FIÈVRES ÉRUPTIVES
augmenter; on donne Aconit comme intercurrent. Apis est très-utile pour combattre les autres symptômes qui peuvent se présenter.
Lorsque l'éruption reste paie et peu abondante, que l'enfant devient anxieux et très-agité, il faut donner Arsenic. Mais s'il tombe dans la stupeur, étant immobile, les yeux à demi fermés, la langue devenant sèche et les lèvres se couvrant de croûtes noires, il faut donner Rhus après Belladona. S'il existe une grande agitation, des secousses dans les membres, des douleurs dans les mains et les pieds, Pulsatilla doit être prescrite, et, le lendemain, on passe à Calcarea. Enfin, quand il y a de larges places sur le corps qui sont restées tout à fait blanches, si le visage offre de la pâleur accompagnée de bouffissure, il faut donner Calcarea; et quand ce médicament ne produit pas de soulagement, mais laisse subsister les soubresauts des membres, on le remplace par Lycopodium.
Enfin, une teinte bleuâtre de l'éruption indique Veratrum, et, quand l'haleine devient froide, il est temps de songer à Carbo vegetaô.
La Scarlatine lisse ou pourprée a souvent pour conséquences des maladies consécutives très-graves. D'abord une enflure de tout le corps, plus manifeste à la gorge que partout ailleurs, Rhus est indiqué en pareil cas ; puis le gonflement des glandes du cou, tantôt d'un seul côté, tantôt des deux; si Rhus ne peut l'empêcher, il faut le combattre avec Arsenic. Parfois, ces engorgements ganglionnaires suppurent; le pus qui s'écoule est fétide et de mauvaise couleur; alors le cas est grave; il faut donner Calcareaon Kali carboa. ; celui-ci, si l'état de l'enfants'aggrave vers le milieu de la nuit, de I à v2 heures du malin; et Calcarea quand cette exacerbation arrive de A à 6 heures. Acidum nitricum et Lycopodium, parfois alternés à 3 ou 4 heures de distance, guérissent souvent dans les cas les plus sérieux.
Lycopodium. — Serait indiqué, d'après le docteur Goullon, quand le malade est abattu, couché sur le dos, pâle, ayant le visage défait et la mâchoire inférieure pendante comme celle d'un cadavre.
Quand il survient des douleurs d'oreilles, il faut donner Pulsatilla; et, si elle n'amène pas un prompt soulagement, Lycopodium : ce médicament convient encore dans le cas où à ces douleurs succède une surdité plus ou moins complète ou un écoulement de pus par l'oreille.
Il est très-important de garantir les malades, les enfants surtout, contre toute espèce de refroidissement, surtout pendant les saisons froides. Il ne faut donc pas les laisser sortir avant trois ou quatre semaines à partir de l'éruption, surtout ne pas les laisser s'asseoir en plein air, ni se mettre à la fenêtre ; il faut aussi veiller sur le régime, lors môme que le rétablissement semble complet.
Ces précautions doivent être continuées aussi longtemps qu'il y a des écailles sur la peau. Il importe aussi que le malade ne communique alors avec aucun autre enfant, parce que c'est le moment où il transmet le plus facilement sa maladie.
À cette époque, on^peut permettre de laveries mains et le visage à l'eau de son, on fait porter de la flanelle et on laisse le sujet marcher dans la chambre, mais non à l'air libre. On peut lui laisser manger quelque fruit, mais pas de graisse.
Si, malgré ces précautions, l'enfant vient à se refroidir, son corps enfle : le visage, les mains, les pieds surtout; en même temps, les urines deviennent rares ou foncées : il faut alors prescrire Bryonia; puis, quand le gonflement persiste au niveau des côtes, Mercurius solub.; une cuillerée toules les 4 ou 6 heures ; enfin, quand il n'y a aucune modification sous l'influence de ces médicaments, on donne Calcarea, laquelle convient encore dans le cas
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où les besoins d'uriner sont fréquents et l'émission des urines douloureuse. Dans le cas où le malade se plaindrait d'éprouver un froid général, il faudrait lui donner Carbo vegetab. , et Arsenic lorsqu'une chaleur pénible succède à ce froid. Enfin, quand ce sentiment de chaleur devient tellement insupportable que le malade ne peut plus rester à la chambre, que les urines laissent déposer un sédiment noirâtre et qu'elles se troublent quand on les fait bouillir, ce qui dénote la présence de l'albumine, il faut faire prendre Apis, et, selon Wolf, Lachesis,
[Le mode d'administration de ces médicaments ne diffère pas de celui des autres fièvres éruptives. La diète doit être sévère; l'usage des tisanes chaudes est indispensable ; il faut éviter les refroidissements avec le plus grand soin.]
Scarlatine miliaire. — Elle se compose d'une rOU-
geur presque uniforme de la peau avec production de petites ôlevures qui rendent celle-ci rude au toucher. La pression du doigt cause une tache blanche qui disparaît bientôt. Tantôt l'éruption miliaire succède à la scarlatine lisse, tantôt toutes deux coexistent dès le début. Aconit donné pendant 24 heures, à raison d'une cuillerée toutes les 3 heures, et ensuite Rhus administré de la môme façon, suffisent d'ordinaire à guérir. Si la gorge s'enflamme, surtout les amygdales , et qu'il survienne des couennes blanches, il faut donner Sulphur. (La scarlatine miliaire est la plus redoutable des fièvres éruptives chez les adultes. Il faut toujours, avec elle, craindre de voir arriver le délire, délire ordinairement gai et loquace, mais qui précède souvent la mort de quelques heures seulement. Dans ce cas, l'éruption disparaît tout à coup avec une incroyable rapidité. [Dès que l'on soupçonne une fièvre de cette nature, il faut donc appeler un médecin; en attendant son arrivée, on*suivra les indications qui précèdent.]
Miliaire pourprée. — Cette éruption se compose de larges taches rouges qui ne disparaissent pas sous la près-
sion du doigt et sont couvertes de petites élevures grosses comme des grains de millet. Aconit est ici le médicament essentiel ; il faut le répéter toutes les 3 heures; on l'alterne avec Coffea quand l'agitation est très-grande. Lorsque l'éruption persiste sans diminuer, on remplace, au bout de 36 heures, ces médicaments par Sulphur (qu'il faut continuer pendant 24 heures, à raison d'une cuillerée toutes les 4 heures), puis on revient à Y Aconit quand la fièvre ne cède pas. Calcarea vient après cette reprise d'Aconit (qu'il ne faut pas continuer alors pendant plus de 24 heures), et Cuprum convient dans les cas trèsgraves. Mais en donnant Sulphur à temps, on peut éviter les accidents, même ceux qui seraient dus à ce que le malade aurait pris froid en se découvrant.
