‹ Médecine pratiqueChapitre 16 sur 63 · MÉDEGINE · texte numérisé non relu

MÉDEGINE

et méme des vomissemens, Cette secousse ne peut nullement étre nuisible aux hydropiques , excepté dans l'hydrocéphale et dans lhydrothorax (1).

(1) Hildenbrand recommande de donner la scille à grande dose dans l'hydropisie , jusqu'à produire des nausées. Plusieurs auteurs ne sont pas d'accord avec lui sur ce point. Je crois que quand les voies gastriques ne sont pas irritées chez les hydropiques , ils peuvent supporter la scille à des doses trés-fortes , sans éprouver ni nausées, ni vomissemens. Il semble alors que les viscéres baignés par l'eau sont dans un état d'insengibilité. Voici un cas de ce genre assez remarquable. Une femme, âgée de 67 ans, fut atteinte d'anasarque et d'ascite , à la suite d'un érysipèle intense de la face et des bras. Le ventre acquit en peu de temps un volume énorme ; les extrémités étaient tellement tuméfiées , que la malade ne pouvait plus marcher. Dans ce triste état, je lui donnai d'abord l'oxymel scillitique à la dose d'une once par jour ; mais voyant qu'elie le.supportait trés-bien , et qu'il ne produisait pas d'effet, je parvins peu à peu à lui administrer tous les jours six onces d'oxymel seilhtique , et une once d'acétate de potasse dans une demi-pinte d'infusion de baies de ceniévre. Une dose si forte de ces médicamens n'incommodait nullement la malade : elle n'éprouvait n1 nausées , ni évacuations alvines; mais au bout de trois Jours , les urines coulérent en telle abondance , que cette femme fut entièrement délivrée de son hydropisie en quatre jours. Cette guérison est bien extraordinaire : tout semblait présager une issue funeste. Si les voies gastriques avaient été irritées , il aurait sans doute fallu employer un trai-

ll ne faut cependant pas en venir jusqu'à produire des vomissemens continuels et affaiblissans ; on doit alors cesser le remède pendaut quelque temps, et ensuite le reprendre.

Quand la scille, méme à faible dose, cause de la cardialgie, et n'augmezte pas les urines, il faut lui joindre un peu de sel de tartre sou de campüre, ou quelqu'autre médicament nervin. |

tement différeñt. Cette femme a joui ensuite d’une trèsbonne santé pendant quatre ans ; mais elle a été atteinte de nouveau d'hydropisie au mois de décembre dernier: elle a négligé plusieurs mois son mal. L'oxymel scillitique employé cette fois à faible dose, a produit la diarrhée. J'ai été obligé de le suspendre, et d'employer les mucilagineux. Les frictions de digitale avec quelques grains de scille en poudre intérieurement , semblaient produire du soulagement , quand tout-à-coup la malade est tombée dans un état extrême de prostration , sans aucune accélération du pouls , ni douleur locale; le corps s'est couvert de taches livides , et la mort est arrivée très-promptement,.

L'hydropisie guérit quelquefois par les moyens les plus bizarres. Un homme atteint d'ascite, dit Vacca Berlinghieri ( Filosofia della Medecina , Pisa 1801) , ayant ‘employé en vain toutes les méthodes de traitement, ne voulait pas absolument avoir recours à la ponction qu'on lui conseillait. Un jour, désespéré , il prit une trés-grande dose de laudanum ; il s’endormit ensuite ; et, à son réveil, il éprouva un écoulement si abondant d'urines, qu'il fut guéri radicalement en peu de jours. (Note du traducteur)

LA chaleur continua à être très-sèche : il n'y eut ni pluies, ni tonnerre. Les nuits furent trés-chaudes.

La plus grande élévation du thermométre fut de 27 d. le 8, le 9, le 10, le 14et le 26; la moindre fut de 15 d. le 16.

La plus grande élévation du baromètre fut de 28 p. 6 l. ?/, le 6 et le 7. Son plus grand abaissement fut de 28 p. 3 l. :/, le 14.

La plus grande variation subite du thermo-

mètre fut de 7 d. ‘}, d'abaissement du 14 au 15.

Le barométre n'eut pas de variation subite.

Les vents furent rares. Le sud-ouest et le nord-ouest furent les plus fréquens.

Maladies épidémiques.

L'ÉPIDÉMIE bilieuse fut alors dans sa plus grande force, soit dans notre hópital, soit dans la ville. On ne voyait par-tout que des fièvres bilieuses continues ; cependant elles avaient encore souvent des redoublemens avec le type tierce.

Ces fiévres étaient-elles plutót des inter mi tentes subcontinues, avec caractère bilieux?

