CHOLERA. 3G
pourvu que le malade dorme toujours, il faut prescrire Opium, et Lackesis dès qu'Opium se montre insuffisant. Ces médicaments doivent être répétés d'autant plus souvent que le cas est plus grave. Lorsque le malade va mieux, si son appétit ne se rétablit pas, il faut se borner à lui donner des potages très-clairs et peu abondants. Ou augmente ensuite l'alimentation à mesure que l'appétit se fait sentir.
[Le choléra étant une affection de nature typhoïde devait trouver place ici. Il faut toujours, dans la pratique, distinguer entre la cholérine et le choléra. La première . est souvent le prélude du second, mais elle peut exister seule, le grand point est même de l'empêcher de franchir cette limite.
Ce qu'il faut bien retenir, c'est qu'il est excessivement rare que le choléra débute brusquement, sans avoir été précédé de diarrhée, celle-ci ayant duré plusieurs jours, enétant négligée. Il est donc important, quand le choléra règne à l'état épidémique, de combattre le moindre dérangement intestinal par des médicaments et par un régime convenables.
Il faudra, dans cette hypothèse, choisir son médicament en tenant compte des indications qui seront données plus loin (v. Diarrhée).
Cholérine. — Elle est caractérisée par des selles abondantes, généralement peu douloureuses, vertes ou noires d'abord, mais devenant bientôt aqueuses et presque sans couleur; il y a, en même temps, des nausées, même des vomissements composés de mucosités ou de bile, plus tard de matières presque blanches.
En même temps, la langue est pâle, parfois chargée d'un enduit muqueux, le malade a froid, soif, il est faible. Le pouls s'accélère, mais devient faible, le visage s'altère.
Ipéca, Acidum phosphoricum, Veratrum, Arsenicum, sont
les médicaments qui se sont montrés les plus efficaces dans les épidémies que nous avons traversées.
Ipéca, — Au début, le malade se plaignant de frissonnement, de faiblesse à l'estomac, nausées, vomissements composés de matières muqueuses ou bilieuses, vomissements qui dominent la diarrbée; langue jaune, souvent nette, pas de soif, quelques coliques et crampes légères dans les mollets.
On donne 2 gouttes de la 6e dilution dans 8 cuillerées d'eau, une cuillerée de 2 en 2 heures, en éloignant à mesure que les accidents diminuent. Diète, boissons froides.
Acidum phosphoricum doit être préféré à Jpeca quand les selles dominent les vomissements, surtout quand ceux-ci sont nuls : les évacuations étant jaunes ou vertes, les coliques parfois assez vives , surtout la faiblesse extrême, disproportionnée même avec la quantité des évacuations.
Veratrum. On y arrive après les médicaments qui précèdent, lorsque les accidents n'ont pas été entravés. Alors les vomissements et les selles sont nombreux et blancs, le malade a froid et la surface de son corps est froide au toucher; le pouls est faible et fréquent, la faiblesse très-grande; il y a de l'anxiété, de l'agitation, des accès de défaillance, une soif assez vive , une voix faible. Il faut employer la 6e dilution; 3 gouttes pour 6 cuillerées d'eau, une cuillerée d'heure en heure, et faire tous ses efforts pour ramener la chaleur en couvrant le malade et en l'entourant de briques chaudes. La diète est de rigueur, au début surtout.
Arsenicum. J'indiquerai encore Arsenic qui sera convenable dans les cas où la soif serait très-vive et où les évacuations arriveraient aussitôt après que le malade aurait bu.
-— Quand le choléra arrive, le malade est glacé, sa