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CHAPITRE VI

Médicament et poison. — Les accidents qui surviennent tout à coup après l'usage de certains médicaments doivent être considérés comme les signes d'un empoisonnement véritable; car il n'y a pas de médicament actif qui ne puisse devenir un poison. La différence entre le poison et le médicament se trouve, en effet, tout entière dans la dose et dans le mode d'administration, et une substance

qui ne serait pas capable de troubler la santé d'un bomme bien portant, ne serait pas non plus en état de guérir un malade.

L'emploi de ces substances anodines auxquelles se borne souvent la médecine officielle, est donc tout à fait illusoire ; d'un autre côté, l'emploi de substances actives données à bautes doses n'est pas sans danger. Il faut, par conséquent, être trôs-prudent dans l'administration de ces remèdes héroïques, qui sont loin d'être sans danger quand on en abuse. Je crois même ne rien exagérer en disant qu'en Allemagne, il meurt plus d'enfants par suite de l'abus de la camomille que par la scarlatine elle-même, et plus d'adultes par suite de l'abus du quinquina et de ses préparations que par la fièvre intermittente. Il serait même difficile de soutenir que les hydropiques n'aient pas à souffrir autant du traitement qu'ils subissent que de leur maladie ; et que les quantités énormes de mercure, de quinquina ou de quinine, de purgatifs, de soufre, de nitre, d'opium, de digitale, qu'on les oblige à absorber, ne soient pour rien dans l'issue funeste et souvent rapide de leurs souffrances.

Je sais bien qu'on a prétendu échapper à ce danger en traitant toutes les maladies avec des végétaux ; mais c'était une erreur, les substances végétales contenant un grand nombre de poisons, et ceux-ci étant tout aussi redoutables que les poisons minéraux ou animaux.

Quoi qu'on fasse, il y aura toujours des gens- disposés à faire abus de certains médicaments, surtout de ceux dont l'emploi est le plus répandu et dont les indications sont en quelque sorte devenues populaires; il est donc utile d'indiquer ici les antidotes dont il conviendra de faire usage.

infusion de camomille. — Elle cause souvent de violentes douleurs, ou exaspère celles dont le patient souffrait déjà. Coffea calme d'ordinaire ces exaspérations. S'il

ne suffit pas, il faut le faire suivre de Nux vom. Ce dernier médicament sera prescrit encore lorsque la camomille aura déterminé des crampes d'estomac; si elle amène des nausées et des vomissements, Pulsatilla sera préférable. Elle conviendra encore dans le cas où il s'agirait de coliques causées ou exaspérées par l'infusion de camomille. Tl faut répéter les doses de ces médicaments toutes les heures, ou même toutes les demi-heures, lorsque les douleurs sont très-aiguës. S'agit-il d'enfants chez lesquels la camomille amène des convulsions, il faut prescrire Ignatia; et en venir à Co/fea, si la fièvre se développe caractérisée par une chaleur vive avec une grande excitation et une impressionnabilité extrême. La fièvre caractérisée par une chaleur sèche avec douleurs tiraillantes et déchirantes dans les membres, réclame Aconit.

Opium. — Il cause souvent des accidents, surtout quand on l'emploie sous forme de laudanum et en lavement, parce qu'il est rare alors qu'on mesure bien la dose. Le meilleur moyen de remédier aux effets toxiques de ce médicament consiste à faire boire un peu de café noir, que l'on donne de demi-heure en demi-heure.

Quand il s'agit d'accidents moins aigus dus à un usage prolongé du médicament, un empoisonnement lent, il faut appeler un médecin. On pourra aussi donner Coffea, une dose le matin et une le soir, pendant 8 jours, puis Mefcurius administré de la même façon. On laisse alors reposer le malade pendant une semaine, et on passe ensuite à Nux vomica ou à Belladona, suivant les symptômes.

