AECHERCHES SUR LES FIEVRES NERVEUSES
Pius les médecins parlent aujourd'hui des fièvres nerveuses, moinsils paraissent connaitre leur nature.
Les fièvres que, l'on appelait autrefois gas-
PRATIQUE. 287 triques, avec ou sans raison , sont maintenant la plupart appelées nerveuses, avec bien moins de fondement encore. Et il en est de même des fièvres putrides.
Des fièvres qui ne s'accompagnent d'aucun symptôme nerveux, et qui ne demandent aucun reméde nervin pour leur traitement, sont également appelées nerveuses. De-là , vient le nombre si grand de ces derniéres pour certains médecins de nos Jours.
On appelle encore indistinctement , et avec beaucoup moins de raison , ces fiévres des £yphus; et cela, je ne sais sur quelle autorité. Et cependant le diagnostic de ces affections n'est pas facile, même d’après l'aveu de ces médecins. En effet, ils ne se fient pasaux symptómes: et souvent les malades ne peuvent pas apprendre les causes ; ils les supposent alors, ou se les figurent d'aprés leurs hypothéses.
C'est ainsi que le plus grand nombre des médecins s'attachent non à des principes solides, maisàla mode ; non à la vérité, maisaux erreurs des sectes. Ignorant les vrais principes de l'art de guérir, ils exercent la Médecine d’après des hypothèses futiles,dénuées de tout fondement: il en est peu qui marchent dans le sentier droit de l'expérience, ou qui ne cherchent pas à faire plier les expériences elles-mómes à leurs hypothèses favorites,
Je publie ces remarques sur les fièvres nerveuses, non pour sanctionner une définition sur des autorités plus ou moins fondées ; mais pour réprimer l'abus que l’on fait des définitions peu précises des maladies, et pour contribuer en quelque chose à établir des connaissances plus certaines sur ces fièvres.
C'est sur ces principes que nous établirons notre nomenclature et notre traitement; car nous reconnaissons peu de fiévres nerveuses.
Ces mots febris nervosa ne sont pas d'une latinité bien pure, comme l'a remarqué Huxham. Voilà pourquoi, peut-étre, on ne rencontre pas ces expressions dans les auteurs anciens qui ont employé une latinité plus pure, quoiqu'ils aient souvent décrit cette maladie sous d'autres noms.
Mais les anciens ont aussieu, sur ces fiévres, des idées différentes et souvent confuses. De-là, la diversité des noms de ces maladies, suivant la diversité des notions qu'en avaient les auteurs.
C'est souvent à la même fièvre qu'on a donné les dénominations différentes de typhus, de synoque, de maligne, d'hectique , de putride , etc. Depuis un demi-siècle , on a aussi introduit en Médecine les mots: febris nevrica , febris nevrodes. De-là, cette multiplicité inutile des noms des maladies, et ce cahos de la nosologie;
FRATIQUE. 289 et les modernes n'ont pas employé un meilleur. ordre : en voulant simplifier la doctrine des anciens , ils sont tombés dans une erreur opposée; et ils ont entassé dans leur classe des fièvres nerveuses, plusieurs affections qui n'y appartiennent nullement.
Curt. Sprengel est le seul qui ait évité cette erreur : s'en tenant au sens des mots, il veut que l'on n'appelle fiévres nerveuses, que celles dans lesquelles l'état nerveux estle phénomène essentiel.
Les médecins qui aiment à trouver la connaissance d'une maladie dans sa dénomination, se rendront aisément à l'avis de cet auteur. Mais pour nous, dont l'opinion est, que la différence du traitement doit seule établir la différence des maladies, nous ne regardons pas le délire, l'assoupissement , les spasmes , les convulsions ou les autres affections appelées nerveuses, comme constituant uniquement l'état nerveux ; car toute faiblesse vraie , et toute langueur des actions vitales née de la perte des forces, peut être, à juste titresrapportée à cet état, malgré l'absence de plusieurs des symptómes précédens.
Mais les médecins de nos jours,quiconfondent la faiblesse fausse avec la vraie , admettent l'existence des fièvres nerveuses, d'après l'oppression seule des forces animales et la lan-