I. — PRÉPARATION DES MALADES A L'OPÉRATION
Les opérations rénales sont pratiquées sur un organe déjà malade dont le fonctionnement régulier a une importance capitale. Presque toujours, avant l'opération, le rein fonctionnait déjà moins bien qu'à l'état normal : à la suite du traumatisme opératoire, il va se trouver, temporairement, dans des conditions d'infériorité plus grandes. Simultanément, par action réflexe, le rein du coté opposé subira le contrecoup de l'opération et modifiera sa fonction dans des proportions variables, suivant qu'il est lui-même sain ou altéré. Ces modifications des fonctions rénales se trouvent sous la dépendance de causes variées : le traumatisme direct; les tiraillements des plexus nerveux; les modifications que subit le délicat épithélium des tubuli par la compression temporaire des vaisseaux. A toutes ces causes, s'ajoute encore l'action des anesthésiques employés.
L'importance de l'appareil rénal dans l'ensemble des phénomènes de la vie explique le retentissement sur l'économie entière des opérations rénales : le trouble apporté à la fonction rénale se fait sentir dans tous les grands appareils, et inversement, toute modification préalable du système nerveux, des appareils cardio-vasculaire, digestif ou pulmonaire, aussi bien que les troubles généraux de la nutrition, aura une influence directe sur le rein.
Le chirurgien doit tenir compte de la complexité extrême de tous ces phénomènes et se rendre bien compte que toute opération sur les reins présente une réelle importance. II doit savoir, avant d'intervenir, qu'il ne lui suffit pas de bien connaître l'état des reins, qu'il doit étudier le malade et le préparer dans son ensemble à l'opération. Voici, au point de vue opératoire, les points de capitale importance.
Nutrition générale. — Deux catégories de malades doivenl surtout appeler notre attention, les arthritiques obèses et les grands infectés.
Les malades très obèses présentent, au point de vue local, de mau-
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vaises conditions opératoires, parce que l'épaisseur de la paroi abdominale, et surtout celle souvent énorme de l'atmosphère graisseuse périrénale, gênent les manœuvres. D'autre part, après l'opération, le cœur de ces malades fonctionne mal, ainsi que leurs voies digestives; souvent encore, ils sont sujets à des congestions pulmonaires.
Lorsque les circonstances le permettent, par exemple chez certains calculeux aseptiques, on essayera de modifier l'état général de ces malades; le régime sévère, d'où seront exclus les graisses, les féculents, le sucre, etc., autant que possible l'exercice régulier, pourront parfois rendre de grands services.
L'infection générale a une influence, sur le résultat des opérations rénales, qui se comprend sans qu'il soit besoin d'insister. Le chirurgien devra surtout étudier son malade pour se rendre compte du rôle du rein malade dans les phénomènes infectieux, pour essayer ou non de les modifier avant d'intervenir. C'est ainsi que chez un malade profondément infecté, porteur d'une collection suppurée du rein, les phénomènes infectieux ne guériront que par l'incision ou l'extirpation hardie du rein, pratiquée au moment môme où les phénomènes généraux sont les plus graves. On gagnera, au contraire, à ne pas intervenir de suite pour une affection rénale, lorsque les phénomènes infectieux paraissent être surtout sous la dépendance d'une autre lésion de l'organisme : c'est ainsi par exemple qu'il ne faut pas se hâter d'intervenir dans certaines pyélo-néphrites des jeunes accouchées; des soins préalables bien compris pourront, soit éviter l'intervention, soit la rendre moins dangereuse et plus efficace.
Voies digestives. — Une attention particulière doit être apportée à l'examen des voies digestives, tout particulièrement à l'état de l'intestin. Chez certains malades, notamment en cas de rein mobile, les troubles digestifs que le malade présente sont sous la dépendance de la maladie du rein et ne pourront être modifiés que par l'opération ellemême; chez d'autres, les fonctions digestives seront au contraire troublées par l'acte opératoire.
Certains malades nerveux, 1res impressionables, présentent après l'opération des vomissements prolongés; d'autres ont du hoquet qui persiste parfois avec une ténacité incroyable. Lorsque des opérations antérieures sur le même malade auront éveillé l'attention du chirurgien sur ce point, il pourra essayer d'apaiser le système nerveux du malade, avant l'opération, par l'emploi des antispasmodiques tels que la valériane ou encore par le bromure (h; potassium. Pour opérer, il pourra essayer un anesthésique différent de celui qui a déjà élé employé. Après l'opération, il pdurra faire administrer des lavements de valériane on d'asa fœtida, appliquer des révulsifs sur l'estomac, pratiquer
le lavage de ce \isrère, connue je l'ai l'ait avec succès.