Quinquina. — Le quinquina et la quinine, son principe actif, sont, après l'opium et le mercure, les substances qui délabrent le plus souvent la santé et dont on est appelé à combattre les funestes effets. Ceux-ci sont même peut-être plus difficiles à effacer que ceux du mercure, et surtout ce n'est pas avec des purgatifs qu'on peut y parvenir. Le quinquina en effet est absorbé, passe dans la

circulation, et les évacuants ne peuvent le faire sortir. L'homœopatbie recommande, au contraire, des antidotes assurés1; en premier lieu l'Ipecacuanha (et surtout Calcarea carbon.), il faut en donner deux doses par jour, en continuant jusqu'à ce qu'on ait obtenu une amélioration notable. Si le quinquina a développé des douleurs analogues à celles du rhumatisme, de la pesanteur, de l'engourdissement et de la courbature dans les membres, des tiraillements dans les os, une grande sensibilité de tout 1p corps, si les douleurs augmentent parle mouvement, en parlant, en respirant fort ou en criant, il faut donner Arnica, et Veratrum lorsque le corps se couvre d'une sueur froide, qu'il y a constipation ou diarrhée. S'il survenait une toux analogue à celle des phthisiques avec expectoration abondante, il faudrait prescrire Calcarea. L'ictère causé par le quinquina cède à Mercure, qu'il faut faire suivre de Belladona. (On donne chaque médicament pendant 6 jours, à la dose de 4 à 6 cuillerées par vingt-quatre heures.) Quaud il y a chaleur au visage avec afflux du sang à la tête, qui devient très-douloureuse, ainsi que les dents et le visage, il faut donner Belladona; Pulsatilla, quand il existe des douleurs d'oreilles ; Ferrum, si les pieds gonflent. Bhus convient dans le" cas de gonflement hydropique. Pour les autres symptômes que le quinquina peut artificiellement produire, on les efface avec Sulpkur, Calcarea, Carbo vegetab. et Cina.

Lorsque la fièvre d'accès est traitée exclusivement par la quinine, on la voit quelquefois cesser, mais être remplacée par des souffrances plus pénibles ; ou bien elle résiste, et devient alors plus difficile à guérir.

Dans le premier cas, on constate souvent après la cessation des accès, des douleurs dans les membres, dans les oreilles, dans les dents et à la tête; Pulsatilla les fait rapidement cesser. Si elle ne suffit pas, Calcarea doit la remplacer; mais s'il existe des douleurs à l'estomac, il faut

préférer Ipéca ou Pulsatilla, et Arnica, Arsenic, ou Ferrum dans le cas d'enflure de quelque partie. Si ces médicaments ne guérissent pas complètement, il faut choisir entre Belladona, Veratrum, Mercurius, Pulsatilla, Arnica, Sulphur, Arsenic, Ipéca, Cina, Carbo vegetabilis, selon les symptômes.

Lorsque la fièvre a résisté à la quinine et que les accès reviennent malgré l'usage prolongé de ce médicament, Ipéca convient presque toujours ; les substances les plus utiles ensuite, sont : Calcarea, Arsenic et Carbo vegetabilis; Cina, Veratrum, Arnica viennent après, ainsi que Belladona, Mercur. ; en dernier lieu Sulphur et Calcarea.

Au très médicaments Yégé taux. — Il en est dont on efface

très-difficilement les effets : la ciguë d'eau, la grande ciguë, le laurier- cerise et l'acide prussique (acide hydrocyanique) sont dans ce cas. Les maladies artificielles que causent ces médicaments, sont toujours tenaces, et il faut réclamer contre elles l'intervention du médecin.

Il en est de même pour la plupart des autres médicaments végétaux; j'indiquerai cependant les antidotes de quelques-uns d'entre eux.

AsaFœiida. — Il a pour antidotes China et Mercurius, et lorsque les fonctions digestives se sont troublées sous son influence, Pulsatilla.

Valériane. —Elle est combattue dans ses effets par Coffea, Nux vomica, Chamomilla ou Sulfur.

