‹ Médecine homoeopathique domestique [electronic resource]Chapitre 123 sur 270 · BOURDONNEMENT D'OREILLES · texte numérisé non relu

BOURDONNEMENT D'OREILLES

En général, cette affection se complique d'écoulement, de dureté de l'ouïe et autres souffrances des oreilles ; quelquefois aussi, de maux de tète avec eongeslion de sang.

Dans de tels cas, on ne doit pas négliger de faire un traitement approprié.

Si le bourdonnement d'oreilles existe seul, qu'il soit récent à la suite d'un refroidissement, donnez nux vomica s'il y a aggravation le matin, — etpidsatilla si l'aggravation a lieu le soir.

Dulcamara si c'est la nuit,— mercurius, chez les personnes qui transpirent facilement, et chamomilla, chez celles qui ne peuvent pas transpirer; — china, dans le cas où le malade a abusé du mercure, qu'il est d'une sensibilité excessive, qu'il a eu des fièvres ou une maladie de foie, ou quand le bourdonnement a un caractère plus prononcé de sifflement, de tintement et de chant; — carbo vegetabilis, s'il est plus fort et donne comme un bruit de grondement, et que china n'ait pas eu un bon résultat. — Chez les vieillards, quand cette infirmité n'existe que d'un côté, que le sang se porte à la tête, et que, par conséquent, le bourdonnement paraît en dépendre, donnez arnica plusieurs lois à chaque aggravation.

S'il revient toujours et s'aggrave par le temps humide,

entre deux portes ouvertes, particulièrement en se mettant au lit, si l'ouïe est dure, si elle s'accompagne de douleurs au gosier , d'écoulement de larmes, et de douleur en urinant, donnez cepa. — Si cela dure, appelez un médecin.

Lorsque les oreilles sont sensibles au moindre bruit, donnez sulphur une fois, et plus tard aconitum plusieurs fois. Si cela ne réussit pas, carbo vegetabilis une fois, et plus tard coffea plusieurs fois.

Si cette maladie s'accompagne d'une grande sensibilité, par suite d'une exposition au vent, ou qu'à chaque pas que fait le malade, qu'à chaque mot qu'il dit, il entende un retentissement ou une espèce d'écho, ou s'il a fréquemment souffert de tiraillements dans les membres, donnez causticum deuxmatins de suite.etattendez quelquesjours ses effets-

DURETÉ DE l/OUÏE.

Cette affection provient souvent de l'obturation des oreilles par le cérumen qui s'est endurci. Qu'on ait donc le soin d'examiner avec soin ces organes, comme il a élé dit au chapitre « Introduction de corps étrangers dans l'organisme ; ■> et, dans ce but, il ne faudra pas négliger de placer le malade de manière à éclairer le fond de l'oreille par un grand jour; puis, on se servira avec précaution de l'instrument explorateur, qu'on portera dans son intérieur et jusqu'au point où il se déterminera un commencementde douleur. Si l'on découvre qu'il s'y est formé une sorte de tampon solide , qu'on en extraie ce que Ton pourra; et pour faciliter ce résultat, on fera de petites injections d'eau tiède, matin et soir, ou bien on laissera tomber dans l'oreille un peu d'eau qu'on y laissera quelques minutes. La graisse de volaille, fondue au bain-marie, peut, dans beaucoup de circonstances, être très-utile en en mettant quelques gouttes dans l'oreille ; ce qui n'empêchera pas d'employer les injections.

Si cette infirmité provient de la trop grande sécheresse de l'organe et du manque de sécrétion du cérumen indispensable à la fonction, donnez carbo vegetabilis ou lackesis , qui réussissent souvent. Le conduit sera humecté à

l'aide de la glycérine, qui sera introduite dans l'oreille soir sur un peu de coton.

Si elle est accompagnée de bruissement , de tintement, d'une sorte de chant, on la guérit quelquefois très-promptement par veratricm.

S'il y a de la suppuration, donnez les remèdes qui sont appropriés à cette complication ; ce sera surtout pulsatilla, mercurius, sulphur, calcarea et causticum. — Si elle est survenue après la rougeole, pulsatilla ou carbo vegctabi- Hs ■ — après la fièvre scarlatine, belladonna ou liepar; — après la petite vérole, mercurius ou sulphur.

S'il y a coïncidence avec coryza et mal de gorge , et amélioration en avalant, on se gargarisera avec de l'eau chaude ; si cela ne suffit pas, donnez chamomilla ou arsenicum, ou lachesis.

Si elle provient d'une affection rhumatismale, qui cesse sous l'influence du froid, pour se porter sur l'oreille, donnez les remèdes qui conviennent aux souffrances rhumatismales, bryonia, et plus tard dulcamara et sulphur.

Si elle est la suite de la suppression d'éruptions cutanées ou d'un ulcère, d'une suppuration artificielle, comme un cautère, administrez les remèdes qui sont appropriés à la circonstance , et principalement sulphur et antimonium crudum.

Si le malade est sujet aux hémorrhoïdes, on peut quelquefois donner avec succès nux vomica; si c'est la suite d'une fièvre nerveuse, arnica ou phosphoric. acid.

Si les amygdales sont enflées et occasionnent la dureté de l'ouïe, mercurius ou staphysagria.

Si celle infirmité est de nature chronique, tenez-vous à un régime convenable et buvez beaucoup d'eau. Si cela ne suffit pas, appelez un médecin homœopathe.

Si la dureté d'oreille vient à se compliquer d'autres souflVan ces, qu'on choisisse parmi les remèdes qui couvrent le mieux ces nouvelles souffrances ; nous indiquons d'abord vcratrum

album, staphysagria, arsenicum, hyoscyamus, et dans les cas les plus graves, silicea, calcarea.

Mais, avant tout, qu'on se garde bien d'avoir recours à des moyens externes. C'est une erreur grande que de croire que les oreilles sont plus endurantes que les yeux. Les oreilles sont au contraire beaucoup plus sensibles; seulement le mal ne vient pas si vile, et il guérit plus lentement et difficilement; quelquefois il ne guérit même pas du tout; tandis que les affections des yeux se guérissent plus facilement et se supportent avec plus de patience,

Ainsi, je le répète, qu'on se tienne en garde contre la pratique d'appliquer des agents externes, durs ou liquides ; dans quelques cas seulement, on peut se servir d'eau tiède à l'intérieur, et d'eau froide à l'extérieur (I).

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