‹ Médecine homoeopathique domestiqueChapitre 82 sur 110 · Acarus femelle, a, œuf · texte numérisé non relu

Acarus femelle, a, œuf

[Cette opinion, défendue par la plupart des médecins bomœopatbes repose sur un fait mille fois reconnu ; et

cependant, dans l'école allopathique, cette maladie est considérée comme essentiellement locale et pouvant être guérie en quelques heures par l'application de pommades et d'onguents. La raison que l'on donne de l'innocuité de cette maladie, n'est autre que la présence d'un insecte microscopique, appelé Sarcopte de la gale (Acarus scabiei), dont les figures 114 et \ 15 représentent le mâle et la femelle. L'acarus quand on le dépose sur lapeau, ne tarde pas à se creuser un sillon, au fond duquel il dépose ses œufs et se blottit pendant le jour, tandis qu'il travaille la nuit à en creuser d'autres. Les démangeaisons que les galeux éprouvent, la nuit sont donc expliquées

Ftg. 115. — Acarus mâle.

par les pérégrinations auxquelles les sarcoptes se livrent à cette époque.

Aujourd'hui, la présence du sarcopte est un fait irrévocable; mais comme des savants dont le nom fait autorité,

MM. Dev'ergie (1) et Moquin-Tandon (2), accordent qu'il est porteur d'un venin, on comprend que tout ne s'oit- pas fini quand on a tué l'insecte, qu'il faille ensuite détruire le venin qu'il a déposé dans ses piqûres et qui a passé dans l'organisme entier (3).

Héring recommande à cet effet la teinture de soufre (Tinctura sulfuris) , que Ton peut prendre à la 3e dilution, 2 gouttes, le matin et 2 gouttes le soir, dans une cuillerée d'eau ; quand les vésicules sont larges et contiennent une humeur épaisse, Mercurius vivus, 6e dilution, et pris comme la teinture de soufre, est préférable. Il recommande môme d'alterner ces deux médicaments, prenant l'un un jour et l'autre le lendemain. Il ajoute ensuite les indications qui suivent] : Carbo vegetabilis, 24e dilution, pour la gale sèche; ce médicament doit être suivi iïHepar sulfuris. [On donne 2 à 4 doses -par jour, en continuant chaque substance pendant 4 jours au moins. Cela vaut mieux que de les alterner.] Mercurius vivus suivi de Sul~ fur, auquel doit succéder Causlicum, convient quand les vésicules sont larges, nombreuses, serrées les unes contre les autres. Il faut prendre une dose le matin et une le soir. Enfin, si l'éruption disparaît très-rapidement, il ne faut pas craindre de la rappeler en prenant Sulfur, puis Arsenicum, même Lachesis quand les vésicules étaient larges et remplies d'un liquide jaunâtre et la démangeaison trèsviolente. [Le plus souvent l'intervention du médecin sera nécessaire, car la gale n'est pas facile à reconnaître pour ceux qui ne l'ont pas étudiée avea attention, et le choix du médicament est loin d'être facile.]

Croûtes de lait. {Eczéma des enfants.) — Il ne faut

(1) Devergie, Traité pratique des maladies de la peau., 3e édit., Paris, 1863.

(2) Moquin-Tandon, Zoologie médicale, 2e édit., Paris, 1862.

(3) Consulter aussi pour la théorie de la psore, Léon Simon père, Commentaires sur l'Organon, Paris, 1856, p. 36'i.

jamais le traiter par des applications externes, parce que sa disparition peut être suivie de symptômes graves. Le mieux est de laver les parties malades avec de l'eau de son et de les saupoudrer avec de la poudre d'amidon.

Comme médicaments, on donne : Aconit, 12° dilution, 6 globules pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée de 4 en 4 heures, quand l'inflammation est vive, la fièvre nettement accusée et le malade agité. Au bout de 12 heures, on remplace ce médicament par Rhus, administré de la même manière pendant 24 ou 48 heures. Puis on donne Sulfur après deux jours de repos, 5 globules de la 30° dilution pour 8 cuillerées d'eau, 3 cuillerées par jour pendant 4 jours, et on revient à Rhus, 30e, répété seulement trois fois dans les 24 heures. Quand il se forme des croûtes jaunes, Chamomilla, 12e, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, 3 cuillerées par jour pendant 4 jours, est très- utile ; si les croûtes sont blanches, on donne Dulcamara comme Chamomilla. [On se trouvera très-bien aussi de Calcarea carb., 30e, 4 globules pour 8 cuillerées d'eau, 2 cuillerées par jour, pendant 8 jours. Héiïng recommande encore la teinture de Jacea tricolor, une goutte pour 8 cuillerées d'eau, 2 cuillerées par jour.

Teig-ne. — Hepar sulfuris s'adresse à la teigne qui a envahi la tête et le visage, même les paupières, cause sur tous ces points une vive douleur et une rougeur trèsprononcée; seulement il faut préférer Bryonia quand les glandes du cou et de la nuque sont gonflées, douloureuses, et que la peau rougit àleur niveau. Les glandes dures et indolentes réclament Dulcamara, Quant à l'éruption, si elle est humide et qu'elle répande une très-mauvaise odeur, il faut donner Staphysagria, et plus tard Rhus ; et quand le liquide ainsi sécrété est acre et irritant, au point de faire naître des ulcérations, Arsenic suivi de Rhus est préférable à tout. Ces médicaments peuvent être répétés tous les jours, tant qu'il n'y a pas d'aggravation; on peut même

donner une dose le matin et une le soir. [Le mieux est de faire dissoudre dans 6 cuillerées d'eau 5 à 6 globules de médicament, et de donner une cuillerée le matin et une le soir.] On peut aussi faire des applications externes avec une solution plus concentrée du médicament. Il peut se faire que l'éruption abandonne promptement le visage pour envabir le tronc, tandis que des croûtes épaisses se forment sur le cuir cbevelu : Antimon. crud., 30e, est alors très-utile [même mode d'administration que pour Arsenic] ; ou bien les démangeaisons sont très-vives, les enfants ?e déebirent la peau en se grattant, et se font ainsi des ulcérations qui saignent. Il est d'abord nécessaire, en pareil cas, de mettre les petits malades dans l'impossibilité de s'écoreber ; on peut, à cet effet, leur mettre des chemises à longues manches dans lesquelles on emprisonne les mains ; puis on prépare une infusion de fleur de sureau avec laquelle on bassine les parties malades pour les recouvrir ensuite d'une compresse trempée dans ce même liquide. En même temps, on donne à l'intérieur les substances dont je viens de parler, et auxquelles il faut ajouter Veratrum, i 8e dilution, quand l'éruption a envahi tout le cuir chevelu et tout le visage.

[A ces renseignements donnés par Héring , notre regretté confrère, Je Docteur Léon Marchant (1) en avait ajouté quelques autres; je me reprocherais de ne pas les conserver. Confondant, comme on le faisait autrefois, sous le nom générique de Teignes, les affections du cuir chevelu, il en a parcouru les différentes espèces; c'est ce qu'il a nommé la petite Clinique de la teigne.]

« 1° Teigne faveuse. — Pustules en godets, croûtes sèches, blanchâtres, incrustées dans le cuir chevelu. Quand plusieurs pustules sont réunies et déjà un peu anciennes, elles perdent la forme caractéristique de la teigne faveuse,

(1) Léon Marchant, in Hcring, Médecine homœopathique domestique, 4 e édition. Paris, 18G0, p. 497.

qui est de présenter des dépressions en forme de godets; mais les derniers caractères énoncés ci-dessus suffisent pour reconnaître le favus; et lorsqu'on commence le traitement homœopathique, comme il se manifeste au début une aggravation, on voit apparaître des pustules fraîches parfaitement caractérisées; lorsque plus tard la guérison commence à s'effectuer, les mêmes pustules perdent leur caractère et ne sont plus que de petites croûtes minces et plates. — Il est rare de trouver des poux avec ce genre de teignes. — Sur cent teignes, il y en a à peu près dix de laveuses. — Pour le temps du traitement, si l'affection n'est pas très-ancienne et n'occupe qu'une partie du cuir chevelu, il faut un traitement de huit ou dix mois; mais si elle est très-chronique et que tout le cuir chevelu soit malade, il ne faut pas compter sur moins de deux ans. — Le médicament qui m'a paru l'emporter sur tous les autres, sans aucune comparaison, est Staphysagria alterné avec Suif ur. Dans quelques circonstances, Arsenicum pourrait être employé avec efficacité, mais alors je crois qu'il faudrait qu'il fût fortement indiqué par les autres symptômes morbides que présenterait l'économie tout entière.

« 2° Teigne granulée. — Boutons épars, croûteux, d'un jaune brun, un peu humides, affectant promptement une grande partie du cuir chevelu et se réunissant en forme de larges plaques. Les poux pullulent. On remarque quelquefois des pustules faveuses qui s'y mêlent. Ces deux sortes de teignes semblent avoir un grand rapport dans leur cause première. C'est encore Staphysagria qui parait en être le médicament spécifique. — On en rencontre à peu près 70 sur 100. Le traitement en général est de cinq ou six mois au plus.

« 3° Teigne amianlacée. — Couche blanchâtre, quelquefois très-épaisse, mais sèche et farineuse, qui tombe en poussière et en petites pellicules. Graphites ou Calcarea, alterné avec Su/ fur, sont les deux médicaments qui m'ont

paru les plus efficaces. Ce sont, je crois, les symptômes généraux de l'économie entière qui devraient fixer le choix entre ces deux médicaments. — Je dois une très-belle cure à Graphites, opérée en six ou huit mois sur un jeune homme de quinze ans. — La proportion est, je crois, de 2 pour 100. Je n'ai pas remarqué de poux.