[La miliaire pourprée se montre souvent chez les femmes en couches; elle n'est pas alors sans gravité.]
Variole. — La variole et la varioloïde causent souvent beaucoup de souffrances. Il faut, au début, combattre la fièvre avec Aconit et avec Belladona, quand le mal de tête est très-intense.
La variole paraît sur plusieurs parties à la fois; il se forme d'abord des taches rouges sur lesquelles naissent les vésicules. Quand celles-ci sont très-nombreuses, il faut donner Antimon. crud., et Sulphur lorsque les pustules se dessèchent au milieu de symptômes pénibles.
La variole détermine souvent, avant que l'éruption paraisse, une fièvre violente, accompagnée de convulsions, de secousses dans les membres et de douleurs aiguës. Il faut, à ce moment, prescrire Ignatia ou Stramonium, si Ton veut effacer ces symptômes nerveux. Lorsque l'éruption paraît, on constate d'abord les taches et les vésicules dont je parlais tout à l'heure ; le visage est souvent envahi le premier, et, de là, les vésicules s'étendent sur toute la surface de la peau. Bientôt le liquide qu'elles renferment se trouble, s'épaissit, devient purulent, puis une
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dépression se forme au centre même des boutoos ; les pustules sont alors dites ombiliquées. Lorsqu'elles sont une fois Lien caractérisées, il faut faire prendre le Variolin, 3e dilution, une ou deux gouttes pour un verre d'eau, une cuillerée toutes les 6 heures. C'est le meilleur remède. Il faut seulement le continuer pendant une couple de jours.
Quand on n'en a pas sous la main ou quand il échoue, il faut récourir à d'autres substances : à Belladona si le visage est très-gonflé ; à Mercurius lorsque Belladona a échoué, que la salivation ou la diarrhée sont abondantes, et qu'il existe des pustules dans la gorge. Les pustules deviennent-elles noires, il faut donner Tart. emeticus , si elles s'affaissent sans se dessécher et former des croûtes, et que le malade éprouve de l'agitation, de l'anxiété, ou bien si le ventre se gonfle, devient très-sensible, et que la diarrhée s'établisse, il faut donner Arsenic, 12e, une cuillerée toutes les 2 heures. Cantharides convient quand l'émission des urines est douloureuse; et Sulphur si une démangeaison violente succède à la chute des croûtes ; dans le cas où ce médicament ne réussirait pas à les calmer, il faudrait donner Platina.
Chez les enfants qui sont en travail de dentition, il faut, en outre des substances qui viennent d'être indiquées, donner tous les 5 jours une dose de Calcarea, jusqu'à ce que la dessiccation des pustules soit complète. Bœninghausen a vu aussi!, dans une épidémie de rougeole, Thuja se montrer curatif dans presque tous les cas. "
Il est utile, pendant le cours de la maladie, de tenir le malade dans l'obscurité ; c'est, dit-on, le moyen d'éviter les cicatrices apparentes. Cette précaution peut être prise aussi longtemps que durent les taches sur le visage et les mains.
[La petite vérole est rarement dangereuse chez ceux qui ont été vaccinés ; autrement elle est très-grave. Ce qu'il
faut redouter dans cette maladie, c'est la période de suppuration ; il faut craindre aussi les suites des pustules qui se forment sur les yeux ou dans la gorge.
L'intervention du médecin est donc toujours nécessaire; en attendant sa venue, il faut donner Mercurius dès que l'éruption est reconnue, 24 heures après Thuja; le médecin fera le reste. Diète au début, mode d'administration des médicaments comme pour les autres fièvres éruptives.]
Érésipèle. — [L'érésipèle se compose da taches rouges proéminentes, très-larges. La tendance de cette éruption est d'envahir les parties saines qui l'entourent, et de parcourir ainsi successivement une grande partie de la surface du corps.]
Il y a un ancien précepte qui défend d'appliquer sur un érésipèle des corps gras ou des compresses humides. Le seul pansement qu'on y puisse faire consiste à saupoudrer les parties malades avec de la poudre de riz ; c'est le meilleur moyen de calmer les démangeaisons.
Cette éruption est le plus souvent précédée de fièvre, d'agitation et de vomissements, Aconit est alors indiqué; il faut le cesser au moment ou l'éruption paraît. Lorsqu'elle se caractérise, on prescrit Belladona, surtout si la rougeur s'étend de côtés différents sous la forme de raies. Quand l'érésipèle existe au niveau des articulations, il faut donner d'abord Bryoniaet, 24 heures après, Sulphur. Lachesis succède à ces deux médicaments quand ils n'ont pas suffi à la guérison. Apis est indiqué par une douleur de hrûlure et d'élancements, surtout si la partie malade est tellement sensible que le patient ne puisse souffrir qu'on y touche, pourvu aussi que la chaleur de la chambre lui paraisse insupportable.
Quand il se forme des cloches et des ampoules sur la rougeur môme (Erésipèle vésiculeux), Rhus est indiqué ; Lachesis lui sera préféré si le liquide contenu dans les
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bulles devient d'un jaune bleuâtre-. Arsenic est indiqué par les symptômes suivants : langue sèche, soif, grande agitation et anxiété; Bryonia par le délire.
Si l'érésipèle rentre et qu'il survienne des vomissements et des* douleurs d'estomac, il faut faire prendre Ipéca, tandis qu'avec du mal de tête, des étourdissements et des secousses dans les membres, Cvprum sera plus efficace. Ce médicament convient encore quand l'éruption, d'abord très-limitée, s'étend tout à coup. Enfin l'érésipèle de la face et du cuir chevelu cède à Ferrum, surtout quand il frappe sur des vieillards. L'érésipèle chronique demande l'intervention du médecin.
[L'érésipèle peut amener des accidents redoutables. Quand il gagne le cuir chevelu, par exemple, il faut craindre pour le cerveau. Il sera donc utile d'appeler le médecin aussi bien pour l'érésipèle aigu que pour l'érésipèle chronique. Les médicaments doivent être administrés comme pour la rougeole. Diète, boissons légèrement acidulées, sirop de cerise par exemple.]
Zona. — [Le zona a été rangé parmi les formes de l'érésipèle. Cette éruption se compose de taches rouges, larges au moins comme une pièce de cinq francs, irrégulières, sur lesquelles naissent des groupes de vésicules transparentes; celles-ci, en se desséchant, forment des croûtes qui ne sont jamais très-épaisses ni très-adhérentes.
Le zona offre ceci de particulier qu'il n'occupe jamais qu'un côté du corps. S'il paraît, par exemple, sur la poitrine, on trouve une série de plaques juxtaposées partant du sternum, passant sous l'aisselle et s'arrêtant à la colonne vertébrale.
Le second caractère essentiel de cette éruption est la douleur, douleur extrêmement vive, qui précède l'apparition des plaques et persiste longtemps après qu'elles ont disparu.
