‹ Médecine pratiqueChapitre 35 sur 63 · MÉDECINS · texte numérisé non relu

MÉDECINS

cédens. Les quotidiennes furent très-fréquentes, mais elles n'étaient pas simples ; elles étaient plutôt double-tierces. Ce qui le prouva, c'est que ces fièvres quotidiennes se changeaient souvent en tierces simples et très-rarement en quartes. Nous ne vimes aucune fièvre tierce ou quarte simple primitive; toutes celles qu'on observa, provenaient des double-tierces ou des double-quartes qui changeaient de type. Nous eümes deux cas de double-quartes.

Plusieurs fiévresintermittentes étaient, dans les commencemens, presque continues. Leur caractére n'était plus inflammatoire , mais mauifestement bilieux. Quelques fièvres continues bilieuses , se ni en intermittentes tierces. Dans tous ces cas, les émétiques eurent les plus grands succés. |

Les rhumatismes fébriles présentèrent partout le caractère bilieux ; ils furent donc, ou beaucoup soulagés, ou entièrement guéris par un ou deux vomitifs.

Nous vimes deux fois la fiévre bilieuse devenir nerveuse, mais la nature typhode de la maladie nous parut avoir été cachée, dès les commencemens, sous les apparences du carac-

tére bilieux , qui commençait alors à régner. Le typhus devint mortel chez un italien.

Pendant le cours de la maladie , il se manifesta

PRATIQUE. 67 un caractère putride, ou plutôt un état scorbutique trés-aigu : les gencives sanguinolentes, des pétéchies très-larges, des urines brunes et d'une fétidité intolérable , nous annoncèrent la dissolution du corps, la vie subsistant encore. La putréfaction sempara si promptement du cadavre, que nous ne pûmes en faire l'ouverture. Nous attribuâmes cette dissolution à l'action du mercure, dont le malade avait usé. On lui avait fait, peu de temps auparavant, l'amputation du prépuce.

Le typhus a souvent une issue funeste chez les individus atteints de siphilis. Cela provientil de l'usage du mercure, ou du virus siphilitique? La siphilis, méme locale, est souvent suivie d'une terminaison funeste du typhus.

Nous observâmes une varicelle accompagnée de fiévre assez vive, chez un enfant que la vaccine n'avait pu préserver de cette affection, dont la contagion est sans doute particuliére; cette maladie eut, comme à l'ordinaire, une durée fixe de sept jours.

Maladies sporadiques.

Ow observa dans ce mois, comme on l'observe tous les ans à cette époque, des fièvres gastriques vraies, qui proviennent de ce que

l'on a avalé une trop grande quantité de noyaux de cerises. Ces fièvres se guérissent aisément par les évacuans.

Nous cherchàmes en vain à détruire un ver solitaire , par les drastiques les plus énergiques, précédés des anthelmintiques. Le reméde tant vanté de M.* Nouffer n'eut aucun effet dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres : ou bien de très-petites portions du ver étaient évacuées, ou méme des parties qui sortaient auparavant naturellement , n'étaient plus évacuées aprés l'administration du reméde.

Il faut cependant avouer que nous n'avons jamais fait usage des drastiques très-violens, : et de la gomme-gutte qui est presque spécifique dans ce cas, regardant ces médicamens comme trop dangereux et trop incertains ; ils sont cependant nécessaires pour provoquer des évacuations intestinales assez fortes pour l'expulsion de ce ver. |

Une ascite se termina par la mort ; nous en parlerons au chapitre des ouvertures. .

. Nous observàmes un cas singulier d'écoulement de sang par les mamelles, chez une blanchisseuse encore jeune, robuste, pléthorique et bien réglée. Pendant le dernier écoulement de ses règles, ayant levé un fardeau pesant, elle le laissa reposer sur ses seins. Elle fut aus-

EIER E e e ———————————————————————————————————————————

PRATIQUE. 69g sitôt saisie d'hémoptysie et d'un écoulement de sang goutte à goutte par les mamelles. Tout d^ disparut au bout de sept jours, et les règles revinrent à leur époque ordinaire; mais | alors, cette femme fut de nouveau atteinte de légére hémoptysie, avec toux, oppression de poitrine , douleur des mamelles et écoulement de sang par ces organes, mais en plus petite quantité que le mois précédent.