Digitale. — Elle détermine parfois tout à coup des accidents graves quand on la continue trop longtemps, même à doses modérées; le mieux est alors de faire respirer la teinture-mère de Camphre ; on peut aussi faire respirer le vinaigre ou donner un peu de vin. On peut aussi employer ensuite Glonoin, Cepa, Nux vom., ou Ignatia, d'après les symptômes. Ces médicaments seraient donnés à l'intérieur et selon la méthode indiquée.

Au contraire, le chloroforme et l'éther aggravent les

effets de la Digitale, contre laquelle il ne faut non plus jamais employer le QuiDquina.

Colchique. — Il a pour antidote Pulsatilla ou Nux vomica, et la diarrhée que cause ce médicament quand on le donne à hautes doses, pour combattre la goutte, est arrêtée par Opium donné aussi en teinture-mère et à la dose de quatre gouttes pour huit cuillerées d'eau, une cuillerée de 2 en 2 heures.

Seneça. — Il a ses effets effacés par Belladona, Bryoni a ou Arnica.

Salsepareille. —Elle est combattue TpavMercuriusetBelladona, souvent aussi par Sulfur, mais surtout par Sepia.

Ciarou (Mezereum). — Il est souvent employé pour faire venir sur la peau des cloches qui -sont le point de départ des vésicatoires, mais il détermine souvent, en dehors de ces effets locaux, des douleurs parfois aiguës. Le camphre en teinture, administré par olfaction, les fait cesser. Si elles résistent et qu'elles aient leur siège dans la houche ou dans les os, il faut donner Mercurius, et Bryonia ou Rhus, lorsqu'elles existent dans les articulations.

Lycopode. — Il sert à poudrer les plis de la peau chez les jeunes enfants, mais détermine quelquefois de véritables maladies ; dans ce cas, on donne d'abord de la teinture de camphre, par olfaction, et plus tard on donne Pulsatilla ; Nuxvomica, s'il y a une forte constipation ; Chamomilla, si les convulsions arrivent, et Aconit quand survient la fièvre avec chaleur sèche de la peau.

Rhubarbe. — C'est encore un des médicaments dont on ahuse chez les enfants, et qui détermine souvent des coliques venteuses et une diarrhée persistante. Nux vomica est très-utile en pareil cas; si la diarrhée devient verte ou sanguinolente, c'est Mercurius; si les selles sont vertes et accompagnées de fortes coliques, il faut songer à Chamomilla, et lorsque les coliques résistent à ce médi-

cament, on donne Colocynthis. L'antidote des €antharitles est le Camphre.

Enfln, un effet fâcheux de l'abus des purgatifs, à l'exception des mercuiiaux, se corrige avec Sepia.

Magnésie. — Lorsque les personnes qui font habituellement usage de Magnésie calcinée voient leurs souffrances s'accroître au lieu d'êlre soulagées, il faut leur faire respirer de l'esprit de nitre dulcifîé {Spiritus Nitri dulcis) ; quand il y a de l'insomnie, on donne Coffea ; pour les fortes coliques, Chamomilla ; des selles dures et peu abondantes exigent Colocynthis; et s'il y a constipation absolue pendant vingt-quatre heures, Nux vomica. Quand les douleurs sont vives, brûlantes et accompagnées de fièvre, Arsenic doit être préféré ; s'il survient de la diarrhée verte et d'odeur aigre, avec coliques, c'est Rheum, et Puisât illa ensuite, lorsque cet accident résiste à la première de ces deux substances.

Ces médicaments conviendraient aussi pour corriger les effets du sel de Grlauber.