La fièvre qui accompagne le zona est modérée, parfois nulle.
Il y a ici deux médicaments essentiels : Rhus et Arsenicum. On débute par le premier, donnant 6 globules de la 12° dilution pour 8 cuillerées d'eau, et faisant prendre
4 cuillerées par jour, pendant 3 à 4 jours ; on donne ensuite Arsenic, 18e ou 30e dilution de la même manière. — Le malade peut manger à son appétit; il est inutile qu'il garde la chambre. Quand les deux médicaments indiqués ne suffisent pas, il faut appeler le médecin].
§ 3. — Fièvre intermittente.
[Elle se compose d'accès séparés par des intervalles durant lesquels la santé semble complète, et qu'on nomme intermittences.
Les accès eux-mêmes se composent de trois parties qu'on appelle stades: celui de froid, celui de chaleur, celui de sueur. Ils se succèdent dans Tordre où je viens de les énumérer lorsque la fièvre est franchement intermittente; autrement on les voit se modifier : souvent la chaleur et le froid alternent ou existent simultanément, une de ces sensations étant extérieure et l'autre interne ; la sueur est plus ou moins abondante, tantôt chaude, tantôt froide; le pouls est fréquent pendant l'accès, large ou petit, fort ou faible; la soif se fait sentir tantôt dans une période, tantôt dans une autre, quelquefois dans toutes. De plus les accès reviennent tantôt tous les jours {fièvre quotidienne), tantôt tous les deux jours (fièore tierce), tantôt avec 2 jours d'intermittence) {fièvre quarte).
Or, c'est en tenant compte de toutes les variétés que présente le groupement des symptômes qu'on peut arriver à fixer le choix du médicament, et c'est précisément à cause des variations qu'il offre souvent qu'on ne peut, en homœopathie, combattre toutes les fièvres intermittentes
avec un seul médicament, fût-il le sulfate de quinine].
Il y a des pays où elles se montrent chaque année en automne et au printemps à l'état épidémique. Ces pays sont ceux où il y a des marais ou au moins un sol humide. La première chose à faire serait d'enlever le malade à l'influence de ces miasmes, en le faisant changer de contrée ; mais cela est rarement possible. Il est alors au moins indispensable de loger le malade dans une chambre bien sèche, exposée au midi, dont l'air sera renouvelé seulement dans le milieu du jour, mais que l'on tiendra fermée avec soin le matin et le soir*.
Pour ceux qui sont obligés d'habiter une chambre humide, on a conseillé de les envelopper autant que possible de tissus de soie dont on fait des rideaux et des couvertures. On a même été plus loin, en recommandant aux malheureux qui n'ont pas de lit et étendent leur paillasse sur le sol, de mettre dessous une couche de charbon de terre concassé.
Aux ouvriers qui travaillent clans des endroits marécageux on a recommandé de porter sur la région de l'estomac, a nu sur la peau, un sachet rempli de poudre de quinquina, et pour ceux qui ont eu des fièvres d'accès, on a conseillé de mettre dans leurs bas du soufre pulvérisé, ce médicament absorbé par la surface de la peau pouvant agir comme préservatif.
Un point essentiel est le régime : il ne faut rien manger qui soit de lourde digestion, éviter les pâtisseries, les aliments préparés à la graisse ou épicés; au contraire, les viandes rôties, le bouillon gras, les légumes frais sont très-favorables, pourvu qu'on n'y ajoute d'autre condiment que le sel. Les aliments gras et les acides sont surtout nuisibles. On doit être d'autant plus sévère pour le régime, que le malade a déjà eu la lièvre et qu'il approche de la saison où elle lui est survenue, surtout quand cette maladie règne dans le pays où il habite; personne, eu effet, n'est
plus apte à la contracter que celui qui en a déjà été atteint une première fois.
Si le temps est froid, il faut se bien couvrir, pas démesurément cependant, surtout on doit faire en sorte que les vêtements soient bien secs. Il n'est pas mal de s'entourer le ventre d'une ceinture de soie, les chaussettes, de même tissu sont également favorables,, en ce sens, qu'elles conservent la chaleur des extrémités. Il ne faut pas se découvrir s'il fait plus chaud , on peut seulement changer la ceinture de laine [pour une de toile. Lorsque la sueur arrive , il ne ' faut pas trop enlever de couvertures, on ne doit pas non plus accabler le malade sous Je poids de ces dernières. La sueur passée, il faut changer le lit et les draps ; ceux-ci doivent être bien séchés et froissés dans les mains jusqu'à ce qu'ils aient perdu l'odeur de lessive; on les bassine ensuite avant de recoucher le patient. Si l'on n'avait pas sous la main le linge nécessaire pour tous les changements du malade, il faudrait mieux l'envelopper dans ses couvertures, ne l'en sortir qu'après la transpiration, et alors lui passer la chemise qu'on lui avait enlevée tout d'abord.
Gomme boissons, on peut recommanderl'eau froide, quand on peut s'en procurer de bonne qualité; l'eau panée, ou l'eau mêlée avec des sirops acidulés, de cerises, par exemple; les eaux ferrugineuses sont toujours nuisibles. Pendant la période de froid, le malade aime à boire chaud, c'est alors que l'eau panée, les décoctions d'orge ou de gruau, les infusions de fleurs de mauve ou de violette peuvent être utiles. Dans le cas où le malade vomirait pendant les frissons, ce qui augmente toujours la sensation de froid, il faudrait lui donner du café noir. Pendant la période de chaleur, on peut laisser boire froid , c'est alors que les sirops sont utiles ainsi que le jus d'orange ajouté à l'eausucrée ; pendant la sueur, les boissons chaudes deviennent indispensables.
C'est surtout dans les premiers temps de leur durée que
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les fièvres intermittentes amènent des symptômes accessoires pénibles; plus tard, ceux-ci s'atténuent, mais la maladie n'en est pas moins grave; elle gagne plus sourdement , et engendre des altérations qui surgissent plus tard. C'est durant la première période que le malade se plaint de gonflement et de dureté dans le ventre et sous les côtes.
Il est toujours nuisible d'essayer de couper la fièvre avec le Quinquina à haute dose, tant qu'il existe, entre les accès, des symptômes importants; il faut alors chercher le médicament qui correspond le mieux à ces derniers, et qui, par cela même, parvient souvent à faire cesser la maladie. Plus tard, lorsque les accès sont plus intenses, mais les intermittences plus franches, on peut en venir au Quinquina, lorsque les autres médicaments ont échoué ; mais il faut craindre, pour l'avenir, le développement de maladies secondaires. Enfin, lorsqu'il arrive que le foie et la rate augmentent de volume, l'état devient plus grave encore, et il faut toujours s'enquérir auprès des malades porteurs de ces altérations d'organe, s'ils n'auraient pas fait abus de Quinquina ou de sulfate de Quinine. C'est surtout en présence'de ces désorganisations que la maladie devient grave et que l'intervention du médecin esf indispensable.