Ayant été confiée à nos soins dans cet état, nous employàmes la saignée et les émulsions réfrigérentes pendant quelques jobs) et quand les Vélos eurent cessé, tous les He morbides disparurent. |

Nous gardämes cependant cette femme, quoique bien portante en apparence, jusqu’au retour prochain de ses règles, qui eurent lieu sans phénomènes particuliers. Alors nous la renvoyámes, pensant que cet écoulement de sang par les mamelles et par les poumons avait py l'évacuation utérine, et n'était plus à craindre ; ce qui nous fut confirmé.

Juillet 1808.

IL tonna pendant les six premiers jours du mois, et il y eut des pluies constantes à midi, qui venaient du nord. Le temps fut donc froid

et obscur Jusqu'au changement de lune. Pendant le reste du mois, on eut des chaleurs brülantes avec sécheresse.

La plus grande hauteur du thermomètre fut de 27 d. ‘/, le 14; la moindre, de 13 d. le 6.

La plus grande élevation du barométre fut de 28 p. 8 l. ‘/, le 12. Son plus grand abaissement fut de 38 p. 3 IL. le 18.

La plus grande variation subite du thermométre fut un abaissement de 11 d. du 14 au 15. Le barométre n'eut pas de variations.

Le nord-ouest fut le vent dominant.

| Maladies épidémiques.

PrNpawT que le temps fut froid, on vit quelques maladies inflammatoires, comme péripneumonies légéres, catarrhes et angines. Une femme, qui fut confiée trop tard à nos soins, succomba à une angine inflammatoire grave qui avait été négligée , et qui se changea en gangréne des amygdales.

Cependant, quoique la température fût presque aussi froide qu'en automne, la polycholie domina encore , sur-tout quand la chaleur se fit sentir; on vit alors beaucoup de fiévres bilieuses ; plusieurs quittérent le type continu, et devinrent intermittentes.

PRATIQUE. 7t

ll y eut aussi un grand nombre de fièvres intermittentes. primitives ; elles attaquèrent plutôt les hommes que les femmes.

Les tierces simples furent trés - fréquentes, les double-tierces le furent moins ; les doublequartes, soit anciennes, soit récentés, furent très-rebelles.

Nous parlerons, dans un chapitre particulier , des moyens de traitement que nous avons employés pour combattre ces fièvres.

Les rougeoles furent fréquentes dans la ville, nous en eümes deux dans notre clinique. Un appareil antiphlogistique, et légérement diaphorélique, suffit pendant tout le traitement de la maladie.

Les refroidissemens spontanés pendant l'ardeur du soleil, produisirent, comme ils ont coutume de le faire, des diarrhées et des douleurs intestinales, avec tendance à la dysenterie. Nous vimes combien c'est injustement que l'on accuse les fruits de la saison d'engendrer ces maladies : nos malades n'en firent jamais usage. ;

Cette affection provient certainement d'une lésion dans les fonctions de l'organe cutané; il faudrait faire des recherches exactes pour dé. couvrir, si cette lésion, consiste absolument dans une suppression de la transpiralion , qui

est remplacée par les évacuations intestinales ; sil y a, au contraire, une inhalation plus grande par les orifices des pores, ou bien une soustraction subite du calorique de l'abdomen ; sil existe une irritabilité plus grande des intestins, ou un orgasme du foie; enfin, si des boissons trop abondantes, ou un concours de plusieurs causes inconnues , contribuent à produire cette maladie.

La cause prochaine du mal ne consiste certainement pas dans une affection. rhumatismale des intestins ; en effet, aucune douleur n'accompagne la diarrhée simple ; et il n'existe pas à la suite une diathèse particulière persislante, comme dans le rhumatisme. Le traitement le plus prompt et le plus convenable consiste dans l'emploi des mucilagineux joints aux opiacés ; et il n'en est pas de même dans les autres affections rhumatismales.

L'opium pur et de bonne qualité, manque dans le commerce depuis quelques années , ou devient très-rare; voilà pourquoi ces affections intestinales de l'été se guérissent beaucoup plus tard, et d'une manière bien moins sûre.

Maladies sporadiques.

