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IV. — Nerfs du rein

Pappenheim a montré le premier que des filets nerveux pénètrent autour des artères dans le sinus et dans le parenchyme; il a pu les suivre jusqu'aux artères de ()""", 05 de diamètre. Kolliker les a retrouvés sur les artères interlobulaires, et enfin Retzius a vu, par la méthode de Golgi, leurs terminaisons dans la paroi de ces artères et dans le glomérule, autour duquel ils forment un réseau. Azoulan a pu suivre les terminaisons jusque dans le glomérule, sous la capsule deBowmann, et, récemment, M. d'Evaul les a de nouveau décrites.

En revanche, les terminaisons autour des canalicules sont inoins bien connues. Kolliker, Retzius, ont bien vu des filets nerveux entre les tubes. Disse les a \us et figurés dans l'écorce ; d'après lui, ils se delà-

ETUDE TOPOGRAPHIQUE DU PEDICULE RENAL. 59

client des réseaux péri-artériels, mais il n'a pu discerner s'ils pénétraient dans l'épithélium. Smirnow est allé plus loin et a décrit les terminaisons entre les cellules.

Dans la moelle, on trouve également deux sortes de filets nerveux qui semblent descendre de l'écorce, les uns autour des vaisseaux, les autres autour des tubes collecteurs.

Tous ces nerfs proviennent du plexus cœliaque.

Étude topographique du pédicule rénal. — Les reins, logés, de chaque côté, dans les fosses lombaires, sont rattachés aux gros vaisseaux par un pédicule vasculaire, qui s'étend de ces vaisseaux au bile du rein et dont les éléments s'écartent alors pour passer les uns devant, les autres derrière le bassinet et pénétrer dans le sinus.

Ce pédicule comprend l'artère, la veine, les lymphatiques et les nerfs du rein, le tout engainé dans une masse de tissu adipeux.

Considéré dans son ensemble, le pédicule a une longueur qui varie suivant les sujets : c'est ainsi que dans les reins abaissés, et surtout dans les reins à lobulation fœtale, le pédicule peut être très allongé et varier presque du simple au double.

Mais de toute façon le pédicule droit est plus court que le gauche : en effet, le bord interne du rein droit est beaucoup plus près de la veine cave que le rein gauche ne l'est de l'aorte. Aussi le rein gauche est, d'une façon générale, plus facile à amener au dehors que le rein droit.

En moyenne, la longueur du pédicule est de T> à 4 centimètres ; il peut s'allonger, et lorsqu'on tire le rein hors de sa loge pour l'extérioriser, on gagne facilement 3, 4 centimètres et souvent davantage. Cela résulte de plusieurs facteurs.

D'abord, quand le rein est fixé dans sa loge fibreuse, le pédicule est bien maintenu, à l'état normal, par cette loge fibreuse et par la graisse ; les mouvements respiratoires auxquels obéit le rein montrent que le pédicule peut s'allonger et se raccourcir dans une certaine limite, qu'on peut dire physiologique.

Quand on a rompu la loge fibreuse et dégagé le rein de sa graisse, on gagne déjà, sans exercer aucune traction, 1, c2 centimètres et plus : si on tire alors sur le rein, on voit entrer en jeu, d'une part, l'élasticité des artères; d'autre part, la mobilité de la veine cave ou mieux sa plasticité. En effet, l'aorte bien fixée (piliers du diaphragme, plexus solaire) ne bouge pour ainsi dire pas; mais les artères rénales, bien qu'appartenant au type musculaire, jouissent d'une assez grande élasticité : elles se laissent étirer. Au contraire, les veines ne s'allongent guère, mais la veine cave inférieure se laisse déformer; ce n'est pas qu'elle change beaucoup de place, car elle aussi est bien fixée, elle se laisse déformer, s'aplatit et s'incurve du côté où s'exerce la traction. En

général, on arrive à gagner 5 on 4 centimètres et souvent bien davantage.

Enfin, ajoutons que le pédicule est souvent oblique en bas et en dehors ;si l'on saisit le rein et qu'on le relève de telle sorte que le pédicule devienne horizontal, c'est encore quelques centimètres de gagnés : ainsi en est-il dans le rein flottant.

Les recherches que nous avons commencées à ce sujet ne nous permettent pas encore de donner des chiffres plus précis; nous y reviendrons dans un autre travail.

Tin autre point qui n'est même pas indiqué dans les traités d'anatomie, c'est la hauteur du pédicule : elle est extrêmement variable. Il y a des pédicules étroits ou bas et des pédicules larges ou hauts. Cela dépend à la fois de la largeur du bile et de la précocité de division des vaisseaux. Si le hile est étroit et si les vaisseaux ne se bifurquent qu'au ras du rein, le pédicule peut être très grêle, ne dépassant pas 2 centimètres ; au contraire, dans les reins allongés à large hile, avec vaisseaux prématurément bifurques, le pédicule est large : entre le vaisseau le plus élevé et le plus bas, il peut y avoir 5, 6 centimètres de distance et même davantage. Mais on peut voir un pédicule large avec un bile étroit; seulement, dans ce cas, un certain nombre des branches vasculaires pénètrent dans le rein en dehors du hile.

Nous ne reviendrons point sur les rapports du pédicule vasculaire avec les organes voisins, déjà étudiés dans les rapports d'ensemble du rein. Mais ce qu'il nous faut préciser, ce sont les rapports réciproques des éléments du pédicule, c'est-à-dire de l'artère et de la veine.

Il était classique de décrire la veine antérieure à l'artère. Nous avons montré que Winslow avait pourtant indiqué l'autre disposition, r'eslà-dire l'artère passant devant la veine avant d'arriver au hile. Grieg Smith décrit de nouveau ces rapports, qui sont aussi étudiés par Wiarl et par Gérard.

Des recherches personnelles auxquelles nous nous sommes livrés, nous pouvons tirer les conclusions suivantes :

A l'origine el jusqu'à sa bifurcation, l'artère est en arrière de la veine; en se rapprochant du bile, les branches de l'artère rénale, sauf la rétro-pyélique, qui esl toujours postérieure, présentent des rapports variés avec les veines.

Sur 57 cas examinés à ce point de vue, les veines étaient entièrement devant les artères dans 20 cas (disposition classique); elles étaient derrière les artères dans 16 cas seulement. Enfin, dans 8 cas, il y avait une disposition complexe, c'est-à-dire une ou deux branches devanl le- veines el une ou deux derrière.

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