L'homœopatbie possède un grand nombre d'agents pour combattre les fièvres d'accès, aussi le choix en est-il souvent difficile pour un médecin, impossible par conséquent pour ceux qui n'ont pas les notions suffisantes. J'indiquerai seulement les principaux.
Lorsque la fièvre intermittente éclate dans un pays marécageux, sur le bord des canaux, dans des pays humides, il faut la combattre avec China teinture mère. On en donne 3 à 4 gouttes à la fois, et on répète les doses toutes les 42 heures environ; il faut en môme temps régler le régime alimentaire tel que je l'ai indiqué, et faire attention à ce que la chambre du malade soit bien saine. Si le malade
Hbring. — Méd.hom 2 0
n'est pas sensiblement mieux au bout de 48 heures, on donne lpeca, 9°, 3 gouttes en une seule fois, et 12 heures après on revient à China. On peut alterner ainsi ces médicaments pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que l'amélioration soit bien marquée.
Si la fièvre est accompagnée d'un violent afflux de sang au cerveau avec symptômes congestifs et perte de connaissauce, Glonoin réussit très-souvent, Aconit est moins efficace, et Delladona moins encore qxf Aconit. (Comparer avec les maladies de la tête.) [Ces médicaments peuvent être donnés à la 6e dilution, à la dose de^ à 4 gouttes pour 8 cuillerées d'eau, et par cuillerées répétées de 4 à 6 fois entre les accès.]
Il faut toujours, dans le traitement des fièvres intermittentes ordinaires, tenir grand compte, pour le choix des médicaments, de la durée de chacun des stades de froid, de chaleur et de sueur, de leur intensité et de leur ordre de succession, celui-ci n'étant pas absolu; savoir ensuite ce qu'est la soif et à quel moment elle vient, puis quels sont les symptômes qui accompagnent les accès, quels sont ceux qui existent dans leur intervalle. C'est en individualisant de cette manière, que l'on parvient à bien reconnaître la substance appropriée.
En suivant cette méthode, on trouvera souvent qu'il faut commencer le traitement par lpeca, 9e dilution, 3 à 4 globules répétés toutes les 4 heures entre les accès, en s'arrétant environ 6 à 8 heures avant le moment où la fièvre doit commencer. S'il arrive que, sous l'influence de cette médication, celui-ci vienne à manquer, on cesse Ylpeca, et on laisse le malade réagir; s'il revient ensuite, on répète le médicament , en l'arrêtant toujours quelques heures avant le moment où l'accès peut survenir.
La fièvre peut reparaître encore, mais elle est toujours alors modifiée dans ses caractères, et ces changements veulent être constatés avec soin.
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Il faut alors, en effet, choisir entre des médicaments assez nombreux, parmi lesquels je citerai : Jgnntia, Nux vomica, China, Arnica, Cocculus ou Cina, Carbo vegetab., Arsenic, Natrum muriaticum. Quand le choix paraît trop difficile, il faut s'en tenir à Ipéca, en attendant le médecin.
Règle générale : Il faut toujours, lorsqu'on traite une fièvre intermittente , donner le médicament pour la première fois après Vaccès, et le répéter 5 à 6 heures avant le retour de la fièvre.
Quand il survient des symptômes accidentels, il faut toujours donner la substance qui répond à la cause secondaire qui les a fait naître, après quoi on revient au médicament primitif.
Ainsi, lorsqu'il arrive que la fièvre a été dénaturée par l'emploi du Quinquina, du sulfate de Quinine, de l'Antimoine, de l'Arsenic, pris à haute dose, il faut donner Pulsatilla pendant 24 à 36 heures; puis Lachesis pendant le même temps; Belladona etFerrum doivent alors aussi être pris en considération ; Arnica, Arsenic, Calcarea, Capsicum, Carb. vegetab., Cina, Ipéca, Mercur.,Nat. muriat., Sulph., Veratrum, sont également utiles contre ces fièvres dénaturées dans leurs symptômes.
Lorsque la fièvre ne se modifie pas, ou quand elle récidive à l'époque où elle était venue pour la première fois, Lachesis, Carb. vegetab. et Arsenic sont souvent utiles; on les choisit en tenant compte de tous les symptômes présentés par le malade.
Si la fièvre vient chaque jour (elle s'appelle alors fièvre quotidienne), il faut, une fois qu'elle a cessé, bien observer le malade au 7e et au 14e jour qui suit le dernier accès, parce qu'elle a souvent tendance à reparaître à ces époques, et si on en constate le retour, il faut revenir au médicament qui avait réussi une première fois; quand il s'agit d'une ancienne fièvre tierce (l'accès venant tous les deux jours), il faut craindre Je 14° et le 28° jour après le dernier accès,
et observer le 21 et le 42e jour quand la fièvre était quarte, c'est-à-dire quand elle était deux jours sans revenir. C'est surtout à ces différentes époques qu'il faut être très-sévère pour le régime, et, pour peu que le malade accuse quelque malaise, il ne faut pas hésiter à revenir au médicament qui s'était montré une première fois curatif. Ce précepte trouve sa raison dans ce fait que les fièvres intermittentes peuvent cesser de se manifester par des accès, sans que le trouble dynamique d'où elles dépendent soit complètement pffacé, de sorte qu'elles tendent à reparaître sous la moindre influence , je dirai même au plus léger prétexte. .
Parmi les médicaments que je viens de passer en revue, China, Ipéca et Nux vomica sont ceux que j'ai employés avec le plus de succès, en Amérique, pendant ces dernières années; après eux, Arsenic, Carbo vegetab., Natrummur. et anlimon. crud., sont ceux qui m'ont été le plus utiles. Dans les contrées très-chaudes et pendant les grandes chaleurs de l'étéj'ai eu de très-bons résultats avec Bryonia, Carbo vegetab., Arnica etLachesis. Au printemps, Lachesis et Carbo vegetab. furent les plus utiles ; Belladona, Natrum mur. et Veratrum furent, après eux, les plus importants. On comprendra par cette énumération que le choix du médicament soit toujours difficile dans une pareille maladie et que l'intervention du médecin devienne ainsi nécessaire.
Les fièvres quotidiennes, tierces et quartes cèdent en général à China, Ignatia, Nux vomica, Pulsatilla, Arscnicum et Carbo vegetabilis; les fièvres quotidiennes et tierces à Belladona, Calcarea c, Capsicum, Cina, Ipéca Sulphur, et Veratrum, surtout quand elles surviennent au printemps ou pendant l'été. Les fièvres tierces réclament encore parfois Bryonia, Antimon. crud., Arnica, Stophysagria. Du reste, dès que le médicament répond bien exactement à l'ensemble des symptômes présentés par le malade,
on peut le donner, quels que soient l'intervalle de l'intermittence et l'époque du retour des accès, il réussira toujours. Voici du reste les signes caractéristiques de chacun d'eux. Je les donne en rangeant les médicaments d'après leur ordre d'importance.