« 4° Teigne mu gueuse. — Suppuration abondante du cuir chevelu avec ou sans croûtes. Le médicament principal est Lycopodium seul ou alterné avec Sut fur <

« Souvent moins d'un mois de traitement suffit. — La proportion est de 5 pour 100.

« 5° Teigne d'un jaune verdâtre. — Il existe un autre genre se rapprochant un peu de la teigne granulée," quant à la forme, bien qu'il y ait peu de boutons épars et qu'ils se réunissent promptement en, une seule croûte; elle en diffère essentiellement, et ne se trouve que chez les blonds. — Elle est plus difficile à guérir que la granulée. Je ne saurais indiquer le meilleur remède, n'étant pas fixé moi-: même. Graphites, dans une circonstance, a été efficace. — La proportion est à peu près de 2 pour 100.

ce 6° Teigne furfuracée de différentes formes que je n'ai pu encore assez étudier. — Celte forme de teigne est rebelle peut-être encore plus que la teigne faveuse. Si les pellicules sont blanches, sèches, ressemblant assez à celles qui se; détachent d'une teigne amiantacée, Sulfur et Calcarea alternés, seront, en général, les meilleurs médicaments; mais ces affections pelliculeuses sont, pour la plupart^ accompagnées d'excoriation du cuir chevelu et d'un léger suintement, quelquefois de croûtes rugueuses et épaisses. Rhus est, je crois, un des principaux médicaments contre ce genre d'affection, qui se rencontre plus particulièrement chez les bruns. — Contre les dartres humides, croûteùses, pelliculeuses, fixées particulièrement à la nuque , j'ai trouvé Petroleum un remède efficace. — La proportion est à peu près de 15 à 20 sur 100.

(( 7° Variétés. — Il se présente une grande variété de teignes qui n'affectent aucun caractère bien particulier et bien tranché. C'est à l'observateur à faire suivre le traitement qui, d'après les analogies,, convient le mieux. Puis les teignes changent quelquefois de forme et quelquefois en présentent deux distinctes simultanément.

« La teigne est toujours accompagnée d'un engorgement plus ou moins considérable des glandes de la nuque et du cou; les médicaments qui sont indiqués par la forme que la teigne revêt suffisent ordinairement contre cet engorgement. Lorsqu'il a persisté, après la guérison du cuir chevelu, je n'ai fait le plus souvent autre chose que continuer un ou deux mois le môme traitement; d'autres fois, j'ai donné Baryta; mais je n'ai pas eu occasion de remarquer qu'il fût préférable de donner ce médicament.

« Traitement. — J'ai toujours donné les médicaments à la 12e dilution, excepté Sut far et Rhus; qu'il m'a semblé plusieurs fois préférable d'employer à la 30e. — J'ai donné à la dose de 3 à 4 globules dans une cuillerée d'eau tous les 5 jours ; il m'a semblé que tous les 8 jours la guérison marchait plus lentement; et, d'an autre côté, je ne pouvais songer à donner à un intervalle plus rapproché que tous les 5 jours, puisqu'il faut bien laisser un temps moral aux médicaments pour agir. — Il nJy a que dans les teignes muqueuses avec suppuration abondante que j'ai donné Lycopodium plusieurs matins de suite.

« Il me paraît indispensable d'alterner le médicament le plus approprié à l'affection que l'on a à combattre avec Sulfur, parce que 1° tous' les enfants atteints de la teigne sont plus ou moins scrofuleux, et que Sulfur est un des médicaments les plus essentiels dans cette affection ; 2° parce que Sulfur, portant beaucoup à la peau, empoche la disparition trop prompte du symptôme cutané et contribue aussi puissamment à la guérison radicale. Puis enfin , en troisième lieu, les autres médicaments produisent, il me

396 MALADIES LOCALISEES.

semble, plus d'effet lorsqu'ils soat alternés avec Sul/ur qu'employés seuls et sans médicament intercurrent. Dans le commencement du traitement, il y a une aggravation dont le terme moyen est d'un mois, un peu plus ou un peu moins, selon que les glandes du cou sont plus ou moins engorgées. — Sous l'influence du traitement, le teint des malades, qui est souvent pâle et maladif, devient frais et annonce la santé. J'ai souvent rencontré en même temps des dartres sur différentes parties du corps ou des éruptions d'une mauvaise nature ; souvent aussi des diarrhées fréquentes ou un relâchement chronique du ventre. Tous ces symptômes diminuent ou disparaissent entièrement sous l'influence du même traitement.

« Traitement hygiénique. — Couper les cheveux, au moins dans les parties malades; entretenir la propreté sans laver; passer une brosse sèche; changer souvent le linge qui enveloppe la tête. »

Alertagne. — Maladie assez rare, non contagieuse, souvent causée par des rasoirs mal affilés, et composée de pustules reposant sur une base dure et rouge. Arsenic convient quand l'éruption cause une vive douleur de brûlure. Goullon recommande Causticum donné à l'intérieur et appliqué extérieurement, mais seulement à la suite d'arsenic.

Engelures. — On désigne ainsi les plaques rouges qui viennent aux mains et aux pieds, sous l'influence du froid. Il y a des sujets qui en souffrent dès le commencement de l'hiver, même dès l'automne et encore au printemps.

On les combat avec Pulsatilla quand elles causent une vive démangeaison, de la brûlure, et qu'elles saignent facilement, mais sans suppurer, et avec Nux vomica si elles sont d'un rouge brun foncé. Lorsque ces médicaments [qu'il faut continuer au moins pendantune semaine], ne suffisent pas, on les remplace par Sulfur ; Chamomilla et Arsenicum sont indiqués quand la douleur est très-vive.

Groullon assure que Acidum nitricum, donné à l'intérieur et appliqué extérieurement, est d'un effet très-favorable.

Quand l'engelure suppure, il faut donner Silicea, et Arsenic si elle menace de se gangrener. Ce médicament sera surtout utile quand les douleurs éprouvées par le malade seront soulagées à la chaleur, tandis que Secale conviendra mieux quand elles augmenteront sous cette influence.

Comme application locale, le mieux est d'envelopper les doigts avec un petit linge enduit de cérat.

Tannes. — Ce sont de petits points noirs qui paraissent sur la peau du nez et sur les parties voisines. Ces tannes se composent cf'une matière spéciale sécrétée dans l'intérieur même des pores. On les fait sortir de leurs cavités en graissant un peu l'endroit malade, que l'on expose ensuite à une chaleur modérée. La tanne fait alors une légère saillie, et, en comprimant autour d'elle, on parvient à la faire sortir.

On a proposé, pour empêcher qu'elles se forment de nouveau, de se laver le visage à l'eau chaude et, immédiatement après, à l'eau froide, aussi de saupoudrer les parties malades avec une trituration de soufre ; enfin on a recommandé d'alterner Sulphur et Sjlicea, en prenant l'un et l'autre à 8 jours d'intervalle.

Verrues. —On prétend qu'on peut les faire disparaître sans danger pour le malade, soit en les excisant, soit en les brûlant; c'est une erreur, pour les enfants surtout, et même pour les adultes. Causticum efface les verrues charnues et adhérentes ; An timonium cruel, celles qui sont sèches et cassantes, surtout quand elles existent près de la racine des ongles ; Dulcamara en triomphe lorsqu'elles prennent naissance sur le dos des doigts, et Calcarca si elles se trouvent sur leurs faces latérales. [M. Léon Simon père a recommandé Lycupodium pour les verrues sèches et pédiculées, Thuya pour celles qui sont molles et suintantes. Chacun de ces médicaments doit être administré avec persévérance, c'est-à-dire continué pendant plusieurs se-

Hkring. — Méd. hom. 2 3

MALADIES LOCALISEES.

mairies, mais en changeant de dilution tous les 8 jours. | Varices. — Elles prennent souvent naissance chez les femmes enceintes et dans tous les cas où la circulation veineuse est gênée.

Les varices ne sont autre chose que des veines ayant subi sur leur trajet une série de dilatations inégales ; elles ont le plus souvent pour siège les veines superficielles, mais les veines profondes n'en sont pas exemptes. C'est surtout aux membres inférieurs qu'on les observe, mais elles peuvent se former partout. Elles constituent de petites grosseurs bleuâtres, qui ne sont pas sensibles à la pression, disparaissent pour un moment quand on les comprime, mais reviennent aussitôt. Elles augmentent beaucoup quand on marche ou qu'on se tient seulement

pjg. us. — Bas ordinaire en tissu élastique pour varices.

Fig. 111. — a, Chaussette en tissu élastique pour varices; 6, genouillère en tissu élastique pour varices.

debout, et diminuent lorsqu'on est resté couché pendant quelque temps. Les varices se rompent souvent et don-

nent alors écoulement à une certaine quantité de sang Le premier moyen à opposer au développement des va

rices est la compression. On la

pratique en plaçant une bande

roulée autour de la jambe, selon

le procédé indiqué p. 282 ; il

ne faut pas que ce bandage

soit trop serré; maisil doit l'être

uniformément. On remplace ordinairement la bande par un bas

lacé ou un bas en caoutcbouc

(fig. 116 et 117).

Mais ce moyen n'est pas cu-

ratif ; il arrive même parfois que

la maladie, arrêtée sur un point,

va se développer sur un autre,

cboisissant souvent les endroits

où toute compression est impossible.

Les médicaments les plus utiles sont : Pulsatilld qu'il faut alterner parfois avec Arnica, en donnant une ou deux doses par semaine ; Sulphur,Carbovegetab.

et Lycopodium sont également utiles.

Les femmes enceintes qui ont beaucoup de varices doivent éviter de se tenir longtemps debout et d'avoir un régime trop échauffant. L'accouchement est, en général, la seule chose qui les soulage d'une manière notable.