Soufre. — Ses effets sont aussi redoutables que ceux du mercure ; comme ces derniers, ils sont tenaces et difficiles à effacer. Au début, si les accidents ont éclaté depuis peu, on fait respirer de la teinture de camphre ; si le soulagement n'est pas complet, qu'il y ait de fortes douleurs, surtout à la tète, avec sentiment de chaleur générale, il faut donner Aconit (une cuillerée de 4 en 4 heures pendant deux jours). Quand il s'agit d'effets chroniques, Mercurius, Pulsatilla, Sepia ou Silicea sont très-utiles ; on choisit parmi eux d'après les symptômes. Quant aux souffrances qui sont produites par la vapeur du soufre, par exemple en brûlant des allumettes, ce qui cause souvent de la loux, de l'oppression, des douleurs dans la gorge et la poitrine, il faut donner Pulsatilla (une ou deux doses suffisent, ces accidents étant toujours passagers).

Il y a des parents qui croient bien de faire prendre,

tous les ans au printemps, du soufre à leurs enfants, soit que ceux-ci aient des éruptions habituelles, des clous ou quelques-uns de ces symptômes, pour lesquels on a la prétention de vouloir dépurer le sang. Il arrive souvent alors que l'état du malade s'aggrave au lieu de s'améliorer, dans ce cas il faut prescrire Belladona (trois cuillerées par jour), et mettre tous ses soins à ce que l'enfant ne se refroidisse pas, ce qui ne consiste pas à le tenir dans une chambre chaude, mais bien à lui éviter les courants d'air, à l'empêcher de s'asseoir sur le sol, etc.

iode. — C'est un médicament dont on abuse sous toutes les formes (Iode, sirops iodés, iodure de potassium, de fer, etc., etc.); son antidote est H 'e par sulfuris, que l'on donne en solution et à raison de deux ou trois cuillerées par jour, pendant huit jours de suite au moins. On laisse alors reposer le malade pendant une semaine et l'on revient kHcpar, s'il est nécessaire.

Mercure. — C'est le médicament dont les médecins irréfléchis abusent le plus, et avec lequel ils font le plus de mal. Il faut donc se défier des ordonnances où figurent le Calomel, le sublimé corrosif, le précipité rouge, etc., éviter aussi les onctions faites avec l'onguent napolitain, et aussi les pilules purgatives qui renferment du mercure .

Je sais bien qu'après ces pilules, on a la prétention de chasser le mercure en faisant prendre un purgatif, c'est au moins l'habitude en Angleterre; mais pense-t-on sérieusement arriver à ce but avec un pareil moyen ? On ne saurait trop le répéter, en effet, le mercure ne reste pas dans l'intestin, une partie est absorbée, passe dans la circulation, se trouve .portée dans l'organisme entier, au point qu'il est possible de retrouver le métal dans tous les liquides de l'économie, dans les glandes etjusque dans les os, Il n'est donc pas possible d'enlever le mercure qui a été absorbé, comme on enlève une épingle qu'on s'est implantée dans les chairs; une action mécanique n'est donc

pas ici suffisante. Il y a plus; si l'épingle avait été empoisonnée, il ne suffirait pas de l'extraire pour que la plaie guérit, et c'est ce qui arrive pour le mercure.

Les effets de ce médicament sont donc dangereux; je dirai môme que leur guérisoo est souveDt difficile, et qu'on ne peut dans bien des circonstances que produire un soulagement passager.

Dans la plupart des cas, Hepar sulfuris sera l'antidote convenable, quel que soit le temps depuis lequel le mercure a été donné. Hepar conviendra surtout contre lessymptômes suivants : maux de tête la nuit, cbute des cheveux, nodosités douloureuses au cuir chevelu, inflammation et rougeur des yeux, sensibilité des os du nez à la pression, éruption autour de la bouche, gonflement, rougeur et même ulcération des gencives avec salivation ; accumulation de mucosités dans la gorge, gonflement des amygdales, gonflement et dureté des glandes du cou, élancements dans la gorge en toussant, en avalant, en respirant et en tournant la tête ; gonflement des glandes de Paine, des aisselles ou des seins, lesquelles s'enflamment et suppurent souvent; diarrhée avec ténesme, souvent sanguinolente, muqueuse ou verdàtre ; urine brûlante, acre, d'un rouge brun, toux pour peu qu'on ait eu froid aux mains ou aux pieds, ou après avoir bu, souvent suivie de crachement de sang ; abcès aux doigts, ou bien gonflement et rougeur des articulations du poignet, des doigts ou des genoux, comme dans la goutte, grande facilité de la peau à se couvrir de gerçures qui tendent toujours à devenir plus profondes et plus étendues, et nullement à se cicatriser, suppurent, et autour desquelles la peau se ride et s'écaille, formant alors des ulcères qui saignent facilement, sont le siège, la nuit, de douleurs de brûlure, de battements, d'élancements ; frissonnement général au grand air ; la nuit, frissons et douleurs dans les articulations, fièvre suivie d'une sueur visqueuse, gluante et