Ipecacuaiilia. — Beaucoup de froid intérieur au début de l'accès; augmentation du froid quand on reste dans une chambre chaude (comparez avec Nux vomica); soif nulle où peu marquée pendant les frissons, très-forte pendant la chaleur : nausées et vomissements avant (comp. avec Cina), pendant ou entre les accès ; langue nette ou à peine chargée; oppression avant ou pendant l'accès (comp. avec Arsenic).
Arsenicum. — Froid et chaleur existant ensemble (comp . avec Nux vomica, Pulsatilla etAconitum), ou alternance du froid et de la chaleur (comp. avec China, Veratrum, Nux vomica, Mercurius et Calcarea c.)9 ou chaleur extérieure et froid interne (comp. avec Ignatia, Nux vomica, Lachesis), ou encore froid extérieur et sensation de chaleur interne (comp. avec Veratrurn et Calcarea), absence de sueur, ou sueur qui arrive seulement après que la chaleur a cessé depuis quelque temps. L'arsenic est encore indiqué par des symptômes accessoires importants à retenir; une faiblesse extrême (comp. avec China), des vertiges, des nausées, de fortes douleurs à l'estomac, le tremblement et une sorte de paralysie des membres, une grande anxiété précordiale, ou des douleurs intolérables dans les extrémités, une grande répugnance pour l'air froid, des accès de chaleur passagère qui surviennent dès qu'on se remue ou que l'on parle, des crampes de poitrine, une grande oppression (comp. avec Ipéca), des douleurs dans tout le corps, des vomituritions avec goût amer de la bouche, du mal de tête (comp. avec Natrum muriat.)-, pendant la période de chaleur : de l'agitation, une douleur dépression au front; pendant la sueur des bourdonnements
dans les oreilles ; après l'accès, du mal de tète, et une faim canine avant l'accès (comp. avec China), pendant l'accès (comp. avec Cina), ou après l'accès.
China. — Fièvre précédée de nausées, de soif, d'une faim canine, de mal de tète, d'anxiété, de battements de cœur, de rhume de cerveau; soif lorsque la période de froid cesse et que celle de chaleur commence, ou après la chaleur, ou après la sueur, ou pendant toute la durée de l'accès ou encore dans l'intermittence ; alternatives de frissons et de chaleur (comp. avec Arsenic), ou froid trôsprolongé suivi de chaleur; grand abattement pendant et après l'accès (comp. avec Arsenic), sommeil agité, la nuit; teinte jaune du visage (comp. avec Lachesis).
Ferrum. — Se rapproche beaucoup des précédents, et se trouve indiqué par les caractères qui suivent: afflux du sang vers la tête, gonflement des veines, bouffissure audessous des yeux, pression à l'estomac et dans le ventre, même après avoir très-peu mangé, vomissements des aliments, tension du ventre qui se ballonne au point de gêner la respiration, grande faiblesse allant jusqu'à la paralysie; sensation de dureté et de plénitude dans un des côtés du ventre (comp. avec Lachesis), hydropisie commençante, gonflement des pieds.
Arnica. — Le froid vient surtout le matin de bonne heure ou avant midi ; soif surtout avant l'arrivée du frisson ; tiraillements et douleurs dans tous les os avant l'accès ; on se sent mal à l'aise dans toutes les positions, ce qui porte à changer de place à chaque instant; grande indifférence et embarras delà tête ; sueur infecte, mauvaise odeur de l'haleine.
Veratram. — Froid extérieur et sueur froide, urine foncée, ou chaleur intérieure avec froid externe (comp. avec Cale), ou froid seul; soif et nausées pendant le frisson ; alternatives de frisson et de chaleur (comp. avec Arsenic et China), vertiges après l'accès; constipation (comp. avec
Nux vomica, Staphys.^Cocculus, Belladona) ; vomissements et diarrhée pendant la chaleur, ou môme déjà pendant Je frisson.
Sambucus. — Sueur qui se prolonge jusqu'au retour de l'accès suivant, les autres symptômes étant ceux de quelqu'un des médicaments qui viennent d'être passés en revue.
Les médicaments qui précèdent sontles plus importants. Ceux qui suivent méritent encore une sérieuse attention.
Autimonium crudum. — Langue très-chargée, goût amer ou fétide de la bouche, hauts-le-cœur, renvois, nausées, vomissements, soif peu marquée ou même nulle (corn p. avec Pulsatilla) ; constipation ou diarrhée.
Bryonia. — Mêmes symptômes que pour Antimoniurn, avec ces différences que la soif est vive (comp. avec Chamom.), que la chaleur précède le froid, et que les joues sont rouges pendant le frisson ; bâillements, élancements dans les côtés pendant la chaleur; période de froid et de frisson plus marquée que celle de chaleur; constipation ou diarrhée.
TUux moscbata. — Langue chargée d'un enduit blanc, peu de soif, même pendant la chaleur, somnolence pendant le froid; la chaleur extérieure est agréable, maisl'impression du froid est pénible; sensibilité des parties sur lesquelles le corps repose, lesquelles deviennent promptement douloureuses. Nux moschata convient surtout quand la rate a augmenté de volume et est devenue plus dure qu'à l'état normal.
Cina. — Vomissements précédés d'une faim canine, pendant ou après l'accès (comp. avec Arsenic), soif seulement durant un des stades, donc seulement pendant le froid ou seulement pendant la chaleur; pâleur du visage pendant la période de froid se continuant tant que dure ensuite la chaleur; beaucoup de démangeaisons au nez.
içiiatia. — Soif seulement pendant le frisson, jamais en
môme temps que la chaleur (comp. avec Carbo vegetab.); froid que la chaleur du foyer ou l'application de linges chauds diminue (l'opposé a lieu pour Ipéca et Nuxvom.) ; chaleur partielle, tantôt seulement extérieure, tantôt occupant des régions circonscrites, tandis que les autres sont froides ou , au moins , fraîches , par exemple , les pieds étant froids tandis que le reste du corps est chaud ; ou encore coliques avec frissonnement, puis chaleur avec faiblesse et somnolence.
