abstenir.

La bière aigre cause aussi des souffrances, en particulier une douleur pressive à l'estomac, des nausées, des efforts de vomissements, même des vomissements de glaire ou de sang; il faut alors donner Aconit. Si l'effet produit par cette bière se compose de vomissements aigres, avec sensation de brûlure à la gorge, tranchées- et diarrhée, Hepar suif, doit être préféré à l'Aconit. Arsenic serait indiqué en pareil cas par les symptômes suivants : vomissements des aliments, brûlure dans l'estomac et le ventre, tranchées avec sentiment de froid général, anxiété et soif. Enfin, Carbovegetabilis conviendrait mieux encore dans le cas d'une grande faiblesse jointe à une impressionnabilité extrême au froid et à la cbaleur, et aussi au temps humide ou au temps sec.

Vin. — Il agit aussi tantôt parce qu'il a été pris en trop grande quantité, tantôt parce qu'il était de mauvaise qualité.

Ivresse. — Pris avec excès, il caus.e Vivresse.

Le moyen essentiel pour y remédier, est de laisser dormir celui qui s'est mis dans ce triste état. S'il tarde beau-

coup à revenir à lai, on peut employer l'eau froide à l'extérieur. On lui arrose le visage ; ou bien on lui applique sur le ventre, et mieux encore à la nuque, de larges compresses trempées dans l'eau aussi froide que possible.

Si le malade vomit, il faut lui faire prendre du café noir; si son ivresse a été causée parla bière, il faut lui donner une infusion de thé vert mêlée de lait. On pourrait se bien trouver de lui faire mâcher un morceau d'amande amère, si elle ét.iit produite par le vin. Enfin on remédie à l'ivresse causée par i'euu-do-vie, en faisant boire un peu d'eau salée, ou en introduisant dans la bouche un petit morceau d'ail.

Mais il arrive quelquefois que des symptômes graves surviennent; il faut alors recourir aux médicaments. S'il arrive alors que l'ivrogne ait le visage d'un rouge foncé, les yeux tixes, un tremblement général, des convulsions des muscles du visage, ou un spasme tel qu'on ne peut lui écarter les mâchoires, il faut lui envelopper la tête, le front et la nuque décompresses trempéesdans l'eau froide, et donner Opium, en répétant la dose tous les quarts d'heure, jusqu'à ce qu'il y ait amélioration, c'est-à-dire détente de tous les muscles. Après Opium, on donne Aconit ou Belladonn, s'il reste encore quelques symptômes.

C'est surtout dans ces cas, où l'on ne peut ouvrir la bouche du malade pour lui faire avaler le médicament, qu'on doit adopter YOlfaction. On prépare alors le médicament comme il a été dit plus haut, et on le passe à plusieurs reprises sous les narines. Dès que les muscles se relâchent et que la bouche peut s'ouvrir, on donne le médicament à l'intérieur, soit en faisant tomber quelques gouttes de teinture sur la langue, ou en y déposant des globules, lorsque le malade n'a pas assez de connaissance pour avaler, soit en administrant le médicament dissous dans l'eau et par cuillerée, dès qu'il avale de lui-même.

lyresse de» enfants. — Il arrive parfois que des per-

sonnes inconsidérées ne craignent pas de griser un enfant, soit avec du vin, soit avec de l'eau-de-vie. Alors les accidents sont graves. Il faut commencer par envelopper la tête de linges humides et froids, puis on fait boire quelques cuillerées d'eau chaude dans laquelle on a mis une amande amôre. Si ces moyens n'amenaient pas un bon sommeil , indice d'une guérison prochaine, il faudrait donner Nux vomica. Si le petit malade tombe dans un sommeil profond accompagné de ronflement, le visage étant rouge, le front brûlant et couvert de sueur, il faut faire prendre Op ium. Lorsqu'au contraire l'enfant est surexcité, d'une gaieté exagérée qui l'empêche de trouver le sommeil, on doit lui donner Coffea. Aconit viendrait ensuite, dans le cas où la fièvre s'allumerait, et si elle ne cessait pas sous l'influence de ce médicament, on le remplacerait, au bout de 2 heures par Belladona. S'il survenait des convulsions, il faudrait d'abord donner Opium, puis Nux vomica, si Opium échouait, et Chamomilla après Nux, si celui-ci n'était pas" suffisant.