PRATIQUE. 175 Elles se changeaient aisément en intermittentes vraies. Combien l'empire des fiévres intermittentes est étonnant | |

On vit dans ce mois de fréquentes maladies du foie ; elles n'étaient pas inflammatoires , mais elles s'accompagnaient cependant dirriialion : elles provenaient ou de l'engorgement du foie et de la géne des parties voisines , ou de la polycholie, ou d'une anxiété épigastrique, ou enfin de la sécrétion de la bile devenue trop àcre ou trop abondante.

On peut difficilement concevoir l'existence de la fiévre bilieuse , sans irritation du foie: et ceux qui regardent l'abondance ou l'àcreté de la bile comme la cause première de cette fièvre, sont dans l'erreur. Cette cause première consiste probablement dans une irritalion ou une affection du foie.

La méthode ordinaire anti bilieuse nous réussit dans presque tous les cas. Nous donnions d'abord l'émétique, ensuite les résolutifs eccoprotiques et les acidules. |

Comme on approchait de lautomne, les fièvres intermittentes demandaient l'usage du quinquina. Nous n'avions que des fièvres tierces simples, et pas une seule quarte.

Dans un cas cependant de fièvre bilieuse modérée et très-simple, il survint une malignité

particulière. La cause en fut inconnue ; comme le mot malignité l'exprime assez. Les selles étaient modérées, la fièvre n'était pas forte ; bien plus, les symptômes commençaient à diminuer, quand tout-à-coup, sans causes connues, les forces vitales tombérent, les extrémités devinrent froides, la face hippocratique, le pouls trés-faible. La mort arriva subitement le jour suivant.

Quelle est en général la cause de la malignité fébrile ? Ne serait-ce pas peut-être la violence des exacerbations qui deviennent subintrantes, qui cause cette malignité mortelle dans les fiévres continues? Les redoublemens anticipant toujours les uns sur les autres, un troisième peut arriver avant la cessation du premier; et avec un concours pareil de redoublemens, il n'est pas étonnant que la vitalité soit détruite. |

Je sais bien qu'il y a d'autres causes de l'a- ‘battement des forces dans cet état de malignité ; je crois qu'il est inutile de les rechercher et de les expliquer, tant qu'on n'aura pas des connaissances physiologiques et pathologiques plus exactes sur les forces et les actions vitales.

Cependant, je pense qu'il serait utile de rechercher attentivement quelle peut être Finfluence de la chaleur sur la production des

PRATIQUE, 179 fièvres malignes, dans cette saison de l’année où elles sont les plus fréquentes.

Nous eûmes deux malades atteints de dysenterie bilieuse. La maladie du premier avait été négligée, quand il entra dans notre clinique. Il succomba avec des symptómes de gangréne intestinale , tels que nous n'osàmes pas ouvrir son cadavre.

L'état du foie nous parait parliculier et étonnant dans quelques dysenteries.

Dans la dysenterie bilieuse , une bile plus copieuse et plus âcre est sécrétée par le foie ; elle se répand dans les intestins ; son abondance cause le flux dysentérique, et son ácrimonie les ténesmes. Bien plus, dans l'autre espèce de dysenterie, où les déjections alvines sont sanglantes, ce sangdysentérique peut aussi provenir du foie, et en provient réellement dans certains cas.

Ce qu'on a dit de l'absence du mucus intestinal comme cause de la dysenterie , n'est ni clair, ni prouvé par lesouvertures cadavériques, de manière à mériter une grande confiance. Ou bien, ce sang dysentérique provient d'une sécrétion morbide particulière des artères intestinales ; ou bien encore, il est possible qu'il soit fourni par les viscères qui se déchargent dans les intestins, qui peuvent être atteints d'un semblable vice de sécrétion,

Le flux cœliaque sanglant, avec ou sans iénesme, pourra donc s'observer dans la dysenterie. Les intestins, qui sont si souvent affectés primiüvement dans cette maladie, pourront donc aussi l'être secondairement , et l'origine du mal-être dans le foie, ce qui mérite une grande attention. Car les secours de l'art devront être aussi dirigés sur d'autres viscères, en même temps que sur les intestins.

Les réflexions de H. Lichtenstein sur ce sujet, insérées dans le journal d'Hufeland, me plaisent beaucoup. Je ne voudrais cependant pas employer, comme lui, le calomel dans tous les cas de cette maladie.

Nous eûmes aussi, dans ce mois, deux malades atteints du typhus, qu'ils avaient contracté hors de notre hôpital. |

Maladies sporadiques.

Parmi les maladies sporadiques, nous observàmes une diarrhée chronique , une colique herniaire , et quelques autres affections qui ne méritent pas une description particulière.

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