aigre ; grande sensibilité à la douleur, celle-ci allant même jusqu'à causer la syncope.

Il faut administrer Hepar de la manière suivante : faire une solution de 6 globules pour 8 cuillerées d'eau et donner 2 ou 3 cuillerées cbaque jour pendant 8 jours ; on laisse alors reposer le malade pendant 8 à 10 jours, et même plus si l'amélioration va toujours en augmentant. Dès qu'elle s'arrête, on revient au médicament, que l'on administre de la même manière et avec le même temps de repos. Si après avoir ainsi répété Hepar à deux ou trois reprises, les symptômes persistent, on donne Bdladona en l'administrant de la même manière, mais seulement pendant 8 jours, et sans y revenir ensuite.

Si'le mercure porte son action sur la bouche et la gorge, amenant l'inflammation de ces parties et le gonflement des amygdales avec surdité, on donne Hepar, puis Belladona, comme il vient d'être dit ; et en troisième Ueu^Stophysagria, lorsque ces deux premiers médicaments n'ont pas suffi."

Quand, sous l'influence du mercure, il survient une grande impressionnabilité au froid, de violentes douleurs se faisant sentir la nuit surtout et augmentant au toucher, avec grande faiblesse, surtout si le malade a été épuisé par des purgations répétées ou par une abondante salivation, il faut donner China, à raison de 3 à 4 cuillerées par jour, d'une solution de 6 globules pour 8 cuillerées d'eau, en continuant pendant 5 à 6 jours ; si l'amélioration paraît alors s'arrêter et que le malade se trouve plus souffrant par un temps humide, il faut prescrire Carba vegetabilis, et l'ordonner de la même manière.

Quand la maladie mercurielle résiste àces- médicaments, que les douleurs, surtout celles qui siègent dans les os, persistent avec gonflement articulaire semblable à celui que donne la goutte, il faut prescrire Dulcamara, et ensuite Acidumphosph.; c'est encore ce médicament (Acid.phosph.)

qu'il faut donner le premier, lorsqu'il y a gonflement des os, et ensuite Stnphysogria, puis Calcarea lorsque ce dernier médicament ne suffît pas.

S'il arrive qu'après avoir fait usage de ces médicaments, on voit les douleurs reparaître, il faut donner une seule dose de Sulphur, laisser réagir pendant 6 à 8 jours et en venir ensuile à une des substances précédentes. Lorsque Sulphur a produit une amélioration notable, on laisse réagir pendant 2 à 3 semaines, après quoi on fait prendre Calcarea, qu'il faudra souvent faire suivre de Lyco podium.

On rencontre parfois des sujets qui, après avoir largement usé du mercure, n'out pas moins abusé du soufre. On fera bien de leur donner d'abord une ou deux doses de Mercurius solubilis suivies de Delladona ou de Pulsatilla, suivant les symptômes, mais si l'emploi du soufre n'a pas suivi celui du mercure, il faut prescrire de suite Hepar sulfuris.