Ulcère». — Ce sont des plaies plus ou moins larges qui sécrètent un liquide aqueux ou purulent. Les ulcères

Fig. 118. — Mesure à prendre pour la confection d'un bas pour varice. — ac est le plus grand modèle de bas que l'on appelle cuissard.

intéressent la peau, leur profondeur est variable. Ils succèdent souvent aux varices; dans ce cas, lorsque ces dernières se rompent, la peau ne se cicatrise pas, la plaie tend même à s'étendre beaucoup.

On reconnaît l'ulcère varigveux à sa couleur bleu noirâtre, plus accusée encore autour de la solution de continuité, aux douleurs qu'il cause, aux varices qui existent tout autour de lui et à ce qu'il saigne facilement, surtout quand on y fait des applications chaudes.

Gomme médicament, on donne Lachesis, et, après lui, Silicea. Ces médicaments peuvent être employés en même temps à l'intérieur et à l'extérieur. Pour Y administration interne, on fait dissoudre dans 8 cuillerées d'eau 6 globules de la 30e dilution, et on donne 3 cuillerées par jour. Pour Y application externe, on mêle de 6 à \0 gouttes de teinture de la 6e dilution avec 10 cuillerées à bouche d'eau, et on trempe dans ce mélange des compresses qu'on applique sur le point malade.

Certains ulcères répandent une odeur aigre et rongent les tissus qui les entourent, en causant beaucoup de douleur ; ceci arrive surtout au visage.

En général, quand on est en présence d'une ulcération chronique, il faut appeler un médecin, la maladie demandant des soins assidus, et la guérison se faisant d'autant plus attendre que l'ulcération est plus ancienne ou qu'elle a plus souvent reparu. Dans ce cas, il faut toujours craindre une cicatrisation obtenue par des remèdes extérieurs, onguents de plomb, eau blanche, etc., parce que des maladies plus graves en seraient la conséquence. [Le meilleur pansement consiste dans l'application de linges troués enduits de cérat. Quand les ulcères ne sont pas trop profonds, le Dr Héring recommande d'appliquer dessus des compresses trempées dans l'eau chaude , recouvertes de taffetas gommé et maintenues avec une bande.]

MALADIES CHRONIQUES DE LA PEAU. 40 î

Il faut en même temps prendre Sulphur, qui suffit parfois à la guérison, à moins que les douleurs ne soient lancinantes et brûlantes, ce qui indique Arsenic; Carbo vegetabilis convient aux ulcères qui causent des douleurs brûlantes et sécrètent un pus de mauvaise odeur; enfin, quand l'ulcère est rongeant, qu'il va toujours envahissant autour de lui, et qu'il se forme un peu plus loin de petites vésicules auxquelles succèdent des ulcérations qui se joignent au mal principal, Lachesis est indiqué. [On donne ces médicaments comme dans les autres maladies chroniques, c'est-à dire à dilutions élevées, une dose le matin et une le soir, en continuant la même subslance pendant 8 jours au moins, et laissant des intervalles de réaction quand il est nécessaire.]

Rhagades. — On appelle ainsi des gerçures qui se forment entre les doigts des pieds, viennent surtout chez les vieillards et causent des douleurs brûlantes. Silicea les guérit souvent. Arsenic sera préférable si la peau et l'ulcère lui-même ont une teinte noirâtre, surtout si la chaleur extérieure calme' les souffrances ; quand elle les augmente, Secale est indiqué, pourvu qu'il ne soit pas trop tard, c'est-à-dire pourvu que la gangrène ne soit pas développée. Enfin, Sepia guérit les ulcérations qui viennent aux extrémités des doigts et au niveau des articulations, quand ces ulcérations sont précédées de vésicules.

Il arrive parfois aussi que des verrues anciennes ou des cors s'enflamment et s'ulcèrent; Antimoniumcrud. est trèsutile en pareil cas.

Ongle incarné. — Quand un ongle rentre dans les chairs, il détermine la formation d'un ulcère profond. Le moyen dont on se sert habituellement consiste à arracher l'ongle; mais celui-ci ne tarde pas à repousser, et il faut recommencer bientôt. Quand les douleurs sont modérées, on essaye, avant de tenter l'opération, de séparer l'ongle

des tissus sous-jacents en plaçant entre eux soit un linge fin plié en plusieurs doubles, soit une petite lame de plomb très-mince entourée de linge et retenue par une petite bande. Le premier moyen offre moins de résistance, mais il est préférable. Les personnes qui en ont l'habitude font ce pansement elles-mêmes, mais, avant, elles doivent avoir le soin de prendre un bain de pieds. Lorsque les chairs bourgeonnent autour de l'ongle, il faut les réprimer en les saupoudrant de sucre, opération qu'il faut répéter deux fois par jour, et l'on fait prendre à l'intérieur Silicea ou Cavsticum.

En même temps, on racle l'ongle avec un morceau de glace tranchant ou avec une lime, opération que l'on répète jusqu'à ce qu'il soit aussi aminci que possible. On essaye toujours de glisser un petit linge entre l'ongle et les chairs. Si cet ongle offre des angles aigus, on doit les limer, mais non les arracher.

La seule chose que l'on puisse faire est de couper l'ongle, non pas en rond afin de lui donner la forme de l'extrémité de l'orteil, mais carrément, et de manière que le milieu soit coupé beaucoup plus bas que les côtés. De cette façon les parties latérales ont plus de développement que le centre. Ou ne peut arriver de prime abord à creuser ainsi l'ongle à son milieu, mais on le fait graduellement et toujours après avoir donné un bain de pieds. Cette manière de faire a pour but d'épaissir la partie moyenne de l'ongle, afin qu'elle puisse résister à la pression de la chaussure. Lorsqu'au bout de quelques jours, les côtés forment des pointes aiguës, on les coupe, mais en laissant toujours le centre de l'ongle plus court. Si les bas et les chaussures gênent, on y pratique un trou circulaire qui doit se trouver au niveau de l'ongle. On coupe l'ongle de cette manière pendant un an environ, avant de le laisser repousser.

En général, l'inûammation se calme vite et l'ulcération

se cicatrise aussitôt qu'on est parvenu à séparer Pongle des chairs en plaçant entre les deux un petit plumasseau de charpie. On se trouvera bien, du reste, de tremper celle-ci dans de l'eau arniquée. Si ce moyen échoue, surtout quand on n'est encore qu'au début de l'ulcération, on peut employer Causticum, mettant 6 à 8 gouttes de la 3e dilution dans un verre d'eau, et se servant de cette solution pour humecter des compresses avec lesquelles on entoure les parties malades. C'est seulement lorsque ces deux médicaments ont échoué, qu'il faut tailler l'ongle comme je l'ai dit et chercher à le séparer des tissus mous. De cette manière il est possible d'éviter les douleurs aiguës qui arrivent infailliblement si l'on ne prend ces précautions. Les médicaments homœopathiques sont également utiles en pareil cas ;il faut seulement choisir entre Silicea, Sulphur, Arsenicum, et Carbo vegetabilis , se laissant guider par les symptômes accessoires et généraux et en tenant compte de la constitution du malade.

Cors aux pieds. — Quand ils sont récents, il faut commencer par les ramollir en mettant les pieds à l'eau pendant un quart d'heure, puis on les coupe avec un instrument à tranchant bien affilé, enfin on les bassine avec de Y Arnica étendu d'eau. En répétant souvent ces opérations, on arrive à effacer les cors. S'ils reparaissent, on emploie Antimon. crud. à l'intérieur et à l'extérieur, en ayant toujours le soin de bien tailler la partie malade avant de faire une application externe.

Si les douleurs sont très-aiguës, se faisant sentir surtout aux changements de temps, Rhus est préférable ; il faut parfois l'alterner avec Bryonia ou Calcarea.

(Il faut surtout n'avoir que des chaussures larges et ne pressant pas les orteils.)

Sueurs nocturnes. — Quand elles sont persistantes et affaiblissantes, il faut appeler un médecin. Sambucus 1rs

guérit souvent. On a aussi conseillé, pour les prévenir, de mettre sous le lit un vase rempli d'eau, pratique dont il est impossible de donner la raison.

[Les sueurs nocturnes s'observent chez les sujets affaiblis par une maladie grave, surtout chez les phthisiques. Il ne faut jamais les considérer qu'à titre de syjnptôme, dont il faut, sans doute, tenir compte pour le choix du médicament ; mais qui ne doit pas faire oublier les autres, souvent plus caractéristiques encore.]

Engorgement des glandes. — C'est surtout au COU

qu'on les observe. Quand la grosseur est dure, on donne Mercurius suivi, au bout de quelques jours, de Dulcamara, surtout si le côté droit est le plus malade, et de Staphysagria quand il s'agit des glandes du côté gauche.

Art. If. — Maladies de la tête.

Étourdissements. Vertiges. — r Les étourdissements

dépendent quelquefois de causes variées, par exemple : de désordres ou de plénitude de l'estomac, d'évacuations excessives, d'abus des boissons spiritueuses, de remèdes narcotiques, de chutes et de coups sur latêle. Quelquefois ils se rattachent à d'autres affections et l'on ne peut eu triompher qu'en traitant l'état général du malade.

Les personnes sujettes aux étourdissements doivent manger et boire avec modération, se lever de bonne heure, marcher souvent au grand air, et se frictionner de temps en temps, le soir, avec une brosse rude.

Le vertige qui survient après un repas trop abondant cède à V Arnica aidé de la diète : Nux vomica, Chamomilla,Pulsatilla, Rhus et Cocculus peuvent être également utiles ; il faut Gxer son choix en raison des dispositions morales du sujet.

Le vertige qui succède à la cicatrisation d'anciens ulcères est toujours dangereux ; il faut lui opposer Sulphur ou Calcarea.

