V. Globe vésical
1. Coupe de l'apon. ombilico-vésicale engainant les deux artères ombilicales. — 2. Jonction de la paroi postérieure de la loge (Apon. prostato-péritonéale). — 3. Bord supérieur de l'apon. prostato-péritonéale. 4. 5. Loge rectale (apon. latérorectale). — 6. Uretère. — 7. Jonction de l'apon. latéro-rectale, de l'ap. prostato-péritonéale et du repli soulevé par l'artère ombilicale. — 8. Repli aponévrotique soulevé par l'art, ombilicale, palmure antérieure de la gaine bypogastrique). —9. Artère ombilicale. — 15. 11. Bord inférieur de l'apon. ombilico-vésicale, (insertion sur le plancher périnéal). — 12. Face antérieure convexe de l'apon. ombilicovésicale. — 13. Face postérieure concave de l'apon. ombilico-vésicale. — 14. Ouraque. — 15. Artère ombilicale.
tuant un moyen de soutien puissant, aussi bien pour la vessie que pour l'utérus.
Loges vésicale et périvésicale. — Le péritoine et les aponévroses <[ue nous venons de décrire circonscrivent une cavité qui contient la vessie et quelques vaisseaux; c'est la loge vésicale. En dehors des aponévroses, entre elle et la paroi abdomino-pelvienne existe un autre espace qui entoure partiellement la vessie ; c'est la loge périvésicale.
Loge vésicale. — Cette loge est circonscrite par le péritoine en haut, les aponévroses en bas : en avant et sur les cotés, l'aponévrose ombilicovésicale, en arrière, l'aponévrose prostato-péritonéale chez l'homme, l'aponévrose vésico-vaginale chez la femme.
Le plancher de la loge, très étroit puisque les parois vont en convergeant en bas, correspond au segment urétral de la vessie ou base vraie : ce plancher est percé du gros orifice de l'urètre et serait pour le reste constitué par l'aponévrose pelvienne supérieure : le fait est à peu près exact chez la femme, mais pas chez l'homme, où la prostate s'applique directement sur la vessie.
Cette loge vésicale, mi-aponévrotique, mi-péritonéale, renferme, avec la vessie, les artères ombilicales et les très nombreux autres vaisseaux vésicaux (antérieurs, postérieurs, inférieurs). Tous ces organes sont entourés par un tissu cellulaire lâche, peu abondant, qui peut s'indurer et s'épaissir dans certains cas pathologiques de péri cystite.
Remarquons également que la loge vésicale se prolonge, en avant et en haut, le long de l'ouraque et des cordons ombilicaux jusque près de l'ombilic. Ce prolongement, plus ou moins virtuel, constitue un divertirule susvésical de cette loge, vestige de la loge vésicale embryonnaire, ou loge allantoïdienne, allant de l'ombilic à l'intestin caudal.
La loge périvésicale, ou mieux paravésicale, se compose de deux segments bien différents : un segment antéro-latéral, renfermant un tissu graisseux abondant, — c'est la cavité de Retzius, — et un segment postérieur, rétrovésical, interposé à la l'ace postéro-inférieure de la vessie et le rectum. L'espace postérieur, peu développé, s'étend du cul-desac du péritoine à la base de la prostate : on trouve là les vésicules séminales, divergentes en haut et en dehors, et les canaux déférents qui longent leur bord interne (fig. 212). Ces organes sont séparés de h vessie par un lissu cellulaire lâche, qu'on peut décoller facilement jusqu'au niveau de la prostate. Cel espace graisseux rétrovésical esi importa ni à connaître par les indurations Inflammatoires el les suppurations qui peuvent s'y développer. Chez la femme, où l'adhérence de la l'ace postérieure de la vessie avec le col utérin et le vagin est plus intime, cet espace rétrovésical est encore moins développé : il est représenté par le lissu cellulaire lâche que Ton rencontre à la partie
supérieure, entre l'isthme utérin et la vessie, sur une hauteur de 2 centimètres, et dans lequel rampent les petites branches antérieures de l'utérine et leurs veines.
Le segment antérieur, ou espace prévésical, a été étudié, pour la première fois, par Retzius, en 1856, mais il est aujourd'hui compris d'une manière différente que par l'anatomiste suédois. Nous considérerons, sous ce nom classique, la loge celluleuse placée au devant delà vessie, et que l'opérateur rencontre, lorsqu'il aborde celle-ci par la paroi abdominale.
La coupe transversale demi-schématique (fig.c21l) permet bien d'en saisir les différents détails. On voit que la cavité de Retzius est autant latéro que prévésicale, revêtant, en son ensemble, la l'orme d'un fer à cheval, dont la concavité regarde en arrière, embrassant la vessie. 12 Quelques auteurs ont bien décrit une mince cloison séparant la partie antérieure de la partie latérale, cloison qui serait une expansion transversale de l'aponévrose ombilico- prévésicale ; si cette cloison existe, elle est bien faible et inconstante. Néanmoins, pour la commodité de la description, nous étudierons séparément le segment antérieur prévésical, et les deux segments latéraux, appelés encore recessus latéraux de la cavité de Retzius.
A) La partie antérieure ou médiane est limitée en arrière, nous l'avons déjà vu, par l'aponévrose ombilico-vésicale qui double la vessie et que nous avons longuement étudiée. En
avant, sa paroi est formée, dans ses deux tiers inférieurs, par le pubis (face postérieure de la surface angulaire), dans soutiers supérieur, par les muscles droits doublés du fascia transversalis. Les muscles droits venant se, terminer au pubis, non sur son bord supérieur, mais très bas, sur sa Lice antérieure; d'autre part, le fascia Iransversalis
Fig. 210. — Construction schématique de la loge de la vessie. Vue postérieure.
La vessie est figurée en pointillé.
1. Emplacement de la vessie. — 2. Contour latéial du globe vésical. — 3. Bord supérieur de l'apon. ombilico-vésicale. — -i. Jonction des apon. ombilico-vésicale, prostato-péritonéale et latéro-rectale.
— 5. Contour intérieur du globe vésical. — 6. Aponévrose latéro-reciale. — 7. Aponévrose prostatopéritonéale. — 8. Uretère. — 9. Repli soulevé par l'artère ombilicale (gaine bypogastrique). — 10. Artère ombilicale. — 11. Bord inférieur de l'apon. ombilico-vésicale (insertion sur le plancher pelvien).
— 12. Face postérieure concave de l'apon. ombilicovésicale. — 13. Contour supérieur du globe vésical.
— 14. Bord externe de l'apon. ombilico-vésical, engainant l'artère ombilicale. — 15. Ouraque. — 16. Artère ombilicale. — 17. Coupe de l'aponévrose ombilico-vésicale.
s'implantant sur la face postérieure, pubienne, de l'os, muscle et aponévrose créent en s'écartant un espace triangulaire, à base pubienne, à sommet remontant à 4 ou 5 centimètres (fi g. 213). Leusserl'a Le premier décrit sous le nom de cavum suprapubicus, et Charpy l'appelle espace rétromusculaire. Sur la ligne médiane, sa paroi postérieure est ren-
Fig. 211. — Espace périvésical. (Demi-schématique.)