ACCOUCHEMENT
Chamomilla répond aux vives tranchées qui se font sentir dans le ventre, aux reins des deux côtés, avec besoin d'aller à la selle et d'uriner; ces douleurs venant par crises comme celles de l'enfantement et se trouvant suivies, plus tard, de sang et de caillots.
Belladona convient quand les douleurs sont violentes, tensives et pressives, occupant tout le ventre, mais profondément, comme si certaines parties étaient contractées et d'autres distendues, ou bien quand il y a une sensation de pression comme si tous les organes du ventre allaient être expulsés, et douleurs dans les reins qui semblent sur le point de se briser.
Hyoscyamus fait cesser les douleurs crampoïdeset spasmodiques, surtout quand elles sont accompagnées de raideur de tout le corps, perte de connaissance, le sang qui s'écoule étant d'un rouge clair, et la perte augmentant après chaque crise de souffrance.
Ipéca, si les douleurs sont vives, mais sans perte de connaissance, qu'il existe des tranchées autour du nombril avec douleur pressive pendant que le sang coule et après. Platina et Cina réussissent souvent aussi en pareil cas.
Les femmes qui sont habituellement frileuses et dont la peau est ordinairement froide, se trouveront bien de prendre Nux moschata. Sepia préviendra souvent une fausse couche chez celles qui ont une exubérance de sang, et sont ce qu'on nomme pléthoriques.
§ 4. — Accouchement.
Douleurs infructueuses. — Coffea arrête les douleurs quand elles sont inutiles et ne portent pas, il faut donner une cuillerée toutes les demi-heures. Si ce médicament échoue ou si le soulagement qu'il procure ne se maintient pas, il faut prescrire Aconit ; Nux vomica quand la femme se plaint d'un besoin continuel d'aller à la selle, et Cha-
momilla dans les mômes circonstances, si Nux a échoué : enfin Belladona quand la camomille n'a pas produit de soulagement au bout d'une heure. Nux vomica fait aussi cesser les douleurs prématurées, c'est-à-dire celles qui se font sentir avant que le travail ne commence.
Lorsqu'au contraire, les douleurs sont trop faibles, il faut administrer Puhatilla, et Nux moschala quand elles sont irréguliôres, crampoïdes, faibles et cependant accompagnées d'un froid général avec fraîcheur et sécheresse de la peau. Viennent-elles à cesser tout à coup pour être remplacées par des symptômes cérébraux graves, par exemple : le tremblement des membres, un sommeil avec ronflement, il faut donner Opium. Mais il faut toujours se garder d'employer l'ergot de seigle à dose allopathique, ce médicament ayant souvent une influence fâcheuse sur la santé de la mère et sur celle de l'enfant. Si l'on croit ce médicament indiqué, il faut le donner à la 6e dilution, et on le verra presque toujours alors capable de déterminer rapidement l'accouchement.
Douleurs consécutives à l'accouchement. — Elles
sont le plus souvent l'effet des médicaments qu'on a donnés à trop fortes doses pendant le travail, ou bien lorsqu'on a voulu trop bâter la délivrance. On ne saurait trop le répéter : la grande vertu d'un accoucheur est de savoir attendre et de soutenir le courage de sa malade; car, pour éviter les suites graves d'un accouchement, il est important de ne pas brusquer les événements. Il vaut mieux attendre 6 et 12 heures pour avoir un accouchement naturel, que de le provoquer par des manœuvres intempestives, ce qui n'a lieu que trop souvent.
Tout s'étent bien passé, s'il arrive que les douleurs qui se font sentir après que la malade a été replacée dans son lit, soient modérées, il n'y a rien à donner; car ces douleurs sont nécessaires et indiquent que la matrice revient sur elle-même; mais si elles deviennent trop violentes, il