Ivresse des femmes en couches. — H y a des femmes

en couches qui, d'elles-mêmes ou sur l'avis de sagesfemmes imprudentes, prennent des boissons spirilueuses pour se procurer du sommeil et endormir leur nourrisson. Il faut se hâter de les faire renoncer à cette funeste habitude et leur donner quelqu'une des substances dont je viens de parler.

ivresse accidentelle. — En dehors des ivrognes par habitude, il y a ceux qui se laissent aller, une fois par hasard, à faire un excès de boissons. Ceux-ci en souffrent beaucoup plus que les premiers. Nux vomica effacera toujours les mauvais effets de leur débauche ; ils devront seulement continuer parfois l'usage de ce médicament pendantdeuxou troisjours, à raison de quatre à six cuillerées par jour.

Traitement préventif de l'ivresse. — Le médecin doit

non-seulement faire tous ses efforts pour faire cesser, chez l'ivrogne, les symptômes que ses excès ont pu produire, il doit aussi déployer toute son influence pour amener la cessation de ce triste penchant. C'est alors qu'il doit faire appel à tous les sentiments élevés, remuerles fibres les plus délicates de la conscience.

Il trouvera parfois alors des sujets dociles et repentants, qui emploieront toute leur force morale à vaincre le penchant qui les entraine, et auxquels il conviendra de venir en aide. Pour cela, on devra joindre aux conseils l'emploi de quelques médicaments destinés à modifier la sensibilité spéciale qu'une habitude vicieuse a développée dans l'estomac.

On atteindra ce but avec des médicaments, parmi- lesquels j'indiquerai, en premier lieu, Sulpkur, dont on fera prendre une dose tous les matins pendant sept jours. Lorsque le désir physique doit se faire de nouveau sentir, c'est, presque toujours une ou deux semaines après que la dernière dose de soufre a été prise, on donne*, le soir, une dose de Nax vomica, et deux ou trois jours après une nouvelle dose de Sulphur ; on accorde au malade un repos de huit jours et on recommence les mômes agents administrés delà même manière. Quand ils ne suffisent pas, on les remplace par Arsenic, et si ce médicament ne réussit pas complètement, on revient à Nux vomica suivie, au bout de quatre jours, d'une nouvelle quantité d'Arsenic.

(Traitement lacté. — Le pi us souvent ces médicaments réussissent ; s'ils échouent, il faut songer à d'autres moyens; c'est alors que le traitement lacté du docteur de Bœnninghausen peut trouver sa place.

Ce maître commençait par donner plusieurs doses <T0pium, répétées de jour en jour, puis il prescrivait une alimentation essentiellement composée de lait. Celui-ci pouvait être pris de plusieurs manières : en soupe, avec du café ou du thé; Bœnninghausen ne laissait rien boire ni

BOISSONS. i «a

manger qui ne contînt du lait. Il avait observé qu'en continuant ainsi pendant plusieurs semaines, le malade arrivait à une telle répugnance pour le vin et les liqueurs qu'il y renonçait sans peine à tout jamais.

Du reste, Bœnninghausen employait concurremment des médicaments. S'il se manifestait une répugnance extrême pour le lait, notre confrère donnait Opium ou Ignatia. Ces médicaments restaient-ils sans résultat, il les remplaçait par Arnica, Belladona, Cina, Rheum, suivant les symptômes accessoires présentés par le sujet. Si à cette répugnance se joignaient de véritables douleurs d'estomac, il essayait de les faire préciser et donnait Sulphur ou Sepia, et puis, après, Calcarea ou Stliçea. Quand la diarrhée se manifestait, ouau moins lorsque les selles devenaient molles, il choisissait entre Puhatilla, Bryonia, Tartarus emeticus, Carbo vegetabilis ou Phosphorus ; quand il s'agissait de constipation, c'était Nux vomica.

Quant aux souffrances causées par le lait lui-même, alors que la répugnance a cessé et que le malade le boit avec plaisir, on y remédie avec Natrummuriat., Arsenicumy Rhits, Calcarea, Silicea, Nux vomica, Bryonia ; ou encore avec Lycupodium quand il y a coliques et constipation, Nitriacidum, si, au contraire, les selles sont molles; après ce médicament, il faudra songer à Chamomilla, China et Lachesis. Si les douleurs viennent peu après le réveil, il faudra donner Kali carbon. ou Lycopodium; Nux moschaûa, si elles se font sentir à la tête ; Sambucus, quand elles occupent la poitrine, et Cuprum si elles sont fixées sur le ventre .

