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Tome IT

Outre ces maladies épidémiques , nous en eûtmes aussi d'autres, qu'on peut appeler zntercurreníes.

Nous observàmes, chez deux femmes, des érysipéles opiniàtres ambulans et semblables à ceux du mois dernier.

On vit aussi, dans la ville et les hôpitaux, des affections rhumatismales et arthritiques ; on y remarqua également plusieurs catarrhes assez graves. Plusieurs enfans furent aussi atteints d'angines laryngées et trachéales, de nature catarrhale , qui furent quelquefois funestes. On confondait souvent mal-à-propos ces angines avec l'angine membraneuse.

On observa aussi fréquemment des rougeoles qui accompagnent ordinairement la constilution catarrhale. Nous n'en eûmes qu'un cas dans notre clinique, et la maladie fut tréslégère.

Maladies sporadiques.

Nous ne ferons pas une mention spéciale de deux cas de siphilis, d'une hypochondrie, suite d'obstruction des viscéres, et d'une hydropisie provenant de la méme cause, chez une femme. Toutes ces maladies guérirent heureusement.

Nous parvinmes, par les remédes réfrigérens,

PRATIQUE. Sr à arrêter une hémoptysie chez un jeune homme, "mais nous ne pümes éviter la terminaison par une phihisie funeste qui en fut la suite. On ne doit attribuer cette terminaison fatale quil est si difficile d'éviter, ni à la débilité des poumons, ni au déchirement des vaisseaux, ni à un ferment imaginaire provenant des grumeaux de sang putréfiés; pour nous, nous croyons devoir l'attribuer, avec beaucoup plus de raison, à une turgescence inflammatoire des vaisseaux variqueux, qui tend à la suppuration, sur-tout dans les poumons qui y sont si sujets; et quand il existe alors une mauvaise conformation de la poitrine, tous les secours de notre art sont inutiles.

Nous observames, be ce malade, des retours périodiques trés-réguliers d'hémorragie le soir. Nous ne savions lequel admirer le plus, ou de l'empire de la constitution dominante, ou de la tendance singuliére qu'ont nos humeurs à éprouver des mouvemens impétueux le soir, et à entrer en repos le matin. Ces phénoménes s observent principalement à l'époque des équinoxes, qu'ils en dépendent, ou non.

Avril 1908.

Les gelées d'hiver finirent avec le mois de mars. Le commencement d'avril fut serein ,

5a MÉDECINE

sec, et le plus souvent chaud. La pleine lune amena des brouillards froids pendant plusieurs jours. ll. survint ensuite des pluies, et enfin une température telle qu'elle doit étre dans le mois de mai.

La plus grande hauteur du thermomètre fut de 17 d. '/, le 7; la moindre fut de 1 d. '}, audessous de o le 4.

La plus grande élévation du baromètre fut de 28 p. 8 1. le 4; la moindre, de 27 p. 10 l. "f. le 8.

La plus grande variation subite fut, pour le thermomètre, de 12 d. d'abaissement du 8 au 9; et pour le baromètre, de 5 L. d'abaissement du 7 au 8.

Les vents furent fréquens et impétueux ; le nord-ouest domina.

Maladies épidémiques.

LA constitution épidémique du mois précédent continua, quoique la température füt bien différente. On observa encore le mélange du génie inflammatoire avec les fiévres intermittentes.

La plupart des fiévres intermittentes observées dans ce mois, commencèrent avec des paroxysmes quotidiens ou double- tierces; elles

s'accompagnaient le plus souvent de symptómes pleurétiques et péripneumoniques, ou d'autres signes qui désignaient leur caractére prédominant; les apyrexies n'étaient Jamais franches, ce qui démontrait assez la nature inflammatoire qui était encore prouvée par la réussite du traitement employé. Car, par le moyen des remédes réfrigérens, plusieurs de ces fiévres parvinrent à une terminaison heureuse , accompagnée d'efforts critiques spontanés et évidens ; et d'autres, devenues plus simples par la disparition de la diathése inflammatoire , cédérent facilement aux amers.