Rhustoxicodendron. — Froid sur quelques parties et chaleur sur d'autres (comp. avec Ignatia), ou chaleur avant et après le frisson ; fièvre quotidienne dans laquelle les accès se correspondent de deux en deux jours, venant d'ordinaire le soir et la nuit, avec sueur après minuitou vers le matin, éruption miliaire, coliques et diarrhée, pression à la région précordiale, battements de cœur avec anxiété.
iVux Yomica. — Perte complète des forces et état paralytique au moment où la fièvre commence (comp. avec China etArsen.), ensuite froid mêlé de chaleur, ou chaleur précédant le froid, ou chaleur extérieure et froid interne, ou réciproquement; ce n'est pas seulement pendant le froid, mais encore pendant la chaleur et la sueur qu'on éprouve le besoin d'être couvert, autrement on souffre du froid. La chaleur d'un poêle et la chaleur extérieure ne soulagent pas; élancement dans le côté et dans les membres pendant le froid (comp. avec Bryonia), vertiges et anxiété (comp. avec Arsenic).
Chamomiiia. — Langue chargée d'un enduit jaune ou blanc, nausées, vomissements habituellement amers, pression au cœur, douleur dans le côté droit, impatience extrême; beaucoup plus de chaleur et de sueur que de froid; ordinairement diarrhée ou, au moins, selles molles.
Pnisatiiia. — Douleurs à l'estomac (comp. avec Ant. cruel., Bryonia). Amertume delà bouche, vomissements de
glaires, de bile, surtout de matières acides; soif nulle ou soif seulement pendant la chaleur, ou pendant toute la durée de la maladie; accès composés de frissons et de chaleur avec soif; aggravation l'après-midi et le soir, diarrhée ensuite ; grande disposition à se refroidir pendant l'intermittence. La pulsatille convient surtout lorsque le malade, après avoir été mieux, est retombé par suite du mauvais état de son estomac; on doit songer aussi, après, à Lachesïs.
Cap-siçuni. — Frissons accompagnés de soif (comp, avec Ignatia, Carbo veget.), et après lequel la chaleur ne se développe pas, ou bien soif pendant toute la durée de l'accès. Froid intense et prolongé, puis chaleur pendant laquelle le malade accuse une forte sensation de brûlure interne ou externe, beaucoup de malaise avec sécrétion glaireuse de la bouche, de la gorge ou de l'estomac, diarrhée muqueuse et brûlante ; grande répugnance pour toute espèce d'odeur.
Coffea. — Grande impressionnabilitô , excitabilité extrême avec un mouvement fébrile léger; ou fièvre composée seulement de chaleur avec soif, rougeur du visage, vivacité de la pensée, puis sueur générale pendant laquelle la soif continue ; selles molles ou diarrhée.
Cocculus. — Grande excitabilité, spasmes de différente nature, surtout crampes d'estomac entre les accès et constipation opiniâtre.
Staphisagria. — Constipation avec perte de l'appétit, goût putride de la bouche et saignement des gencives qui sont gonflées.
Les médicaments qui suivent, moins importants encore que les précédents, méritent cependant d'être consultés lorsque ceux-ci ne paraîtront pas répondre d'une manière exacte à l'ensemble des symptômes présentés par le malade.
Natrum muriaticum. — Mal de tête intense pen-
dant ia période de froid et plus encore pendant la chaleur; le froid se prolongeant longtemps, Pendant la chaleur, le malade paraît être sans connaissance, ses yeux sont ternes et abattus, sa vue n'est pas nette, ce qui existe aussi pendant l'intermittence ; au bout de quelques accès, il survient une éruption autour des lèvres, sans que la fièvre cesse tout à fait. (Dans ce cas Ignatia et Arsenicum sont également à consulter.)
Iiachesis. — Le froid commence souvent aussitôt après qu'on a mangé ou après-midi; il y a des douleurs dans les membres et les reins, douleurs telles que le malade peut à peine rester couché et qu'il se remue sans cesse; ou bien il se plaint d'oppression, accompagnée parfois de tremblements; pendant la chaleur, mal de tête intense avec grand besoin de parler et rougeur du visage; ou bien chaleur extérieure avec froid interne ; couleur grise ou jaune du visage, caractère qui persiste entre les accès; les acides : vinaigre, jus de citrons, etc. , amènent des rechutes. Le Lachesis convient souvent aux fièvres intermittentes qui surviennent au printemps ou au commencement de l'été, à celles qui ont été d'abord coupées par le Quinquina, mais qui sont ensuite revenues; dans ce cas Pulsatilla pourra très-utilement succéder au Lachesis.
Belladona. — Convient quand la période de froid a peu d'importance, tandis que la chaleur est beaucoup plus marquée, ou réciproquement; lorsque la chaleur succède au. frisson et qu'il y a plusieurs accès par jour : lorsque la soif est nulle ou très-forte, le malade étant très-excitable et très-porté aux pleurs; s'il y a constipation ou selles rares et peu abondantes, et aussi quand il existe de fortes douleurs de tête avec chaleur et étourdissement.
Hyoscyamu». — Mêmes symptômes que la Belladone, surtout s'il existe une toux sèche venant la nuit et troublant le sommeil.
Hepar suif u ris. — Fièvre intermittente avec rhume de cerveau, toux, douleurs dans la poitrine (convient alors avant ou après Bellad.), ou accès précédés d'amertume dans la bouche, après lesquels survient du froid avec soif et ensuite de la chaleur avec envie de dormir.
Mercnrius solubilis. — Froid mêlé de chaleur ; grande anxiété et soif pendant cette dernière ; sueur acide, de mauvaise odeur, avec palpitations.
Sulphur. — Frissons tous les soirs, chaleur la nuit et sueur le matin; fièvre avec battements de cœur; fièvre succédant à la disparition de la gale.
Caicarea carboniea. — Convient souvent après^ Sulphur et répond aux symptômes suivants : Froid alternant avec la chaleur, au froid extérieur et sensation de chaleur interne (comp. avec Veratrum), visage brûlant et mains froides, ou d'abord chaleur au visage, puis froid; pendant l'accès, vertiges, pesanteur de la tête et des membres, tiraillement dans les extrémités, douleurs déchirantes, douleurs de reins, agitation.
Carbo vegetabiiis. — Avant la fièvre ou immédiatement après l'accès, tiraillement dans les dents et les membres; soif seulement pendant le froid, jamais pendant la chaleur (comp. avec lgnatia et Capsicum) ; pendant la chaleur, vertiges, nausées et rougeur du visage.
Aconit «m. — . Froid précédant la chaleur, tous deux très-violents; chaleur surtout au visage et à la tête avec anxiété; ou froid et chaleur simultanés^ le froid se faisant sentir dans tout le corps, la chaleur se faisant sentir au visage et dans les organes internes; élancements dans les côtés pendant la chaleur (comp. avec Bryonid), [N'est pas utile dans la fièvre intermittente franche].
Opium. — Envie de dormir pendant la chaleur (comp. avec Nat. muriat. et lgnatia), ou même déjà pendant le frisson; raclement dans la gorge, la bouche étant ouverte, secousses dans les membres; la sensation de chaleur bru-
lante persiste pendant la sueur. Ce médicament convient aux vieillards, souvent aussi aux enfants.
