DE LA NUTRITION ET DU RÉGIME. XCI
La boisson, dans le régime, est aussi à considérer. Quelques lignes peuvent suffire :
On sait déjà que l'eau est le meilleur des dissolvants des aliments soumis à l'action de l'estomac, au travail de la digestion ; elle devra donc être la première des boissons, sinon l'unique. Tant que cela se pourra, on devra lui donner la préférence sur les autres boissons, soit bière ou cidre, et même sur le vin. La première condition de l'eau, est d'être claire, fraîche et inodore. — Si elle n'est pas irréprochable, si la source où elle est puisée n'est pas pure, si on ne sait la purifier, il est bon alors de la mélanger avec quelques principes alcooliques ou acides, le vin avant tout. Comme elle est presque indispensable à l'élaboration digestive des aliments, il y a nécessité à la rendre potable et praticable.
Dans aucune circonstance l'eau n'est plus utile que dans ces laborieuses digestions qui suivent ces grands et longs repas, où l'on consomme tant de mets divers, tant de boissons alcooliques. Ces véritables empoisonnements raffinés, où la sensualité le dispute à la gloutonnerie, seront traités par les antidotes, et le meilleur de tous, c'est encore l'eau, l'eau sucrée : on y est porté d instinct. (Plus bas, page 30.)
Quoiqu'on dise de l'habitude, qu'elle est une seconde nature, nous n'admettons pas ici sans restriction cette façon de parler, qui est bien plutôt usitée pour couvrir ou pallier un penchant sensuel que pour être l'expression d'une sérieuse observation. Oui 1 habitude est une seconde nature tant qu'elle est prise en vue de satisfaire des besoins naturels; mais si elle tend à faire contracter des nécessités contraires à tout développement normal à toute aptitude qui n'est pas indiquée par une disposition organique quelconque, cette seconde nature,loin d'être favorable est nu.s.b le; elle agit en opposition à la régularité des activités vitales. Elle est une distraction permanente des forces, faite au
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