^Aconit soulage les étourdissements accompagnés de nausées, d'éructations et de vomissements, d'obscurcissement de la vue, de perte de connaissance, etc. Pulsatilla ou Antimonium crudum doivent lui succéder quand il existe des désordres de l'estomac : nausées, vomissements, répugnance pour les aliments, etc.

Mercurius est utile contre les étourdissements qui ne viennent que le soir et sont accompagnés d'obscurcissement de la vue ; Belladona, s'il y a, en même temps, des éblouissements et des étincelles devant les yeux, surtout pendant le mouvement, avec aggravation en s'inclinant ; Calcarea convient aussi. Cocculus répond au vertige qui augmente lorsque le malade se lève sur son lit ; Phosphorus, sil'étourdissement est accompagné de douleur et d'une sensation de pression au sommet de la tête.

L'étourdissement résultant de fatigue intellectuelle est guéri par Nux vomica. Si l'on est étourdi en regardant en l'air, Pulsatilla est indiquée; mais Nux vomica l'est plus souvent encore, surtout si le malade est presque sans connaissance, et qu'il lui semble, quand il est couché, être étendu sur une roue.

Le vertige qui survient par le mouvement, et diminue lorsqu'on se couche, réclame China; celui qui arrive en se couchant, Rlws ; en se levant, Chamomilla; en se penchant, Aconit suivi de Bellodona ou de Calcarea ; le vertige dû au mouvement de la voiture cède à Hepar suivi de Silicea; celui qui vient en s'asseyant, à Pulsatilla.

Si l'étourdissement est accompagné de perte presque complète de sentiment et d'anxiété, il faut recourir à Belladona ; s'il est assez fort pour faire tomber le malade et qu'il y ait crainte de la mort, jR/ius; accompagné de bourdonnement dans les oreilles, douleur de tête, chaleur ou pâleur de la face, obscurcissement de la vue, ou taches noires devant les yeux, mal de tête et nausées , c'est China quand la tête est faible; Sulphur s'il existe des sai-

gnements de nez ; Chamomilla, ensuite Hepar^ s'il y a pefTe de connaissance.

Congestion de sang à la tête. — Cet état est trÔS-pé-

nible et devient dangereux s'il dure longtemps. On sent les artères de la tête battre comme le pouls ; les veines de la tête et du cou se gonflent, la tête semble pleine ; souvent on est étourdi, surtout en se penchant ou en marchant au soleil ; au-dessus des yeux, la tête semble sur le point d'éclater; il y a aggravation en se penchant ou en toussant. Dans ce cas, il faut donner Aconit; si ce médicament fait du bien, répétez-le. Les bains de pieds chauds sont aussi très-utiles en cette circonstance.

En même temps, le malade doit s'abstenir de café, vin, liqueurs et user peu de boissons chaudes ; mais il pourra boire à discrétion de Feau froide et s'en appliquer souvent sur le cou et la tête.

Si l'on est atteint subitement, le cerveau semblant prendre de l'extension et devenir de plus en plus volumineux, avec chaleur et battements dans la tête, surtout aux tempes, battements qui se font à chaque pas sentir jusqu'à la nuque, on doit donner Glonoin.

Si ce médicament n'apporte pas un soulagement notable, et que le patient soit très-irritable, qu'il ait bu auparavant beaucoup de spiritueux, qu'il soit resté longtemps enfermé dans sa maison au lieu de sortir au grand air, Nux vomica sera fort utile.

Belladona sera indiquée par de vives douleurs pulsatives, brûlantes, lancinantes sur un côté de la tête, avec sensation de violente pression au front à chaque pas, à chaque mouvement, avec exacerbation par le bruit, la lumière vive et en se penchant en avant.

Aconit, si l'on voit voltiger devant les yeux des points lumineux ou des taches noires, si l'on voit double, avec bourdonnements dans les oreilles, fréquentes syncopes, sommeil profond et lourd; il convient pendant la dentition

des enfants, et aux jeunes filles arrivées à l'âge de puberté, ou si elles ont pris froid pendant la menstruation, surtout si elles ont eu les pieds mouillés. On peut donner ensuite Belladona au bout de 6, 8, ou 12 heures.

Congestion causée par une grande joie ou une grande

surexcitation. — Si la congestion est occasionnée par une joie excessive ou accompagnée d'une grande surexcitation, il faut donner Coffea ; si elle vient à la suite d'une frayeur, Opium; d'une contrariété, Charnomilla; d'un accès de colère, Nux vornica. Nous avons déjà mentionné ces médicaments en traitant de ces mêmes causes. Lorsqu'elle est la suite d'une chute ou d'un coup sur la tête, Arnica est indiqué ; on pourra le répéter au bout de 24 heures, si cela est nécessaire. On ne doit pas s'inquiéter des saignements de nez qui pourront accompagner la congestion ; ils s.ont plutôt un avantage, il ne faut rien faire pour les arrêter.

Congestion causée par la faiblesse. — Si la Cause

est une extrême faiblesse, donnez China; si la congestion revient chaque fois qu'on a pris froid, Dulcamara; lorsqu'on a soulevé un objet lourd, ou fait un travail excessif, Rhus\ si en même temps le malade transpire trop facilement ou trop abondamment, Mercurius; s'il se sent froid, faites-lui respirer du Camphre deux fois. Dans le cas où, en dépit de tous ces remèdes, le mal reviendrait, donnez Sulphur} si le malade n'a pas encore pris ce médicament; s'il l'a déjà pris, donnez Hepar, et si ce dernier n'a pas d'effet, donnez, quinze jours après, Silicea, 2 ou 3 closes au plus.

Si les médicaments que nous venons d'indiquer n'apportent pas un prompt soulagement, et que le malade paraisse en danger, faites un cataplasme de farine de graine de lin que vous appliquerez chaud aux pieds; ou bien donnez des bains de pieds très-chauds et répétez-les jusqu'à ce que vous obteniez un soulagement ou qu'il se

4 08 MALADIES LOCALISEES.

produise des frissons; s'il y a constipation, donnez un lavement chaud d'eau miellée.

[Dans le cas où la congestion est intense, il faut donner une goutte du médicament pour 8 cuillerées d'eau, une cuillerée de 3 en 3 heures ; mais les doses doivent être plus éloignées, de 6 en 6 heures par exemple, si les accidents sont légers. Les dilutions moyennes sont préférables à toutes les autres. Il est indispensable parfois de tenir le malade au lit. L'alimentation doit être légère; mais la diète ne peut être complète.]

Apoplexie. — On reconnaît qu'une personne est frappée d'apoplexie à ce qu'elle est tout à coup paralysée de tout un côté du corps ; en même temps, le malade perd connais sance totalement ou seulement en partie ; son visage s'altère profondément, la bouche se dévie, et souvent il tombe dans un sommeil profond avec respiration bruyante et ronflement, sommeil dont rien ne peut le tirer. En soulevant les paupières, on reconnaît que les pupilles sont inégales, l'une est très-petite, l'autre est très-large.

En pareille circonstance, l'allopathie n'a qu'un moyen à offrir : la saignée, laquelle peut sans doute dégager le cerveau et amener le réveil du malade, mais qui a bien plus souvent pour résultat de hâter la mort. L'homœopathie n'est pas désarmée; les médicaments dont elle fait usage sont nombreux et nettement caractérisés, et souvent elle est intervenue avec succès.

La première chose à faire est d'étendre le malade sur un lit et de le déshabiller,, surtout d'enlever tout ce qui peut gêner la circulation. On donne ensuite un lavement à l'eau salée, et on place des compresses fraîches sur le front, la poitrine et le ventre ; Groullon considère ces applications d'eau froide comme très-utiles. [On peut ajouter à ces moyens des sinapismes que l'on placera successivement aux mollets, à la face interne des cuisses ou aux pieds.]

Puis, si le pouls est lent, plein, le visage étant rouge ou pâle, on donne Opium, d'abord en olfaction, puis en gouttes de teinture qu'on laisse tomber sur la langue ; on peut aussi se contenter de placer des globules dans la bouche. Lorsque le pouls est très-faible, il faut préférer Lachesis qu'on administre de la même manière.

Quand le malade a le sang très-porté à la tête, il faut débuter par Glonoin. [Aconit est préférable si, en même temps, le pouls est plein et dur.]

Pour les autres médicaments, on fixe son choix en raison des symptômes que présente le malade. Si, en se réveillant, il a des nausées, qu'il fasse des efforts pour vomir et qu'il ait des vomituritions, il faut lui faire prendre Turtarus emeticus, 2 gouttes de la 6e dilution pour un verre d'eau, une cuillerée toutes les 10, 15 ou 20 minutes ; si l'amélioration se fait attendre, on peut même donner ce médicament en lavement : on dissout alors 1 gramme de la première trituration dans 2 verres d'eau. Quand le malade est très-pâle, froid, faible, le visage étant décomposé et l'haleine froide, il faut faire respirer le Camphre. Enfin, pour les autres accidents qui pourraient arriver, il faudra choisir entre : Acon., Veratr., Puisât., Phosp. acid., Nux vont., Arsen., Ant. crud., Hyoscyamvs.

Faiblesse de la mémoire. — La faiblesse de la mémoire résultant de saignées, de purgations et d'autres causes débilitantes cède à l'action de China ou de Lachesis. Chez les vieillards frileux, s'enrhumant facilement, il faut donner Nux moschata, s'ils prennent froid dans leur chambre ; Cepa, s'ils veulent aller au grand air, quoiqu'ils s'y enrhument toujours du cerveau. Pour la faiblesse de mémoire, suite de coups à la tête, Arnica; d'abus des liqueurs, Nux vomïca; de frayeur, colère, contrariété, on choisit parmi les médicaments recommandés précédemment (lre partie, chap. Ier), surtout entre Aconit et Staphysagria; Veratrum, Rhusv ou Carbo vegetabilis ; si la

faiblesse de mémoire est accompagnée de congestion à la tête, Aconit et Belladona ; ou encore China, Mus, Mercurius et Sulphur; si le malade ne peut fixer sa pensée sur un sujet déterminé, Apis.

