CHOLÉRA
peau se couvre d'une sueur froide et visqueuse, prend une teinte bleuâtre, marquée surtout au visage. Celui-ci se décompose, les yeux s'enfoncent et le nez se pince. - La diarrhée et les vomissements sont fréquents, complètement blancs, semblables à de l'eau de riz, la langue est pâle, froide, la soif vive. Les urines se suppriment entièrement.
Il y a des crampes d'abord dans les mollets, mais qui peuvent se faire sentir dans tous les muscles du corps.
Camphora. La première indication est de réchauffer le malade, on y parvient avec Camphora, quand on est appelé au début. On donne 3 ou A gouttes de teinture-mère sur un petit morceau de sucre, que le malade laisse fondre dans sa bouche. En même temps, on entoure le patient de briques chaudes, on le tient bien couvert, on frictionne les parties sur lesquelles les crampes arrivent. Les boissons doivent être très-chaudes ou glacées. L'infusion de thé noir bue très-chaude est souvent utile; mais siles vomissements sont très-intenses, on se trouve bien de faire sucer des petits morceaux de glace. Jamais de rhum et de toutes ces liqueurs avec lesquelles on a voulu provoquer la réaction.
Cuprum. — Dès que le malade se réchauffe, le camphre cesse d'être utile. Il faut alors administrer Cuprum, si les crampes et les vomissements sont prédominants. On prend la 6e dilution, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée toutes les heures, puis toutes les 2 heures.
Veratrum convient, au contraire, lorsque, les autres symptômes restant les mêmes, la diarrhée égale ou dépasse en importance les vomissements. (Même mode d'administration que pour Cuprum.) On se trouvera souvent trèsbien de faire prendre les trois médicaments qui précèdent, et dans l'ordre suivant : 1° Camphora; 2° Verat7*um; 3° Cuprum ; Camph. étant continué pendant 3 à 6 heures, et chacun des deux autres pendant 12 heures au moins.
On aura le temps alors de réclamer un médecin, autrement, on se laissera guider par les indications posées par le docteur Héring lui-même.
Il faut être prudent pour l'alimentation pendant la convalescence : le bouillon doit être donné tout d'abord, et c'est seulement lorsque le malade ressent la faim, et qu'il est resté au moins 48 beures sans vomir, qu'on peut songer à des aliments plus substantiels.
Traitement préservatif. — Il consiste à prendre 4 globules de Veratrum, l-2e, et deux jours après 4 globules de Cuprum, 18e; on continue ainsi en alternant ces deux subtances à 48 beures d'intervalle.
Ce traitement, indiqué par Habnemann dès l'épidémie de 1832, s'est montré efficace dans toutes celles que nous avons subies depuis. Pour chacune d'elles aussi le Cuprum a été reconnu très-utile. On voit donc que l'emploi du cuivre comme moyen préservatif et curatif du choléra remonte bien au delà de ceux qui l'ont si bruyamment préconisé depuis 1849. S'il fallait en faire remonter l'honneur à sa source, il faudrait le renvoyer au fondateur de l'homœopathie, dont la doctrine seule nous rend compte de l'efficacité de cette substance.]
§ C. — Rhumatisme, goutte.
Goutte. — C'est une maladie difficile ù guérir, mais dont l'homœopathie peut calmer les douleurs et éloigner les accès bien plus facilement qu'on ne le fait en allopathie avec l'opium, les mercuriaux, la digitale, le colchique, etc.
En général, les accès de goutte sont rapidement calmés à leur début chez ceux qui font habituellement abus de vins et de liqueurs, par Nux vomica [6 glotules dissous dans 6 cuillerées d'eau, une cuillerée toutes les 6 heures pendant 36 à 48 heures] ; c'est seulement lorsque la fièvre