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CONSIDÉRATIONS SUR LES MALADIES ÉPIDÉMIQUES , ANNUELLES

Lzs fièvres sont les plus fréquentes des maladies épidémiques qui dépendent des qualités de l'atmosphére nuisibles à l'homme. Rarement

(1) Dans ce Chapitre, et dans Le Chapitre IV de la 2.9 Partie, Hildenbrand a développé avec beaucoup de talent la doctrine des epidémies; il a cherché à répandre quelques lumières sur un sujet qui a été l'objet de bien des coBitroverses. Ses opinions sont souvent d'accord avec celles du docteur ScuvvRRER, dans son ouvrage intitulé : Matériaux pour servir à une doctrine générale des épidémies et des contagions , dont MM, Gasc et BRESLAU ont

238 MÉDECINE d'autres maladies, de la classe des cachexies où des névroses, tirent leur origiue des seules qualités nuisibles de l'air. Le scorbut Iui-méme n'est pas épidémique.

Parmi les fiévres épidémiques les plus fréquentes , on remarque celles qui sont inhérentes à certains temps de l'année , qui dépendent des changemens périodiques de latnosphére et des saisons, et qu'on appelle, à cause de cela , à juste titre annuelles. Elles arrivent et disparaissent comme certains oiseaux , à des époques déterminées de l'année , comme l'avait déjà observé Sydenham. Leur commencement et leur durée ont des périodes fixes dans tous les climats, et sont déterminés par l’époque des équinoxes et des solstices, ou, pour mieux dire, des quatre saisons de l'année.

Les fiévres épidémiques intercurrentes , qui troublent pour ainsi dire cet ordre, et qui pa-

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publié une bonne traduction française en 1815. Ces deux auteurs diffèrent cependant aussi sur quelques points. Ainsi, Hildenbrand veut absolument que l’on sépare les maladies contagieuses des épidémies: Schnurrer veut au contraire qu'on les réunisse. Les raisons que donne Hildenbrand paraissent les meilleures. En confondünt ainsi | les maladies épidémiques et contagieuses, on a répandu la plus grande obscurité sur la doctrine des épidémies. ( Note du Traducteur.)

raissent dans des temps incertains, sont beau- coup plus rares. Elles ont aussi moins de puissance , et sont plutôt subordonnées aux fièvres épidémiques annuélles. Quand elles proviennent des qualités de l'air ( car elles peuvent aussi provenir d'autres causes ), elles ne dépendent jamais de la saison de l'année, qui est constante, mais plutôt de la température de l'atmosphère, qui est variable et inconstante. |

Je ne range cependant pas comme d'autres médecins, parmi les maladies intercurrentes , les fiévres contagieuses, comme la variole , la rougeole, la scarlatine, etc. qui ne. sont nullemeut épidémiques , et peuvent arriver dans tous les temps de l'année; parce que leur cause existe toujours plus ou moins répandue. Elles proviennent d'un miasme contagieux particulier, et nullement de l'état de l'atmosphère : elles ne sont cependant pas entièrement libres de la dépendance des épidémies.

Ces fièvres contagieuses, ainsi que plusieurs autres affections morbides, sont sur-tout sous la dépendance des épidémies annuelles, dont l'empire sur les autres maladies est certainement trés-grand. Nous parlerons ailleurs de l'épidémie stationnaire.

Je vais maintenant faire des recherches sur quelques attributs de ces épidémies annuelles.

240 MÉDECINE Mon but est d'engager les médecins à cultiver avec plus de soin cette partie si importante et si utile de la médecine ; qui est pourtant trèsnégligée de nos jours. M

J'engage les médecins à faire grande attenüion aux considérations suivantes :

Les épidémies annuelles sont stables ; elles reviennent à des époques fixes de l’année ; et les maladies qu’elles engendrent, qui sont les fièvres, ont aussi un caractère fixe.

Cette vérité est prouvée par les observations faites chaque année avec attention ; et elle est confirmée par le témoignage des écrivains de tous les siècles, qui se sont occupés de ce sujet depuis Hippocrate , le premier des observateurs. —

Les caractéres des épidémies, qui reviennent d'une maniére stable, ne sont certainement pas toujours exactement les mémes dans tous les climats , dans les diverses saisons de l'année; et même dans nos climats, ces caractères des maladies épidémiques annuelles , quoique constans dans leur retour, ne sont pas toujours également constans dans leur degré d'intensité ou de simplicité. On observe quelquefois des espèces d'anomalies, ou au moins des modifications, qui reconnaissent pour causes les

PRATIQUE. 24€ variations de la température, ou peut -ètre des circonstances cachées (1). | Ces caractères morbides ne manquent jamais entièrement dans leur temps accoutumé ; quoiqu'ils existent à un degré léger, on reconnait toujours leur empire.

Considérons maintenant, en médecins, les quatre changemens des saisons de l'année.

Si nous fixons d'abord notre attention sur les temps opposés de l'année , qui sont les solstices, nous voyons dominer tous les ans, à ces

(1) Dans nos climats, les épidémies annuelles observent une marche plus rigoureuse que celle de la températuré atmosphérique; et dans les climats où la température est trés-uniforme , on observe à-peu-prés la méme succession des maladies. « Le retour périodique des saisons , dit M. RucugnaNp. ( Physiologie, tom. 1, pag. 60), détermine celui de certains dérangemens auxquels l'économie animale est sujette. Les mêmes maladies se représentent sous l'influence des mêmes températures , et ressemblent, comme on l'a dit ingénieusement , à ces oiseaux de passage que nous revoyons toujours aux mémes époques de l'année. C'est ainsi qu'avec le printemps reparaissent les hémorragies , les affections éruptives ; que l'été se montre accempagné de fièvres bilieuses; que l'automne raméne les affections dysentériques; et que l'hiver est constamment fécond en péripneumonies et en inflammations de toute espéce. » Cette stabilité des épidémies annuelles avait déjà été remarquée par Hippocrate (Aphor. 19 jusqu'à 23 , sect. 3.2). (Note du Traducteur.)

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