On fera bien dese laver tous les soirs la tête avecde l'eau fraîche et de l'entourer d'un mouchoir, et tous les matins de laver le front et les yeux avec de l'eau très-froide. Peutêtre vaut-il encore mieux, avant de se coucher, tremper les pieds jusqu'aux chevilles dans de 'l'eau très-froide pendant deux ou trois minutes, puis bien les frictionner avec une serviette rude.

Maux de tête. — Dansle traitement de ce mal si commun, nous pouvons souvent être guidés par les symptômes qui l'accompagnent; il importe cependant de distinguer les différentes sortes de céphalalgies, car le même médicament peut faire du bien ou être nuisible selon les circonstances.

Ual de tête proTenant de conge§tion ou d'une inflammation. — Ce mal cause généralement des battements dans la tête et de la chaleur, on peut voiries pulsations des artèresducou;s'ilaugmente,desvomissementss'ensuivent; il y a aggravation aprèsles secousses et les mouvements de la tête, lorsqu'on se couche ou qu'on se penche ; il y a quelquefois soulagement lorsqu'on se tientdebout. Detouslesremèdes domestiques, le vinaigre est le4 meilleur; on peut appliquer sur les tempes des compresses trempées dans cet acide étendu d'eau, etdonner, en même temps, un lavement d'eau chaude. Si cela n'apporte pas de soulagement, on se baigne les pieds dans de l'eau chaude, puis on les frotte avec de la flanelle. Les personnes sujettes à ce mal doivent s'accoutumer à boire beaucoup d'eau froide, à se frotter tous les matins la tête, et particulièrement le front et les tempes, avec un linge humecté d'eau froide, et se tremper les pieds dans un bain d'eau froide peu profond, tous les soirs, avant de se coucher. [Ces moyens hydrothérapiques

sont loin d'être supportés par tout Je monde ; il faut en user avec beaucoup de ménagement.]

Dans des cas semblables, certains médecins ont l'habitude d'appliquer de la glace surla tête. Or, des applications sur la tête de linges imbibées d'eau refroidie, produisent tout le bien qu'on peut attendre de l'application des corps froids,, il n'y a réellement rien de mieux à attendre de la glace elle-même ; car cela ne serait pas mieux imaginé que d'essayer d'appliquer des coups de couteau pour guérir un mal de tête que la pression fait cesser. En général, il faut se méfier de tous ces moyens violents dont les résultats sont plus souvent funestes que favorables. Quant aux médicaments, on donne Glonoin, quand la douleur augmente avec une extrême rapidité, donnant lieu à des battements, à une douleur de brisement, qui augmente à la moindre secousse qu'on imprime à la tête, le pouls étant très- fréquent, les yeux et le visage rouges, les yeux fixes et brillants, les oreilles étant le siégede bruissements et de craquements; la pâleur du visage- et l'existence d'une sueur froide n'excluent pas l'emploi de ce médicament. Aconit répond à une douleur vive accompagnée des symptômes suivants : sensation de brûlure dans toute l'étendue du cerveau et particulièrement au front; face rouge et bouffie ; yeux rouges ; paroles incohérentes, délire et fièvi e. Si ce médicament réussit à soulager, on le continue: s'il a peu ou point d'effet, on le remplace par Belladona. Ce dernier médicament est plus spécialement indiqué dans les cas de dculeur profondément située, oppressive, pesante, avec face pâle, yeux hagards, perte de connaissance, délire, murmure, somnolence.

Pulsatilla est préférable si la douleur n'occupe qu'un seul côté, est gravative, prcssive, fatigante et affaiblissante, commençant à la partie postérieure de la tête pour s'étendre jusqu'à la racine du nez ; quand elle s'améliore dans, la position horizontale et par une forte pression

k\l MALADIES LOCALISÉES.

exercée autour de la tête et par la marche, mais augmente quand on est assis; et aussi si la tête est lourde, la 'face pâle, et s'il y a vertige, agitation et envie de pleurer.

Tl faut donner lîhus contre la douleur brûlante, pulsalive, la tête paraissant pleine et pesante, et s'il existe un frémissement intérieur ou une sensation de ballottement d'uu liquide qui tendrait à s'échapper. Ce médicament convient surtout aux symptômes qui apparaissent après le repas.

Mal de tête par congestion sanguine. — Si UU semblable mal de tête apparaît dès le matin pu après avoir mangé, avec tristesse, somnolence, roideur, douleur à la nuque, parole embarrassée, traits décomposés, bouche oblique, membres engourdis, il faut faire appeler un médecin, et, en attendant son arrivée, donner Belladona à doses répétées [une cuillerée toutes les demi-heures], et s'il n'a pas soulagé au bout de 2 heures, Nux vomica ; en même temps on met les pieds dans l'eau très-chaude et des compresses froides sur le front (comp. avec Apoplexie).

Mal de tête causé par un coryza {Rhume de cerveau). — Dans ce cas, la douleur réside surtout au front, elle est pressive, brûlante, diminue le matin, augmente le soir, est accompagnée de larmoiement, éternument, chaleur sèche dans le nez, frissons, quelquefois toux légère. Il est bon alors d'aspirer de l'eau chaude et de boire un peu d'eau froide avant de se coucher ; puis on fait prendre Aconit si la douleur diminue au grand air et augmente en parlant.

S'il y a, au contraire, aggravation au grand air, en soutenant son attention, en lisant, sensation d'un poids et d'un tiraillement, et que le nez commence à couler, ou bien s'il cause de la démangeaison et semble bouché, il faut donner Cina.

S'il coule du nez des matières acres, brûlantes, avec enrouement, agitation, bourdonnements dans les oreilles,

battements dans le front, nausées, soulagement au grand air ou dans une chambre chauffée, Arsenic est indiqué; tandis que Cepa convient mieux quand il y a aggravation le soir dans l'appartement, amélioration au grand air, avec étincelles devant les yeux, plénitude et pesanteur de la tête, surtout de la partie postérieure. (Pour les autres médicaments, voyez les articles Catarrhe et Coryza.)

Mal de tête rhumatismal. — Il est caractérisé par des douleurs lancinantes et déchirantes, qui changent souvent de place, vont de la nuque à l'oreille et jusque dans les tempes; la tête est extérieurement sensible au toucher, la douleur augmente par le mouvement et en étant couché, vers le milieu de la nuit, et souvent alors une sueur abondante s'établit. De petites enflures paraissent sur des points divers, les vomissements arrivent el soulagent presque toujours. Les bains de pieds diminuent la douleur; les fumigations causent aussi un certain bien-être. En outre, la douleur s'affaiblit encore quand on se peigne.

Chamomilla est le meilleur médicament que l'on puisse opposer à ce mal de tête; quand elle n'a pas soulagé en quelques heures, que le malade est agacé, emporté, agité, qu'il change de place à chaque instant, Nux vomica est préférable; Belladona convient, au contraire, à ceux qui se tiennent tranquillement couchés, mais gémissent et pleurent sans cesse, surtout s'ils ne peuvent supporter le bruit et la lumière ; Pulsatilla est indiquée dans les cas analogues, surtout quand le sujet est frileux, pleureur et qu'il souffre de l'estomac.

Mal de tête goutteux {Céphalalgie arthritique) ; — elle se compose de douleurs perforantes et déchirantes, qui s'améliorent par la chaleur et quand le malade est parvenu à vomir. Il faut lui opposer Ipéca, et quand Ipecacuanha n'apporte que peu de soulagement, il faut prendre Ignatia, surtout si la douleur est plus vive à la racine du nez, ou

414 MALADIES LOCALISEES.

si elle est perçante, tiraillante, située profondément dans la tête, avec soulagement en se penchant ou en se couchant. Nux vomica, dans le cas où. la douleur lancinante siège suruncôtédelatôte,qu'elleaugmenteenplein air ou en se baissant. Colocynthis triomphera des douleurs rhumatismales les plus violentes lorsque les autres médicaments n'auront- rien fait ; quand la Coloquinte restera sans effet, le Café pur amènera souvent du soulagement. Pour les douleurs déchirantes qui n'occupent qu'un seul côté de la tête, l'accès revenant tous les huit jours, sulphur doit être prescrit s'il y a soulagement quand on est couché.

Pour le rhumatisme goutteux dans la tête, avec douleurs de tiraillements, de battements et sensation comme si le crâne devait éclater, agitation, soubresauts, nausées, renvois, efforts pour vomir, il faut donner Ipecacuanha, Nux vomica et Bryonia; et quand ces médicaments ne suffisent pas à guérir, la douleur revenant à chaque changement de temps, avec le caractère pressif ou perforant, et s'il y a des vomissements, Sepia est indiquée.

Mal de tête par suite de dérangements de l'estomac

et des entrailles. — S'il est produit par des aliments mal digérés, du Café pur et fort sera très-utile; si la cause est un dérangement d'estomac, donnez les remèdes recommandés contre ces dérangements; s'il y a constipation, les lavements d'eau chaude feront du bien.

On reconnaît cette espèce de mal de tête aux caractères suivants : la langue est chargée, il y a mauvais goût de la bouche, perte de l'appétit, nausées ou vomissements, venant avec la première période de la maladie et croissant avec la douleur ; tandis que, avec le mal de tête nerveux, les nausées et les vomissements apparaissent quelquefois à une période plus avancée, quand la douleur a atteint son apogée. Si le mal de tête est la cause des désordres de l'estomac, on donnera les médicaments indiqués contre le mal de tête ; si le mauvais état de l'estomac Bst la cause du

mal de tête, les médicaments indiqués contre les maux d'estomac.