Vins de mauvaise qualité. — Le vin nuit par ses mauvaises qualités, même s'il est pris en quantité minime. Le mauvais vin aigre, par exemple, cause des nausées et des douleurs d'estomac auxquelles on remédie avec Antimonium crudum; le vin soufré n'est pas moins dangereux, on pallie ses effets avec Puhatilla.

Boissons spiritucuses. — Il arrive souvent qu'après avoir fait quelque excès de boisson la veille au soir, ou même après avoir bu le matin, à jeun, quelques verres de vin, surtout des liqueurs, on se sent mal à l'aise; la tête est pesante, vertigineuse, le visage devient pâle et abattu, les yeux sont sensibles à la lumière, la bouche est sèche, âpre, il y a des nausées, des douleurs à l'épigaslrev de l'enrouement, une forte chaleur au creux des mains avec courbature de tous les membres, faiblesse, somnolence, frissonnement, irritabilité extrême, saignement du nez et crampes à Pestomac. Carbo vegetabilis et Nux vomica font cesser promptement tous ces symptômes.

On prend Carbo vegetabilis, quand il y a : battements dans la tête et pression au-dessus des yeux, sensations qui sont soulagées par l'air vif et frais; lorsque, au contraire, les douleurs augmentent sous cette influence, et occupent surtout les tempes, il faut donner Nux moschata; si elles n'occupent que la moitié de la tête, et qu'il semble qu'un clou soit enfoncé sur le point douloureux, qu'il y ait aggravation par le mouvement, en marchant, à Pair libre, en se baissant et par un travail intellectuel, il faut prescrire Nux vomica; si les nausées se font sentir, il convient de donner Carbo vegetabilis. Nux vomica doit être choisie encore, quand il y a tendance aux vomissements; Carbo vegetabilis, si les selles sont liquides et de couleur claire ; quand elles sont en diarrhée, muqueuses et accompagnées d'épreintcs pénibles, c'est Nux vomica ; ce dernier médicament convient encore quand il y a vertiges, rougeur et sensibilité des yeux à la lumière, accumulaiion de pus dans les angles des paupières, petite toux sèche.

Si Nux vomica ne fait pas cesser le mal de tête en. quelques heures, il faut donner ensuite Cvffea; de plus, si les nausées ne cessent pas après les médicaments que je viens d'indiquer, que Pestomac reste douloureux et la langue chargée, il faut faire prendre Antimon. crudum.

12ffct§, chroniques des boissons spiritueuses. — L'u-

sage habituel des liqueurs fortes amène souvent des maux chroniques ; par exemple des douleurs habituelles à la tête qui semble pleine et pesante, des crampes à l'estomac, des digestions difficiles, de la constipation, des douleurs à l'anus causées par des hémorrhoïdes, des douleurs au bas des reins dues à la même cause, une éruption sèche et rouge sur le ventre où elle cause de la cuisson et un prurit violent. N«x vomica répond très-bien à tous ces symptômes; il faut en prendre une dose tous les soirs et s'abstenir de café, de vin et de spiritueux tant que Ton fait usage de ce médicament. On prend ensuite- Curbo végétabllis si ces douleurs persistent; s "aggravant le matin et au grand air; et Lochesis lorsqu'elles sont plus fortes après qu'on a dormi, dans l'après-midi et par un temps chaud.

Il y a aussi des maux de tête chroniques, qui tiennent à une tout autre cause que l'abus des boissons fortes, mais s'aggravent dès que l'on fait usage de la moindre liqueur, et rendent alors tout travail intellectuel impossible, empêchent de penser, même de lire ou d'écrire. Lorsqu'il en est ainsi chezdes personnes corpulentes, à visage rubicond, il faut donner Calcarea carbon., et Silicea quand il s'agit d'une personne maigre. Lorsque, ces médicaments ont soulagé, il faut attendre le retour des symptômes pour répéter la dose. Lachesis se montrera aussi très-utile en pareille circonstance.

Il suffît à certaines personnes de boire une très-petite quantité de vin pour devenir excitables, tremblantes, de mauvaise humeur, de sorte que tout leur devient insupportable, et pour ressentir une chaleur sèche et pénible ; Coffea les calmera toujours rapidement.