Olonoiu. — Convient aux lièvres congestives , lorsque le sang se porte vers les parties supérieures, qu'un flux de sang chaud semble partir du cœur pour arriver à la tête, où le malade éprouve des battements et une sensation de distension comme si le crâne allait éclater, sueur froide au visage, et chaude sur tout le reste du corps.
[Une des grandes difficultés dans le traitement des fièvres intermittentes, c'est le mode d'administration du médicament. Il ne faut jamais le donner au début de l'accès, pendant le frisson ; non plus pendant la chaleur. C'est surtout dans l'intermittence qu'il convient d'en faire usage. Le mieux est de donner 3 ou 6 globules à la fois, en les répétant toutes les 4 heures dans l'intervalle des accès, et en s'arrêtant au'moins 2 ou 3 heures avant le moment où celui-ci doit éclater : le malade peut manger à son appétit, même sortir pendant les intermittences.]
Fièvre intermittente pernicieuse. — [Elle se compose d'accès pendant lesquels se manifestent des symptômes graves vers le cerveau ou vers la poitrine. Lorsqu'un malade présente ainsi des symptômes insolites, ou un mal de tête violent ou de l'abattement , des signes d'apoplexie ou des syncopes prolongées ou un étouffement menaçant de suffocation, il faut craindre que l'accès soit pernicieux. La mort arrive pendant l'accès même, rarement au premier* souvent au second, toujours au troisième, quand celui-ci n'est pas évité.
Dès que l'on craint le développement du caractère pernicieux, il faut appeler le médecin, mais cependant ne pas perdre de temps. On donne alors le sulfate de quinine à la première trituration, au dixième (1 gramme de sulfate pour 9 grammes de sucre de lait, le tout trituré pendant une heure). La dose doit être de 0gr,50 chaque fois, et on la répète toutes les 2 heures.
FJÈVRES INTERMITTENTES. 36 1
A.vec ce médicament , si le second accès n'est pas évité, il est toujours modifié; dès qu'il est passé, on recommence l'administration du médicament.]
Fièvres éphémères. — Il y a des fièvres passagères, on leur donne le titre d'éphémères, qui naissent sous l'influence d'un refroidissement. Quand il s'agit de l'action d'un froid sec, il faut donner Aconit; si le froid était humide, la fièvre se trouvant accompagnée de rhume de cerveau avec plénitude de la tête, Dulcamara et Pulsatilla réussiront mieux; mais quand le froid humide a causé de vives douleurs avec tremblement général, Nvx Moschata sera indiquée. La fièvre qui succède à une grande frayeur cède à V Aconit ou à YIgnatia, celle qui est l'effet d'une simple peur réclame Opium ou Veratrum; la fièvre due à une frayeur avec anxiété cède à Arsenicum, celle qui vient après une colère, à Cliamomilla ou à Nux Vomica; celle qui succède à une insomnie prolongée, à Cocculus; si elle survient après une grande fatigue des articulations, Rhus sera très-utile, et Ferrum quand elle est l'effet d'une marche forcée. [Tous ces médicaments doivent être donnés comme il a été dit pour les maladies aiguës ; chacun doit être continué pendant 24 à 36 heures , même un peu plus longtemps lorsque l'amélioration se produit. On cesse dès qu'il n'y a plus d'accélération du pouls et que la peau revient à sa température normale.]
[Fièvre inflammatoire. — Elle débute tout à COUp, au
milieu de la santé la plus florissante, par un frisson, bientôt suivi d'une forte chaleur : le visage est rouge, gonflé, les yeux brillants ; la langue est couverte d'un enduit blanchâtre, humide, ayec rougeur de ses bords, soif, mal a la tête, sommeil non réparateur; le pouls est plein, large, dur; la sueur vient au moment où la maladie décroît. Aconit est ici le médicament par excellence ; on donne une goutte de la 12e dilution pour 8 cuillerées
Bering. — Méd. hom. 21
362 MAIADIES GÉNÉRALES.
d'eau, une cuillerée de 3 en 3 heures; boisson chaude, diète.
Cette fièvre peut cesser en 24 heures. Quand elle persiste, la maladie se localise et Ton a affaire à une angine, à une pneumonie, etc., et le traitement varie en raison de ces localisations et des variétés de symptômes qui les indiquent; il en sera donc parlé plus loin. Il en sera de même de la fièvre de rhume et de la fièvre de lait (v. Maladies des femmes. L. S. F.]
§4. — Fièvre typhoïde.
[La fièvre typhoïde est due à l'infection de l'organisme par un miasme spécial. La fatigue et la mauvaise nourriture y prédisposent, l'encombrement la produit par ce fait qu'il amène le développement de sa cause. Il est rare qu'elle débute brusquement : quelques jours avant son apparition, le sujet est triste, courbaturé, abattu, son appétit se perd, et il éprouve par moments, la nuit surtout, des frissons suivis de chaleur; les saignements du nez sont fréquents.
La fièvre devient ensuite continue, mais avec des exacerbations qui ont lieu une ou deux fois dans les 24 beures; le malade a du mal de tête, des vertiges, une sorte d'hébétude et de stupeur; ses idées sont confuses et il chancelle quand il essaye de se tenir debout.
En même temps, la langue devient rouge sur ses bords et se couvre d'un enduit jaunâtre, la peau est chaude, sèche, le pouls fréquent; il y a de la constipation ou une . diarrhée légère, les urines sont d'un rouge acajou.
C'est surtout dans cet état que l'on peut intervenir en attendant le médecin, et le premier médicament qu'il faille donner est Bryonia, 12e, 5 globules pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée de 3 en 3 heures.
Il faut en même temps tenir le malade au lit, lui im-
. FIEVRE TYPIIOIDE. 363
poser la diète et lui faire boire une tisane légèrement acidulée, du sirop de cerises étendu d'eau par exemple.
On continue Bryoni a pendant 24 heures et même pendant 48 heures, quand les symptômes s'amendent, surtout si la lièvre diminue.
Lorsqu'elle reste la même ou quand elle augmente, le pouls s'élevant à 120, 130 pulsations, les nuits étant trèsagitées, les saignements du nez abondants, Rhus doit remplacer Bryonia ; on le donne de la même manière.
L'agitation devenant pins forte, le malade voulant sortir de son lit, ayant une soif ardente, la langue rouge, Belladona est indiquée (même mode d'administration); tandis que si le malade tombe dans l'apathie et la faiblesse, il faut lui donner Acidum pkosph. suivi de Lycopodium.