Quand le mal de tête est l'effet de la constipation et qu'il y a afflux du sang vers le cerveau, Bryonia, Nux vomica, Opï um, sont le plus souvent utiles. Nu x vomica, si la marche et le mouvement provoquent des douleurs de tête, et que celles-ci se composent d'une sensation de pression aux tempes, sensation qu'on ne peut calmer ni en s'asseyant ni en se couchant; les yeux lourds, difficiles à tenir ouverts, sans envie de dormir cependant ; la tête lourde surtout en remuant les yeux; que, pendant un travail intellectuel, on sente comme si elle allait éclater; avec aggravation le matin, à l'air libre, après le repas ; surtout après avoir pris du café, ou bien si le café répugne ; Pulsatilla répond mieux à la douleur qui existe seulement sur un côté de la tête, avec faible congestion du cerveau ; mais avec frisson, absence de soif; surtout quand le malade est d'un caractère doux et tranquille, enclin à pleurer et à s'agiter. Bryonia, si l'on se sent la tête serrée des deux côtés ; si, lorsqu'on se penche, il semble que tout va sortir par le front; si l'on a, des saignements de nez, qui ne soulagent pas, et qu'il coule des yeux des larmes brûlantes. Il faut prescrire Bryonia, en la répétant toutes les 6 heures. Opium répond aux douleurs violentes, avec sensation de tiraillement, de déchirement, battements visibles des tempes, violente congestion, grande mobilité des yeux, soif ardente, sécheresse de la bouche, renvois aigres, envies de vomir, et même vomissements putrides et repoussants*; on peut le repéter toutes les 2 ou 3 heures.

Mercurius convient aux cas où Ton sent la tête comme pleine et prête à éclater, ou bien comme serrée par un bandeau, avec aggravation la nuit; douleur déchirante, brûlante, perforante, lancinante.

Ipecacuanha est indiqué quand les nausées commen-

416 MALADIES LOCALISEES.

cent en môme temps que la douleur, celle-ci se faisant sentir sur tous les points de la tête, môme jusqu'à la langue avec envies de vomir et vomissements.

Veralrum fera du bien si la persistance de la constipation occasionne une congestion à la tête, avec douleur semi-latérale composée de battements et de pression, d'une sensation de meurtrissure du cerveau, constriction de la gorge, douleur d'estomac, roideur douloureuse du cou, émission fréquente d'une urine pâle et claire, nausées et vomissements. Lycopodium et Sepia conviennent souvent après Veralrum.

Migraine. — On appelle ainsi une douleur de tôte semi-latérale accompagnée de nausées et de vomissements. Sanguinaria est le meilleur remède qu'on puisse opposer a cette maladie lorsque la douleur revient périodiquement, commençant le malin pour durer jusqu'au soir, avec plénitude de la tête, comme si elle allait se fendre ou comme si les yeux étaient tirés bors des orbites ; lorsque la tôte est traversée par une douleur lancinante, perçante, pulsative, plus vive sur le côté droit du front, accompagnée de frissons, nausées, vomissements, besoin de se coueber, aggravation par le mouvement. Belladona vient après, particulièrement si la douleur est plus vive du côté droit.

La Belladone répond aux symptômes suivants : sensibilité de la surface de la tôte, gonflement des veines de la tôte et des mains, bourdonnement dans les oreilles, obeurcissement de la vue. Ce médicament est encore indiqué quand les douleurs sont très-vives, s'étendant aux yeux et au nez, n'occupant qu'un seul côté de la tête, et accompagnées d'une douleur de pression, d'éclatement, de fluctuation, augmentée par le moindre mouvement, par l'éclat de la lumière, par le moindre son, par le bruit des pas, par la moindre secousse ; sensation de cabots dans la tète et dans le front à ebaque pas et en montant

les escaliers ; les douleurs revenant chaque après-midi et durant jusqu'à minuit, aggravées par la chaleur du lit et la position horizontale, surtout par un courant d'air, ou bien encore, lorsque les douleurs se réveillent en respirant fortement, deviennent aiguës, saisissant la moitié de la tête, sont quelquefois momentanément poignantes, assez profondes pour faire perdre connaissance. Aconit calme souvent alors les douleurs du côté gauche de la tête ; si, au bout de quelques heures, elles ne sont pas arrêtées , il faut prescrire Belladona , et la continuer de 6 à 12 heures; puis, s'il reste une sensation telle qu'il semble qu'il y ait de l'eau dans le cerveau, Platina est très-utile, surtout si le malade se plaint d'une sensation de froid dans les oreilles, les yeux, un côté du visage, le pourtour de la bouche, s'il a du tremblement, des éclairs devant les yeux, et quand tous les objets lui paraissent plus petits que la réalité. On revient ensuite à Bellad. ; puis à Mercurius, quand le soulagement n'est pas complet, la douleur s'étendant, au contraire, aux dénis et à la gorge, avec élancements dans les oreilles, douleurs siégeant surtout du côté gauche, augmentant la nuit et accompagnées alors de sueurs qui ne soulagent pas. Hepar convient souvent après Bellad., on Mercurius, quand les douleurs sont perforantes, comme celles que produirait une aiguille enfoncée dans le cerveau, venant toujours la nuit, le front semblaut sur le point de se déchirer, et des nodosités douloureuses paraissant sur la tête.

Apis convient quand la tête paraît pleine et trop grosse, avec pesanteur et pression, surtout en se levant après avoir été assis ou couché, avec aggravation constante dans une pièce chaude, soulagement lorsqu'on serre la tête entre les deux mains; si les yeux sont affectés; s'il va, la nuit,Jrisson au plus léger mouvement, chaleur brûlante de la face et des mains, urticaire avec secousses lancinantes et perforantes ; ou bien, disparition soudaine de

l'urticaire et sensibilité au loucher de toutes les parties du corps du malade. Dans ce cas, aucun autre médicament n'a une action plus efficace.

Dans les cas les plus tenaces, la douleur étant lancinante et perforante, siégeant sur l'œil droit, arrachant des cris au malade et se trouvant accompagnée de nausées, et de vomissements qui augmentent à la moindre secousse de la télé, et en marchant, Sepia est indiquée. Si la même douleur existe sur l'œil gauche, il faut donner Aconit, et quelques heures après Sulpkur ou Silicea.

Spigelia convient au cas où les douleurs sont trèsvives sur le côté gauche, avec battements insupportables des tempes, douleurs dans tout le côté gauche de la tête, quelquefois dans la face et dans les dents, s'aggravant à mesure que le soleil s'élève, ou bien en se penchant ou en marchant au grand air, avec grande sensibilité au moindre bruit; ce médicament est indiqué surtout quand l'haleine est très-fétide.

Les indications qui précèdent peuvent se résumer de la manière suivante :

Belladona. Migraine avec grande sensibilité à Faction de la lumière.

Spigelia. Migraine avec forte aggravation de la douleur au moindre bruit.

Sanguinaria. Migraine avec aggravation par le pas des personnes qui marchent dans la chambre du malade.

Sul[ritur ou Aconit. Migraine avec sensibilité à toute espèce d'odeur.

Sepia. Migraine, quel que soit le côté de la tête affecté, grande sensibilité au changement de temps et à l'air froid, aggravation par les impressions morales, surtout parla colère.

Mal de tète nerveux (névralgie). — Dans la céphalalgie nerveuse la tête est ordinairement froide, la face pâle,

il y a, au début, une abondante émission d'urine incolore ; le vomissement ne soulage pas, les douleurs viennent par accès, toujours de la même façon, occupant un seul côté; sont ou perforantes, comme si l'on enfonçait un clou dans certains points de la tête, n'occupent alors qu'une trèspetite place et s'aggravent par le toucber, se calment, en se couchant dans une pièce obscure. On peut prévenir les accès en faisant de fréquentes ablutions d'eau froide, des frictions sur la peau avec une brosse, et par l'usage des médicaments indiqués ci-dessous. Rien n'est plus défavorable à ce genre de céphalalgie que le Café , et quand même il soulagerait le malade pendant les crises, celui-ci doit s'en abstenir absolument.

Gomme médicament, Coffea soulage les douleurs déchirantes etpressives semi-latérales ; la douleur perforante que l'on peut comparer à celle que causerait un clou enfoncé dans un des côtés du cerveau, les douleurs de brisement, de déchirement, de broyement ; douleurs revenant à la plus légère occasion, à la suite d'une tension d'esprit, d'une contrariété, d'un refroidissement, d'un repas trop copieux, etc. Avec cela, dégoût pour le café auquel on est cependant habitué, douleur au moindre bruit, même par la musique ; douleurs qui deviennent intolérables, irritent le malade, le mettent hors de lui, le font pleurer, crier, s'agiter, craindre l'air froid ; frisson. Ce médicament doit être répété souvent [toutes les heures pendant le paroxysme], et suivi de Nux vomica, China, quelquefois d7gnatia et de Pulsatilla.

Aconit est efficace contre les douleurs très- violentes, pendant lesquelles le malade est étendu sans avoir conscience de lui-même, faisant des efforts pour vomir, pleurant, se lamentant, ayant peur de mourir, ne pouvant supporter le moindre mouvement ni le moindre bruit autour de lui ; pouls faible, petit, s'arrêtant par moments, douleur pulsative, lancinante, comme une crampe, au sommet du nez,

420 MALADIES LOCALISEES. „

aggravée par la lecture ou par la parole. Ce médicament soulage aussi les maux de têteprovenantde refroidissement, et accompagnés de coryza , bourdonnements dans les oreilles, colique, et aussi quand il existe un sentiment de ballottement, comme celui que causerait une boule remuant dans la tête et produisant une sensation d'air froid.