Les fièvres continues inflammatoires étaient marquées , comme dans le mois précédent, par des exacerbations périodiques très-évidentes, qu'on reconnaissait aisément, soit à l'augmentation de la violence de la fièvre, soit à l'exaspération des inflammations locales, principalement du poumon ou du foie. L'appareil antiphlogistique était si efficace dans ces fiévres , que, par son emploi, la plupart guérissaient | directement, et un très-petit nombre seulement se changeaient en intermittentes simples.

Nous avions rarement besoin de saignées, et nous les faisions toujours trés-petites ; et quand on n'en pouvait plus pratiquer à cause de l'affaiblissement des forces, quoique l'inflam-

54 MÉDECINE mation locale subsistät toujours, le camphre donné à petites doses avec des potions mucilagineuses, et les vésicatoires appliqués sur la partie affectée, remplissaient toutes les indications. |

On observa cependant cà et là, sur-tout chez des sujets adultes et peu pléthoriques , des fiévres intermittentes simples, quotidiennes ou tierces, sans inflammation. Elles n'étaient pas rebelles, et ne demandaient pas le quinquina.

Maladies sporadiques.

TourTes les personnes atteintes de névroses, se trouvérent mal dans ce mois. L'affection hystérique sur-tout, fut par-tout violemment exaspérée. Cependant une jeune fille ayant été atteinte d'une fièvre intermittente pendant son séjour dans notre clinique, fut par-là délivrée d'une hystérie rebelle.

Une fille épileptique ayant été plus tourmentée dans ce mois, fut confiée à nos soins , elle était d'une constitution forte, mais dans un état d'imbécillité. Depuis son enfance, elle était atteinte de cette maladie, qui était survenue sans cause connue, n'avait point été diminuée par l'écoulement régulier des règles,

PRATIQUE. 55 et s'était montrée rebelle à tous les remèdes depuis huit ans.

Cette fille éprouvait, en outre, une constipaüon singulière : à peine allait-elle à la selle une fois par semaine. Elle avait aussi une espéce de paralysie du bras droit, avec des douleurs presque rhumatismales, et c'était de ce bras que partait toujours l'aura épileptica. Tous ces phénoménes nous parurent mériter la plus grande attention. lls étaient peut-être l'effet et non la cause dans la maladie, et cependant il était nécessaire d'y avoir beaucoup d'égard dans le traitement.

L'usage des remèdes laxatifs, et l'application d'un vésicatoire au bras, qu'on laissa suppurer quelque temps, apportérent beaucoup de soulagement, et nous démontrérent l'importance de la méthode symptomatique ; en effet, les accés devinrent plus rares et beaucoup moins violens : quelques-uns consistaient seulement en une espéce de vertige et d'ivresse.

Ensuite, pour essayer de guérir radicalement le mal, nous administràmes les remédes toniques et nervins; mais seulement les moins stimulans, les petites doses de camphre, les infusions de feuilles d'oranger et de camomille avec l'élixir acide de Haller, et autres semblables. Une longue expérience nous a appris

qu'un traitement trop actif et trop stimulant était nuisible aux sujets pléthoriques ou trop irritables. Aussi cette fille, ayant ensuite consulté d'autres médecins qui lui donnèrent la valériane , le musc et les éthers à grandes doses, éprouva de nonveau les accés les plus fréquens et les plus violens (1).

Il faut souvent se contenter d'adoucir cette maladie, quand l'art ne peut pas la guérir radicalement ; c'est une règle dont devraient bien se pénétrer certains médecins peu expérimentés, quand ils traitent des épilepsies invétérées, Ils se vantent de guérir toutes les maladies, et par des moyens trop stimulans, ils provoquent ' des accès beaucoup plus fréquens et beaucoup plus violens, et rendent la maladie d'autant plus difficile à dompter qu'elle est plus habitueile. Si, au contraire, les paroxysmes deviennent moins forts, moins fréquens et moins habituels, on peut espérer qu'avec une grande

(1) On a souvent fait un grand abus, dans l'épilepsie et les névroses , des stimulans trop actifs , sous le titre spécieux d'antspasmodiques. Le professeur Bréra assure avoir souvent vu , depuis l'introduction du systéme de Brown , des cas d'épilepsie devenir excessivement graves. par l'emploi inconsidéré de la méthode excitante. ( Brera annotazioni médico-pratiche , tom. 2. pag. 15.) (Note di "Traducteur. )

patience de la part du médecin , ils deviendront tellement rares, que la diathése pourra étre radicalement détruite. Ces considérations s'appliquent aussi aux autres névroses qui ont des accés répétés.