Arsenic est indiqué par une soif extrême, la peau étant chaude et sèche, couverte de petites élevures transparentes, qu'on appelle des sudamina , le ventre étant gonflé , sensible , surtout du côté droit , et très-sonore quand on le percute, la diarrhée assez fréquente.
Lorsque la langue devient brune et sèche le ventre étant toujours tendu, le sommeil incomplet, mais presque continuel, les selles diarrhéiques souvent fréquentes, ou bien le malade souffrant de constipation, il faut songer à Nux Vomica qu'où donne avant ou après Arsenic.
Bien d'autres médicaments peuvent être encore consultés : Eyoscyamus et Stramonium, Opium, Moschus si le typhus est cérébral; China, Phosphorus, Mercurius solub., Veratrum s'il est abdominal ; Phosphorus quand les poumonssônt intéressés.
Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que la fièvre typhoïde est une maladie grave, insidieuse, pour laquelle l'intervention du médecin est indispensable ; on pourra toujours parer aux premiers accidents avec les substances que je viens d'indiquer.]
Fièvre bilieuse. — [Elle est de Daturé typhoïde, et se
présente parfois comme la première période de la fièvre typhoïde elle-même. Cependant le pouls est moins fréquent et la peau moins brûlante que dans cette dernière; la bouche est amère, il y a des envies de vomir et même des vomissements de bile verte, la langue est sale, cou^ verte d'un enduit jaune-verdâtre, l'estomac est sensible à la pression, et le malade prétend y éprouver de la plénitude.
Pulsatilla, Nux vomica, Mercurius solubilis suffisent ici le plus souvent. On les donne dans l'ordre où je les indique, à la 12e ou à la 18e dilution, à la dose de 6 globules dissous dans 8 cuillerées d'eau, dont le malade prend une cuillerée toutes les 4 heures. — Diète et boissons acidulées comme pour la fièvre typhoïde. L. S. F.l
[Fièvre muqueuse, bien plus dangereuse que la précédente : fièvre, courbature, extrême dégoût de tous les aliments, vomissements fréquents composés de glaires et de bile, constipation ou diarrhée modérée.
Puhatilla, surtout Cocculus, sont ici très-utiles. On les . donne comme il a été dit pour les formes précédentes. Ipéca; Mercurius solubilis, Sul fur sont également efficaces, mais seulement après les deux substances précédentes.]
§ 5. — Choléra.
Lorsqu'une épidémie apparaît, les médecins ne manquent pas de dire qu'il ne faut pas s'effrayer, la crainte de la maladie étant très-capable d'y prédisposer.. Mais cela ne suffit pas. Il vaudrait mieux pouvoir dire comment on se garantira du fléau, comment on parviendra à s'en guérir si l'on est atteint.
Le moyen préventif que je considère comme le plus efficace est le soufre. Je conseille de prendre du soufre finement pulvérisé, d'en saupoudrer ses bas en mettant la valeur d'une cuillerée à thé de cette poudre dans
CEIOLERA. 36 5
chacun d'eux. Avec cette précaution on peut aller sans crainte à ses affaires.
Il est important aussi de ne pas sortir à jeuu, de manger au moins un peu de pain sec le matin, mais d'éviter les acides. Ceux auxquels j'avais conseillé de prendre cette précaution et qui l'ont fait, n'ont point été atteints ; c'étaient cependant des ouvriers qui allaient à l'air humide et qui ne se faisaient pas faute de boire leur eau-de-vie.
Lorsque la maladie arrive, il faut, dès le début, alors qu'on a seulement quelques selles diarrhéiques, prendre, Sulfur, on en fait dissoudre 5 à 6 globules de la 12e dilution dans 8 cuillerées d'eau, et on prend une cuillerée de cette solution, après chaque garde-robe.
Si l'on est réveillé tout à coup, après minuit, parle besoin d'aller à la selle, que la diarrhée soit intense et accompagnée de vomissements, de crampes, d'un froid général avec teinte bleue du visage, môme de toute la surface de la peau, il faut encore prendre Sulfur, une Cuillerée toutes les demi-heures, et se tenir couché tranquillement. Le mieux se fait rapidement sentir; seulement il faut le lendemain et quelquefois le surlendemain, ne manger qu'un peu de panade légère. En 1849, ce traitement m'a réussi chez plus de 500 malades, et c'est seulement pour ceux qui ont fait infraction aux règles précédentes que j'ai dû recourir à d'autres moyens. En tout cas, aucun n'a succombé. Lorsque le soufre développait quelque symptôme accessoire , j'arrêtais ces aggravations en faisant respirer la teinture de camphre.
Dans le cas où le choléra éclate tout à coup et s'aggrave rapidement, le Camphre, en teinture, est le premier médicament qu'il faille employer. [On donne 2 ou 3 gouttes sur un petit morceau de sucre que le malade laisse fondre dans sa bouche, et on répète cette dose tous les quarts d'heures.] Si le malade est glacé, bleu, abattu, se plaignant de crampes violentes, on peut rapprocher la
dose et la répéter môme de 5 en 5 minutes. On arrête le camphre dès que Ja sueur s'établit.
Ce médicament recommandé pour la première fois par Hahnemann, a été si souvent employé qu'il est devenu populaire. Je conseillerai cependant de ne pas en abuser, surtout de ne pas en faire prendre pour une diarrhée légère, parce qu'il pourrait développer des symptômes accessoires ressemblant beaucoup à ceux du choléra. Du reste, on pourra toujours effacer ces effets exubérants du camphre en faisant boire du café noir.
Ipéca suffit 'souvent dans la cholérine. Si elle est intense, il faut le répéter d'heure en heure ; mais du moment où le froid arrive, où les vomissements et la diarrhée augmentent, seulement dès que les crampes se font sentir soit aux jambes, soit sur quelque autre partie, Veratrum devient indispensable; il faut le répéter à chaque crise de crampes. Lorsque celles-ci existent dans les jambes seules [surtout si les vomissements dominent], il faut prescrire Cvprum à doses rapprochées, le répéter même toutes les 5 ou 10 minutes dans les cas graves. Enfin, Arsenicum est indiqué par une grande anxiété précordiale avec une agitation telle que le malade ne peut rester un moment à la même place et qu'il remue sans cesse, surtout par une soif inextinguible. Lorsque le malade ne se trouve pas mieux à la suite de ces médicaments, la langue étant très- visqueuse, Acidum phosphoricum , 6, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée tons les quarts d'heure, est indiqué. Carbo vegetabilis convient à son tour quand l'haleine est froide. Hyoscyamus se trouve indiqué du moment où le froid et les vomissements diminuent, et', que, malgré cela, le malade se trouve plus souffrant, complètement abattu, ou quand il a des accès de fureur pendant lesquels le visage devient rouge et brûlant; il faut répéter ce médicament toutes les demi-heures. Lorsque l'amélioration n'est pas complète au bout de deux heures,