Pour les souffrances cbroniques engendrées par le mercure ou aggravées par lui, il faut choisir de préférence entre Hepar, Bellad., China, Acid. phos., Carbo vegetab., Dulcam., Staphys., Lachesis. Dans les cas où on a besoin d'obtenir un soulagement rapide, on peut songer encore à Opium et à Puisai. ; Arsenic. , Ferrum, Hhus et Silicea conviennentplus rarement.

iMornb. — Il fait partie de plusieurs préparations allopatbiques, d'onguents et d'emplâtres dont on se sert pour faire sécher les éruptions et les ulcères, et aussi de l'eau de Goulard avec laquelle on bassine les plaies, les contusions, les brûlures, et même certaines éruptions. Bien que le médicament soit alors seulement appliqué à l'extérieur, il peut produire, par absorption, des effets toxiques, aussi bienque s'il était donné à l'intérieur, en particulier de la constipation avec coliques, rétraction du ventre, toux et douleurs dans la poitrine. Le mieux est de donner d'abord Opium à doses répétées; k cuillerées chaque jour, on peut

aussi songer à G lonoin ; plus tard on choisit entre Nux vornica, Belladona, et, s'il est nécessaire, Mercure ou Platine, après Belladone.

(Ces médicaments seront administrés à raison de 3 cuillerées par jour, durant 8 jours, et séparés par des intervalles de repos de A à 6 jours.)

Arsenic. — On l'emploie tantôt à l'intérieur pour couper une fièvre d'accès qui aura résisté au Quinquina, et contre le cancer ; dans ce cas ou l'administre à la fois à l'intérieur et à l'extérieur. Lorsque sous l'influence d'un pareil traitement des accidents surviennent, il faut donner Ipéca,' une cuillerée de trois en trois heures'; si ce médicament ne soulage pas, on le remplace, au bout de vingtquatre heures, par Nux Vomica, que Ton donne de même, et lorsque ces deux médicaments restent insuffisants, on choisit entre Veratrum, China o\iFerrum.

Fer. — On le donne, en allopathie, sous des formes variées et à des doses vraiment fabuleuses. Du moment où une femme cesse de voir ses règles avec exactitude, pourvu surtout que son teint pâlisse et qu'elle se sente faible, on n'hésite pas à lui prescrire le fer en vue de lui rendre des couleurs et de la fortifier. Malheureusement on ne réussit pas toujours selon son attente, et souvent l'état s'aggrave au lieu de s'améliorer. Gela tient à ce que le fer, comme tous les autres métaux, a une action énergique sur l'organisme, ce qu'on reconnaît chez tous ceux qui font usage pendant longtemps d'eaux ferrugineuses, surtout chez les habitants des pays où ces sources existent, et où leur usage est presque continuel. Il est rare, dans ce cas, qu'il ne se développe pas des symptômes graves, obligeant à cesser l'usage de cette boisson. On efface les effets du fer avec Pulsatilla ou China, que l'on remplace au bout de quelque temps par Hepar sulfuris. (Ces médicaments doivent être administrés comme pour les maladies chroniques.)

HÉiUNG. — Al éd. hom. U

Je bornerai à ces indications ce que je voulais dire du traitement des maladies causées par l'abus des médicaments, maladies que l'on peut comparer à de véritables empoisonnements, et je renverrai au cbapitre suivant pour de plus amples détails.

Il est encore cependant un conseil que je veux donner : lorsqu'un malade verra ses souffrances augmenter sous l'influence d'un traitement allopathique, il devra tout d'abord cesser l'emploi des médicaments, quels que soient leurs noms, et, s'il ne se trouve pas mieux après quelques jours de repos, il pourra faire usage des antidotes que je viens d'indiquer. S'ils ne suffisent pas, en raison de la gravité des accidents, il faudra recourir à un médecin homœopathe. Mais alors il n'y aura pas à attendre une guérison miraculeuse. Les maladies médicinales sont de celles qui se modifient lentement, et l'on est encore bien heureux quand la maladie primitive n'a pas été aggravée au point d'être devenue incurable.

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