Delii-iuin tremens. — Les ivrognes sont très-exposés à une maladie qu'on appelle Dclirium tremens, et qui se compose d'accès pendant lesquels le malade croit voir des personnes étrangères, des choses ou des animaux effrayants,

ou encore entendre des voix qui l'appellent ou des gens avec lesquels il se dispute, après quoi il est pris de convulsions, crie et tombe. Il faut autant que possible porter secours à ces malbeureux. Dans les cas graves, on leur donne Opium que l'on répète toutes les heures; quand il n'y a pas un mieux sensible au bout de 24 heures, on passe kNux vomica, une dose toutes les 2 heures, et on revient à Opium si les accès reparaissent. On peut en même temps employer l'eau froide à l'extérieur. Lorsque la maladie peut être reconnue et attaquée dès sa première apparition, Arsenic sera toujours curatif. S'il n'a pas guéri en 2 ou 3 jours, on le remplacera par Calcarea carb., donné matin et soir. En même temps, on fera boire tous les jours quelques verres d'eau froide ou d'une bière légère, si le malade en a l'habitude et le désir.

Dans les cas légers, lorsque le malade est seulement effrayé par des visions d'animaux, ou de feu, qu'il est anxieux et veut s'enfuir, on peut donner Belladona, une cuillerée d'beure en heure, ou alterner Belladona et Aconit , les donnant aussi d'heure en heure; et le lendemain matin, on fait prendre Calcarea.

Lorsque Belladona ne suffit pas à arrêter l'accès, qu'il survient du spasme à la gorge, les accès venant aprèsmidi ou au réveil, les malades parlant beaucoup, tantôt d'une cbose, tantôt d'une autre, ne voulant supporter ni cb émise, ni cravate autour de leur cou et faisant des efforts incessants pour s'en débarrasser, Laçhesis réussit toujours. Enfin Verairum conviendra parfaitement si le visage est couvert d'une sueur froide, que l'anxiété soit extrême, que le malade veuille s'enfuir poursuivi par des visions diaboliques.

Effets du café. — Les personnes qui boivent du café sans en avoir l'habitude, celles qui en prennent trop souvent et le font trop fort, voient souvent survenir des accidents auxquels il importe de remédier.

Je signalerai particulièrement:

1° L'insomnie, avec battements de cœur, grande irritabilité nerveuse et crampes à l'estomac : Nux vomica les fait promptement cesser.

2° Le mal de tête qui se caractérise tantôt par une douleur perforante comme celle que produirait un clou enfoncé dans le cerveau, une douleur de distension ou seulement une sensation de pesanteur. Dans tous les cas, il faut donner Nux vomica ou Ignatiâ; Ignatîa lorsque la douleur diminue quand on se baisse, ou s'il s'agit de battements dans la tête, le sujet étant d'un caractère inconstant et indécis; Nux vomica, si le sujet est d'un caractère vif et naturellement irritable, qu'il y ait aggravation de douleurs en se baissant et en marchant, beaucoup de vertiges, et que la tête soit vague et confuse. Enfin, Nux vomica fera cesser les douleurs qui occuperont seulement la moitié de la tête, et Chamomilla celles qui seront accompagnées de pleurs, de cris et d'une grande impressionnabilité.

3° Le mal de dents. ■ — Quand il se montre presque aussitôt après que le café a été bu, il faut donner Chamomilla, qui réussit d'ordinaire même chez ceux qui ont l'habitude de cette infusion. Mais quand il s'agit de sujets qui n'en prennent pas ordinairement, il faut administrer d'abord Coffea, puis Chamomilla ou Nux vomica.

4° Les crampes d'estomac. — Celles quisontaggravées par l'usage du café cèdent à Nux vomica ou à Cocculus; celles que le café soulage d'abord, mais aggrave ensuite, réclament Chamomilla.

5° Les coliques. — Quand elles naissent sous l'influence du café, on en triomphe avec Nux vomica, Colocynthis ou Belladona.

Quand il s'agit de douleurs ayant leur siège vers les aines et donnant à penser qu'une hernie va s'établir, il faut administrer Nux vomica.

Tous ces médicaments doivent être administrés comme il a été dit pour les maladies aiguës.

6° Effets chroniques du café. — On Comprend SOUS Ce

titre les symptômes qui surviennent chez ceux qui ont fait abus de café, lorsque les souffrances ne cessent pas après qu'on a renoncé à cette habitude. Il faut, dans ce cas, débuter par Nvx vomica, qui réussit en général, et que Ton peut faire suivre de Belladona dans les cas rebelles.

En dehors de ces deux médicaments, on peut s'adresser encore à Cocculus, lorsque le malade transpire avec une extrême facilité, qu'il a du tremblement des membres, des frayeurs pendant le sommeil avec des accès de chaleur passagère, des maux de dents après le repas, de la faiblesse à la tête, de la tristesse et de l'anxiété; surtout si toutes ces douleurs augmentent à l'air Jibre, par le mouvement, après avoir mangé, après avoir bu, aussi après avoir dormi ou fumé.