Ignatia soulage la douleur pressive au-dessus du nez, quand elle est calmée par l'action d'incliner la tête en avant, les douleurs pressives de dedans en dehors, lancinantes, tressaillantes, déchirantes au front comme si L'on enfonçait un clou qui pénétrerait profondément dans le cerveau, avec nausées, éblouissement de la vue, photophobie, face pâle, urine aqueuse et abondante; cessation momentanée des douleurs à chaque changement de position; puis retour des douleurs après les repas, la nuit après qu'on est couché, le matin une fois qu'on est levé ; le malade étant facile à s'effrayer, versatile ou taciturne etabattu. Ce médicament conviendrait encore, d'après G-oullon, quand les douleurs déterminent des mouvements convulsifs chez les femmes délicates.

Veratrum est souvent utile lorsque les cheveux deviennent très-sensibles et qu'il existe de la diarrhée, des douleurs assez violentespour faire perdre laraison, affaiblir et causer des syncopes, avec aggravation en se levant et en se mettant au lit, sueurs froides à ce moment, frissons et soif. Pour les autres symptômes, voyez Veratrum et l'article « Mal de tête provenant de constipation. » (p. 414).

Pulsatilla calme les douleurs déchirantes, qui augmentent le soir, les douleurs pulsatives et lancinantes qui, arrivent le matin après le lever ou le soir après le coucher, accompagnées de saccades, d'élancements, de déchirements dans les tempes; surtout les douleurs limitées à un seul côté de la tête, accompagnées d'étourdissements, de mal au cœur, de lourdeur de la tête, d'obscurcissement de

la vue, ou d'impossibilité de supporter la lumière, de bourdonnements ou d'élancements, de secousses, de tiraillements dans les oreilles ; le visage étant pâle et exprimant l'inquiétude, le malade n'ayant ni appétit ni soif, étant frileux, anxieux et se plaignant de saignements de nez fréquents et de palpitations. Tous ces symptômes indicateurs de Pulsatille s'aggravent lorsqu'on reste en repos ou assis, et s'améliorent au grand air; le mal de tète est soulagé par la compression faite avec les mains ou avec un bandeau. Ce médicament convient surtout aux personnes douces et flegmatiques.

Bryonia répond aux douleurs pressives et brûlantes dans la tête; et lorsqu'en se penebant, il semble que le cerveau va s'échapper par le front, avec aggravation par la marche ; ou aux tiraillements superficiels qui s'étendent au visage et aux tempes ; douleur pressive, perçante, déchirante, qui n'occupe que des places limitées. Il convient surtout aux personnes d'un caractère pétulent , irascible. Rhus rendra souvent de grands services après Bryonia.

Nux moschata, lorsque le cerveau semble vaciller quand on remue la tète; avec aggravation après chaque repas, surtout après le déjeuner, et avec assoupissement à ce moment; si l'on ne peut supporter aucune pression aux tempes; si la douleur va de droite à gauche, soulagée par la chaleur, aggravée parle froid, surtout par l'humidité. Ce médicament convient surtout aux malades sensibles et de caractère inconstant.

Nux vomica, comme nous l'avons indiqué plus baut, convient au mal de tête provenant de constipation ou d'abus du café; et encore lorsque la douleur est celle que produirait l'introduction d'un clou dans le cerveau, avec secousses et douleurs perforantes, avec nausées, vomissements aigres; élancements, douleur pressive d'un seul côté, prenant le matin de bonne heure, devenant de plus en

HÉniNG. — Mcd. hom. 2 4

4 22 MALADIES LOCALISEES.

plus vive jusqu'à ce que le malade soit sans connaissance ou presque en délire; ou bien lorsqu'on sent la tête comme fendue en deux, la face étant pâle et abattue, la tête lourde; bourdonnements, secousse douloureuse pendant la marcbe ; aggravation par le mouvement, même seulement des yeux, à Pair, le matin de bonne beure, après avoir mangé ou en se penchant; ou bien quand la tête est très-sensible extérieurement avec aggravation par le froid. . Chamomilla calme les douleurs de tête causées par un refroidissement, par l'abus du café, lorsque la douleur est déchirante, tiraillante, d'un seul côté, s'étendant jusqu'à la mâchoire, accompagnée de douleur aiguë, lancinante dans les tempes, pesanteur au-dessus du nez, battements très-pénibles ; surtout si une joue est rouge et l'autre pâle, ou bien quand la face tout entière est bouffie, que les yeux sont douloureux, et qu'on a avec cela mal à la gorge, sensation de froid dans la poitrine, ou un goût amer et putride de la bouche. Il convient surtout aux enfants, aux personnes nerveuses, qui ne peuvent supporter la moindre douleur.

China s'adresse aux sujets sensibles, lorsque la douleur est pressive et les empêche de dormir la nuit, qu'elles éprouvent des tiraillements dans les tempes comme si la tête allait éclater; douleur térébrante au sommet de la tête, sensation de meurtrissure au cerveau ; sensations de saccade, de déchirement, de fluctuation, d'éclatement; aggravation par la marche, par le moindre mouvement, lorsqu'on ferme les yeux ; soulagement lorsqu'on se couche ou lorsqu'on reste en repos, surtout quand le cuir chevelu est sensible au moindre attouchement. Ce médicament convient aux personnes chagrines, aux enfants entêtés, désobéissants, qui ont le teint ordinairement pâle, et par moment rouge et chaud ; lorsqu'ils deviennent bavards ou sont en mouvement toute la nuit. Il est souvent très-bon de faire suivre ce médicament par Coffea.

Antimonium crudum peut être donné contre le mal de

tête nerveux qui résulte d'un embarras gastrique, d'un refroidissement,'ou à la suite d'une éruption rentrée, causant des douleurs, surtout dans les os, avec sensation téçébrante ou déchirante dans les tempes et dans le front, soulagement au grand air, aggravation en montant les escaliers. Ce médicament va bien après Pulsatilla, lorsque l'embarras gastrique persiste ou lorsque le mal de tête entraîne la chute des cheveux.

Colocynthis est efficace contre les douleurs de tête les plus violentes : tiraillements, douleur pressive d'un seul côté ou sur le front; aggravation en se penchant ou en se couchant sur le dos ; crises revenant toutes les après-midi ou vers le soir, douleur occupant le côté gauche avec beaucoup d'agitation ; sueurs ayant l'odeur d'urine ; urines rares ou fétides; ou bien urine abondante et claire pendant les crises.

Capsicum calme les douleurs de tête extensives, éclatantes, la sensation de pression de dedans en dehors, avec aggravation par la marche et les mouvements de toute nature; douleur déchirante, lancinante pendant le repos; aggravation en remuant la tête ou les yeux, en se penchant ou à l'air froid. Ce médicament doit être surtout donné aux personnes phlegmatiques, apathiques, qui s'irritent facilement, ou aux enfants obstinés, difficiles à conduire, surtout s'ils sont frileux, craignent l'air et l'exercice, et que leur mal s'aggrave après avoir bu.

Si les médicaments ci-dessus indiqués n'ont pas d'effet, il faut choisir parmi les suivants, que l'on doit toujours donnera la dose cfe 2 ou 3 globules dissous dans 8 cuillerées d'eau, solution dont le malade prend une cuillerée toutes Jes 3 ou 4 heures.

Sulphur contre douleurs pulsatives, déchirantes, sensation de chaleur, surtout le matin et le soir; nausées avec aggravation au grand air, amélioration dans un endroit fermé; déchirements assourdissants, pressions; crises re-

venant tous les huit jours; perte des cheveux à la suite d'éruptions ^.cutanées, d'ulcères supprimés, de sueurs rentrées.

Arsenicum lorsque les mômes douleurs diminuent au grand air et s'aggravent dans un lieu fermé.

Silicea contre : douleur pulsative , avec chaleur et congestion à la tête; lorsque le mal est causé par l'exercice ou vient après avoir parlé ou s'être baissé; douleur nocturne allant du cou au sommet de la tète ; douleur déchirante toutes les matinées, tous les symptômes tendant à se porter au front et aux yeux; apparition de tumeurs sur la tête, chute des cheveux avec sensibilité du cuir chevelu, douleur s'étendant au nez et à la face, transpiration de la tête.

Calcarea convient, d'après Goullon, aux enfants et aux jeunes gens chez lesquels les douleurs de tête sont accompagnées de vertiges, et augmentent en se baissant au point d'obscurcir la vue. Il faut songer à ce médicament quand Belladona n'a pas réussi.

Sepia répond aux douleurs de tête élançantes, perforantes, battantes, se faisant sentir surtout aux tempes ou au milieu du front, et telles, que le moindre attouchement ne peut être supporté; ces douleurs forçant le malade à crier, lui amenant des nausées et des vomissements, le moindre mouvement étant insupportable et le patient ne trouvant un peu de diminution dans ses souffrances qu'en restant dans un repos absolu, dans l'obscurité et les yeux fermés. De cette manière, il s'endort parfois, ce qui le soulage, et la crise passe tout à fait quand le sommeil complet arrive.

Un mal de tête violent, accompagné d'une grande faiblesse, d'indifférence, d'abattement, doit faire redouter l'invasion d'une maladie grave, que l'on évitera en donnant de suite Veratrurn ou Arsenicum pour venir à Acid. phosph. ou Arnica, si les deux premiers médicaments ne répondent pas exactement au caractère des douleurs.

Haï de tête causé par la suppression <lu rhumatisme, de la goutte ou d'anciens ulcères. — H est Souvent dangereux et ne doit pas être négligé. Il faut donner d'abord les médicaments recommandés contre chacune de ces maladies, en les comparant à ceux que je viens d'indiquer pour les maux de tête.