Mai 1808.

Daxs le commencement de ce mois, la température fut pendant plusieurs jours douce , chaude et sereine; plus tard , elle devint variable. L'athmosphére semblait, pour ainsi dire, éprouver des changemens périodiques. En effet, on observait, tous les Jours avant midi, des pluies accompagnées de grêle et de tonnerre.

De-là , une grande humidité et l'inondation des lieux bas. La fin du mois fut de nouveau sereine, chaude et séche.

La plus grande hauteur du thermométre fut de 24 d. le 18 et le 26; la moindre, de d. le sz.

La plus grande élévation du barométre fut de 26 p. 8 I '/, le 13. Son plus grand abaissement fut de 28 p. le 22.

La plus grande variation subite du firmi:

re, fut un abaissement de i1 d. du 18 au 19. Le barométre n'éprouva pas de variations.

Le nord-ouest et le sud-est dominérent égale-

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Malgré les alternatives subites du froid, de la pluie et de la gréle, les explosions électriques, et les vicissitudes si grandes de l'athmosphére, le caraciére épidémique des maladies resta a-peu-près le méme.

Les fiévres intermittentes et les inflammations continuérent à régner , et furent souvent mélangées.

Dès que l'on voit paraître quelques symptômes un peu graves, difficiles à guérir ou pernicieux, cela annonce que le caractère inflammatoire n'est plus légitime : on ne peut pas le combattre sans saignées, et quand on les pratique avec trop peu de modération, il survient un affaiblissement dangereux des forces.

Parmi ces affections locales, qui accompagnent les fiévres continues, on remarque le plus souvent les inflammations des poumons et de la plévre, et plus rarement celles du foie et du péritoine. Ces phlegmzsies observent dans leurs exacerbations le type quotidien ou double-tierce; nous ne les avons jamais vues avec le type tierce simple : en effet, il serait difficile alors que la fièvre füt continue.

Tant que ces fièvres étaient continues, nous redoutions l'administration du quinquina : quot que les exacerbations périodiques commen-

PRATIQUE. 59 cassent quelquefois par un frisson manifeste, nous insistions toujours sur les moyens antiphlogistiques; mais quand les sigues inflammatoires avaient disparu, si une crise décisive n'enlevait pas la maladie, il était aisé de détruire la fièvre intermittente simple qui restait, avec les remédes amers.

Notre pratique, constamment très-heureuse, prouva évidemment combien les saignées modérées sont d'un graff secours dans ces inflammations. Un seul de nos malades mourut, parce quil fut absolument impossible de faire sortir du sang de la veine; nous en parlerons au chapitre des ouvertures.

La bonté de notre méthode fut confirmée par l'issue funeste de ces inflammations , quand elles avaient été négligées dans les commencemens, ou quand on les confiait trop tard à nos soins. Nous mimes cependant alors la plus grande attention dans notre traitement.

Un malade atteint de péripneumonie, chez lequel la saignée avait été négligée pendant sept jours, mourut le nenviéme jour de la maladie; il ne resta que quarante heures dans notre clinique, toujours dans le plus grand péril. Une hépatite se termina aussi par une suppuration mortelle, parce qu'on avait négligé la saignée. On trouvera plus bas l'histoire

de ces deux maladies, au chapitre des ouvertures.

Que les médecins, convaincus par tant de vérités évidentes, veuillent donc enfin reconnaitre combien la saignée est un moyen héroique, et seul utile dans ces maladies.

Dans les inflammations du foie, nous avons souvent vu un grand soulagement aprés la saignée du pied droit. Souvent nous avons vu le sang tiré du pied, segguvrir d'une croûte jaune. La couleur WM MA croûte inflammatoire ne nous a jamais empéchés de réitérer la saignée , quand elle paraissait être indiquée d'une maniére pressante.