Nous eûmés, dans ce mois, deux cas de métrite. Quoique cette maladie soit quelquefois

PRATIQUE. 79 très-fréquente, elle n'est cependant pas toujours épidémique ; elle provient de la menstruation difficile ou de l'abus des emménagogues. Les antiphlogistiques guérissent bien linflammation utérine; mais ils ne préservent pas toujours de ses suites; de-là vient souvent la stérilité.

Nous efimes occasion de constater la vertu des acides ei des végétaux récens, joints à un air pur et à l'exercice de corps pour la guérison du scorbut. L'individu qui en était atteint, était couvert de taches livides, et éprouvait de fréquentes liémorragies par le nez et les gencives. Les décoctions de gramen avec le suc de citron, achevérent en peu de temps la guérison. Cette maladie avait été causée par des chagrins et par l'inaction.

AoittsuüsB:

La chaleur fut très-sèche ; il ne tomba point de pluie depuis la pleine lune. |

La plus grande hauteur du thermométre fut de 27 d. '[, le 85 la moindre, fut de 12 d. 'f, le ro. |

La plus grande élévation du baromètre fut de 28 p. 6 Ll. ', le 4etle 7; son plus grand abaissement fut de 28 p. 2 l. '], le 10.

La plus grande variation subite du thermo-

mètre fut de 6 d. d'abaissement du 8 au 9; le barométre n'éprouva pas de variations subites.

Les vents furent rares et peu impétueux ; le nord-ouest domina.

Maladies épidémigues.

IL y eut peu de malades. Le caractère bilieux ne se montra pas avec une grande violence :

On vit peu de fiévres bilieuses continues, et la plupart précédaient les intermittentes. Les émétiques donnés à temps, guérissaient ces maladies ; mais, pour produire cet heureux effet, il fallait que le vomissement fût copieux, accompagné de mouvemens violens et convulsifs, et qu'il évacuàt la bile contenue dans la vésicule du fiel. |

Les fièvres intermittentes furent moins nombreuses, mais ne cessèrent cependant pas entièrement. Elles constituaient presque seules alors l'épidémie annuelle, ce qui était étonnant, avec une si grande sécheresse de l'athmosphére.

On vit plusieurs fiévres tierces simples; elles ne furent pas pernicieuses, mais quelquefois rebelles, et réclamérent les médicamens nervins et toniques après les vomitifs.

On observa encore des diarrhées et des douleurs intestinales, qui n'eurent pas le caractére

PRATIQUE. 79 bilieux. Quelques-unes se changèrent en dysenteries ; et alors il survenait des tranchées violentes et un ténesme fatiguant. Ces dysenteries diminuent ordinairement peu-à-peu, ne s'accompagnent pas d'une fièvre bien forte, permettent aux malades de rester hors du lit, et les tourmentent plutót la nuit; les selles ne sont pas trés- fétides ni trés - sanguinolentes, elles sont plutót muqueuses et abondantes.

L'origine de cette maladie et son traitement prouvent que € 'est vraiment une affection catarrhale des intestins; c'est ce que nous démmontrerons ailleurs.

Maladies sporadiques.

Nous ettmes à traiter une femme atteinte de colique arsénicale. Nous parvinmes à la soulager par des mucilagineux ; mais nous fümes forcés de la renvoyer, à cause de la fin de l'année. Nous lui recommandàmes l'usage abondant du lait; mais nous ne connûmes pas l'issue de la maladie. Suivant notre expérience, peu de personnes guérissent parfaitement de, cet empoisonnement ; la plupart succombent dans le marasme.

On eut occasion alors d'observer plusieurs cas semblables, soit en ville, soit dans les hô-

pitaux, à cause de l'usage pernicieux des gouttes arsénicales dans les fiévres intermittentes trésabondantes cette année.

J'ai souvent observé que l'usage de Louis était moins funeste chez les enfans que chez les adultes; et qu'il était plus facile chez eux d'en prévenir les effets délétéres, toutes les circonstances étant d'ailleurs égales. Je désirerais que l'expérience des autres médecins confirmàt cette observation.

Nous eümes encore parmi les odd sporadiques, une otite, une hépatite, des angines rhumatismales , et des fièvres gastriques vraies.

Un hoquet provenant d'une boisson froide, chez une femme hystérique, existant depuis six Jours, et augmentant beaucoup quand on touchait lépigastre, fut guéri promptement par les remèdes nervins simples, employés intérieurement et extérieurement.

PRATIQUE. ry:

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