Il n'y a pas de temps à perdre si, après une scarlatine, un érysipèle ou une miliaire rentrés, paraît un mal de tête qui fait graduellement perdre au malade la conscience de lui-même, ou bien lorsque ces symptômes apparaissent avec la fièvre et un rhume de cerveau, ou bien après la suppression d'un rhume de cerveau, ou bien encore par suite d'une dentition pénible chez les enfants.

Il faut prescrire alors Cuprum metallicum, 3e trituration, (quelques médecins disent 30e dilution) ; on dissout dans un verre plein d'eau ce que peut en contenir la pointe d'un canif, et on donne une cuillerée à dessert de cette solution aux adultes, une cuillerée à café aux enfants, tous les quarts d'heure ou toutes les demi-heures; si l'on obtient du soulagement, on éloigne les doses. Mais dans des cas aussi graves, il faut toujours se hâter d'appeler un médecin .

Quand le mal de tête est situé profondément dans les orbites, avec des élancements à travers le cerveau et faiblesse des yeux, il faut craindre une prochaine cécité; on donne alors Bdladona, puis Sulphui\ en attendant un médecin.

Lorsque le mal de tête revient toujours à la même place, profondément dans le cerveau, avec paralysie, fourmillement, spasmes du côté opposé du corps et autres symptômes, le malade a peu de chances de guérir, et il faut toujours laisser à un médecin le soin de le traiter.

Un mal de tête continuel chez les vieillards, accompagné d'émission de faibles quantités d'urine épaisse, trouble, fétide, est un fort mauvais signe. On doit faire boire à ces malades de l'eau à discrétion, leur recommander quelques frictions et les renvoyer à un médecin.

Pour la teigne et les éruptions de la face, voyez le chapitre concernant les Maladies de la peau, p. 380.

[Mode «l'administration des médicaments. — Il varie

suivant que l'on a affaire à un accès ou à un mal de tète permanent. Dans le premier cas, il ne faut pas craindre de donner une cuillerée toutes les 3 heures; dans le second, il suffit de faire prendre une cuillerée le matin et une le soir. Lorsque le mal de tête se lie à une autre maladie, ce qui arrive le plus souvent, le médicament doit être administré en raison du caractère de cette dernière.]

Chute des cheveux (l). — Lorsque les cheveux, après être tombés, repoussent immédiatement, il n'y a pas autre chose à faire que de les brosser et peigner souvent; mais s'ils repoussent en moins grande abondance qu'auparavant, il convient de les couper un peu une fois par mois, aux phases croissantes de la lune, dit-on. Il sera souvent utile, dans des cas semblables, de laver souvent la tête avec de l'eau froide, surtout le soir, et de l'envelopper d'un mouchoir. Si les cheveux sont trop secs, l'huile, la graisse, les pommades sont nuisibles ; il vaut beaucoup mieux se laver la lête une fois par semaine avec de bonne eau de savon ; si cela ne produit pas l'effet attendu, se servir une fois par semaine d'une décoction de son.

Lorsque les cheveux sont secs, couverts de dartres, plus ou moins adhérents, les décoctions légères de cendre de hêtre sont quelquefois efficaces ; on y plonge les dents d'un peigne fin ou une éponge, qu'on passe sur la tête, puis on lave à l'eau froide. Lorsque les cheveux sont friables, on peut les enduire d'un peu de graisse ou d'huile, la graisse d'ours est préférable, et les écourter tous les deux jours pendant la lune croissante. Lorsqu'on voit apparaître des places chauves, il est bon de les raser de temps en

(i) V. l'important ouvrage, sous le rapport pratique, Traité des maladies du cuir chevelu, par le docteur Cazenave, médecin de l'hôpital Saint-Louis. Paris, 1850, 1 vol. in-8, avec planches coloriées.

temps ainsi qu'une partie des cheveux environnants; si au bout de quinze jours on remarque que cela ne réussit pas, il faut frotter les places une fois par semaine avec Ja pommade indiquée plus bas. Si la calvitie vient à la suite d'une maladie grave, il suffit de laver la tête matin et soir avec de l'eau de source pure. Si la calvitie est héréditaire, toutes les tentatives pour conserver les cheveux sont la plupart du temps inutiles.

La pommade suivante est très-efficace contre une calvitie précoce : faites fondre par la chaleur de la moelle de bœuf, versez une goutte de teinture de cantharides dans une soucoupe et ajoutez-y graduellement la moelle de bœuf jusqu'à ce que la soucoupe soit pleine; remuez et battez le tout. Frottez de cette pommade les places chauves tous les deux ou trois soirs.

Si les cheveux tombent par suite de causes débilitantes, donnez China et ensuite Ferrum. China est encore efficace contre la transpiration gluante de la tète. Si les cheveux tombent à la suite de transpirations excessives, on donne Mercurius. Si le malade a pris de la Quinine ou de l'écorce de Quinquina, on donne Belladona; s'il a pris du Mercure, Hepar ou Carbo vegeiabilis ; s'il a éprouvé un chagrin, Staphysagria ou Acid. phosphoricum .

Après une maladie inflammatoire ou une fièvre nerveuse, Hepar, Calcarea, Silicea ouLycopodium sont utiles ; contre une céphalalgie chronique, de nature hystérique ou goutteuse, telle que le moindre couvre-chef cause une vive douleur, on donne Hepar ; contre une céphalalgie provenant d'une affection chronique de l'estomac ou des entrailles, Lycopodium, qui est aussi très-utile lorsque la céphalalgie est accompagnée de démangeaisons et de dartres.

Si aucun de ces remèdes nepeut empêcher lachute des cheveux, il fautprendre une goutte d'huile de laurierou d'huile -d'amandes amères, ou mieux encore d'huile d'amandes douces, et la mélanger graduellement avec deux cuillerées

à bouche de moelle de bœuf fondue par la chaleur. Mettez très-peu de cette pommade sur les doigts et passez-les dans les cheveux. Souvent les femmes deviennent chauves pour avoir laissé leurs cheveux détachés la nuit ou pour les avoir toujours tenus trop serrés; c'est à elles de prendre les précautions convenables.

[La chute des cheveux tient en général à l'existence d'une maladie chronique du cuir chevelu, maladie souvent difficile à guérir et pour laquelle l'intervention du médecin est indispensable. Les moyens indiqués par le Dr Héring sont bons seulement pour la calvitie qui arrive pendant la convalescence des maladies aiguës.]

Art. III. — Maladies des yeux.

§ I. — Remarques générales.

L'application de toute espèce de collyre, de baume ou de Uniment est un danger pour les yeux, par cela seul qu'ils contiennent des poisons actifs, de sorte que si, une fois par hasard, ils guérissent une ophthalmie, il leur arrive plus souvent de l'aggraver ou de faire naître une autre affection plus pénible que la première. Aussi, quiconque tient à conserver sa vue doit-il éviter ces remèdes dangereux ou pour le moins inutiles. Des médicaments pris à l'intérieur guériront généralement, surtout si les yeux n'ont pas été altérés par les remèdes appliqués tout d'abord.

L'eau froide est le meilleur topique qu'on puisse employer ; elle soulage souvent, lorsque les yeux sont douloureux, rouges, brûlants, et qu'il y a complication de toux ou de coryza. Elle est encore utile contre les affections chroniques des yeux, accompagnées d'une grande photophobie, aggravées par les moindres circonstances, surtout par l'exposition à un vent froid ou à l'humidité.

Les cataplasmes de mie de pain et d'eau sont souvent utiles. Si le malade ne peut supporter l'eau froide ou

qu'elle soit sans effet; si à la sensation de brûlure et de gravier dans les yeux avec photophobie, se joint une vive douleur avec sécrétion de larmes acres, il faut employer de préférence l'eau tiède, soit en y trempant des compresses, soit en faisant des cataplasmes de mie de pain ; il faut appliquer de nouvelles compresses chaque fois que la douleur devient plus vive.

A l'aide de la fronde oculaire {fig. 119), on peut fixer les

Fig. 119. — Frjnde oculaire déployée.

compresses et les cataplasmes, et les empêcher de se dé-

Fig. 120. — Fronde oculaire appliquée et nouée.

placer {fig. 120). Cette fronde se compose d'un bandeau

offrant à l'une de ses extrémités deux bandes, l'une presque verticale qui doit passer sur le sommet de la tête, l'autre horizontale qui entoure l'occiput : ces deux bandes sont réunies à leur extrémité sous un angle aigu et prolongées par un lien. A l'autre extrémité du bandeau est fixé un ruban qui vient se nouer avec celui qui prolonge les deux bandes.

L'huile d'olive peut être utile lorsque les paupières sont sèches et contractées spasmodiquement; dans les autres cas, elle est nuisible, surtout si elle n'est pas parfaitement fraîche.

Lorsque les yeux sont affectés d'érysipèle, dont le principal symptôme est une rougeur qui s'étend assez loin tout autour des orbites, il ne faut appliquer aucun liquide ; on emploie à leur place des, petits sacs remplis de son chauffé.

[Si l'on veut absolument faire usage d'un topique, il faut employer à l'extérieur le médicament que l'on administrait intérieurement.] Mais le traitement interne est toujours indispensable.

§ 2. — Maladies inflammatoires.

Inflammation des paupières. — Quelquefois les paupières sont rouges, enflammées et gonflées sans que le globe oculaire soit malade. Dans le cas de rougeur, enflure, chaleur sèche et brûlante des paupières, on donne Acorîit; si ce médicament ne soulage que momentanément, il faut le répéter. Si les paupières sont pâles, cernées, enflées et comme transparentes, tendues, brûlantes, avec sécrétion abondante de mucosités dont une partie passe par le nez, forte chaleur générale et agitation, Aconit est encore le premier médicament à donner ; s'il ne guérit pas complètement, Apis lui succédera. Ce médicament convient surtout dans le cas de gonflements œdô-

Page 1