À la fin du mois, quand la chaleur et la sérénité de l'air devinrent stables, nous vimes avec surprise disparaître subitement toutes ces inflammations. Alors commenga le régne des fiévres intermittentes simples et vraies , qui ne supportent pas le traitement antiphlogistique.

Plusieurs de ces fiévres furent tierces, et ne cédérent pas à de légers remédes ; d'autres, qui avaient le type quarte et qui nous venaient la plupart de la Hongrie, étaient encore plus rebelles. Le quinquina étant trés-cher, nous employàmes pour combattre ces fièvres divers autres fébrifuges, dont nous rapporterons les vertus dans un chapitre sépare.

PRATIQUE. 61 Nous observàmes, dans ce mois, deux cas d'exanthéme ortié avec fièvre éphémère prolongée ; ils étaient sporadiques avec caractére gastrique , mais la cause de la disposition de la peau à cet exanthéme que nous observàmes souvent dans ce mois, dépend certainement de la constitution épidémique, ainsi que la disposition à l'érysipéle; car on observa, déjà à la fin de ce mois, deux fiévres bilieuses qui ont une grande tendance à produire des éruptions cutanées.

Maladies sporadiques.

Nous parvinmes promptement et facilement à guérir un homme de trente ans d'une hydropisie anasarque , suite d'une fiévre quarte contractée en Hongrie. Cette fiévre, qui existait depuis huit mois, avait encore des accés légers. Les décoctions résolutives amères, avec les sels et la scille, suffirent pour la guérison.

Une pratique nombreuse nous a démontré qu'il fallait donner de suite la scille à grandes doses, sans faire attention aux nausées qui en sont la suite, et méme aux vomissemens, à moins quils ne soient trop violens. Les mouvemens qui en résultent s'étendant à toutes les fibres, deviennent salutaires.

Toutes les substances qui provoquent des

d'ischurie vraie, maladie rare chez les femmes. Celle qui en était atteinte, était d’une consiitution très-forte ; elle nous avait été envoyée d'un pays éloigné. Mais les symptômes précurseurs nous furent si mal rapportés, que nous ne pûmes jamais connaître la cause première du mal. Ayant examiné les parties affeciées, nous trouvàmes un cercle calleux qui enlourait tout l'orifice de l'uréthre, le rétrécissait et empéchait entièrement l'action du sphincter. La malade, après plusieurs mois, avait acquis une telle dexiérité à sintroduire elle-même le cathéter, que par ce moyen elle urinait trés-promptement,

Aucuns topiques, soit émolliens, soit résolutifs, ne purent diminuer cette callosité d'une nature presque cartilagineuse , qui paraissait la suite d'une inflammation. L'introduction d'une bougie augmentait pour un temps le diamétre de l'orifice; mais alors les urines devenaient involontaires. Nous renvoyámes donc cette malade non guérie; de deux maux, nous dûmes choisir le moindre : l'usage habituel et facile d'un cathéter, était sans doute préférable aux incommodités dégoûtantes qui résultent d'un écoulement involontaire d'urines,

PRATIQUE 65 Juin 1808.

ApnEs des tonnerres dans les premiers jours, le temps devint froid; ensuite on vit quelques pluies. Depuis la pleine lune , le temps fut nébuleux et froid. A la fin du mois, il survint de nouveau des chaleurs, et quoiqu'il tonnát tous les jours, l'air était serein.

La plus grande hauteur du thermomètre fat de 22 d. '|, le 26; la moindre fut de 8 d. :/, le 7.

La plus graude élévation du barométre fut de 28 p. 6 1. 7, le 17. Son plus grand abaissement fut de 28 p. 2 L. {le 11.

La plus grande variation subite du thermomètre fut de 6 d. d'abaissement, du 6 au 7; le barométre n'eut pas de variations.

L'ouest fut le vent dominant; ensuite le sud-est et le nord-ouest.

Maladies épidémzques.

Les inflanmations furent rares. On vit cependant quelques pleuro - péripneumonies et quelques hépatites vraies.

. Les fiévres intermittentes furent très-nom. breuses et plus rebelles que dans les mois pré- Tome IT, 9

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