Ignatia convient mieux r'ans le cas de faiblesse générale, sensation de vacuité à l'estomac, crampes fréquentes dans le bas-ventre, engourdissement ou douleurs dans tous les membres, douleurs qui sont pressives, lancinantes ou contuses, qui obligent à changer de place, ce qui parait les soulager, le moral étant variable, tantôt emporté, tantôt pleureur.

Ces médicaments doivent être donnés à raison de deux doses par jour, une le matin et l'autre le soir ; s'ils ne soulagent pas dans l'espace de une ou deux semaines, il faut songer à Mercure et ensuite à Soufre.

Eflvts du tu*. — Le thé vert est le seul qui agisse défavorablement. On remédie à ses effets avec Ignatia ou Ctffca, et lorsque l'amélioration n'est pas complète en quelques jours, avec China. Les effets chroniques du thé se combattent avec China ou Ferrum.

Même mode d'administration que pour les effets du café.

Il va sans dire que du moment où une de ces boissons est nuisible, il faut commencer, avant toute chose, par en suspendre absolument l'usage, sous peine de voirécbouer le traitement.

Effets «luiabac. — Pulsalillaîd.itcesser rapidement ceux qui surviennent chez des personnes qui n'ont pas l'habitude de fumer. Cependant, s'il y a des nausées et de violents maux de tête, iJ faut administrer Aconit; s'il y a des vertiges, de l'obnubilation, allant jusqu'à l'évanouissement, des vomissements bilieux et de la diarrhée, il faut préférer Chamomilla, et si ce médicament n'agit pas rapidement et qu'il y, ait un froid intense et général, Veratrum. Si ce dernier ne soulage pas, on fait respirer de la teinture de camphre. EnOn, on coin bâtira les symptômes nerveux, spasmes ou convulsions, avec Cvprurn.

S'agit-il de sujets ayant Pkabitude de fumer, et qui cependant deviennent malades, il faut donner Cocvulus ou lgnatia ; Dryonia quand ils souffrent des dents, et souvent aussi China; lgnatia ou Pulsatilla quand ils ont des nausées, Stnphywgria, s'il se joint à ces dernières de l'anxiété et de l'agitation.

Staphysagria convient encore à ceux qui mâchent le tabac ; Nux vomica\ Chamomilla, Pulsatilla, Cocculus et Cupj'um leur conviennent aussi très-souvent.

Les maladies à marche lente qui surviennent chez ceux qui fument avec excès, sont difûciles à guérir. Cependant Nux vomica fait cesser la faiblesse de l'estomac et l'irritabilité nerveuse ; la constipation est guérie par Nux vomica, Slaphysngria ou Mercur.

Les maladies des ouvriers occupés à préparer le tabac, sont plus difficiles encore à guérir (1). Il faut d'abord que ces malades cessent leurs occupations au moins pendant un

(1) Voyez Melier, De la santé des ouvriers employés dans les manufactures de tabac, Bulletin de l'Académie de médecine, 1845, t. X, p. 509, si Annales d'hygiène publique, 1845, t. XXXIV, p. 241. HÉiung. — Méd. hom. 10

mois; puis ils doivent prendre Arsenic, Colocynlhis ou Cuprum. Ces médicaments seront administrés dissous dans l'eau et à la dose de deux ou trois cuillerées par jour.

Effets des épices. — Nux vomica corrige l'action exubérante du poivre et du giDgembre; Ignatia, celle du safran et de la noix-muscade ; Opium et Çoffea conviennent aussi dans ce cas.

Effets des acides. — Quand ils éclatent tout à coup, on les arrête avec Jpeca ou Nuxvom., surtout s'ils causent de la diarrbée le matin et le soir. La diarrbée qui vient seulement dans la journée cède à Antimon. cr^ud. ; celle qui est accompagnée de coliques réclame Staphysagria, et comme aliment du bouillon chaud ; s'il y a douleurs à la tête ou à la poitrine, il faut prescrire Belladona, et Veratrum s'il y a un sentiment de froid général, Lachesis quand le malade est tourmenté, au contraire, par une chaleur fébrile.

Les éruptions miliaires et scarlatineuses que cause parfois l'usage des citrons, des oranges et des autres fruits acides, cèdent à Bdladona et Rhus; Calcarea carb., Causiicum, Ferrum et Sepia conviennent aux éruption de formes chroniques.

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