XXI! DISCOURS
clinique de Padoue; tandis que celle que Sylvius de le Boë fonda à Leyde en 1658, acquit de suite une grande célébrité , et passa pour avoir été la première (1) ; et cela n'est pas étonnant quand on pense à la grande vogue qu'eut alors le système chimique de Sylvius. Ce médecin professa avec beaucoup d'éclat. De nombreux éléves accoururent de toutes parts pour l'entendre : il les instruisit luiméme au lit des malades; mais ils ne firent pas, sans doute sous lui, de grands progrés. Sa fausse théorie dut toujours l'égarer dans la pratique. Il cultiva cependant lanatomie pathologique. Sylvius mourut en 167». On trouve à la fin de la dernière édition de ses OEuvres, un Recueil des observations de sa clinique pendant quatre années, sous le titre de Collegium nosocomicum. Les trois dernières années ont été publiées par Joachim Mérian son disciple.
(1) Il parait qu'il exista déjà, avant Sylvius, quelques autres cliniques en Hollande.
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Il paraît que la clinique ne fut plus enseignée à Leyde aprés la mort de Sylvius; et l'exemple quil avait donné serait peut-être resté sans fruit, s’il n'avait pas été renouvelé ensuite avec tant de succès par Doerhaave. Ce grand homme ayant été nommé professeur de Médecine-pratique à Leyde, en 1714, commenca ses leçons de clinique avec l'éclat le plus brillant. On vit bientôt une foule d'élèves de toutes les contrées du monde, se former à son école : il sut entretenir parmi eux une vive émulation. Ils furent tous enthousiastes de leur maître, et répandirent par-tout sa doctrine. Doerhaave fit rouvrir l'hópital de clinique de Leyde, qui avait été fermé long-temps. Cet hópital, qui était peu considérable, devint une source féconde d'instruction par les leçonsde l'illustre professeur. [conduisait lui-même deux fois par semaine les étudians au lit des malades; et là, il leur faisait l'application de ses principes, leur apprenait à connaitre les symptómes morbides et l'effet des remèdes, et leur
XXIV DISCOURS donnait cette expérience pratique sans laquelle on n'est jamais un vrai médecin (1). Heureux sil füt toujours resté ainsi dans le chemin de lobservation ; mais il voulut aussi fonder un système , dans lequel il sut réunir avec tant d'art, l'humorisme , le solidisme, le mécanisme et la théorie chimique de Sylvius. | À peu près à la méme époque, parurent aussi deux autres systèmes , celui de Stalh , et celui d'Hoffmann ; mais ils ne purent paslutter avec celui de Doerhaave, qui fut presque universellement suivi dans les écoles. Combien on doit regretter que des maîtres tels que Stalh et Hoffmann n'aient pas eu des cliniques pour former leurs élèves à la pratique !
La Médecine d'observation leur doit cependant beaucoup : ils ont décrit avec
(1) Bocrhaave n’a pas publié de Ratio medendi de sa clinique : nous ne possédons que quelques discours, quil y a prononcés , ainsi que ses préceptes généraux sur la pratique clinique. On trouve des détails intéressans sur sa manière d'enseigner, dans son éloge par de Maty.
PRÉLIMINAIRE. XXV exactitude un grand nombre de faits particuliers : leur pratique était sage et prudente, et ils ont imprimé une heureuse direction aux études médicales.
On peut dire avec justice que c'est à l'impulsion donnée par Doerhaave, que nous sommes principalement redevables de l'établissement général des cliniques.
En effet, sa clinique de Leyde servit de modèle à celles d'Edimbourg etde Vienne, qui furent fondées par ses élèves, et qui déterminèrent ensuite linstitution de toutes les autres.
L'Université d'Edimbourg existe depuis l'an 1583; mais ce ne fut guère qu'en 1685 que l'on commença à y enseigner la Médecine. Enfin , en 1720, des élèves de Boerhaave voulant répandre par-tout sa doctrine, réformèrent entièrement cette université : ils y fondèrent une cli-
nique sur le modèle de celle de Leyde (1).
(1) The works of Fothergill, tom. 2, pag. 364. Tissot, Essai sur les moyens de perfectionner les éludes médicales, pag. 116.